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Démanteler une centrale nucléaire, comment et à quel prix ?

le 1er 02 2017

Illustration Doc'en Poche - Entrez dans l'actu

Chaque semaine, une question extraite de la collection Doc' en poche « Entrez dans l'actu » sur des sujets d'actualité pour démêler le vrai du faux.

En trois étapes

La première étape est la mise à l’arrêt définitif des réacteurs. Le combustible est déchargé et les circuits de refroidissement vidangés. La deuxième est celle du démantèlement partiel. Tous les bâtiments de la centrale sont déconstruits sauf ceux des réacteurs. Enfin, le démantèlement total a lieu. Les générateurs de vapeur, le bloc et le bâtiment du réacteur sont alors démontés. Le démantèlement est une opération difficile, en raison des produits radioactifs que contiennent les installations. Mais, elle est techniquement bien maîtrisée. Tout ce qui est démantelé est traité en tant que déchets nucléaires.

Pour 15% du coût de construction

En France, seuls les réacteurs G1, G2 et G3 de Marcoule et Chinon A1, entrés en fonction entre 1956 et 1963, ont été complètement déconstruits. Faute de retour d’expérience, l’évaluation du coût est délicate pour les centrales de grande puissance. Il existe cependant un consensus international pour estimer ce coût à 15 % de celui de la construction, soit 3 à 500 millions d’euros par réacteur. Certains opposants au nucléaire contestent ces évaluations. Pour eux, les coûts de construction et de démantèlement seraient équivalents.

Le démantèlement, une charge pour les générations futures ?

>>> Les trois exploitants (EDF, CEA et Areva) prévoient les financements (provisions) destinés à couvrir les futures charges de démantèlement des centrales. D’après la Cour des comptes, en 2013, ces charges s’élevaient pour EDF à 22,5 milliards d’euros pour le démantèlement des installations et à 15,8 pour la gestion des combustibles usés. Les provisions du CEA et d’Areva pour la déconstruction des installations étaient respectivement de 4,1 et 7,9 milliards d’euros (source : Cour des comptes, Le coût de production de l’électricité nucléaire, 2014).

La déconstruction de Brennilis ou la difficile estimation des coûts

>>> Brennilis est un chantier pilote du démantèlement. Ce prototype EL4 a été actif de 1967 à 1985. Démantelé au départ partiellement, il est en voie de déconstruction complète, EDF ayant décidé en 1999 de libérer le site d’ici 2018. Le devis de démantèlement de la centrale est passé de 254 millions d’euros en 2001 à 458,6 en 2012. Des aléas techniques et juridiques explique notamment cette augmentation.

Source : Cour des comptes, op.cit, 2014.

Combien de centrales arrêtées ?

>>> 157 unités électronucléaires ont été arrêtées dans le monde. 12 unités ont été stoppées en France : G2, G3, Chinon A1, Chinon A2, Chinon A3, Saint Laurent A1 et A2, Bugey 1, Chooz A, EL4, Phénix et Superphénix (G1 n’est pas considéré comme un "réacteur électronucléaire"). Mais seulement quatre (G2, G3, Chooz A et Chinon A1) sont presque démantelées à ce jour.

Source : CEA, Elecnuc. Les centrales nucléaires dans le monde, 2016.

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Extrait de : "Parlons nucléaire en 30 questions", Paul Reuss (2015), disponible à La Documentation française

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