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La mondialisation est-elle irréversible ?

le 30 11 2017

Illustration Doc'en Poche - Entrez dans l'actu

Chaque semaine, une question extraite de la collection Doc' en poche « Entrez dans l'actu » sur des sujets d'actualité pour démêler le vrai du faux.

Question extraite de : "Parlons mondialisation en 30 questions. 2e édition", Eddy Fougier (2017), disponible à La Documentation française

Pour certains, oui

L’idée selon laquelle la mondialisation serait irréversible est largement répandue. Elle repose généralement sur trois arguments. C’est d’abord un phénomène quasi "naturel" et le capitalisme est spontanément appelé à se diffuser à l’échelle planétaire. La mondialisation s’appuie ensuite sur la diffusion des technologies de l’information qu’il est difficile de "désinventer". Enfin, l’interdépendance entre les économies empêcherait tout retour en arrière.

L’histoire a montré que ce n’est pas le cas

Les historiens nous rappellent pourtant que tous les processus de mondialisation passés ont été brutalement interrompus. Celui de la fin du XIXe siècle a ainsi pris fin avec la Première Guerre mondiale, puis la crise des années 1930. La poursuite de la mondialisation est donc loin d’aller de soi.

Un réflexe nationaliste en cas de crise

La mondialisation est un processus qui tend à se développer lorsque tout va bien et qu’il présente un intérêt pour les États les plus puissants. Or, lors de crises graves ou jugées comme telles, le réflexe des États est de fermer immédiatement les frontières à la circulation des hommes et/ou des marchandises. Dans la période récente, ce fut le cas lors de la crise alimentaire de 2007-2008, de l’épidémie d’Ebola (2014-2015) en Afrique de l’Ouest, de la crise des réfugiés en Europe en 2015 ou de vagues d’attentats.

Les leçons de l’histoire

>>> D’après l’économiste Dani Rodrik, "la mondialisation devra sa survie à sa légitimité et au soutien populaire". Des historiens, comme Harold James ou Jeffry Frieden, nous enseignent en effet que les processus de globalisation passés ont provoqué des rejets de la part de certaines populations qui ont conduit à des reflux (fermeture des frontières aux échanges et aux hommes) aux conséquences souvent tragiques, comme ce fut le cas en 1914.

L’enjeu des catégories populaires

>>> La perception de la mondialisation est nettement clivée selon les catégories sociales. Les enquêtes d’opinion indiquent que celle-ci est soutenue par les personnes les plus diplômées et par celles situées en haut de l’échelle sociale. Les classes populaires, souvent plus exposées aux conséquences négatives de ce processus, se montrent généralement plus sceptiques. Ce sont donc les catégories sociales les plus susceptibles de s’opposer à la mondialisation et les plus enclines à soutenir les courants politiques qui y sont hostiles.

Crise de la dette grecque

>>> Cette crise a été déclenchée en 2009 par les révélations de l’exécutif grec concernant la falsification des comptes publics opérée par le précédent gouvernementGouvernementOrgane collégial composé du Premier ministre, des ministres et des secrétaires d’Etat chargé de l’exécution des lois et de la direction de la politique nationale. et le niveau en réalité particulièrement élevé du déficit publicDéficit publicSoldes budgétaires cumulés des administrations centrales, locales et de sécurité sociale. du pays. Les marchés financiers se sont mis alors de plus en plus à douter de la capacité d’Athènes à honorer ses engagements. L’Union européenne, avec le Fonds monétaire international, a donc dû intervenir à plusieurs reprises pour aider financièrement la Grèce, en contrepartie de la mise en place d’une politique d’austérité.

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Extrait de : "Parlons mondialisation en 30 questions. 2e édition", Eddy Fougier (2017), disponible à La Documentation française

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