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Les impôts : quels penseurs, quelles controverses ?

Article mis à jour le 19.07.2016

Pour enrichir son offre de contenus, vie-publique.fr s’ouvre aux publications de la Documentation française. Régulièrement, des articles, des extraits d’ouvrages réalisés par la Documentation française sont publiés en complément des articles de vie-publique.fr.

Extrait de : "Parlons impôt en 30 questions", Jean-Marie Monnier, Doc’en Poche, La Documentation française, 2013

L’impôt, c’est le vol ?
Selon les économistes Frédéric Bastiat (1848) et Murray Rothbard (2002), l’impôt est un instrument de spoliation. À l’inverse, l’homme politique Léon Bourgeois (1896) défend l’impôt au nom de la solidarité entre les membres du corps social. Les hommes et les générations sont interdépendants. Les êtres humains ne sont rien sans la société.

Un seul impôt, c’est mieux ?
Remplacer les différents impôts d’un système fiscal par un seul impôt est une utopie fréquente dans la théorie économique. Au XVIIIe siècle, l’école de pensée des Physiocrates préconisait un impôt unique sur le foncier. Au XXe siècle, Nicolas Kaldor (1955) prônait un impôt unique sur la dépense (consommation et investissements) et Maurice Allais (1988), sur le capital. En revanche, selon l’économiste Joseph Stiglitz (1988), un système fiscal composé de plusieurs impôts à taux faibles est préférable à une ou quelques taxes à taux élevés.

Faire payer plus ceux qui gagnent plus ?
Pour certains économistes, c’est un principe juste. Pour d’autres, cela serait inefficace. Ce que l’on appelle un « impôt progressif » découragerait le travail et l’épargne chez les individus qui produisent le plus.

Montesquieu : la liberté, une condition à l’impôt !
Selon le célèbre penseur politique du XVIIIe siècle, l’impôt peut être d’un niveau élevé chez les peuples jouissant d’un haut degré de liberté. Mais il doit être plus faible là où la servitude est forte. En effet, sans liberté, les contribuables ne peuvent adhérer aux choix fiscaux du Gouvernement. Le consentement est impossible. C’est pourquoi l’asservissement détruit la confiance et provoque des révoltes fiscales. Inversement, la liberté renforce le civisme fiscal.

Rousseau : du bon impôt consenti
Le philosophe du XVIIIe siècle Rousseau s’oppose à l’idée selon laquelle l’impôt pourrait être considéré comme une forme de spoliation. Certes, le droit de propriété est sacré. Mais, selon lui, s’il est librement consenti, l’impôt est légitime et ne remet pas en cause le droit de propriété.

Proudhon et l’impôt-échange
Le théoricien Proudhon défend l’idée que l’État échange des services contre l’impôt (1860). Ce dernier serait comparable au prix payé lors d’une transaction commerciale. En cela, il s’oppose aux défenseurs de la conception des « facultés contributives ». Ainsi, pour l’économiste John Stuart Mill (1848), l’impôt juste est calculé en fonction des moyens des contribuables. En effet, si l’on voulait proportionner l’impôt aux bénéfices retirés par chacun, il faudrait faire payer moins les riches que les pauvres puisque ces derniers sont vulnérables et ont plus besoin de protection. Mais ce serait injuste.

NB : l’ouvrage est disponible à La Documentation française : http://www.ladocumentationfrancaise.fr/ouvrages/9782110092588-parlons-impots-en-30-questions

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