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Agriculture française : des indicateurs alarmants ?

le 24 juillet 2019

Stagnation de la production, réduction du nombre d’agriculteurs et des terres agricoles, perte de parts de marchés, la France, puissance agricole, serait-elle sur le point de perdre son rang au niveau mondial ?

Un rapport du Sénat, publié fin mai 2019, s’interroge sur l’évolution de l’agriculture française et s’inquiète de la part croissante des produits agricoles importés.

Un excédent commercial agricole divisé par deux entre 2011 et 2017

En 2019, la France assure encore 17% de la production agricole européenne.

Cependant, la production agricole française stagne depuis la fin des années 1990 : recul de la production de viandes bovines, de lait, plafonnement de la production de céréales, etc. Cette situation s’explique notamment par le recul de l’emploi agricole. L’agriculture et l’alimentation représentaient près de 12% de l’emploi total en 1980 contre 5,5% en 2017. Cette situation risque encore de s’aggraver puisque le tiers des exploitants agricoles est âgé de 55 ans au moins.

Depuis 1961, la France a perdu 17% de sa surface dédiée à l’agriculture (perte de 60 000 km2, soit l’équivalent de la région Grand Est) alors que d’autres pays (États-Unis, Russie) sont parvenus à la maintenir voire l’augmenter.

En raison de la stagnation de sa production agricole, la France recourt plus massivement à des importations. Ce phénomène pourrait encore s’accentuer avec la signature récente des traités de libre-échange entre l’Union européenne et des pays fortement exportateurs de produits agricoles, notamment de viandes bovines (traité CETA ou traité UE-Mercosur).

Ainsi, l’excédent commercial qui a longtemps caractérisé le secteur agricole tend à disparaître et a été divisé par deux entre 2011 et 2017. La France est désormais la sixième puissance exportatrice au niveau mondial.

Des défis à relever

Le rapport identifie les défis à relever pour "sauver l’agriculture française" :

  • reconquérir le marché national en conservant la diversité de l’agriculture française, capable de couvrir toutes les gammes de produit et les besoins de tous les ménages ;
  • conquérir les marchés mondiaux où la demande va croître notamment en Afrique et en Asie ;
  • maintenir une ambitieuse politique agricole commune (PAC) qui passe par une augmentation du budget européen par habitant et de la part du budget dédié à la sécurité sanitaire des aliments comme à la souveraineté alimentaire ;
  • exiger que tout nouvel accord de libre échange négocié au niveau européen respecte un minimum de normes sanitaires et phytosanitaires, environnementales, sociales. Selon les rapporteurs, entre 10% et 25% des produits importés en France ne respecteraient pas les normes minimales imposées aux producteurs français.

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