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Le Conseil national de la productivité rend son premier rapport

le 30 avril 2019

La productivité ralentit depuis une vingtaine d’années dans les pays industrialisés, dont la France. Que sait-on de la productivité et de la compétitivité en France dans le contexte de la zone euroEuroMonnaie unique de plusieurs Etats membres de l’Union européenne qui forment la zone euro. ?

Un Conseil national de la productivité, pour quoi faire ?

Suivant une recommandation du Conseil européen de septembre 2016, chaque État-membre de la zone euro doit créer un conseil national de la productivité. Ces conseils sont chargés d’analyser les évolutions et les déterminants de la productivité et de la compétitivité dans leur pays en tenant compte des interactions avec les autres États-membres pour une meilleure coordination des politiques économiques.

En France, le Conseil national de la productivité a été institué le 23 juin 2018 et siège au sein de France Stratégie. Ce premier rapport provisoire a été publié le 18 avril 2019.

Il souligne un niveau de productivité relativement élevé en France mais des gains de productivité en forte baisse depuis la fin des années 1990. Or, de faibles gains de productivité sur la durée peuvent entraîner une stagnation du pouvoir d’achat pour le plus grand nombre, des difficultés à financer la transition écologique et les dépenses sociales notamment, dans un contexte de besoins croissants liés au vieillissement.

Les raisons d’une baisse continuelle de la productivité

Toutes les économies avancées connaissent un ralentissement de la productivité et les causes sont communes : basculement du système productif vers la tertiarisation, essoufflement de la contribution des technologies de l’information et de la communication dans l’économie, rôle des faibles taux d’intérêt. En France, le Conseil national de la productivité identifie, en outre, des facteurs spécifiques :

  • un déficit de formation et de compétence de la main d’œuvre, particulièrement inquiétant compte tenu des exigences croissantes liées à l’évolution de la technologie ;
  • une insuffisante qualité du management (capacité à superviser, à fixer des objectifs, à promouvoir les talents) ;
  • la faiblesse du niveau de dépense nationale dans la recherche et le développement ;
  • un système productif moins orienté vers l’industrie que chez les partenaires de la France ;
  • le poids plus important des impôts de production.

Selon les experts, la protection de l’emploi peut tout aussi bien limiter l’adaptabilité des entreprises au renouvellement technologique qu’encourager la productivité des salariés et l’investissement des entreprises dans le capital humain.

S’agissant de la compétitivité, les experts constatent que le solde de la balance courante (flux monétaires entre pays) est légèrement déficitaire, mais la dégradation a cessé de s’accentuer depuis 2008.

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