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Soudures de l’EPR de Flamanville : de nouveaux travaux devraient être engagés

le 17 avril 2019

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) vient de recevoir le rapport d’experts sur les solutions proposées par EDF pour corriger les défauts de soudure identifiés sur le réacteur nucléaire de type EPR en cours de construction à Flamanville. Sans l’accord de l’ASN, le réacteur ne peut pas être mis en production.

Soudures du réacteur EPR de Flamanville : la démarche proposée par EDF

En 2017, EDF informe l’ASN de l’existence de défauts dans 66 soudures de tuyauteries qui relient le générateur de vapeur et la turbine qui produit l’électricité. EDF précise que si la plupart des soudures sont jugées “réparables”, huit autres, situées dans la traversée de l’enceinte de confirment (la structure de béton qui doit retenir les éléments radioactifs en cas d’accident) sont inatteignables.

En juillet 2018, l’opérateur présente à l’ASN une “démarche d’exclusion de rupture” qui prévoit la remise en conformité des soudures, à l’exception des 8 soudures de traversée d’enceinte qui seraient maintenues en état après justification.

Les préconisations de l’IRSN et du groupement d’experts de l’ASN

En décembre 2018, l’ASN saisit l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) afin de recueillir son avis sur certains éléments de la stratégie proposée par EDF. Dans son avis, remis à l’ASN le 22 mars 2019, l’IRSN préconise qu’EDF procède à la réparation des soudures défectueuses les plus problématiques du réacteur EPR plutôt que de “rechercher à justifier une acceptabilité en l’état”.

Les 9 et 10 avril, l’ASN réunit le Groupe permanent d’experts pour les équipements sous pression nucléaires (GP ESPN), l’un de ses sept groupes permanents d’experts sur lesquels elle s’appuie pour préparer ses décisions. Le GP ESPN conclut dans le même sens que l’IRSN.

Si l’ASN devait suivre l’avis du groupe d’experts, elle pourrait contraindre EDF à reprendre des soudures que le groupe envisage pour le moment de maintenir en l’état, une décision pouvant intervenir dans le courant de l’été. Pour sa part, EDF prend acte des avis de l’IRSN et du GP ESPN en estimant que ces réparations “pourraient impacter le calendrier de mise en service et le coût de construction”. Le chantier de l’EPR de Flamanville accuse actuellement plus de dix ans de retard et son devis initial a déjà triplé.

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