Les opérations militaires extérieures de la France (OPEX) dans les discours publics

Les OPEX désignent des engagements nécessitant le déploiement opérationnel des forces armées en dehors du territoire national, dans un climat de crise avec pour objectif de contribuer à sa gestion. Vie-publique.fr vous propose une sélection de discours publics sur le thème des OPEX.

Depuis 1995, les armées françaises ont été engagées dans quelque 106 opérations menées à l’extérieur des frontières nationales. Environ 30 000 militaires sont déployés dans ces opérations, dont la plus importante, en terme d'effectif et de pays concernés, se situe au Sahel (Barkhane). 

Parmi les OPEX, citons également : Lynx (Varsovie, 2017), Harmattan (Libye, 2011), Chammal (Irak et Syrie, 2014), Sangaris (République centrafricaine, 2013), Daman (Liban,1978), mais aussi au Tchad dès les années 70, puis l'ex-Yougoslavie avec la Bosnie (1995), le Kosovo (1999), avant l'Afghanistan (2001)...

Les interventions en Afrique et au Levant

70 % des interventions extérieures ont lieu en Afrique.

Epervier, Serval, Barkhane - bande sahélo-saharienne :

L'opération Épervier au Tchad, est déclenchée début février 1986 à l'initiative de la France à la suite de la reprise des combats au nord du Tchad entre les forces du président tchadien, Hissène Habré et celles du GUNT de Goukouni Oueddei. La France déploie alors un dispositif de surveillance et de défense aérienne pour aider l'armée tchadienne.

Le 11 janvier 2013, suite à la demande d’aide du gouvernement malien, la France lance l'opération Serval au Mali pour contrer la progression des djihadistes qui occupaient le nord du Mali. "Notre intervention au Mali est légitime. Elle répond d'abord à la demande du Président de ce pays. Elle s'appuie sur les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unis et donc la France agit conformément au droit international."

À partir du 1er août 2014, l'opération Barkhane (avec l’accord de l’ONU et de l’Union européenne) prend la suite des opérations Serval et Épervier. Elle s'inscrit dans le cadre d'une stratégie de forces prépositionnées dans la région, en partenariat avec les États de la région (Burkina Faso, Mali, Niger, Mauritanie et le Tchad). C’est une opération menée au Sahel par l'armée française afin de contrer l’avancée des djihadistes menaçant toute la région du Sahel.

Lors d’une conférence de presse à l’Élysée, le 17 février 2022, le président de la République, Emmanuel Macron précise, à l’attention de la junte militaire au pouvoir au Mali, que "la lutte contre le terrorisme ne peut pas tout justifier, elle ne doit pas sous prétexte d’être une priorité absolue se transformer en exercice de conservation indéfini du pouvoir". "Nous ne pouvons rester engagés militairement aux côtés d’autorités de fait dont nous ne partageons ni la stratégie ni les objectifs cachés". Il conclut : "Dans ces conditions, la France et ses partenaires engagés dans des missions de lutte contre le terrorisme, ..., ont pris la décision de retirer leur présence militaire au Mali". La France conservera un rôle "d’appui" et de "partenaire".

L’opération Chammal au Levant :

Le 18 septembre 2014, le président de la République annonce l’appui aérien de la France aux autorités irakiennes pour "porter des coups à l’organisation terroriste" Daech. Les premières frappes aériennes françaises ont lieu le 19 en Irak.

 

Un monument en hommage aux soldats morts en opérations extérieures

Le 18 avril 2017, le président de la République François Hollande pose la première pierre du monument en l’honneur des militaires tombés en opérations extérieures de 1963 à ce jour. Dans son discours aux armées le 13 juillet 2018, Emmanuel Macron annonce avoir relancé le projet de ce monument. Il sera inauguré le 11 novembre 2019 par le président Emmanuel Macron. Les noms de 549 soldats morts pour la France depuis la fin des guerres de décolonisation figurent en lettres d’or sur un mur de marbre noir situé dans le parc André-Citroën (Paris).