Texte intégral

Le Conseil des ministres du 8 février 1989 avait décidé de mettre en place le crédit-formation individualisé pour les jeunes demandeurs d'emploi non diplômés. Le secrétaire d'Etat chargé de la formation professionnelle a présenté, un an après, le bilan et les perspectives du crédit-formation et le secrétaire d'Etat chargé de l'enseignement technique a exposé la contribution de l'éducation nationale au nouveau dispositif.

I - Le dispositif du crédit-formation est désormais en place pour les jeunes.
a) 362 zones de formation ont été créées par les préfets de région ; 400 coordonnateurs ont été installés pour les animer ; un service d'accueil a été mis en place dans chaque zone ; un réseau de correspondants a été constitué pour assurer dans chaque zone un suivi personnalisé des jeunes bénéficiaires du crédit-formation ; enfin, des centres destinés à évaluer les connaissances et à définir avec chaque jeune la formation à poursuivre ont été installés dans chaque département.
b) le crédit-formation attire de nombreux jeunes.
- Au 15 février 1990, 160000 jeunes ont accompli une première démarche, 65000 bilans individuels ont été dressés et 60000 engagements de crédit-formation ont été signés. Le nombre de jeunes qui ont demandé à bénéficier du crédit-formation est passé de 8000 en novembre 1989 à 14000 en janvier 1990.
- Soixante-dix pour cent des jeunes accueillis, qui sont en majorité des jeunes filles, sont très éloignés d'une qualification. Leur niveau est inférieur aux prévisions. Un nombre non négligeable d'entre eux possèdent un diplôme de niveau V, ce qui les exclut du droit au crédit-formation, mais ne parviennent pas à accéder au marché du travail et sont à la recherche d'une formation mieux adaptée en termes d'emploi.
c) Il faut augmenter l'offre pour faire face à la demande.
- A cet effet, il importe de : mobiliser tous les ministères : des protocoles d'accord ont été conclus avec les ministères de l'agriculture, de la culture, de la justice et la délégation aux rapatriés ; d'autres sont en cours de conclusion avec les ministères de la défense et des transports ;
- faire appel à l'ensemble des systèmes de formation ;
- renforcer le réseau des correspondants qui constitue pour les jeunes un élément essentiel de crédibilité du dispositif ;
- élargir le crédit-formation aux salariés, sujet en cours de négociation avec les partenaires sociaux, puis aux demandeurs d'emploi ; un projet de loi posant les principes du crédit-formation est en préparation pour faciliter les négociations qui suppose son extension ;
- se donner comme objectif pour 1991 d'atteindre 200000 places de crédit-formation pour l'ensemble des publics et dispositifs de formation intéressés.