Déclaration de M. Philippe Douste-Blazy, ministre des affaires étrangères, lue par M. Henri Cuq, ministre délégué aux relations avec le Parlement, en réponse à une question d'actualité au Sénat sur la conférence iranienne sur l'Holocauste et sur le dossier nucléaire iranien, Paris le 14 décembre 2006.

Texte intégral

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Sénateurs,
Madame la Sénatrice Dini,
Au nom du gouvernement, je tiens à dire une nouvelle fois que cette conférence sur l'Holocauste n'est pas acceptable, et doit être condamnée. Elle est d'autant plus inacceptable qu'elle exprime le refus du génocide du peuple juif. Au-delà de cette attitude condamnable, nous avons également entendu le président iranien contester l'existence même et la légitimité de l'Etat d'Israël, créé en 1948 sous l'égide des Nations unies, et dont il est un Etat membre plein et entier.
Cette conférence, Mesdames et Messieurs les Sénateurs, est inacceptable. Elle est inacceptable sur le plan historique, moral et politique. Aucun individu, aucun pays ne saurait nier ou simplement relativiser le génocide subi par le peuple juif. L'Iran pas plus qu'un autre. L'an dernier, l'Assemblée générale des Nations unies a adopté à l'unanimité une résolution rejetant tout déni de l'Holocauste, total ou partiel. La tenue d'une telle conférence est donc contraire aux décisions des Nations unies.
Dans ce contexte chargé, la France, plus que jamais, condamne l'Iran qui n'aurait jamais dû organiser une telle conférence. Pour avoir proféré des thèses négationnistes, M. Faurisson a été poursuivi par la justice française et radié de l'Université. Nous étudions toutes les voies de droit qui nous permettraient de le poursuivre pour les propos qu'il tiendrait ou aurait tenus à l'étranger sur l'Holocauste.
S'agissant, Madame la Sénatrice, du dossier nucléaire iranien, notre objectif est d'amener l'Iran à se conformer à ses engagements dans le cadre du Traité de non-prolifération et des demandes du Conseil de sécurité, à savoir la suspension de l'enrichissement d'uranium. Nous avons avec les Britanniques et les Allemands préparé une nouvelle version de notre projet de résolution du Conseil de sécurité, qui est, vous le savez, actuellement en discussion à New York. Ce projet prévoit des sanctions contre les activités nucléaires de l'Iran et son programme de missiles. Nous voulons que ces programmes, qui nous préoccupent, ne puissent pas bénéficier de soutiens extérieurs. Il prévoit aussi de renforcer l'autorité de l'AIEA dans son travail de vérification. Nous souhaitons ainsi parvenir au plus large accord possible au sein du Conseil. L'efficacité des sanctions dépend de la capacité de la communauté internationale à faire preuve d'unité. Ce soutien confirmera à l'Iran qu'il est isolé. Les actions seront proportionnelles et réversibles. Le dialogue pourra reprendre si l'Iran se conforme aux demandes qui lui sont adressées. La discussion du projet de résolution, Madame la Sénatrice Dini, est, je vous l'ai dit, en cours à New York. Je pense que nous avons un bon texte. J'espère qu'il nous permettra d'obtenir l'accord de tous.Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 20 décembre 2006