Déclaration de M. Xavier Darcos, ministre du travail, des relations sociales, de la famille, de la solidarité et de la ville, sur les actions en faveur de l'entreprenariat féminin, Paris le 10 mars 2010.

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Circonstance : Annonce des inistiatives tendant à favoriset et dynamiser l'entreprenariat féminin à Paris le 10 mars 2010

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Je suis heureux de lancer avec vous aujourd'hui, dans cette salle des Accords du ministère du Travail, cet ensemble d'initiatives tendant à favoriser l'entreprenariat des femmes. Je tiens à remercier tous les acteurs qui ont contribué à la mise en oeuvre de ce projet qui s'appuie sur le FGIF (Fonds de garantie pour la création, la reprise ou le développement d'entreprises à l'initiative des femmes), en lien avec la Caisse des Dépôts et Consignation et France Active.
C'est un engagement que je salue car je suis conscient, en tant que ministre en charge du Travail et des Relations sociales, de la nécessité d'aider les femmes à créer leur entreprise. Les chiffres en témoignent : les femmes représentent près de la moitié de la population active, mais ne représentent que 27% des entrepreneurs.
Quand elles se lancent dans cette voie, elles ne manquent pourtant, comme leurs homologues masculins, ni de talents, ni d'énergie, ni d'envie d'entreprendre.
En revanche elles sont davantage confrontées à certaines difficultés telles que la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle, sujet que je suis avec attention en tant que ministre du travail et de la Famille.
Elles ont aussi plus de peine à investir suffisamment d'argent dans leur projet, alors qu'une bonne capitalisation initiale est un facteur important de pérennité pour l'entreprise nouvellement créée.
Outre les découragements que ces obstacles entraînent pour toute femme qui a envie d'entreprendre, ils sont un frein à la croissance de notre économie. L'essor de l'entreprenariat, qui plus est dans un contexte où nous cherchons les voies de la reprise, est un atout pour le développement de nos PME et TPE, pour la création d'emploi, et en définitive, pour le dynamisme de notre pays.
J'irai même plus loin : dans les huit à dix ans qui viennent, 500 000 entreprises devront trouver des repreneurs ; les femmes auront donc plus que jamais un rôle à jouer.
L'action que nous engageons aujourd'hui dans le cadre de la journée internationale de la femme va relancer l'entreprenariat féminin selon quatre objectifs : en faire connaître les modalités d'aides, le valoriser, mobiliser l'ensemble des acteurs de la création / reprise d'entreprise et soutenir son développement.
1. Faire connaître l'entreprenariat féminin
Il faut sensibiliser l'ensemble des acteurs de l'entreprenariat à cet enjeu, en lien notamment avec l'agence pour la création d'entreprises (APCE) qui a pour mission d'informer sur les mesures en faveur de la création et de la transmission d'entreprises et d'orienter les entrepreneurs dans leurs démarches. C'est une première étape pour encourager les futures créatrices ou repreneuses d'entreprises à franchir le pas.
Je veux rappeler l'importance de la formation et de l'orientation des jeunes filles dans des secteurs aujourd'hui en tension de main d'oeuvre et qui leur permettront de connaitre des parcours professionnels enrichissant et leur évitant les situations de précarité dans lesquelles elles sont trop souvent confinées Je souhaite donc que l'on valorise davantage auprès d'elles les filières qui conduisent aux activités commerciales, artisanales, scientifiques et techniques.
2. Valoriser l'entreprenariat féminin.
C'est l'objet du prix national de la créatrice d'entreprise que nous allons organiser conjointement avec la Caisse des Dépôts. L'objectif de ce prix est de promouvoir la création, la reprise et le développement d'entreprises par les femmes. Les critères de sélection des lauréates seront notamment la viabilité économique du projet, son originalité et son potentiel d'activité en terme d'investissement, d'exportation et de création d'emplois.
3. Mobiliser les acteurs au plan national comme au plan local.
Au niveau national, je souhaite que les services de mon ministère ainsi que la CDC, l'APCE et France Active puissent promouvoir et accompagner cette initiative. Ces actions doivent aussi être déclinées au niveau local, notamment via les DIRECCTE (Directions régionales des entreprises, de la consommation, de la concurrence, du travail et de l'emploi) auprès des représentants des réseaux consulaires, et les caisses régionales de la CDC.
4. Soutenir l'entreprenariat féminin.
C'est le rôle du FGIF, qui permet d'obtenir une caution auprès des banques afin de faciliter l'obtention d'emprunts par les femmes souhaitant créer, reprendre ou développer leur entreprise. Ce fonds a de très bons résultats : 85% des entreprises qu'il soutient sont toujours en activité cinq ans après. Il faut donc renforcer et améliorer son fonctionnement, dans une dynamique entrepreneuriale large, en lien avec les banques, France Active et la CDC.
Ces initiatives en faveur de l'entreprenariat des femmes participent de l'action que j'ai engagée en faveur de l'égalité professionnelle, à la suite du rapport que m'a remis Brigitte Grésy, inspectrice générale des affaires sociales, en juillet dernier.
Ce rapport montrait notamment que seulement 37% des cadres ou cadres supérieurs sont des femmes, bien que les filles réussissent mieux à l'école jusqu'à la fin des études secondaires. Il montrait aussi que la rémunération moyenne des femmes est inférieure de 27% à celle des hommes à qualifications, ancienneté et compétences identiques.
J'ai proposé en décembre dernier aux partenaires sociaux de négocier sur le travail à temps partiel, la conciliation entre vie personnelle et professionnelle, les négociations collectives prévues par le code du travail pour traiter des questions d'égalité professionnelle, la représentation des femmes dans les instances représentatives du personnel.
Nous ferons un point d'étape de ces négociations, fin avril, pour que la situation s'améliore réellement en matière d'écarts de salaire et de carrières, de durée de promotion et d'accès des femmes aux fonctions de dirigeantes.
Mesdames et Messieurs,
L'ensemble de ces initiatives que nous lançons aujourd'hui permettra de favoriser et de dynamiser l'entreprenariat féminin dans notre pays. Prendre des risques, développer innover, c'est une source d'épanouissement et cela fait partie de la revalorisation du travail qui est une priorité du Président de la République. Il ne s'agit pas de remplacer des hommes par des femmes. Il s'agit de miser sur la complémentarité des approches et la diversité des compétences. Autant de facteurs de compétitivité dont nous aurions tort de nous priver.
Je vous remercie.Source http://www.travail-solidarite.gouv.fr, le 12 mars 2010