Texte intégral
Je suis particulièrement heureux et fier de partager avec vous, ce soir, à Marseille, ce dîner du CRIF qui est une belle et chaleureuse expression de la convivialité républicaine.
Si nous sommes ici réunis, cest pour manifester notre attachement à des valeurs communes, à des valeurs qui nous lient et que nous voulons transmettre.
Ces valeurs, ce sont celles qui irriguent la République, lui donnent chair et consistance. Ces valeurs, ce sont les vôtres, et tellement les vôtres quà la synagogue, vous dîtes « une prière pour la République ».
La République, telle que nous la voulons, telle que nous lavons construite ensemble, suppose ce sentiment dappartenance à une communauté de destin qui fait la force dun peuple et son unité.
La communauté juive est limage même de ce que doit être cette appartenance à une communauté, ce lien qui nous unit aux autres sans gommer notre individualité, sans brimer notre autonomie.
Ce lien nest pas une entrave. Cest une liberté. Cest une responsabilité. Appartenir à une communauté, cest se sentir responsable de toute autre comme de soi-même et devoir en répondre.
Cette appartenance émancipe. Faire partie dun tout, dun ensemble solidaire, ce nest pas sy perdre, mais sy retrouver.
Cest ainsi que se conçoit lidéal démancipation qui est le nôtre. Cet idéal de civilisation est celui dune République pour laquelle une différence de fait ne saurait fonder une différence de droit.
Et cet idéal, la communauté juive le défend, non pas de manière abstraite et incantatoire, mais par sa pratique du vivre ensemble.
Ce serait trop peu de dire que la communauté juive y adhère, puisque elle porte et incarne dans ses traditions les plus fortes les principes même de la vie républicaine.
Ainsi, la pratique du texte, consubstantielle à la tradition juive, instituée bien avant lexistence effective de la République française, est un apprentissage de lautonomie et déjà une préparation à la citoyenneté.
La pratique du texte est un exercice de réflexion collective. Ce nest pas par hasard. Elle apprend à questionner ses propres certitudes, à répondre, à écouter et à rendre compte. Elle apprend les vertus de léchange. Elle apprend quil est toujours préférable de penser à plusieurs, plutôt que tout seul.
La pratique du texte élève, cultive le meilleur en chacun et porte à lexemplarité. Elle permet de comprendre qu « il ny a rien de plus utile à un homme quun autre homme », comme laffirmait Spinoza.
Cette tradition est le ferment dune citoyenneté active. Elle prépare à la vie démocratique, parce que la démocratie est le régime qui convient le mieux à la vie sociale.
Bien sûr, la République construit ses propres creusets, et conçoit, suivant le même idéal de liberté de conscience et de pensée, lEcole et lespace du débat public.
Certes, la République vit dans les cultes quelle institue et se doit dentretenir, comme celui des Grands hommes. Elle commémore les grands moments de notre histoire commune à laquelle la communauté juive a tant apporté, et depuis si longtemps.
Cependant, la République vit aussi, perdure et se prolonge à travers dautres cultes que les siens propres, des cultes dont elle garantit le libre exercice, dès lors quil nentrave pas la conscience, mais favorise le développement de lesprit.
Dès lors quils ne menacent pas lordre public, mais au contraire promeuvent les principes dune vie harmonieuse dans lesquels chacun, croyant ou non-croyant, peut se reconnaître, les cultes fortifient la République.
Ainsi, lEtat laïc, en aucun cas, nest anti-religieux, pour cette raison très simple que la morale civique quil cherche à promouvoir vise elle-même à rassembler.
Sans doute, toute manifestation susceptible de diviser le corps social, de séparer, de discriminer, disoler est sanctionnée par la loi. Mais, de surcroît, une religion belliqueuse, une religion qui opprimerait ou qui humilierait serait bel et bien une contradiction dans les termes, un dévoiement de sa vocation initiale.
Entre croyance et fanatisme, il y a une différence de nature et non pas de degré, comme entre la violence et le droit.
Souvenons-nous de Spinoza, qui, toute sa vie, a porté le manteau troué du coup de couteau que lui avait donné un fanatique à la sortie de la synagogue. Cette histoire nous rappelle que le fanatisme, doù quil vienne, doit être condamné avec la plus grande fermeté.
Elle nous rappelle notre devoir de vigilance et de protection.
La loi du 9 décembre 1905, au fondement de lEtat laïc, poursuit ce double objectif.
Dans son aspect positif, lEtat laïc est un Etat protecteur : il assure la liberté de conscience, la liberté de croire et de ne pas croire, et en prévient les violations.
Tel est le contenu du premier article de notre loi fondamentale, qui fait clairement prévaloir une conception ouverte et apaisée de la laïcité.
Ministre en charge des cultes, cest dans cet esprit douverture que je travaille, soucieux de veiller au respect des grands équilibres dune loi qui a fait ses preuves, mais soucieux également den assurer mieux leffectivité.
En ce sens, il mapparaît opportun que les fêtes juives de Pessah puissent être prises en compte dans le fonctionnement des administrations et des services publics. Ils conviendrait notamment de veiller à ce que les examens et concours de la République ne se déroulent pas durant cette période.
Cest pourquoi jai demandé au Ministre de la fonction publique, par une lettre que je lui ai adressé le 2 mai dernier, de veiller à ce que les fêtes de Pessah figurent, dès lan prochain, dans le calendrier des principales fêtes religieuses prises en compte à cet effet.
Cest par de telles inflexions que la laïcité témoigne de sa vitalité et assure sa pérennité.
La perception équilibrée de la laïcité que défend le gouvernement exprime plus largement notre attachement aux principes dune République qui rassemble.
La France que nous aimons, la France que nous voulons, se reconnaît dans des valeurs qui définissent son identité.
Oui, ce sont ces valeurs qui font notre identité. Cest le combat que nous menons, ce sont les efforts que nous déployons pour défendre ces valeurs qui donnent sens à notre engagement républicain et qui tracent la perspective de notre histoire commune.
Chacun dentre nous peut dire, doù quil vienne, doù que vienne sa famille : « Jappartiens à la République, je suis Français, parce que je crois en légalité des droits, en légale dignité des hommes, quelle que soit lorigine, le genre ou la religion ». « Jappartiens à la République et je suis fier dêtre Français, parce que je défends ces principes ».
Le projet historique de la France est depuis longtemps un projet de civilisation que la communauté juive, avec dautre, a largement contribué à faire avancer.
Mais les progrès du droit et de la liberté ne sont pas rectilignes. Lherbe mauvaise de la barbarie pousse sur tous les terrains. Elle a tôt fait de profiter de notre négligence pour croître et étouffer les meilleures cultures.
Jétais, le 1er mai de cette année, au mémorial de la Shoah. Cétait la première fois quun ministre de lIntérieur sy rendait. Cétait une cérémonie poignante qui invite au recueillement, qui ravive notre mémoire, mais qui oblige aussi à agir pour que demain, cela ne revienne jamais.
Lutter conter lantisémitisme, sous toutes ses formes, des plus insidieuses aux plus explicites, est un impératif auquel aucun Gouvernement responsable ne saurait se soustraire.
Cette lutte suppose constance et détermination.
La communauté juive doit savoir que le gouvernement est bien décidé à poursuivre les efforts engagés, même si la froide statistique indique déjà une baisse très sensible des actes antisémites dans notre pays : une baisse de 43% des violences antisémites en 2010 et cela après la hausse enregistrée au moment de la crise de Gaza.
Cette orientation à la baisse se confirme sur les cinq premiers mois de 2011, où lon recense 185 actes à caractère antisémite, contre 222 pour la même période en 2010. Cependant, chacun de ces actes est un acte de trop.
Un seul suffit à soulever le cur, parce quil fait écho aux pires atrocités que lhistoire ait connue.
Quand un membre de la communauté juive est victime dun tel acte, ce nest pas une partie de la communauté nationale qui est atteinte et qui souffre, mais la Nation toute entière.
« Quand on gifle un Juif, cest lhumanité qui tombe par terre » - Kafka
De même, comme le soulignait le Président de la République, dans son discours au CRIF en mars dernier : « Toute atteinte contre un lieu de culte ou une sépulture doit être regardée comme une atteinte à la République et à ses valeurs fondamentales. »
Aussi, le plan gouvernemental de sécurisation des bâtiments de la communauté juive, mis en uvre depuis 2005, est un élément essentiel de notre politique de prévention dactes antisémites. Ce dispositif a déjà permis dassurer la protection de centaines décoles, de crèches, dassociations, de centres communautaires et de synagogues sur lensemble du territoire.
Bien entendu, la vigilance oblige à poursuivre ces efforts en 2011, et je memploierais à ce quils le soient.
En invitant les plus hautes autorités de la région à partager ce dîner du CRIF, vous souhaitez leur rappeler les devoirs de leur charge.
Vous mavez fait lhonneur de minviter ce soir à votre table, et je tenais, avant de vous rejoindre, à vous assurer de lengagement plein et entier de mon ministère au service dune France où votre communauté puisse vivre sereinement, puisse vivre heureuse.
Nous partageons le même idéal républicain, les mêmes valeurs. Nous défendons la même idée de la France, dune France fidèle à elle-même et à ses promesses. La France, disait Michelet, nest pas quun pays, cest une idée : une certaine idée de la liberté, de légalité et de la fraternité humaine à laquelle nous sommes attachés.
La France ne saurait oublier « qui elle est » sans se trahir, sans vous trahir.
La France ne saurait oublier les siens sans soublier elle-même.
Le temps népuise pas notre mémoire. Le temps népuise pas notre détermination.
La France noublie pas Guilad Shalit. Elle noublie pas ce soldat franco-israélien détenu au secret depuis son enlèvement en juin 2006 à la lisière de la bande de Gaza. Cela fait cinq ans maintenant, sans quaucun droit de visite ne soit accordé au Comité International de la Croix rouge, comme lexige pourtant le droit international.
En ces heures terribles pour notre compatriote, Guilad Shalit, la France noublie pas son amitié pour Israël. Vous savez, Monsieur lAmbassadeur, que le droit dIsraël à vivre en sécurité constitue une priorité stratégique et diplomatique pour la France.
Vous connaissez la solidité de lengagement du président de la République aux côtés dIsraël pour trouver les voies dune paix durable.
Israël occupe dans vos curs une place toute particulière. Soyez assurés que les préoccupations de la communauté juive sont ici, sur cette autre rive de la Méditerranée, partagées et entendues, comme en témoignent ces paroles de Nicolas Sarkozy que je reprendrai pour conclure :
« Pour la France, lexistence de lEtat dIsraël est une exigence de la conscience universelle et jamais les Juifs de France, jamais, nauront à choisir entre leur conscience et leur patrie ».
Je vous remercie.
Source http://www.crif-marseilleprovence.org, le 5 juillet 2011
Si nous sommes ici réunis, cest pour manifester notre attachement à des valeurs communes, à des valeurs qui nous lient et que nous voulons transmettre.
Ces valeurs, ce sont celles qui irriguent la République, lui donnent chair et consistance. Ces valeurs, ce sont les vôtres, et tellement les vôtres quà la synagogue, vous dîtes « une prière pour la République ».
La République, telle que nous la voulons, telle que nous lavons construite ensemble, suppose ce sentiment dappartenance à une communauté de destin qui fait la force dun peuple et son unité.
La communauté juive est limage même de ce que doit être cette appartenance à une communauté, ce lien qui nous unit aux autres sans gommer notre individualité, sans brimer notre autonomie.
Ce lien nest pas une entrave. Cest une liberté. Cest une responsabilité. Appartenir à une communauté, cest se sentir responsable de toute autre comme de soi-même et devoir en répondre.
Cette appartenance émancipe. Faire partie dun tout, dun ensemble solidaire, ce nest pas sy perdre, mais sy retrouver.
Cest ainsi que se conçoit lidéal démancipation qui est le nôtre. Cet idéal de civilisation est celui dune République pour laquelle une différence de fait ne saurait fonder une différence de droit.
Et cet idéal, la communauté juive le défend, non pas de manière abstraite et incantatoire, mais par sa pratique du vivre ensemble.
Ce serait trop peu de dire que la communauté juive y adhère, puisque elle porte et incarne dans ses traditions les plus fortes les principes même de la vie républicaine.
Ainsi, la pratique du texte, consubstantielle à la tradition juive, instituée bien avant lexistence effective de la République française, est un apprentissage de lautonomie et déjà une préparation à la citoyenneté.
La pratique du texte est un exercice de réflexion collective. Ce nest pas par hasard. Elle apprend à questionner ses propres certitudes, à répondre, à écouter et à rendre compte. Elle apprend les vertus de léchange. Elle apprend quil est toujours préférable de penser à plusieurs, plutôt que tout seul.
La pratique du texte élève, cultive le meilleur en chacun et porte à lexemplarité. Elle permet de comprendre qu « il ny a rien de plus utile à un homme quun autre homme », comme laffirmait Spinoza.
Cette tradition est le ferment dune citoyenneté active. Elle prépare à la vie démocratique, parce que la démocratie est le régime qui convient le mieux à la vie sociale.
Bien sûr, la République construit ses propres creusets, et conçoit, suivant le même idéal de liberté de conscience et de pensée, lEcole et lespace du débat public.
Certes, la République vit dans les cultes quelle institue et se doit dentretenir, comme celui des Grands hommes. Elle commémore les grands moments de notre histoire commune à laquelle la communauté juive a tant apporté, et depuis si longtemps.
Cependant, la République vit aussi, perdure et se prolonge à travers dautres cultes que les siens propres, des cultes dont elle garantit le libre exercice, dès lors quil nentrave pas la conscience, mais favorise le développement de lesprit.
Dès lors quils ne menacent pas lordre public, mais au contraire promeuvent les principes dune vie harmonieuse dans lesquels chacun, croyant ou non-croyant, peut se reconnaître, les cultes fortifient la République.
Ainsi, lEtat laïc, en aucun cas, nest anti-religieux, pour cette raison très simple que la morale civique quil cherche à promouvoir vise elle-même à rassembler.
Sans doute, toute manifestation susceptible de diviser le corps social, de séparer, de discriminer, disoler est sanctionnée par la loi. Mais, de surcroît, une religion belliqueuse, une religion qui opprimerait ou qui humilierait serait bel et bien une contradiction dans les termes, un dévoiement de sa vocation initiale.
Entre croyance et fanatisme, il y a une différence de nature et non pas de degré, comme entre la violence et le droit.
Souvenons-nous de Spinoza, qui, toute sa vie, a porté le manteau troué du coup de couteau que lui avait donné un fanatique à la sortie de la synagogue. Cette histoire nous rappelle que le fanatisme, doù quil vienne, doit être condamné avec la plus grande fermeté.
Elle nous rappelle notre devoir de vigilance et de protection.
La loi du 9 décembre 1905, au fondement de lEtat laïc, poursuit ce double objectif.
Dans son aspect positif, lEtat laïc est un Etat protecteur : il assure la liberté de conscience, la liberté de croire et de ne pas croire, et en prévient les violations.
Tel est le contenu du premier article de notre loi fondamentale, qui fait clairement prévaloir une conception ouverte et apaisée de la laïcité.
Ministre en charge des cultes, cest dans cet esprit douverture que je travaille, soucieux de veiller au respect des grands équilibres dune loi qui a fait ses preuves, mais soucieux également den assurer mieux leffectivité.
En ce sens, il mapparaît opportun que les fêtes juives de Pessah puissent être prises en compte dans le fonctionnement des administrations et des services publics. Ils conviendrait notamment de veiller à ce que les examens et concours de la République ne se déroulent pas durant cette période.
Cest pourquoi jai demandé au Ministre de la fonction publique, par une lettre que je lui ai adressé le 2 mai dernier, de veiller à ce que les fêtes de Pessah figurent, dès lan prochain, dans le calendrier des principales fêtes religieuses prises en compte à cet effet.
Cest par de telles inflexions que la laïcité témoigne de sa vitalité et assure sa pérennité.
La perception équilibrée de la laïcité que défend le gouvernement exprime plus largement notre attachement aux principes dune République qui rassemble.
La France que nous aimons, la France que nous voulons, se reconnaît dans des valeurs qui définissent son identité.
Oui, ce sont ces valeurs qui font notre identité. Cest le combat que nous menons, ce sont les efforts que nous déployons pour défendre ces valeurs qui donnent sens à notre engagement républicain et qui tracent la perspective de notre histoire commune.
Chacun dentre nous peut dire, doù quil vienne, doù que vienne sa famille : « Jappartiens à la République, je suis Français, parce que je crois en légalité des droits, en légale dignité des hommes, quelle que soit lorigine, le genre ou la religion ». « Jappartiens à la République et je suis fier dêtre Français, parce que je défends ces principes ».
Le projet historique de la France est depuis longtemps un projet de civilisation que la communauté juive, avec dautre, a largement contribué à faire avancer.
Mais les progrès du droit et de la liberté ne sont pas rectilignes. Lherbe mauvaise de la barbarie pousse sur tous les terrains. Elle a tôt fait de profiter de notre négligence pour croître et étouffer les meilleures cultures.
Jétais, le 1er mai de cette année, au mémorial de la Shoah. Cétait la première fois quun ministre de lIntérieur sy rendait. Cétait une cérémonie poignante qui invite au recueillement, qui ravive notre mémoire, mais qui oblige aussi à agir pour que demain, cela ne revienne jamais.
Lutter conter lantisémitisme, sous toutes ses formes, des plus insidieuses aux plus explicites, est un impératif auquel aucun Gouvernement responsable ne saurait se soustraire.
Cette lutte suppose constance et détermination.
La communauté juive doit savoir que le gouvernement est bien décidé à poursuivre les efforts engagés, même si la froide statistique indique déjà une baisse très sensible des actes antisémites dans notre pays : une baisse de 43% des violences antisémites en 2010 et cela après la hausse enregistrée au moment de la crise de Gaza.
Cette orientation à la baisse se confirme sur les cinq premiers mois de 2011, où lon recense 185 actes à caractère antisémite, contre 222 pour la même période en 2010. Cependant, chacun de ces actes est un acte de trop.
Un seul suffit à soulever le cur, parce quil fait écho aux pires atrocités que lhistoire ait connue.
Quand un membre de la communauté juive est victime dun tel acte, ce nest pas une partie de la communauté nationale qui est atteinte et qui souffre, mais la Nation toute entière.
« Quand on gifle un Juif, cest lhumanité qui tombe par terre » - Kafka
De même, comme le soulignait le Président de la République, dans son discours au CRIF en mars dernier : « Toute atteinte contre un lieu de culte ou une sépulture doit être regardée comme une atteinte à la République et à ses valeurs fondamentales. »
Aussi, le plan gouvernemental de sécurisation des bâtiments de la communauté juive, mis en uvre depuis 2005, est un élément essentiel de notre politique de prévention dactes antisémites. Ce dispositif a déjà permis dassurer la protection de centaines décoles, de crèches, dassociations, de centres communautaires et de synagogues sur lensemble du territoire.
Bien entendu, la vigilance oblige à poursuivre ces efforts en 2011, et je memploierais à ce quils le soient.
En invitant les plus hautes autorités de la région à partager ce dîner du CRIF, vous souhaitez leur rappeler les devoirs de leur charge.
Vous mavez fait lhonneur de minviter ce soir à votre table, et je tenais, avant de vous rejoindre, à vous assurer de lengagement plein et entier de mon ministère au service dune France où votre communauté puisse vivre sereinement, puisse vivre heureuse.
Nous partageons le même idéal républicain, les mêmes valeurs. Nous défendons la même idée de la France, dune France fidèle à elle-même et à ses promesses. La France, disait Michelet, nest pas quun pays, cest une idée : une certaine idée de la liberté, de légalité et de la fraternité humaine à laquelle nous sommes attachés.
La France ne saurait oublier « qui elle est » sans se trahir, sans vous trahir.
La France ne saurait oublier les siens sans soublier elle-même.
Le temps népuise pas notre mémoire. Le temps népuise pas notre détermination.
La France noublie pas Guilad Shalit. Elle noublie pas ce soldat franco-israélien détenu au secret depuis son enlèvement en juin 2006 à la lisière de la bande de Gaza. Cela fait cinq ans maintenant, sans quaucun droit de visite ne soit accordé au Comité International de la Croix rouge, comme lexige pourtant le droit international.
En ces heures terribles pour notre compatriote, Guilad Shalit, la France noublie pas son amitié pour Israël. Vous savez, Monsieur lAmbassadeur, que le droit dIsraël à vivre en sécurité constitue une priorité stratégique et diplomatique pour la France.
Vous connaissez la solidité de lengagement du président de la République aux côtés dIsraël pour trouver les voies dune paix durable.
Israël occupe dans vos curs une place toute particulière. Soyez assurés que les préoccupations de la communauté juive sont ici, sur cette autre rive de la Méditerranée, partagées et entendues, comme en témoignent ces paroles de Nicolas Sarkozy que je reprendrai pour conclure :
« Pour la France, lexistence de lEtat dIsraël est une exigence de la conscience universelle et jamais les Juifs de France, jamais, nauront à choisir entre leur conscience et leur patrie ».
Je vous remercie.
Source http://www.crif-marseilleprovence.org, le 5 juillet 2011