Interview de M. Laurent Wauquiez, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche à Radio Classique le 8 février 2012, sur la notion de civilisation, de progrès et les valeurs de la République.

Texte intégral


 
 
GUILLAUME DURAND Soyons taquins pour démarrer, si vous aviez prévu quelques vacances aux alentours du 26 février, dans la deuxième semaine des vacances de février, ben c’est râpé si on écoute Guillaume TABARD, parce que le président pourrait peut-être intervenir à Bercy le 26.
 
LAURENT WAUQUIEZ Vous savez bien qu’un ministre de l’Enseignement supérieur ne prend de vacances que pendant la période d’été, sûrement pas avant.
 
GUILLAUME DURAND Donc, pas de vacances prévues.
 
AURENT WAUQUIEZ Donc, pas de vacances prévues.
 
GUILLAUME DURAND Question de cours et en même question politique sur cette affaire de civilisation. Imaginons…est-ce que vous diriez par exemple ce matin, à HU Jintao, s’il était dans le studio, que la civilisation occidentale est supérieure à celle des Chinois ?
 
LAURENT WAUQUIEZ Ah, si vous m’interrogez sur le fond, je vais répondre comme historien. Ca n’est pas un petit débat.
 
GUILLAUME DURAND Et comme normalien.
 
LAURENT WAUQUIEZ Et comme normalien. Prenons des civilisations militaristes, comme la civilisation spartiate. Est-ce qu’on a le droit ou non de poser une question : qui a le plus contribué à l’évolution de l’Humanité, la civilisation spartiate ou la civilisation athénienne ? Est-ce qu’on peut poser d’autres questions : la civilisation assyrienne, grande civilisation mais en même temps une civilisation militariste.
 
GUILLAUME DURAND Vous avez bien révisé avant de venir !
 
LAURENT WAUQUIEZ Non ! C’est un sujet qui est intéressant parce que derrière, et c’est un vrai thème de débat, LÉVI-STRAUSS, lui, a contribué à une autre approche. Autre approche dans laquelle il dit, non, toutes les civilisations, même des civilisations qui n’ont pas forcément inscrites dans le progrès de l’Humanité, sont des civilisations qui doivent être estimées. Jusque qu’est-ce que je voudrais dire ? Ceci est une République. Ceci est une République dans lequel on a le droit de débattre. Ceci est une République dans lequel on a le droit d’échanger des idées sans se faire traiter de nazis, voilà, c’est tout. Ce n’est pas un petit…
 
GUILLAUME DURAND …donc, il faut qu’il s’excuse ? Vous l’avez réclamé hier, et ce matin silence. Faut-il s’excuse ?
 
LAURENT WAUQUIEZ Non mais, pour moi c’est une évidence. Alors, je vais bien m’expliquer dessus. C’est le visage d’une gauche que je n’aime pas. François HOLLANDE n’est tolérant que dans les paroles et sectaire dans les actes. C’est le visage d’une gauche qui est drapée dans sa bien-pensance et qui donne des leçons à tout le monde. C’est la même gauche que celle de Lionel JOSPIN qui avait traité notre famille politique de colonialiste. C’est la même gauche qui nous avait traités d’antidreyfusards. Et la réalité, c’est que c’est une gauche…
 
GUILLAUME DURAND …historiquement... pardonnez-moi !
 
LAURENT WAUQUIEZ Ah ben, non, attendez, désolé !
 
GUILLAUME DURAND Les partis de droite massivement, ce n’est pas vrai individuellement, il y avait des tas de gens à droite qui étaient pour le capitaine DREYFUS, mais globalement…
 
LAURENT WAUQUIEZ Alors, on va essayer d’éviter de relancer ce débat, mais historiquement si vous regardez…
 
GUILLAUME DURAND …c’est vous qui avez dit que c’était intéressant, donc, on est là, avec Gilles, on est passionnés.
 
LAURENT WAUQUIEZ Oui, d’accord, mais admettons, mais juste qu’est-ce qui est pour moi très gênant dans cette attitude ? C’est que c’est la gauche qui a la certitude d’être supérieure intellectuellement. C’est la gauche qui a la certitude de détenir le dictionnaire du politiquement correct et où ce dictionnaire du politiquement correct se transforme en Petit Livre Rouge. C’est une gauche qui donne des leçons de tolérance à tout le monde et qui en réalité est enfermée dans le sectarisme. Et ça, je ne le supporte pas. Honnêtement, ça m’a même…enfin, hier…
 
GUILLAUME DURAND …je vous jure j’arrête, mais ça veut dire donc que LÉVI-STRAUSS est mort et bien mort, c’est-à-dire que nous qui avons étudié pendant des années ce qu’il nous a enseigné, eh ben c’est terminé.
 
LAURENT WAUQUIEZ Ca veut dire que on peut avoir un débat sur cette théorie de la relativité des civilisations et du multiculturalisme, oui. Mais ça veut dire que en revanche se faire traiter de nazis, non, ça ce n’est pas la République.
 
GUILLAUME DURAND Alors, Gilles LECLERC. Nous sommes en direct avec Laurent WAUQUIEZ, ce matin.
 
GILLES LECLERC Pour autant, Laurent WAUQUIEZ, est-ce que vous vous reconnaissez plus globalement dans les propos en général du ministre de l’Intérieur, Claude GUÉANT ? Est-ce que votre sensibilité est la même que celle du Ministère de l’Intérieur, du ministre de l’Intérieur ?
 
GUILLAUME DURAND Ce qui n’est pas le cas de Bruno LE MAIRE, pour les mots en tout cas, pour les mots employés.
 
GILLES LECLERC Compte tenu de votre parcours, de votre profil.
 
LAURENT WAUQUIEZ Non mais, moi, je vais vous répondre très clairement dessus. Ce qui m’intéresse surtout aujourd’hui, et dans le débat actuel, c’est est-ce que la France, et plus largement l’Europe, assume sa culture et sa civilisation ? C’est des sujets d’ailleurs dont on avait déjà débattus à cette antenne. Est-ce que la France et l’Europe assument sa tradition judéo-chrétienne ? Est-ce que la France et l’Europe assument sa culture qui la rattache à la culture de l’antiquité, à la culture de la chrétienté, à la culture du romantisme et des Lumières ? Est-ce que nous assumons ça ou est-ce que – débat d’ailleurs soulevé par Eva JOLY – on tombe dans une espèce de relativisme absolu où on dit on va peindre tous les murs en blanc pour que ça ne choque plus personne et où on va finalement renoncer à notre identité parce qu’on considère que c’est ça qui nous permettra d’être tolérants ? D’où ces propositions consistant à dire on fait sauter toutes les fêtes chrétiennes des jours fériés. Moi, c’est cette question-là qui m’intéresse : est-ce que la civilisation européenne assume sa tradition et son histoire ?
 
GILLES LECLERC Mais donc vous auriez pu vous-même, Laurent WAUQUIEZ, prononcer la même formule que Claude GUÉANT, c’était ça ma question ?
 
LAURENT WAUQUIEZ Non, ce que je vous ai dit c’est que pour moi ce qui est intéressant plus que cette question de la hiérarchie des civilisations, puisque je considère que le débat d’actualité il est plus centré là-dessus, c’est « est ce que la civilisation européenne assume ou non sa tradition et son histoire et comment elle concilie cette histoire avec une tolérance et une laïcité ? », voilà. Ca, c’est les questions qui, moi, m’intéressent. Mais, aujourd’hui, ce n’est pas là où on en est. Aujourd’hui, ce qui s’est passé hier à l’Assemblée nationale est grave, et c’est ce que je dénonce, c’est l’image d’une gauche sectaire. C’est une gauche qui croit être la seule à délivrer des brevets de bien-pensance et qui du coup interdit des débats et on se fait traiter de nazis dès qu’on soulève le moindre débat. Ca n’est pas acceptable.
 
GUILLAUME DURAND Mais, vous avez raison de répondre, mais le problème c’est aussi, puisqu’on en est aux citations, la petite phrase du général de GAULLE, il y a toujours un moment où il faut se mettre en accord avec ses arrière-pensées. Je ne suis pas certain que l’arrière-pensée de Claude GUÉANT c’était de répondre post-mortem à Claude LÉVI-STRAUSS. L’arrière-pensée de Claude GUÉANT, c’est en tout cas ce que disent beaucoup de gens, y compris à gauche et à droite, c’est de draguer le Front national.
 
LAURENT WAUQUIEZ Non.
 
GUILLAUME DURAND Ce qui n’est pas un débat fondamental sur « où vont les civilisations ? » ou le côté HUNTINGTON choc des civilisations. Qu’est-ce qu’il cherche, en fait ?
 
LAURENT WAUQUIEZ On va jusqu’au bout ?
 
GUILLAUME DURAND Oui, ben on est là pour ça !
 
LAURENT WAUQUIEZ Dans notre civilisation européenne, il y a quoi ? Il y a l’égalité entre l’homme et la femme, par exemple. Est-ce que c’est quelque chose qu’on défend ? Est-ce que derrière des questions qui sont posées, qui sont clairement posées, quand on interdit la loi sur la burqa, oui, on est sur la défense de l’égalité entre l’homme et la femme, et la burqa n’est pas l’Islam, burqa n’est pas la civilisation arabo-musulmane. Donc, juste, là-dessus, je crois que ça c’est ce qui est effectivement dans la pensée de Claude GUÉANT, c’est les fondements de cette civilisation européenne il faut les défendre. Et il faut là-dessus être clair, on a des valeurs qui sont au coeur de notre pacte républicain et qui ne sont pas négociables.
 
GILLES LECLERC On va redescendre peut-être d’un étage, encore que ça intéresse beaucoup les Français. Ce matin, au Conseil des ministres…
 
GUILLAUME DURAND …et les auditeurs de RADIO CLASSIQUE.
 
LAURENT WAUQUIEZ De temps en temps, qu’on puisse avoir dans le cadre de cette présidence…
 
GILLES LECLERC ... non mais, c’est très bien.
 
LAURENT WAUQUIEZ …des débats avec un peu de hauteur de vue, ça ne fait pas de mal.
 
GUILLAUME DURAND Souvenez-vous, par exemple, du désordre considérable qu’avait mis Michel HOUELLEBECQ en parlant à propos de la sortie d’un de ses livres que l’Islam était la religion, pardonnez-moi de réciter, la plus con du monde. Ca avait apporté un débat et à la fois culturel et politique, et il y a eu des protestations, etc.
 
LAURENT WAUQUIEZ Vous savez que vous vous adressez à quelqu’un qui parle arabe. J’ai étudié précisément, notamment au 18e, ce dialogue entre l’Europe et la rive sud de la Méditerranée. Donc, nos deux civilisations, en tout cas ça c’est sûr, se sont construites dans un dialogue permanent.
 
GILLES LECLERC Aujourd’hui, au Conseil des ministres, au menu il y a l’adoption par le Conseil des ministres de la fameuse TVA sociale. Au début de ce débat, on sait que, vous, vous n’étiez pas très partisan. Est-ce que vous pensez que c’est peut-être ça qui pourrait faire perdre le candidat futur Nicolas SARKOZY à la présidentielle ?
 
LAURENT WAUQUIEZ Ma crainte c’était quoi ? J’avais deux craintes. Ma première crainte, c’était que le changement ne porte que sur la TVA. Ca n’est pas le cas, il y a la moitié de l’augmentation qui est faite sur une augmentation de la CSG sur le capital. Ca, c’était pour moi un élément important. Ma deuxième crainte c’est qu’on ait une augmentation massive de la TVA qui ait un impact sur les prix. Le choix qui a été fait est l’inverse, c’est une augmentation faible de la TVA qui permet de penser que nous n’aurons aucun impact sur les prix.
 
GILLES LECLERC Donc, vous approuvez sans réserve ?
 
LAURENT WAUQUIEZ Ce n’est pas que j’approuve sans réserve, c’est que je considère que l’a priorité, et j’essaie de hiérarchiser mes priorités, la priorité c’est de baisser les charges qui sont sur le travail. Vous regardez le modèle allemand, quand pour un salaire qui est aujourd’hui à 1 700 €, deux fois plus de charges en France qu’en Allemagne qui pèsent sur les salaires. Pas baisser les salaires, il ne faut évidemment pas baisser les salaires en France, ce qu’il faut baisser c’est les charges qui pèsent sur les salaires. Et cette TVA nous permettra de faire contribuer les produits importés au financement de notre protection sociale. Je préfère que ce soit le produit chinois qui finance ma protection sociale plutôt que le salaire de l’ouvrière d’Yssingeaux.
 
GILLES LECLERC A propos de l’Allemagne, on a l’impression que l’Allemagne est devenue le modèle.
 
GUILLAUME DURAND Le modèle.
 
GILLES LECLERC En tout cas pour votre camp. Angela MERKEL vient en France appuyer ou aider Nicolas SARKOZY. Est-ce que c’est un bon signal ?
 
LAURENT WAUQUIEZ Le bon signal c’est d’être capable de se poser les bonnes questions. Vous avez de l’autre côté du Rhin un pays qui a 7 % de taux de chômage, qui a un commerce excédentaire, et qui a 3 % de croissance.
 
GILLES LECLERC Donc, il faut copier les Allemands ?
 
LAURENT WAUQUIEZ Non ! Mais par contre il faut regarder ce qui se passe et il faut s’en inspirer. Et là encore, je suis assez surpris, c’est-à-dire que qu’est-ce qu’on a comme sentiment ? On a le sentiment que la gauche est gênée par ce qui se passe en Allemagne. Elle est gênée parce qu’au fond l’Allemagne c’est la preuve par 9 que les idées actuellement défendues par François HOLLANDE ne sont pas les bonnes. D’ailleurs, exemple allemand qui n’est pas un exemple de droite : les réformes sur lesquelles repose le modèle allemand ont été lancé par Gerhard SCHRÖDER, un chancelier socialiste. Et ça repose sur quoi comme principe ? Trois principes de bon sens qui sont ceux que je défends avec la Droite sociale et que le président défend : revalorisation du travail, baisse et bonne gestion de la dépense publique, alléger le poids sur les entreprises. Le programme de François HOLLANDE c’est augmentation de la dépense publique, 44 milliard d’euros d’impôts en plus sur les classes moyennes. Donc, ce que je trouve très intéressant, ce n’est pas de savoir est-ce que Angela MERKEL vient soutenir ou non SARKOZY, est-ce qu’elle viendra ou non dans un meeting, la question de fond c’est est-ce que l’Allemagne nous dit des choses et est-ce que on peut s’inspirer de ce qui marché en Allemagne. Pas singer le modèle de A à Z, mais s’inspirer de ce qui se passe en Allemagne.
 
GUILLAUME DURAND Mais, Laurent WAUQUIEZ, vous avez cité par exemple le commerce extérieur et le chômage pour s’inspirer du modèle allemand. Nous avons, nous, les résultats les pires. Donc, on aurait peut-être pu le regarder avant parce que cette argumentation qui est portée au président de la République, c’est-à-dire de ne pas échapper à son bilan, c’est une argumentation qui est repris évidemment par la gauche, mais aussi par un certain nombre de gens à droite qui considèrent qu’effectivement s’inspirer de ce qui se fait de mieux à l’étranger ça aurait pu être fait avant parce que tout le monde a eu la même crise.
 
LAURENT WAUQUIEZ Alors, qu’est-ce qu’on a fait ? Parlons-en, c’est des vraies questions.
 
GUILLAUME DURAND Découvrir que SCHRÖDER a existé des années après qu’il ait quitté le pouvoir…
 
LAURENT WAUQUIEZ Parlons-en !
 
GUILLAUME DURAND …alors qu’il est maintenant dirigeant de GAZPROM…
 
LAURENT WAUQUIEZ D’abord, un, très bonne question. Qu’est-ce qu’on a fait ?
 
GUILLAUME DURAND C’est gentil !
 
LAURENT WAUQUIEZ D’abord, on fait sauter… ce n’est pas ce que je voulais dire. Moi, je ne délivre pas des brevets de bien-pensance comme….
 
GUILLAUME DURAND Non, non, non, je ne suis pas un bien-pensant, heureusement !
 
LAURENT WAUQUIEZ C’est assez vrai, vous êtes plutôt dans le politiquement incorrect. Heureusement ! Un, quand on fait les heures supplémentaires, on revient sur l’impact catastrophique des 35 h. Deux, quand on allège la fiscalité sur nos PME en faisant sauter la taxe professionnelle, on avance dans le sens de ce que sont les bonnes leçons allemandes. Quand on fait, et c’est ma responsabilité en tant que ministre de la Recherche, le crédit impôt recherche pour aider nos entreprises à se positionner sur des créneaux d’innovation et de qualité, comme l’ont fait les entreprises allemandes, on est sur le même travail. Quand on allège les charges sur le travail, on est sur la même filiation. La seule chose, et ça il ne faut jamais l’oublier, c’est qu’un pays c’est très facile de lui faire prendre le toboggan. Le commerce extérieur, on commence à dévisser avec les 35 h. Vous prenez historiquement, la courbe du commerce extérieur en France s’inverse à partir de l’installation des 35 h. Donc, un pays prend très vite le toboggan et ça prend des années à redresser.
 
GUILLAUME DURAND Je comprends, mais vous n’avez pas totalement répondu à la question, c’est-à-dire pourquoi ne pas s’être inspiré, puisque c’est le modèle, du modèle allemand, avant ?
 
LAURENT WAUQUIEZ Mais là tout ce que je vous cite c’est des réformes qui ont commencé au début du quinquennat : la taxe professionnelle, les heures supplémentaires, le crédit impôt recherche. Donc, on a commencé très tôt, mais oui, ça prend du temps pour récolter ses fruits. Et si jamais la France prend 44 milliards d’euros d’impôts en plus sur les classes moyennes et les PME, tel qu’affiché, puisque ce n’est pas un mystère, François HOLLANDE l’a dit, et c’est inscrit dans son programme, donc ce n’est pas moi qui le…enfin, je ne fais pas de distorsion, dans sa présentation de son programme il dit pour financer mes dépenses publiques je mettrai 44 milliards d’euros d’impôts en plus. Notre pays ne s’en relèverait pas, voilà.
 
GUILLAUME DURAND Gilles me disait avant que nous entrions dans ce studio, avoir lu une interview très intéressante de vous dans PARIS MATCH, expliquant que 2017 est un horizon qui peut vous intéresser.
 
LAURENT WAUQUIEZ Ben oui ! C’est une très bonne journaliste qui l’expliquait, Elisabeth CHAVELET, moi, mon seul horizon c’est 2012, voilà, c’est tout. Et je considère que…enfin, en tout cas, je fais partie de ceux qui se battront totalement dans cette campagne présidentielle. Je me battrai pour…
 
GUILLAUME DURAND Donc, vous n’allez pas apprendre, ce matin, à Jean-François COPÉ que vous aussi ça vous intéresse ?
 
LAURENT WAUQUIEZ Ne lui dites pas ça, vous allez le faire déprimer. Donc, non, ce n’est pas ce que j’ai voulu dire.
 
GUILLAUME DURAND Gilles LECLERC ou Jean-François COPÉ ?
 
LAURENT WAUQUIEZ Non, Jean-François COPÉ, bien sûr.
 
GILLES LECLERC Quel sera votre rôle ou quel est peut-être déjà votre rôle dans le dispositif du candidat probable, Nicolas SARKOZY ?
 
GUILLAUME DURAND Et le programme.
 
LAURENT WAUQUIEZ Moi, ce qui m’intéresse…
 
GILLE LECLERC Quelle est la pierre, qu’est-ce que vous apportez, quelle est la touche de Laurent WAUQUIEZ dans cette campagne auprès de Nicolas SARKOZY ?
 
LAURENT WAUQUIEZ Mais, il y a pour moi deux vocations, en tout cas c’est deux convictions. La première, vous le savez, c’est la défense des classes moyennes. Je considère que le sujet majeur de la France aujourd’hui c’est, est-ce qu’elle remet les classes moyennes dans son contrat républicain ? Et c’est d’ailleurs pour ça que je suis très inquiet…
 
GILLES LECLERC …classes moyennes dont une partie va payer des impôts avec les effets de seuil, ce qui n’était pas forcément prévu au départ par ces gens-là.
 
LAURENT WAUQUIEZ Classes moyennes qui par exemple si jamais on met en place la réforme de François HOLLANDE de fusion de l’impôt sur le revenu et la CSG paieraient une addition très lourde. Classes moyennes qui si jamais la refonte du quotient familiale se mettait en place paieraient une addition très lourde.
 
GILLES LECLERC Bon, donc, défense des classes moyennes.
 
LAURENT WAUQUIEZ Ca, c’est ma première…enfin en tout cas c’est le sujet que je considère majeur dans cette élection. Et ma deuxième vocation c’est d’éviter qu’on soit du côté des snippers. Et je crois que le débat de ce matin l’a montré, il n’y a pas besoin de se traiter de noms d’oiseaux, il n’y a pas besoin d’aller sortir des petites phrases qui n’ont aucun sens. C’est une élection et c’est une campagne dont j’espère qu’elle peut être située à un niveau qui soit digne et intéressant. Il y a des gros sujets qui attendent notre pays, ma vocation, en tout cas c’est ce que j’essaie de faire, c’est qu’on ait une campagne qui soit les idées, parce que je pense que c’est là-dessus que notre famille politique peut gagner.
 
GUILLAUME DURAND Dernier point. Est-ce que vous suivez LEJABY et est-ce que la reprise par un sous-traitant de LVMH se passe bien ? Parce qu’il y a beaucoup de gens qui ont dit, oui, c’est un effet d’annonce, et puis finalement huit jours plus tard il ne se passera rien. Vrai ou faux ?
 
LAURENT WAUQUIEZ Vous savez, c’est mon département. Ces filles de LEJABY, je les connais depuis des années. Il y a deux ans, je m’étais déjà battu pour empêcher cette fermeture. La solution qui a été trouvée, et sur laquelle le président de la République a beaucoup aidé pour la faire émerger, c’est une solution qui est vraiment durable. Et ce que je vous propose, c’est on en reparle dans un mois. Les filles seront en train d’apprendre un nouveau métier, de la maroquinerie de luxe. Et c’est un très beau symbole, parce que LEJABY était un symbole des délocalisations, c’est en train de devenir une incarnation que la France peut garder uns savoir-faire français.
 Source : Premier ministre, Service d’Information du Gouvernement, le 10 février 2012