Déclaration de M. Frédéric Mitterrand, ministre de la culture et de la communication, sur l'architecture et la remise des projets d'architectes et de paysagistes, Paris le 28 mars 2012.

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Circonstance : Proclamation des albums des jeunes architectes et paysagistes à Paris le 28 mars 2012

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Je suis très honoré de procéder à la nomination des lauréats de la nouvelle session des albums des jeunes architectes et des paysagistes, au terme des deux jours de travaux conduits par le jury de cette nouvelle session.
Les Albums, je le rappelle, viennent distinguer une génération talentueuse d'architectes et de paysagistes de moins de trente-cinq ans, en les accompagnant dans leurs premiers pas professionnels.
Cette année encore, nous avons reçu plus de 240 dossiers. Les Albums, en effet, sont un rendez-vous très attendu : leurs exigences en matière d’excellence en font une véritable référence, en France comme à l'étranger.
Dans un contexte économique tendu, il est d’autant plus essentiel d'attirer l'attention des maîtres d’ouvrage sur ceux qui relèveront demain, pour nos cadres de vie, le défi de la qualité, en faisant preuve de responsabilité, de conscience, d’innovation.
Les Albums sont un soutien pour des débuts de carrière très prometteurs. C’est aussi l'une des manières, pour le Ministère, pour la République, de rappeler l'intérêt public de l'architecture.
Derrière ces moments importants de mise en valeur de jeunes professionnels, il y a la continuité d’une action, celle de mon Ministère, pour préserver les effectifs des enseignants, pour soutenir l'Ordre et les réseaux comme les Conseils d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement (CAUE) et les maisons de l'architecture, qui oeuvrent auprès des directions régionales des affaires culturelles pour faire connaître l'architecture et la mettre à la portée de tous ; ou encore pour veiller à ce que les évolutions normatives ne mettent pas en cause les garanties légitimes de la profession, et lui ouvrent des possibilités nouvelles, comme le groupement momentané d'entreprises.
J'avais souligné, en octobre dernier, les mutations constatées au gré du suivi des albums de nouvelle génération : on y trouve une multiplication des champs disciplinaires, chez des professionnels qui s’investissent de plus en plus dans des domaines très divers : design, scénographie, arts plastiques, ou numériques, mais aussi philosophie, musique, poésie, réappropriation des micro-échelles… Il y a manifestement un appétit croissant, très perceptible, chez les jeunes architectes et les jeunes paysagistes, pour explorer sans frein leurs possibilités créatives, en croisant les approches, en décloisonnant les disciplines. Ces nouvelles générations s'emparent du monde sans frontières ni préjugés, en explorant ailleurs et à côté pour construire leur propre parcours, à la croisée de leurs convictions personnelles et des débats internationaux de l'architecture.
C’est précisément cette fraîcheur dont l’architecture française a le plus besoin, pour maintenir et renouveler son excellence mondialement reconnue.
J'aimerais souligner l'action déterminante du Cercle de parrainage, qui incite et guide les lauréats dans le cheminement parfois difficile qui les mène à leur première commande d’importance. C’est l’une des dimensions essentielles de ce concours, qui vaut en tout premier lieu pour son rôle de dispositif de soutien. Je tiens à témoigner ma reconnaissance à tous les élus, les maîtres d’ouvrage et les organismes de diffusion qui constituent ce Cercle de parrainage et le font vivre.
Pour anticiper les mutations du monde, pour mieux les devancer parfois, l’histoire peut nous servir de guide : à ce titre, les Albums perpétuent, au fur et à mesure des années, une approche de l'architecture et de la conception paysagère qui se réinvente de manière continue, génération après génération, en plaçant la recherche d'une éthique au coeur de son évolution, en assumant les responsabilités nouvelles que lui assignent la métropolisation, les exigences du développement durable et les évolutions de notre société.
Je me réjouis que les lauréats de cette session se soient appropriés eux aussi ces préoccupations, en éclairant leurs projets d’un regard nouveau. À cet égard, je ne peux que me féliciter de l’évolution des programmes d’enseignement des écoles nationales supérieures d’architectures, qui intègrent ces enjeux dans leurs ateliers. Elles aussi, en 10 ans, ont su s’adapter et faire de leurs formations une école de la responsabilité, de la conscience citoyenne et de l’innovation. C’est tout le dessein de la politique de soutien à la création architecturale que mène mon ministère ; c’est également dans cet esprit que j’ai tenu à faire en sorte que l’architecture ait toute sa place dans la réflexion de fonds sur le Grand Paris.
Je tiens à remercier chaleureusement tous les membres du jury pour leur engagement au cours de ces deux journées.
Les lauréats dont je vais proclamer les noms dans quelques instants verront leurs travaux présentés à l'automne dans un catalogue et dans l’exposition qui leur sera consacrée à la Cité de l’architecture et du patrimoine - partenaire essentiel des nouveaux albums des jeunes architectes et paysagistes. Cette exposition va circuler en France et à l’étranger, grâce au partenariat des services du ministère de la Culture et de la Communication, avec la Cité de l’architecture et du patrimoine, et l'Institut Français.
À ceux dont les noms ne seront pas sur la liste dressée par les jurys, je tiens également à exprimer toute ma sympathie et mes sincères encouragements pour la suite de leurs parcours. Concourir, c’est témoigner déjà de son implication et de l’amour qu’on porte à son métier.
Le jury a arrêté ses choix en fonction de la qualité de conception des projets, de la capacité des candidats à répondre à des problématiques architecturales, paysagères ou urbaines d’actualité, ainsi que de la singularité de leurs parcours. À chacun des lauréats, j’adresse mes sincères félicitations : vous avez su convaincre le jury, et je suis certain que vous saurez honorer durablement la confiance qui vous est faite aujourd’hui, en convainquant de la même manière les maîtres d'ouvrages qui ne manqueront pas de s’adresser à vous.
J’appelle maintenant les lauréats de cette session 2012et les invite à venir me rejoindre.
Source http://www.culturecommunication.gouv.fr, le 29 mars 2012