Déclaration de Mme Aurélie Filippetti, ministre de la culture et de la communication, sur la lecture et le développement de la lecture publique par les collectivités territoriales, Angoulème le 31 janvier 2013.

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Circonstance : Signature du contrat Territoire-Lecture Grand Angoulème le 31 janvier 2013

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Texte intégral

Je voudrais tout d'abord vous dire le plaisir que j'ai à me trouver aujourd'hui parmi vous, pour la signature du contrat territoire-lecture de la communauté d'agglomération du Grand Angoulême. Ce CTL prolonge en effet l'engagement très fort du Grand Angoulême en faveur du développement de la lecture que symbolisera en 2014 l'inauguration d'une nouvelle médiathèque intercommunale, construite par Françoise Raynaud.
A l'instar de votre agglomération, de nombreuses collectivités territoriales se sont investies de longue date dans le développement de la lecture publique, contribuant de façon essentielle à construire un réseau exemplaire de bibliothèques départementales et de bibliothèques municipales, qui font des équipements de lecture publique le réseau le plus dense d'établissements culturels : notre pays compte ainsi plus de 15 600 bibliothèques publiques et points d'accès au livre ; 100 000 m² de bibliothèques nouvelles sont inaugurées chaque année. Cet effort de réduction des inégalités territoriales d'accès à la culture et de maillage du territoire national est largement soutenu par l’État grâce au formidable outil que constitue le concours particulier de la dotation générale de décentralisation : une enveloppe annuelle de plus de 80 millions d'euros.
Mais, au-delà de ces projets d'équipement, il nous faut poursuivre et renforcer une coopération étroite entre État et collectivités afin de mieux coordonner nos efforts en faveur de la lecture publique : c'est tout l'intérêt du dispositif des contrats territoire-lecture que d'améliorer cette coordination et de dynamiser le dialogue entre l’État et les collectivités pour mieux répondre aux évolutions des pratiques culturelles de nos concitoyens, de leurs besoins et de leurs attentes.
En effet, subsistent des territoires où l'offre de lecture est encore faible, des publics, en particulier les jeunes, qui demeurent trop éloignés de la lecture, alors que l'essor du numérique bouleverse les usages et transforme les missions des bibliothèques.
Loin de se contenter de proposer une collection de livres et de CD, les bibliothèques sont devenues des espaces publics ouverts sur la cité, des lieux de savoir, d'information et loisir qui ont depuis longtemps su accueillir des cultures multiples, parfois qualifiées de «populaires» - comment ne pas penser en ce lieu à la BD ? Mais ce sont aussi des points d'accès aux cultures numériques, des espaces où chaque jour les professionnels inventent une médiation renouvelée, adaptée à l'ensemble des publics, quels que soient leur âge et leur origine sociale. Ou, pour reprendre l'ambitieux programme de votre future médiathèque, des lieux pour créer, pour comprendre, pour imaginer.
Cette capacité d'innovation, je la retrouve pleinement dans le projet de CTL que l’État et la CA du Grand Angoulême signent aujourd'hui.
Avec le souci constant des publics éloignés de la lecture, ce CTL engage la médiathèque du Grand Angoulême et les établissements du réseau dans des actions de médiation originales et décloisonnées : ce sont ces correspondants qui seront invités à relayer auprès de leur entourage les projets de leur bibliothèque ; ce sont ces personnes-relais dans différentes structures partenaires (lieux de la petite enfance, centres de loisir, maisons de retraite, centres de détention, hôpitaux...), formées pour mieux accompagner les personnes en situation de handicap et sensibiliser à la lecture ceux qui y ont trop difficilement accès ; ce sont les liens tissés entre la bibliothèque, les libraires et les manifestions littéraires pour multiplier les occasions de rencontre entre les auteurs et leurs lecteurs.
Vous savez que j'ai fait de l'éducation artistique et culturelle une priorité de l'action que je souhaite mettre en oeuvre, avec les collectivités. Je crois que nous pouvons nous féliciter du dynamisme du secteur du livre et de la lecture en la matière et nous appuyer sur tout son potentiel : la large audience qu'il a auprès de très nombreux publics à tous âges et de toutes conditions, la formidable richesse du livre comme ambassadeur des arts et miroir de la création. Le territoire angoumoisin est emblématique de ce dynamisme, avec, bien sûr, le Festival international de la Bande dessinée, mais aussi le Festival du livre jeunesse de Ruelle ou encore la manifestation «Petites oreilles en goguette» organisé par les bibliothèques. Le présent CTL permettra de mieux recenser et coordonner toutes ces activités, afin de valoriser les parcours culturels proposés à chacun, et en particulier au jeune public.
Développer l'offre numérique et la mettre à la portée de tous, de façon créative et ludique, est un autre enjeu majeur de ce contrat territoire-lecture qui rejoint les priorités de mon Ministère. Le projet de «lecture et décryptage de l'information dans un monde numérique» que propose la médiathèque du Grand Angoulême, en lien avec les travailleurs sociaux et le monde de l'éducation populaire, est un travail très pédagogique, essentiel à l'heure où tant de contenus et de connaissances s'échangent sur le web. Former à la recherche d'information, favoriser l'accès au savoir et soutenir l'acquisition d'une véritable culture du numérique : voici quelques uns des objectifs que nous nous donnons aujourd'hui, cher Philippe Lavaud, et que nous poursuivrons ensemble pendant les trois années de déroulement de cette convention.
Ce CTL, qui précède l'inauguration de la médiathèque d'agglomération l'Alpha, préfigure et accompagne la mise en oeuvre d'un projet ambitieux et novateur autour de la lecture, adapté aux mutations induites par la révolution numérique. Un projet qui mobilise État et agglomération du Grand Angoulême pour réaffirmer la place centrale de la lecture au sein des politiques culturelles et éducatives.
Je vous remercie.

Source http://www.culturecommunication.gouv.fr, le 13 février 2013