Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, sur la préservation de l'universalité des allocations familiales et la réduction de l'avantage fiscal à travers le quotient familial pour les familles les plus aisées, à Paris le 3 juin 2013.

Texte intégral

La politique familiale est un des piliers du modèle social français, c'est même une de nos fiertés, une de nos réussites, qui est souvent enviée, et en particulier dans les autres pays européens. Tout notre défi, alors que cette politique familiale, ce modèle français, connaît des difficultés financières, c'est de le sauver, de le préserver, et donc le défi du gouvernement c'est de trouver la bonne solution, et pour y parvenir il faut réformer le modèle social français en le pérennisant dans ses financements, en le rendant plus juste dans sa mise en œuvre, et en étant plus solidaire pour assurer son financement. C'est ce que le gouvernement a décidé.

Vous savez, la politique familiale de la France elle existe déjà depuis la IIIe République, elle s'est surtout consolidée à la Libération, avec le Conseil National de la Résistance et son programme, qui a fondé la Sécurité Sociale. La Sécurité Sociale elle est basée sur le principe de solidarité et de répartition, le plus juste possible, des contributions et des efforts. Mais la société de 1945 n'est plus tout à fait la même qu'aujourd'hui, la situation des familles a évolué, en particulier le taux d'activité des femmes est particulièrement élevé, et en particulier dans notre pays, et c'est aussi à cela qu'il faut répondre, d'où une grande mesure en faveur de l'accueil des jeunes enfants. 275 000 places nouvelles, apportant une solution de garde, vont être proposées, dont 100 000 places supplémentaires en crèche.

Mais il y a aussi un autre défi à relever, c'est de lutter contre les inégalités et en particulier, un phénomène inacceptable dans notre pays, qui est la pauvreté d'une partie des enfants et des familles. Un enfant sur cinq est en situation de pauvreté. Nous avons prévu des aides supplémentaires, pour les mères isolées, pour les familles monoparentales, pour les familles qui vivent en dessous du seuil de pauvreté.

Et puis s'agissant des prestations familiales, des Allocations Familiales, le gouvernement a décidé de préserver l'universalité des Allocations Familiales, elles continueront d'être versées de façon égale à tous les enfants, de toutes les familles, mais en même temps il faut trouver des solutions pour financer. Ce financement doit se faire sur la base de la justice, de la solidarité. C'est pour cela que le gouvernement a choisi de faire appel aux familles les plus aisées, en réduisant un avantage fiscal, à travers le quotient familial, mais qui concernera un nombre très limité de familles puisque c'est moins de 12% des familles qui seront concernées par cet effort supplémentaire.

Donc vous voyez bien qu'il est tout à fait possible de préserver le modèle social français, qui est au cœur de notre pacte républicain, personne n'a à nous dicter notre conduite sur la manière de conduire nos réformes, on peut parfaitement réduire les déficits et en même temps sauver l'essentiel qui est au cœur de ce modèle social. A travers la réforme que j'ai présentée ce matin au Haut Conseil de la Famille, nous en apportons la preuve, pour la pérennité, la consolidation, le renforcement de l'équité, de la politique familiale française.


Source http://www.gouvernement.fr, le 4 juin 2013