Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, en réponse à une question sur l'héritage du Conseil national de la Résistance, à l'Assemblée nationale le 28 mai 2013.

Intervenant(s) :

Circonstance : Question au gouvernement posée par M. André Chassaigne, député (président du groupe Gauche démocrate et républicaine - GDR) du Puy-de-Dôme, à l'Assemblée nationale le 28 mai 2013

Prononcé le

Texte intégral

Monsieur le président,
Mesdames et Messieurs les députés,
Monsieur le député Chassaigne,
Vous rappelez un grand moment de l'histoire de la France, que le Président de l'Assemblée nationale a tenu à saluer solennellement il y a quelques instants. C'est la réunion le 27 mai en effet, il y a soixante-dix ans, du Conseil national de la Résistance préparée avec ténacité et courage par Jean Moulin, qui est devenu une des grandes figures qui honore l'histoire de notre pays. Mais, tous ceux qui étaient autour de la table, autour de la présidence de Jean Moulin, délégué du Général de Gaulle, chef de la France Libre, c'était les représentants de tous les mouvements de résistance. C'était les chefs des partis politiques engagés dans la résistance et des organisations syndicales.
Ces hommes, ces femmes, tous ceux qui pendant ces années sombres de l'Occupation ont sauvé l'honneur de la France, pensaient à la libération et pensaient à la reconstruction du pays. Et ils avaient un même idéal : c'était de tourner les pages affreuses de l'Occupation, les pages affreuses de la Collaboration. Et ils avaient un idéal, qui était celui de faire vivre concrètement les valeurs de la République, et de donner un espoir, une perspective à la Nation française de se retrouver autour d'un projet de reconstruction mais aussi de progrès et de cohésion sociale, et de solidarité nationale.
C'est cette œuvre-là dont nous sommes les héritiers. Et, monsieur Chassaigne, je ne me résigne pas à croire que cet héritage a disparu. Il nous appartient, non pas de le contempler comme une relique qu'on aurait mise dans un placard, mais quelque chose qui est le creuset de notre action d'aujourd'hui, qui doit nous motiver pour engager toutes les réformes dont notre pays a besoin. C'est-à-dire comme je le dis souvent : sauver le modèle social et républicain français, mais en ayant le courage de le réformer, parce que si on ne le fait pas, ce modèle-là disparaîtra et nous voulons qu'il perdure et qu'il persiste parce qu'il est construit autour d'une idée fondamentale, qui est celle de l'héritage républicain, qui est celle de l'idée d'égalité, l'égalité des chances.
Et donc tout ce que nous entreprenons aujourd'hui, je pense à la refondation de l'école, qu'une majorité a votée au Sénat, la reconstruction de notre appareil productif, les chantiers de l'avenir mais aussi la cohésion sociale et territoriale, l'avenir de notre système de retraites par répartition qu'il nous faut réformer et sauver, si nous agissons ainsi, alors, je vous le dis, mesdames et messieurs les députés, nous serons fidèles à l'esprit du Conseil National de la Résistance parce que nous n'aurons pas renoncé et que nous n'aurons pas accepté ceux qui nous demandaient, il y a déjà quelques années, de démanteler méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance. Eh bien, c'est le programme de la majorité, c'est le programme du Gouvernement mais je suis sûr qu'il correspond aussi à une majorité du peuple français.
source http://www.gouvernement.fr, le 29 mai 2013