Déclaration de M. Manuel Valls, Premier ministre, en réponse à une question sur la condamnation de l'antisémitisme et le conflit israélo-palestinien, à l'Assemblée nationale le 10 décembre 2014.

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Circonstance : Question au gouvernement posée par M. Meyer Habib, député (UDI) des Français établis hors de France, à l'Assemblée nationale le 10 décembre 2014

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Texte intégral

Monsieur le Député, je comprends votre colère, votre passion et vos préoccupations. Nous pouvons tous nous retrouver, non seulement autour de la condamnation sans équivoque de ce qui s'est passé la semaine dernière, et en appeler à la mobilisation, outre celle déjà engagée des pouvoirs publics, mais de toute la société.
Oui, il y a du racisme, de la xénophobie, de la violence dans notre société. Oui, il y a de l'antisémitisme, cette vieille haine du Juif, qui a changé de proportion. Elle existe à l'extrême-droite mais aussi, nous l'avons souvent dit, dans nos quartiers populaires. Ce nouvel antisémitisme, particulièrement préoccupant, se développe aujourd'hui sur Internet, soutenu par des personnes venues d'horizons divers.
Il faut lutter avec la plus grande détermination contre ces appels au meurtre, car ce sont bien des appels au meurtre, contre cet antisionisme qui, c'est vrai, se retrouve souvent dans la haine d'Israël et du sionisme.
Mais en même temps, et je vous en conjure, Monsieur le Député, face à la situation que nous connaissons, nous voyons bien que certains cherchent à exploiter ce qui se passe au Proche-Orient - vous le rappeliez vous-même en faisant référence aux manifestations qui ont eu lieu cet été - et que le Gouvernement, notamment le ministre de l'intérieur, avaient interdites.
En revanche, nous le savons tous ici, vous-même le premier, nous avons besoin, et la France doit y participer pleinement car c'est son rôle et sa mission, que l'Europe soit encore davantage présente sur les questions relatives au Proche-Orient.
La paix est indispensable. Tant que la paix ne sera pas faite entre Israéliens et Palestiniens, tant que n'existeront pas deux États côte à côte, un État palestinien et un État israélien, sûrs à l'intérieur de leurs frontières et en sécurité, il nous faudra rester vigilants car, nous le savons, certains essaieront en permanence de nourrir la haine d'Israël et des juifs.
Nous pouvons nous retrouver sur l'essentiel : la condamnation de l'antisémitisme, l'engagement contre l'antisémitisme, qui prend des proportions différentes et qui justifie, je le redis, l'indignation la plus totale de notre société.
Vous avez raison, Monsieur le Député, vous n'étiez pas assez nombreux à Créteil, autour du député-maire Laurent Cathala et du ministre de l'intérieur. Mais vous-même, en tant que parlementaire français qui représentez certains de nos compatriotes établis à l'étranger, vous pouvez nous aider à nous retrouver et à faire en sorte que la France soit forte et fasse entendre sa voix pour la paix et la lutte contre l'antisémitisme.
Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 15 décembre 2014