Interview de M. Jean-Michel Blanquer, ministre de l'éducation nationale à Sud Radio le 4 avril 2018, sur le blocage des universités, le dispositf Parcoursup et le développement de l'islam chez les lycéens.

Texte intégral


INTERVENANTE
Le petit-déjeuner politique ce matin avec le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel BLANQUER.
PATRICK ROGER
Bonjour Jean-Michel BLANQUER.
JEAN-MICHEL BLANQUER
Bonjour.
PATRICK ROGER
Il y a bien sûr les cheminots en ce moment mais aussi des étudiants qui bloquent certaines facs, c'est Frédérique VIDAL - votre collègue en charge de l'Enseignement supérieur qui s'en occupe - ça ne vous laisse pas insensible forcément, est-ce qu'il y a une réponse immédiate à apporter à ces étudiants qui dénoncent une sélection déguisée à l'université disent-ils ?
JEAN-MICHEL BLANQUER
D'abord il faut remettre les choses à leur juste mesure, il y a en réalité trois universités qui sont qui sont réellement bloquées et bloquées ça veut bien dire ce que ça veut dire, c'est-à-dire que les gens-là bloquent, ça ne veut pas dire que tout le monde est d'accord avec eux - c'est donc très minoritaire, il y a plus de 70 universités en France - et ça ressemble à des revendications qui vont assez au-delà des seuls enjeux universitaires, donc il y a des gens qui...
PATRICK ROGER
Ah ! Vous voulez dire manipulation de certains partis, notamment des Insoumis qui sont derrière ?
JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, il ne faut pas faire semblant de ne pas voir qu'il y a des... c'est vrai qu'il y a des syndicats ou des partis un peu extrémistes derrière tout cela ; Ensuite, sur le sujet Parcoursup, qui est un sujet qui lui est sérieux, c'est tout simplement une amélioration par rapport à l'existant. Donc, vous savez il y a beaucoup de gens qui prônent le principe d'égalité mais qui font tout pour que ce ne soit pas ce principe d'égalité qui s'applique, nous ce que nous voulons c'est qu'il y ait des étudiants qui trouvent une place à un juste endroit, l'année dernière vous aviez des gens qui ont été tirés au sort et ce que nous voulons cette année c'est qu'il y ait une orientation bien faite humainement accompagnée - c'est exactement ce qu'on fait en ce moment - et que, à la fin, des étudiants aient tous une place à l'université, au bon endroit, de la bonne façon.
PATRICK ROGER
Mais c'est une forme de sélection ?
JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, parce qu'à la fin tout le monde aura une place à l'université, simplement il est normal que quand vous alliez en médecine vous soyiez quelqu' un qui est plus de chance... que quelqu'un qui a plus de chances de réussir y aille plutôt qu'un autre au lieu d'avoir un tirage au sort entre les deux, ça me parait du bon sens.
PATRICK ROGER
Mais ce que vous dites derrière c'est qu'il y a quand même de la manipulation de certains ?
JEAN-MICHEL BLANQUER
On essaie de faire peur aux gens bien entendu, alors que n'importe qui - qui étudie cinq minutes le sujet - sait très bien que Parcoursup est une énorme amélioration par rapport à ce qui était appelé - mais énorme – et d'ailleurs les semaines prochaines permettront de le voir, donc il y a des gens qui ont envie de créer des angoisses, Moi je comprends parfaitement l'attente, les éventuelles inquiétudes des familles quand elles sont devant ces sujets d'orientation vers le supérieur, tout le monde quand on a des enfants à ce genre d'inquiétudes, ceux qui ne sont pas corrects c'est ceux qui jouent sur ces inquiétudes alors qu'en réalité ce que l'on vient de faire c'est une amélioration pour que justement...
PATRICK ROGER
On joue sur les peurs, quoi ?
JEAN-MICHEL BLANQUER
On joue sur les peurs. Parce qu'en réalité ce qui va se passer c'est que tout le monde va trouver sa juste place.
PATRICK ROGER
Oui. Jean-Michel BLANQUER, l'Islam chez les lycéens assez développé, enquête inquiétante qui sort dans un livre aujourd'hui, un quart ne condamne pas les attentats du Bataclan et surtout Charlie et, selon eux, la religion prime sur la science en fait à l'école, est-ce que ce ne sont pas des jeunes qui échappent aux valeurs républicaines qui doivent être enseignées dans les lycées notamment ?
JEAN-MICHEL BLANQUER
Si bien sûr et donc nous avons tout un travail de reconstruction à faire et qui commence dès l'école primaire bien entendu, nous savons tous que nous sommes devant un défi qui est celui de ce phénomène de radicalisation qui touche l'intérieur même de notre société, donc il faut regarder les problèmes en face, les nommer - c'est ce que fait cette étude et c'est ce que je fais aussi dans mon travail – et, ensuite...
PATRICK ROGER
Comment alors, comment ? On parle d'unité, de laïcité qui pourrait aller dans les écoles, c'est-ce que vous mettez en place ?
JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, vous savez tout est lié, j'estime que tout ce que je fais, il n'y a pas un seul des sujets que j'ai fait n'est étranger à l'ensemble de ces questions...
PATRICK ROGER
De la maternelle au lycée ?
JEAN-MICHEL BLANQUER
Bien sûr, parce que si vous renforcez l'école de la République, si vous transmettez des valeurs, c'est évidemment au travers de cela que progressivement vous reconstituez une école plus forte, donc tout est concerné. Mais c'est vrai que de manière plus directe il y a ce que vous venez de dire, c'est-à-dire ce qu'on a appelé les unités laïcité, c'est-à-dire des unités qui existent désormais dans chaque rectorat et qui peuvent intervenir à chaque...
PATRICK ROGER
Mais c'est composé de qui, alors ?
JEAN-MICHEL BLANQUER
C'est composé de plusieurs personnes, de compétences différentes et complémentaires, vous pouvez aussi bien avoir une compétence juridique - sur ce qui relève de la laïcité de ce qui n'en relève pas - des compétences pédagogiques évidemment , mais aussi des compétences qu'on appelle de vie scolaire, c'est-à-dire relatives à la à l'organisation de l'établissement, aux éventuelles sanctions, à tous ces enjeux...
PATRICK ROGER
Il faut remettre de l'ordre dans certains établissements, c'est ce que vous dites ?
JEAN-MICHEL BLANQUER
Evidemment, enfin c'est forcément mettre de l'ordre, vous savez c'est la garantie de la liberté, de l'égalité et de la fraternité - c'est le premier des droits - s'il y a du désordre c'est toujours les plus faibles qui en pâtissent, donc je n'ai aucun complexe à le dire.
PATRICK ROGER
Oui, oui, et donc ça un peu partout il y aura notamment... à Villeneuve-sur Lot par exemple hier, les profs ne voulaient pas aller en cours parce qu'ils avaient un peu peur, vous leur dites : « on est à vos côtés et on sera à vos côtés » ?
JEAN-MICHEL BLANQUER
Je dis à tous les professeurs, toujours : « je suis à leurs côtés », vous savez moi je suis le ministre des élèves bien sûr, je suis ministre des professeurs aussi, c'est-à-dire aux 850.000 professeurs de France et aussi à tous les personnels de l'Education qui ont un rôle très important, je leur dis : « je suis derrière vous évidemment devant toutes les difficultés du quotidien - et je sais bien qu'elles existent et qu'elles sont nombreuses - on est là tous ensemble pour y faire face et bien sûr je suis solidaire des professeurs », mais pas seulement dans les mots, après il faut des faits et dans les faits ça signifie par exemple cette unité...
PATRICK ROGER
Oui, parce que ça fait trois ans qu'il y a eu les attentats de Charlie, il faut de nouveau cette enquête pour qu'on s'en préoccupe un peu, non ?
JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, je m'en suis préoccupé dès le premier jour où je suis arrivé et c'est comme ça qu'on a créé le Conseil des sages sur la laïcité pour définir les règles du jeu, c'est comme ça qu'on crée ces unités laïcité que j'installe personnellement dans chaque rectorat de France et que maintenant on commence à avoir des interventions et qu'il m'arrive même d'aller dans les établissements pour contribuer à cette réinstallation si je puis dire.
PATRICK ROGER
Jean-Michel BLANQUER, est-ce que la gestion des profs c'est un tabou pour vous ? On a vu par exemple ces derniers jours, moi je croyais que c'était un Poisson d'avril, des parents d'élèves à Créteil qui viennent de passer une annonce sur Leboncoin pour trouver un prof de français à quelques semaines du bac, donc il y a un véritable problème ?
JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, il y a un problème bien sûr, qui d'ailleurs n'est pas un problème spécifique à la France, vous avez un problème de la vocation professorale dans tous les pays occidentaux comparable à la France - et ça nous renvoie d'ailleurs à la question du prestige du prestige de la fonction, de la valeur de ce métier -pour moi c'est le plus beau métier du monde...
PATRICK ROGER
Mais il faut le revoir, c'est ce qu'on disait avec Natacha POLONY tout à l'heure qui était avec nous à 7h20 comme chaque matin sur Sud Radio, on disait : « il faut sans doute revoir aussi un peu le statut des enseignants, pas de tabou », non ?
JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, bien sûr, il faut parler avec les professeurs de ce qui fait leur quotidien et de ce qui fait leur métier et le faire évoluer dans un sens ; et si vous voulez on est en France, donc on raisonne toujours de façon un peu binaire sur ce genre de sujet, moi j'essaie de raisonner mais un peu subtil - si vous permettez l'expression - donc on peut parfaitement faire évoluer notre système scolaire dans l'intérêt des élèves et des professeurs, ce sont des intérêts convergents et pas des intérêts divergents.
PATRICK ROGER
Oui. C'est quoi concrètement, c'est-à-dire qu'on dit que certains profs ne sont pas assez payés mais que l'on pourrait peut-être revoir les heures de cours ?
JEAN-MICHEL BLANQUER
Oh ! Ca fait partie des sujets évidemment. Mais vous avez bien d'autres dimensions, par exemple la manière dont on recrute, demain la question du pré- recrutement par exemple est une question ouverte pour répondre directement à votre question sur la crise du recrutement ; nous devons réussir, par exemple, à donner des bourses à des étudiants en 1ère année d'université qui se destinent à être professeurs pour les accompagner vers la fonction de professeur ; on doit se permettre d'avoir une vision beaucoup plus sur la durée de la carrière d'un professeur pour lui ouvrir des perspectives. En réalité aujourd'hui, quand vous êtes professeur, il y a plein de perspectives qui sont devant vous, vous pouvez devenir par exemple chef d'établissement, vous pouvez devenir inspecteur, vous pouvez prendre des responsabilités.
PATRICK ROGER
Ca, c'est un de vos grands chantiers dans les années qui viennent ?
JEAN-MICHEL BLANQUER
On a toujours l'image du professeur comme étant quelque chose d'assez figée, en réalité le professeurs est au coeur de ce qu'est la vie et donc peut être professeur toute sa vie et transmettre des choses vitales à des élèves mais aussi contribuer à d'autres choses, avoir une seconde carrière dans le système ; de même qu'il y a des gens qui sont hors du système aujourd'hui qui peuvent y entrer, ça je le dis d'ailleurs parce qu'on a de plus en plus de seconde carrière...
PATRICK ROGER
Il faut vraiment se pencher sur le métier d'enseignant pour l'avenir ?
JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, en contrepoids de ce que vous disiez tout à l'heure, c'est qu'aujourd'hui vous avez des gens de 40 ans ou plus qui se disent : « tiens, j'aimerais bien être professeur », donc le métier peut avoir une attractivité, nous allons évidemment travailler à cela.
PATRICK ROGER
Jean-Michel BLANQUER invité de Sud Radio ce matin, question politique encore avec Michaël DARMON et tout d'abord Christophe BORDET.
CHRISTOPHE BORDET
Oui. La colère continue de gronder dans le milieu rural avec la nouvelle carte scolaire, 300 classes qui seraient donc supprimées, comment éteindre l'incendie une fois pour toutes avec le milieu rural et tous ces maires, tous ces parents d'élèves qui sont en colère, qui manifestent tous les jours ?
JEAN-MICHEL BLANQUER
Déjà en disant la vérité !
CHRISTOPHE BORDET
Alors, c'est quoi la vérité ?
JEAN-MICHEL BLANQUER
La vérité c'est que c'est la rentrée où il y aura le moins de fermetures de classes rurales depuis très longtemps, donc...
CHRISTOPHE BORDET
C'est-à-dire ?
JEAN-MICHEL BLANQUER
Il y a moins de fermetures de classes rurales à la rentrée prochaine que l'année précédente et que les années précédentes. Pourquoi ? Parce qu'il y a des fermetures de classes rurales depuis très longtemps - et toute personne honnête le sait - ça fait des décennies que c'est ainsi et c'est lié à l'exode, pardon à l'exode rural, il y a toute une série de difficultés malheureusement que l'on a dans notre pays sur le plan démographique, donc c'est ce sujet-là qu'il faut regarder, c'est comment nous arrivons à faire en sorte qu'il y ait plus d'enfants, plus de familles installées en milieu rural, c'est ça le vrai sujet. Maintenant ce que nous avons fait à cette rentrée c'est justement on a essayé de compenser cette baisse démographique, autrement dit on n'a pas du tout fermé autant de classes que ce qui aurait pu être fermé si on tenait compte de la démographie, c'est comme ça que vous avez par exemple 14 élèves par classe de la petite section au CM2 en Lozère, c'est comme ça que vous n'avez pas une seule école qui ferme dans toute l'Auvergne, donc au contraire je suis je pense un des tous premiers ministres de l'Education nationale à avoir une telle attention sur la question rurale ; et comme par hasard, au moment où je commence à avoir cette intention et à poser le problème, vous avez toute une série de forces politiques de droite et de gauche qui essaient de créer une polémique, évidemment à partir de faits réels - parce qu'il y a oui...
CHRISTOPHE BORDET
Oui, il y a des faits quand même oui.
JEAN-MICHEL BLANQUER
Attention ne confondons pas aussi fermetures de classes et fermetures d'écoles, il y a un certain nombre de fermetures de classes pour tenir compte des réalités démographiques et il y a de très rares fermetures d'écoles et en général quand il y en a une c'est quelque chose qui a été envisagée avec les élus pour des raisons objectivées sur le terrain, mais en tout cas ce qui est certain c'est que pour la rentrée prochaine et encore plus pour les rentrée suivantes je vais avoir une très grande attention pour contribuer au rebond rural car nous avons une stratégie pour le rural, cette stratégie pour le rural c'est de rendre attractives les écoles et les collèges ruraux de façon à inciter les familles à se réinstaller en milieu rural parce que pour qu'il y ait des écoles en milieu rural il faut qu'il y ait des enfants.
CHRISTOPHE BORDET
Mais dites-moi, une question encore, vous êtes favorable une fois pour toutes à l'uniforme à l'école, il faut le généraliser une fois pour toutes ?
JEAN-MICHEL BLANQUER
Je suis favorable à ce que ce soit possible et c'est ce que je dis très clairement, autrement dit les écoles ou les établissements qui le demandent peuvent tout à fait passer à l'uniforme.
MICHAËL DARMON
L'enseignant va savoir parler à la fois au premier de la classe et au dernier de la classe, est-ce que je vous n'auriez pas un petit conseil à donner au président de la République qui a du mal à parler au dernier de cordée ?
JEAN-MICHEL BLANQUER
Vous savez il y a beaucoup de gens qui empêchent à ce que des messages passent, parce qu'en réalité depuis que nous sommes arrivés en mai dernier il y a beaucoup de choses qui ont été faites pour l'égalité et pour l'équité. Maintenant on est en démocratie, nous avons affaire à une opposition de gauche et à une opposition de droite qui cherchent...
MICHAËL DARMON
Mais, au-delà de l'opposition, c'est des perceptions aussi des gens...
JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui la perception, mais la perception c'est aussi...
MICHAËL DARMON
Qui disent : « on ne comprend pas toujours les discours, son ambition, la réussite...
JEAN-MICHEL BLANQUER
La perception c'est aussi les médias, quand la mesure que nous avons prise à la rentrée dernière de dédoublement des CPE à 12 c'est une mesure extrêmement sociale, les mesures d'attention au monde rural sur le plan scolaire ce sont des mesures extrêmement sociales, la mesure devoir fait en collège c'est des mesures pour les familles les plus défavorisés, les mesures sur le pouvoir d'achat avec la baisse des cotisations sociales ça ne se voit pas encore complètement mais toute personne honnête sait que cela va arriver, donc on essaie de dépeindre ce gouvernement comme s'il y avait une volonté de favoriser les classes les plus favorisées - c'est totalement faux - mais il y a au contraire la nécessité d'abord de remettre notre pays en ordre et sur les rails et sur cette base-là de favoriser ceux qui ont le plus de difficultés.
MICHAËL DARMON
J'ai une petite question de vocabulaire, le mot bienveillance également qui était présent partout dans la campagne présidentielle a disparu du projet, on n'entend plus parler de bienveillance aujourd'hui...
JEAN-MICHEL BLANQUER
Je peux vous dire que c'est le quotidien de mon action, par exemple la bienveillance c'est un mot que je prononce s'agissant de l'école en particulier parce que c'est là que ça commence, nous avons tous besoin de bienveillance – ce n'est pas pour l'instant un atout de notre pays - et c'est une force de l'élection d'Emmanuel MACRON que d'avoir remis ce mot en force ; le mot de confiance est aussi un mot que j'utilise beaucoup, parce qu'en effet il doit caractériser notre action, je pense qu'au contraire il y a de la bienveillance dans ce que nous sommes en train de faire et surtout la recherche de l'intérêt général.
MICHAËL DARMON
Une dernière petite question de vocabulaire, c'est quoi le blanquérisme ?
JEAN-MICHEL BLANQUER
Ca n'existe pas ! Donc c'est simple, c'est assez facile à définir...
MICHAËL DARMON
Ah ! Ce n'est pas dans le dictionnaire ?
JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, non.
MICHAËL DARMON
Ca viendra ?
JEAN-MICHEL BLANQUER
Ecoutez, il y a quelque chose... écoutez je ne suis pas certain de ça, je pense qu'il y a le macronisme – ça existe - c'est un composé de différentes choses, notamment la bienveillance dont vous avez parlée...
MICHAËL DARMON
Mais le blanquérisme, non ?
JEAN-MICHEL BLANQUER
Et c'est aussi le dépassement des clivages ; et c'est un point très important, parce que dans mon domaine nous avons beaucoup de clivages inutiles à dépasser.
PATRICK ROGER
Oui. Allez question d'un auditeur ou d'une auditrice, c'est Caroline me semble-t-il qui est en ligne de Créteil, bonjour Caroline.
CAROLINE, PROFESSEUR DE LETTRES CLASSIQUES - AUDITRICE DE CRETEIL
Oui bonjour, bonjour Monsieur le Ministre.
PATRICK ROGER
Posez votre question.
JEAN-MICHEL BLANQUER
Bonjour madame.
CAROLINE
Moi j'ai une question, donc je suis professeur de lettres classiques dans l'académie de Créteil...
JEAN-MICHEL BLANQUER
Vous avez déjà toute mon estime rien que pour ça.
CAROLINE
Merci. Donc, j'ai une question pour vous en deux temps qui concerne à la fois l'enseignement du français et des langues anciennes : tout d'abord en ce qui concerne le français, au vu des discours récents sur l'importance fondamentale de son enseignement les horaires de français qui sont en chute drastique depuis plus de 30 ans dans le primaire et dans le secondaire vont-ils enfin être revues à la hausse pour améliorer la maîtrise des élèves ? Ensuite, en ce qui concerne les langues anciennes, suite à votre circulaire du 25 janvier 2018 qui donne des indications claires pour la mise en place de son enseignement, qui permet notamment le retour à sept heures d'enseignement - alors ce n'est encore huit parce qu'il manque encore la deuxième de 5ème …
JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, c'est vrai.
CAROLINE
Et au lieu des cinq de la réforme de 2007 – et qui incite aussi à ouvrir autant de groupes que nécessaire dans les établissements alors que souvent on les réduit à un....
PATRICK ROGER
Allez réponse, parce que sinon après on n'aura plus le temps, Jean-Michel BLANQUER.
JEAN-MICHEL BLANQUER
Merci ! Mais je vois ce que voulait nous dire madame. D'abord merci, c'est une question très importante, une double question très importante, c'est en fait la présence du français dans notre système scolaire, oui il faut d'abord plus d'heures consacrées aux français à l'école primaire - c'est un point très important - et nous sommes actuellement en train de pousser cela, y compris l'aide personnalisée aux élèves touche, concerne essentiellement la lecture et l'écriture en français de façon à ce que les élèves arrivent en 6ème avec un niveau de français leur permettant tout simplement de bien travailler ; S'agissant des langues anciennes, nous les avons réinstallées en quelque sorte parce qu'elles avaient été diminuées lors du précédent quinquennat, mais nous avons toute une stratégie de développement des langues anciennes, et là où je vous donne raison madame c'est que ça ne se passe pas d'un seul coup et que c'est progressivement que les horaires... mais on a déjà commencé, je pense que vous l'avez vu, simplement ça va aller à la fois plus profondément et plus loin que la situation précédente.
PATRICK ROGER
Merci, Jean-Michel BLANQUER était l'invité de Sud Radio ce matin.
Source : Service d'information du Gouvernement, le 6 avril 2018