Texte intégral
Je prononcerai quelques mots d'accueil en début de déjeuner à l'adresse de M. le Président de la République de Moldova et de la délégation qui l'accompagne.
Je tiens tout d'abord à vous dire au nom du gouvernement de la République française notre grande joie de vous accueillir dans notre pays. Nous sommes très sensibles au fait que vous ayez réservé votre première visite à l'étranger de caractère présidentiel à la France.
Vous aurez des entretiens en fin d'après-midi avec M. le Président de la République et, à cette occasion, nous signerons un certain nombre de documents particulièrement importants. Vous allez adhérer au nom de votre pays à la Charte de Paris, qui est aujourd'hui le texte de référence pour tout ce qui concerne les rapports entre États dans l'Europe qui se réunifie.
Nous signerons ensuite un traité entre la Moldavie et la France et nous serons amenés, M. le ministre des Affaires étrangères et moi-même, à signer un accord de coopération entre nos deux ministères.
Aux conversations qui ont déjà eu lieu entre nous ce matin, et qui auront lieu cet après-midi au Palais de l'Élysée, s'ajoutent un certain nombre de rencontres que vous aurez notamment avec les représentants français du monde économique.
Ces quelques indications, et le simple énoncé des rencontres qui vont avoir lieu, montrent à l'évidence que nos deux pays ont le désir d'établir des relations fortes depuis que vous avez accédé à l'indépendance. Cela se traduira dans un avenir très proche par l'installation de relations diplomatiques au plus haut niveau.
Dans quelques jours une mission française partira pour votre pays. Je vous remercie de m'avoir dit qu'elle serait tout de suite et très bien accueillie, de façon à mettre en place le dispositif qui conviendra pour établir ces relations diplomatiques. Déjà, l'Alliance française est sur les lieux et nous intensifierons nos rapports de manière à ce que nos relations prennent très vite une grande consistance.
Deux domaines sont d'ores et déjà privilégiés dans notre esprit comme dans le vôtre. Le premier de ces domaines concerne la francophonie. Compte-tenu des affinités linguistiques qui existent entre nos deux langues, entre nos deux pays, du désir qu'ont les habitants de votre pays de pratiquer la langue française, nous avons avec enthousiasme donné notre soutien à votre projet d'adhérer aux différentes organisations francophones. J'ai bon espoir que lors du prochain sommet de la francophonie qui se tiendra à l'île Maurice, votre adhésion soit saluée avec enthousiasme.
Le deuxième domaine est celui que vous avez évoqué ce matin et qui concerne la relation particulière que vous voulez établir avec l'Europe et ses institutions. Vous m'avez expliqué que, compte tenu du récent passé historique, vous avez été orienté plutôt vers l'ex-Union soviétique du point de vue de l'économie, mais que votre désir était aujourd'hui de pratiquer une politique d'ouverture à l'Est comme à l'Ouest. Et dans ce contexte votre désir d'adhérer aux institutions européennes les mieux appropriées est tout à fait légitime à nos yeux. La France soutiendra donc elle l'a déjà fait mais elle continuera de soutenir votre demande d'adhésion au Conseil de l'Europe.
Le destin de votre pays, M. le Président, M. le ministre des Affaires étrangères, nous intéresse au plus haut point et j'ai particulièrement apprécié ce que vous avez bien voulu nous dire ce matin, des rapports que la Moldavie entretient avec son environnement immédiat, ses voisins les plus proches, quelquefois les plus importants et j'ai noté avec satisfaction que le désir de la République de Moldova était de vivre en bonne intelligence avec ses voisins. De la même façon, les nouvelles que vous nous avez données de la situation intérieure nous ont plutôt rassurés. Nous avons enregistré avec beaucoup de satisfaction les mesures qui sont intervenues depuis l'an dernier et qui ont ramené l'apaisement dans votre pays. Certes, des problèmes se posent encore dans l'agencement des relations, avec la Russie notamment, relativement à la présence sur votre sol de la 14e armée russe intervenue dans des conditions particulières. Mais ces problèmes, nous en sommes sûrs, trouveront leur solution grâce à la sagesse de vos dirigeants.
C'est assez dire M. le Président que votre visite revêt à nos yeux une importance particulière. Nous sommes très heureux de votre venue et votre voyage, à mon avis, pose la première pierre de relations qui vont aller en se développant entre la Moldavie et la France.
Et c'est dans cet espoir et dans cette perspective, Mesdames et Messieurs, que je vous demande de bien vouloir accepter de lever vos verres en l'honneur de nos invités, d'abord M. le Président de la République de Moldova et M. le ministre des Affaires étrangères et les membres de la délégation qui sont pour quelques jours dans nos murs.
Je voudrais en même temps vous souhaiter beaucoup de réussite dans vos entreprises, souhaiter beaucoup de bonheur au peuple moldave et dire comme je le pense du fond du cœur, vive l'amitié entre la Moldavie et la France.