Interview de M. Jean-Michel Blanquer, ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, à France 2 le 14 avril 2020, sur la reprise progressive des cours à la fin de la période de confinement dans l'enseignement primaire et secondaire à compter du 11 mai 2020.

Prononcé le

Texte intégral

SAMUEL ETIENNE 
Il est au coeur de cette actualité justement après les propos du président MACRON hier annonçant une reprise de l'école, des cours à partir du 11 mai, c'est le ministre de l'Education, Jean-Michel BLANQUER, et il est l'invité des « 4 Vérités » de Jeff WITTENBERG. Bonjour Jeff. 

JEFF WITTENBERG 
Bonjour Samuel. Et effectivement Jean-Michel BLANQUER, merci d'être avec nous ce matin, et vous allez nous dire concrètement comment peut se passer ce retour dans les classes le 11 mai. Emmanuel MACRON a parlé d'un retour progressif, qu'est-ce que cela veut dire, Monsieur le Ministre ? 

JEAN-MICHEL BLANQUER 
Oui, bonjour et merci de votre invitation. Le mot progressif est le mot très important dans cette phrase, puisqu'il est évident que tout ne va pas se passer du jour au lendemain, d'abord, nous avons à définir cette façon dont ça va se réaliser progressivement, c'est pourquoi nous avons 2 semaines devant nous pour travailler à cela. Dès aujourd'hui, j'ai les débuts de mes entretiens avec les organisations syndicales que j'aurai tout au long des 2 prochaines semaines pour avoir l'élaboration des bonnes conditions sanitaires en particulier pour ce retour, aussi bien pour les élèves que pour les adultes, et ensuite, cela nous permettra, à partir du 11 mai, de commencer à voir par quelles étapes nous passerons, nous savons déjà par exemple… 

JEFF WITTENBERG 
Mais justement, allez-y, allez-y, pardon, parce que la question qu'on se pose, Jean-Michel BLANQUER, c'est de savoir quels seront finalement les critères retenus, est-ce que cela se fera par classe d'âge, par région, selon le niveau des élèves, est-ce que ce sont par exemple les élèves les plus en difficulté qui rentreront les premiers, que pouvez-vous nous dire ce matin là-dessus ? 

JEAN-MICHEL BLANQUER 
Alors, tous les points que vous venez de dire sont évidemment très légitimes à prendre en considération, et c'est ce que nous allons faire. A l'instant, vous venez de dire : les élèves les plus en difficulté, c'est beaucoup eux que nous avons à l'esprit quand nous prenons des mesures que nous sommes en train de prendre, parce qu'il faut bien voir qu'il y a le sujet du coronavirus, mais il y a aussi le sujet des inégalités sociales qui vont en s'accroissant semaine après semaine, parce que chaque enfant est renvoyé à son contexte familial, ce qui creuse terriblement les inégalités, donc, oui, il y a une priorité pour nous à réussir à avoir tous les élèves en difficulté mieux pris en charge qu'ils ne peuvent l'être à distance. Ça, c'est un élément majeur dans mon esprit. Ensuite, la façon de faire, elle va s'élaborer au cours des deux prochaines semaines, mais c'est le type de critères que vous venez de dire. Bon, d'abord, on sait très bien qu'il faut d'abord une première étape, où il faut nettoyer les locaux en particulier, donc là, on a un sujet avec les collectivités locales pour préparer ça ensemble, là aussi, de façon consensuelle, et bien pensée entre nous. Ensuite, il y a tout travail pédagogique, parce que quand les enfants vont revenir, il faut que les professeurs aient pu préparer en quelque sorte ce qui se passe pour chacun d'entre eux, ce sera très personnalisé ce qui se passera. Enfin, on ne peut imaginer que des petits groupes dans de telles circonstances, donc ce sera un aménagement du temps et des contenus forcément très particulier… 

JEFF WITTENBERG 
Ensuite, est-ce que ça se fera justement par région, par tranche d'âge, on sait qu'il y a en France des régions comme le Grand-Est ou l'Ile-de-France qui sont plus touchées que les autres, est-ce qu'il y aura une rentrée différenciée, ou alors, est-ce que toutes les familles auront une solution pour leurs enfants le 11 mai, c'est une question très importante… 

JEAN-MICHEL BLANQUER 
Alors, ce qui est ce qui est certain, c'est qu'on va entrer en dialogue avec les familles en amont du 11 mai, comme nous le sommes déjà, vous le savez, les professeurs se sont engagés énormément, on a fait tout un travail via les chefs d'établissement, les professeurs principaux, les CPE pour être en contact avec les familles. Aujourd'hui, on est descendu en dessous de 5 % de familles non répondantes, alors ce 5 % est très prioritaire, il faut qu'on arrive à les contacter, entre maintenant et le 11 mai, et c'est pour ça qu'on continue à faire beaucoup de choses dans ce sens, y compris à leur écrire, à passer par toutes sortes de réseaux. Mais en tout cas, toutes les familles ont vocation évidemment à avoir un contact avec l'école ou l'établissement en amont du 11 mai. Et c'est là que nous pourrons commencer à envisager la façon dont ça se passe pour chacun, parce qu'on doit pouvoir encore une fois différencier, donc on va élaborer toute une méthodologie, d'abord, de contact avec la famille, en effet, et ensuite, de retour progressif à une scolarisation qui passe vraiment forcément par de très grands aménagements, personne ne peut imaginer qu'en mai, juin, ce sera exactement comme avant, pas du tout, ce sera autre chose… 

JEFF WITTENBERG 
C'est-à-dire ? 

JEAN-MICHEL BLANQUER 
Eh bien, c'est-à-dire, cet autre chose sera défini dans 2 semaines, mais regardez par exemple, en ce moment, nous sommes capables d'accueillir des enfants de soignants, nous accueillons tous les jours, du lundi au dimanche, environ 30.000 enfants de soignants, et dans nos établissements… 

JEFF WITTENBERG 
Et justement, comment ça se passe, certains ont l'école l'après-midi, les autres le matin ? Comment les aménagez-vous ces cours ? 

JEAN-MICHEL BLANQUER 
Alors, aujourd'hui, tel que nous le faisons, c'est très personnalisé, parfois, quand un soignant doit travailler toute la journée, l'enfant est pris en charge toute la journée grâce à des volontaires auxquels je veux rendre hommage, des professeurs, des personnels des collectivités locales ou du monde associatif, et ensemble, ils assurent cette permanence du lundi au dimanche. Donc nous savons faire cela aujourd'hui en respectant les gestes barrières, en essayant de faire que la distanciation sociale soit pleinement respectée, puisque, ce qu'a dit Olivier FAURE tout à l'heure est exact, c'est-à-dire avec… oui ? 

JEFF WITTENBERG 
Précisément, est-ce que tous les professeurs, une question que se posent les familles bien entendu, est-ce que tous les professeurs et tous les élèves disposeront de masques lorsqu'ils auront la possibilité de rentrer à l'école le 11 mai prochain ? 

JEAN-MICHEL BLANQUER 
C'est fort possible, mais ça, ça fait partie des choses on va définir au cours des 2 prochaines semaines en lien avec les autorités sanitaires, mais si c'est nécessaire, c'est cela qu'on fera bien sûr. Là… 

JEFF WITTENBERG 
Est-ce qu'il sera obligatoire.  

JEAN-MICHEL BLANQUER  
… ça fait partie des travaux qu'on va mener… 

JEFF WITTENBERG 
Est-ce qu'il sera obligatoire ? 

JEAN-MICHEL BLANQUER
 Encore une fois, d'ici 2 semaines, on va décider, alors que ce soit à disposition, je pense que c'est une évidence, la question du caractère obligatoire et la façon dont nous nous y prenons, c'est typiquement ce qui va se définir au cours des 2 prochaines semaines, mais nous nous donnerons les moyens en matière sanitaire nécessaires, et ce, en lien avec les collectivités locales, par exemple sur tout ce qui est gel hydro-alcoolique, savon, etc… 

JEFF WITTENBERG 
Vous en parliez à l'instant, comment on fait pour imposer la distanciation sociale, en particulier aux plus petits, comment on fait pour faire porter un masque aux élèves de maternelle par exemple Monsieur BLANQUER ? 

JEAN-MICHEL BLANQUER 
Alors, évidemment, la question se pose en des termes différents selon l'âge des enfants, et c'est plus compliqué en maternelle, donc la seule réponse pour les petits, c'est évidemment des tout petits groupes, et donc vers cela que nous irons, de la même façon, il faut se dire que les enfants vivent quelque chose de particulier en ce moment avec des aspects négatifs et des aspects positifs, mais ce qui est certain, c'est que tout le monde est marqué par ce qui est en train de se passer, et donc on a aussi du civisme qui est qui est là, et aux enfants, on va leur apprendre… enfin, ils ont déjà appris beaucoup de choses, mais ils vont apprendre aussi les gestes qui sont obligatoires dans ce nouveau contexte, et évidemment selon les âges, nous organiserons différemment. Quand on parle de retour progressif, ça implique forcément que l'on va avoir pas les mêmes âges qui rentrent au même moment à l'école… 

JEFF WITTENBERG 
Ça veut dire justement que les programmes seront allégés, que vous demanderez aux professeurs de ne pas aller forcément, par exemple, pour les collèges et les lycées, en particulier, d'aller jusqu'au bout des programmes, que certaines matières pourront être éludées si le besoin s'en fait ressentir ? 

JEAN-MICHEL BLANQUER 
Oui, bien sûr, et là, j'ai une grande confiance dans le professionnalisme des professeurs, vous savez, dans l'Education nationale, on raisonne de plus en plus par cycle, c'est-à-dire par groupe de 3 niveaux, donc il y a tout un travail d'évaluation du niveau d'un élève après une période… de vacances, en l'occurrence, après une période de confinement, pour ensuite, personnaliser son parcours, c'est l'occasion pour l'Education nationale de faire ce travail, de manière, fait déjà, mais de manière plus accentuée, c'est un des aspects de la situation dans laquelle nous nous trouvons, que de nous obliger à certaines modernisations qui sont de toutes les façons importantes pour nos élèves. 

JEFF WITTENBERG 
Les représentants des enseignants s'inquiétaient dès hier du risque de retourner dans des classes qui comptent parfois jusqu'à 35 élèves, vous l'avez dit, vous souhaitez que la classe se fasse par petits groupes, mais dans ce cas, des petits groupes, ça veut dire plus d'heures d'enseignement, est-ce que vous allez demander aux enseignants de travailler davantage, est-ce que vous allez en recruter d'autres pendant cette période ? 

JEAN-MICHEL BLANQUER 
Alors, ce qui est certain, c'est qu'il ne peut pas y avoir des grands groupes, il est hors de question d'avoir des classes bondées dans la situation actuelle, ça, c'est une certitude ; comment arriver à ce résultat, il est possible aussi qu'on ait une charge horaire moins importante pour les élèves, vous savez, les élèves viennent de s'habituer à du travail à distance, on peut très bien imaginer des petits groupes à certains moments dans la journée, et puis, que la suite se passe à distance, notamment pour les élèves les plus grands, au lycée notamment, et éventuellement au collège. Donc ça, ça fait typiquement partie des aménagements auxquels on va procéder, et… 

JEFF WITTENBERG 
Mais c'est un surcroît de travail pour les enseignants, est-ce qu'ils pourront faire face à cette nouvelle organisation dictée par les circonstances ? 

JEAN-MICHEL BLANQUER 
Ecoutez, les professeurs ont montré encore une fois et leur professionnalisme et leur engagement dans les circonstances que nous venons de vivre, et encore une fois, ce sont des professionnels de la transmission, donc du savoir et des valeurs, c'est des professionnels de l'Education, et je crois que dans cette période de confinement, tout le monde a réalisé à quel point ce professionnalisme, c'était quelque chose et pas quelque chose de facile, puisque les parents voient bien qu'on ne peut pas comme ça s'improviser  facilement professeurs, eh bien, la personnalisation des parcours, ça fait partie de ce professionnalisme des professeurs. La situation, de toute façon, elle est forcément totalement inédite, et elle nous oblige à beaucoup de travail collectif aussi, ce n'est pas seulement un sujet la relation de professeur à l'élève, c'est déjà une relation professeur-élève-parents, c'est ce qui s'est beaucoup développé ces 4 dernières semaines, et puis, c'est aussi un travail collectif à l'échelle de l'établissement. Nous sommes une institution forte d'un million de personnes, aujourd'hui, face au coronavirus, on voit bien que le fait d'être un service public, de nature nationale, quand beaucoup de pays sont décentralisés, est un avantage, pour être plus organisés, pour réussir à avoir plus d'élèves impliqués, inclus dans l'enseignement à distance, eh bien, c'est cette capacité d'organisation qui est de nouveau devant nous, notre challenge du moment. 

JEFF WITTENBERG 
Jean-Michel BLANQUER, une question très concrète que se posent les gens et les parents, c'est que le président expliquait hier que ne seront testées que les personnes qui présentent des symptômes, quelles garanties auront les familles, comment éviter que des familles ne veulent pas prendre le risque d'envoyer leurs enfants à l'école, alors que d'autres enfants peuvent s'y trouver, porteurs du virus, sans symptôme, et d'où la question, est-ce que ce sera obligatoire de retourner à l'école le 11 mai ? 

JEAN-MICHEL BLANQUER 
Alors, de toute façon, ça ne sera pas obligatoire le 11 mai, encore une fois, c'est un retour progressif, donc il va y avoir, là aussi, beaucoup d'aménagements, c'est évident, sur les réponses plus précises sur le plan sanitaire, c'est typiquement le travail que nous allons faire au cours des 2 prochaines semaines, je fais aussi beaucoup de comparaisons internationales après vous avoir vu, je serai en visioconférence avec mes homologues européens, puisque tous les pays, comme par exemple l'Allemagne, sont dans ce travail de stratégie sur le déconfinement, dans le cadre de l'Unesco aussi, nous nous concertons entre pays du monde entier, nous sommes tous face aux mêmes types de défis, et donc c'est très intéressant de regarder les bonnes manières de faire dans différents pays. Donc nous avons 2 semaines de grand travail à faire, qui reposent sur cette comparaison internationale, sur ce travail avec les autorités de santé, avec les collectivités locales, et, bien sûr, en interne à l'Education nationale, et c'est pourquoi je vais voir les fédérations de parents d'élèves, les organisations syndicales, les représentants des lycéens, toutes ces organisations avec qui on va essayer de co-construire ces formules et qui sont des formules, encore une fois, progressives, pragmatiques… 

JEFF WITTENBERG 
« Progressives » c'est un mot que vous employez beaucoup, ça veut dire que toutes les écoles ne seront pas ouvertes le lundi 11 mai, pour que les choses soient claires, pour que les téléspectateurs comprennent bien ? 

JEAN-MICHEL BLANQUER 
Oui, bien sûr, c'est très clair que ça n'est pas tout d'un coup, encore une fois, il y a un travail de préparation, que tout le monde ne rentre pas au même moment, ça, c'est déjà certain. La question ensuite, c'est plutôt les modalités de retour… vous savez, un des buts très importants, quels sont les buts qu'on doit se fixer, le premier but, il est d'abord social, il est profondément social ; il y a des élèves qui peuvent partir à la dérive au moment où nous parlons à cause du confinement, et donc il faut aussi avoir vision globale du sujet, il y a le virus, mais il y a aussi la réalité sociale, aujourd'hui, vous avez des enfants qui sont maltraités à la maison, et d'ailleurs, j'en profite pour le dire devant tout le monde, dès qu'on entend un bruit, qu'on sent que quelque chose qui ne va pas pour un enfant, il faut appeler le 119, il faut se préoccuper de cela très fortement, vous avez des enfants ou des jeunes adolescents qui sont en train de décrocher. Là, par exemple, j'ai une attention particulière pour les lycées professionnels, pour les CAP dans le domaine industriel par exemple, où les élèves décrochent, donc… 

JEFF WITTENBERG 
Donc c'est ceux-là que vous voulez rouvrir en priorité, c'est ceux-là que vous voulez rouvrir en priorité, Monsieur BLANQUER ? 

JEAN-MICHEL BLANQUER 
Bien sûr que c'est les publics les plus fragiles que j'ai d'abord en tête pour assurer ce service public, et dont l'objectif, si vous voulez, c'est qu'entre le 11 mai et le 4 juillet, c'est-à-dire les vacances d‘été, nous ayons réussi cette resocialisation, ce recontact, qui permet tout simplement de se remettre dans les apprentissages. Sinon, les dégâts sociaux et humains, je dirais, peuvent être très importants, et on doit les avoir en tête aussi en responsabilité. 

JEFF WITTENBERG 
Question très concrète, Jean-Michel BLANQUER, cela ne change rien à la décision prise sur les examens, l'obtention du bac et du brevet se feront cette année uniquement par contrôle continu, ça ne change pas ? 

JEAN-MICHEL BLANQUER 
Oui, tout à fait, puisque, précisément, on avait envisagé le contrôle continu pour que ce soit compatible avec toutes les formules qui pourraient finalement être retenues, et donc là, c'est évidemment tout à fait compatible, et ça doit permettre même d'avoir des notes du troisième trimestre. 

JEFF WITTENBERG 
Les écoles avaient été les premières à voir leur fermeture annoncée, le 13 mars, et elles sont les premières à rouvrir, c'est moins dangereux de se regrouper dans une école que d'aller dans un café, finalement ? 

JEAN-MICHEL BLANQUER 
Mais ça dépend des modalités, bien sûr, si on mettait des classes de 30 personnes, enfin, si on faisait tout comme avant, ça pourrait être un problème, mais justement, il y a tout ce que je vous ai dit auparavant, c'est-à-dire le fait qu'on va fonctionner par petits groupes progressivement, que l'on mette en place toutes les formules que l'on aura co-construites avec l'ensemble des partenaires, et donc c'est cela qui fait que ça n'est pas comparable avec un restaurant ou un café, ça va être d'ailleurs des moments, je dirais, éducatifs, puisqu'il y a une dimension de civisme quand il y a respect des gestes barrières, le respect de la distanciation, ce sont des enjeux de civisme, et donc des enjeux éducatifs. 

JEFF WITTENBERG 
Mais cela avait un caractère indispensable d'accueillir à nouveau les enfants pour que les parents puissent retourner travailler, c'est ce qui a motivé essentiellement le gouvernement, quand on sait par exemple que le gouvernement prévoit aujourd'hui un recul du PIB de 8 %, c'est un chiffre qui vient de tomber ce matin en 2020, c'est-à-dire une crise encore plus importante que prévu, il est temps que l'économie se remette en place, quoi… 

JEAN-MICHEL BLANQUER 
Bien sûr, mais le premier mot clef, c'est social, c'est de toute façon, même ce que vous venez de dire, ça a un impact social considérable, donc ce qui est très important, c'est encore une fois de sauver les élèves qui pourraient être à la dérive du fait du confinement, d'avoir un travail profondément social, de permettre à des parents de reprendre leur vie aussi, de manière plus normale, et ils savent très bien, ceux qui nous écoutent savent très bien ce que ça signifie, donc oui, mais de le faire progressivement, pragmatiquement, en respectant les règles sanitaires de façon à ce qu'on n'ait pas des dégâts indirects très importants du coronavirus, vous pouvez avoir des dégâts indirects très, très importants liés au confinement. Donc on doit aussi avoir cette vision globale du sujet, bien sûr. 

JEFF WITTENBERG 
On vous a entendu. Merci beaucoup pour toutes ces précisions, Jean-Michel BLANQUER. 

JEAN-MICHEL BLANQUER 
Merci.   


Source : Service d'information du Gouvernement, le 15 avril 2020