Interview de Mme Emmanuelle Wargon, secrétaire d'État auprès de la ministre de la transition écologique et solidaire, à France Info le 29 juin 2020, sur les suites à donner à la Convention citoyenne pour le climat.

Texte intégral

MARC FAUVELLE
Et en attendant, ces questions, on va les poser à la secrétaire d'État à la Transition écologique. Bonjour Emmanuelle WARGON.

EMMANUELLE WARGON
Bonjour.

MARC FAUVELLE
Le virage vert, c'est aujourd'hui ?

EMMANUELLE WARGON
Il y a une demande verte évidemment, et au ministère de l'Ecologie, au ministère de la Transition écologique et solidaire, on porte cette demande tous les jours sur toutes nos grandes politiques écologiques. Aujourd'hui, le président reçoit les 150 citoyens, les 150 Français de la Convention citoyenne pour le climat, vous vous souvenez, c'était l'une des suites de l'acte 2 du quinquennat, le président s'était engagé à installer une expérience de démocratie directe, c'est une expérience vraiment inédite, les conclusions ont été rendues…

MARC FAUVELLE
Oui, on en a parlé longuement ici même sur France Info, 149 propositions, les 110 à l'heure, mais pas seulement, beaucoup d'autres choses, sur la rénovation thermique. Qu'est-ce qu'on en fait aujourd'hui de ces conclusions ?

EMMANUELLE WARGON
Peut-être d'abord juste un mot sur la démocratie elle-même avant de répondre sur les conclusions. C'est intéressant d'avoir en parallèle cet exercice de démocratie directe et puis les élections, les élections, le premier enseignement, c'est quand même l'abstention, 60% d'abstentions, c'est terrible, c'est très peu.

MARC FAUVELLE
Et ceux qui sont le plus aller voter, Emmanuelle WARGON, ce sont vos électeurs, nous dit notre enquête IPSOS SOPRA STERIA, vous imaginez s'ils n'y étaient pas allés.

EMMANUELLE WARGON
A hauteur, environ, de 1 sur 2.

MARC FAUVELLE
De 1 sur 2, ce qui est le chiffre le plus fort de tous les partis…

EMMANUELLE WARGON
Sur 4 sur 10 en général, donc ce n'est pas non plus 80% de participation, ce que je veux dire, c'est qu'à un moment où la participation aux élections classiques baisse, peut-être parce qu'il y a une forme d'insatisfaction face à ce mode démocratique, c'est intéressant d'essayer d'installer d'autres formes de démocratie, et la Convention citoyenne, c'est à la fois intéressant dans les conclusions – j'y viens tout de suite – mais aussi dans cet exercice nouveau, 150 citoyens tirés au sort qui éclairent des décisions nationales. Et on aura besoin de continuer à renouveler cette démocratie…

MARC FAUVELLE
Que vont devenir, Emmanuelle WARGON, leurs 149 propositions, est-ce que vous allez en reprendre tout ou partie, est-ce qu'elles seront soumises aux Français par référendum ?

EMMANUELLE WARGON
Alors nous allons en reprendre beaucoup. Certaines de ces propositions peuvent être prises directement par le gouvernement, d'autres ont besoin d'être votées comme des lois, soit par le Parlement, soit au référendum ; c'est le président de la République qui indiquera aux 150, pas plus tard que ce matin, les conclusions qu'il en tirera, mais nous avons pris l'engagement de transmettre sans filtre, c'est-à-dire tout le travail qui a été fait, soit au Parlement, soit au référendum, sur les 149 propositions, les citoyens en proposent 3 au référendum, ce qui veut dire que tout le reste a naturellement vocation à rentrer dans un travail parlementaire large. Il y a beaucoup de choses qui sont en fait des accélérations d'une action que nous avons déjà engagée. Je prends la rénovation des bâtiments, c'est la deuxième cause de gaz à effet de serre en France…

MARC FAUVELLE
Les citoyens vont plus loin que ce qui a été fait jusqu'à présent, ils disent par exemple : interdiction de louer dans quelques années un appartement qu'il ne serait pas suffisamment isolé.

EMMANUELLE WARGON
Tout à fait. Les citoyens vont plus loin, en s'appuyant sur ce que nous avons fait et en nous demandant d'aller un cran plus loin ; ils nous demandent d'abord d'investir plus, de mettre plus d'argent, et c'est un des sujets que nous avons identifié dans le plan de relance, parce qu'un investissement dans les bâtiments, c'est à la fois bon pour l'économie et bon pour la planète…

MARC FAUVELLE
Le quoi qu'il en coûte, Emmanuelle WARGON, qu'on a connu au moment de confiner l'économie française, c'est-à-dire, et de soigner évidemment tous les malades, l'expression d'Emmanuel MACRON, pour dire : on ne regarde plus à la dépense, ça peut être valable aussi pour l'écologie ou pas ?

EMMANUELLE WARGON
Mais bien sûr, on est à un moment où on sait que nous devons réinvestir, réinvestir pour relancer l'économie, c'est le plan de relance sur lequel nous travaillons, qui sera prêt au plus tard à la rentrée. Dans ce plan de relance, dans ces investissements, qui sont des investissements en milliards d'euros, l'écologie a toute sa place. C'est le moment où investir pour la transformation écologique, nous savons que nous devons investir, nous savons que nous avons besoin de mobiliser de l'argent public, et d'ailleurs, de l'argent privé, cette mobilisation, on ne peut pas la faire comme si de rien n'était alors que pendant ce temps-là, le climat se réchauffe tous les jours et qu'on perd en biodiversité ; c'est pour ça que la rénovation des bâtiments, c'est pour ça que la transformation des villes, par exemple, la reprise des friches, vous savez, ces terrains industriels abandonnés qui parfois sont pollués, tout ça, ce sont des très bons sujets d'investissement.

MARC FAUVELLE
Merci à vous, Emmanuelle WARGON. Vous serez à l'Elysée tout à l'heure ?

EMMANUELLE WARGON
Bien sûr.

MARC FAUVELLE
Voilà, secrétaire d'État à la Transition écologique. Les annonces, à quelle heure du chef de l'État ?

EMMANUELLE WARGON
Les citoyens sont reçus à 11h, et le discours du président est après.

MARC FAUVELLE
Dans la foulée. Donc à la mi-journée. On le suivra évidemment en direct sur France Info. Merci à vous.

EMMANUELLE WARGON
Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 30 juin 2020