Interview de Mme Barbara Pompili, ministre de la transition écologique, à RTL le 16 juillet 2020, sur la lutte contre la pollution atmosphérique dans les villes, le transport et le fret ferroviaire, les centres commerciaux et les énergies renouvelables.

Texte intégral

STEPHANE CARPENTIER
Benjamin SPORTOUCH, votre invitée ce matin est la ministre de la Transition écologique, la numéro 2 du gouvernement, Barbara POMPILI.

BENJAMIN SPORTOUCH
Bonjour Barbara POMPILI.

BARBARA POMPILI
Bonjour.

BENJAMIN SPORTOUCH
Merci d'être avec nous aujourd'hui en direct sur RTL. Alors le Premier ministre a égrainé hier un catalogue de mesures pour faire de l'économie française, je le cite, l'économie la plus décarbonée d'Europe, objectif ambitieux. Alors on va être très concret ce matin, parlons de la voiture, Barbara POMPILI, est-ce qu'il faut interdire plus vite les véhicules les plus polluants dans les villes ?

BARBARA POMPILI
Ah oui, oui, oui…

BENJAMIN SPORTOUCH
Quelle échéance, c'est-à-dire, est-ce que par exemple, ce que fait Anne HIDALGO en supprimant les diesels du centre-ville, c'est ce qu'il faut faire partout ?

BARBARA POMPILI
Il faut y arriver à terme, là, on va mettre en place ce qu'on appelle les zones de faible émission, c'est-à-dire des zones où on empêche les véhicules les plus polluants de rentrer, ça, on le fait aussi, parce que l'Europe nous a dit : là, il faut accélérer, vous n'êtes pas dans les clous sur la qualité de l'air…

BENJAMIN SPORTOUCH
Mais c'est pour quand ?

BARBARA POMPILI
Eh bien, ça va être d'ici la fin de l'année, d'ici la fin de l'année, on va travailler sur 9 zones, 9 zones qui sont les plus polluées pour mettre en place ces zones de faibles émissions, et où on va aider en même temps, parce que vous voulez du concret, on va aider aussi en même temps les personnes qui sont les plus démunies à pouvoir changer de véhicule, parce que l'idée, ce n'est vraiment pas d'embêter les gens.

BENJAMIN SPORTOUCH
9 zones en France, et pourquoi ne pas le faire dans toutes les grandes villes…

BARBARA POMPILI
Oui, en France…

BENJAMIN SPORTOUCH
Parce que 9, ce n'est pas beaucoup…

BARBARA POMPILI
Non, mais parce que, d'abord, on cible là où l'air est le plus pollué, on n'est pas là non plus pour pousser les choses quand il n'y a pas de problème, donc, on fait là où c'est plus pollué, et ensuite, de toute façon, comme on va aider les personnes à changer de véhicule, comme on va développer les transports en commun, on va donner des solutions de mobilités différentes, le vélo, ça va permettre de faire baisser les émissions et la pollution.

BENJAMIN SPORTOUCH
Alors prenons un exemple encore très concret, les zones sans voiture autour des écoles, vous y êtes favorable ?

BARBARA POMPILI
Autour des écoles, alors là, on est moins… on est déjà sur une question de pollution, mais on est aussi sur une question de sécurité…

BENJAMIN SPORTOUCH
Sans voiture ?

BARBARA POMPILI
Il existe aujourd'hui des zones où les voitures doivent rouler à 20 km/h ou 15 km/h, avec les piétons, ça existe déjà, je pense qu'il faut essayer de faire du partage d'espace, pour que tout le monde puisse venir, mais de manière lente, vous savez…

BENJAMIN SPORTOUCH
Pas sans voiture complètement ?

BARBARA POMPILI
Ça dépend où…

BENJAMIN SPORTOUCH
Parce que le Conseil d'État vient de condamner l'État tout de même à de lourdes amendes pour non-respect des normes sur la pollution de l'air, et on sait que les plus vulnérables, les plus jeunes, les enfants sont concernés.

BARBARA POMPILI
Je vous ai répondu là-dessus, la réponse à ce qu'a dit la justice, c'est la question des zones à faible émission, et ensuite, autour des écoles, ça dépend des lieux, il y a des lieux où ça va très facile, d'autres où ça le sera moins, l'important, c'est surtout que l'on fasse en sorte qu'il y ait un partage de l'espace entre les piétons, les vélos et les voitures, que tout le monde puisse avancer de manière sécurisée, parce que…

BENJAMIN SPORTOUCH
Vous n'êtes pas une ministre écolo anti-voitures, c'est ça que vous nous dites ce matin ?

BARBARA POMPILI
Moi, je préfère qu'il y ait beaucoup moins de voitures, qu'elles soient beaucoup moins polluantes, mais, par contre, il y aura toujours des voitures individuelles là où les gens n'ont pas d'autre solution, l'écologie, moi, que je porte, c'est une écologie qui apporte des solutions aux gens, il faut que ce soit pratique…

BENJAMIN SPORTOUCH
Oui, mais quand ce n'est pas clair, quand c'est flou, c'est qu'il y a un loup, c'est-à-dire que là, on se dit : eh bien, si les zones étaient sans voiture, ce serait plus clair, plutôt que ce partage d'espace, ça protégerait clairement les enfants ?

BARBARA POMPILI
Mais, les enfants, il faut les protéger pour qu'ils soient en sécurité, moi, ce que je veux, c'est que les enfants, ils puissent venir en vélo à l'école, et pour qu'ils puissent venir en vélo à l'école, il faut des voies sécurisées, séparées. Les parents, et je suis maman, n'envoient pas leur enfant à l'école en vélo, parce qu'aujourd'hui, c'est dangereux, eh bien, essayons de faire en sorte que ce soit pratique et sécurisé.

BENJAMIN SPORTOUCH
Alors, partage d'espace. Est-ce que vous êtes pour interdire la publicité sur les produits les plus polluants, dont les SUV, les 4X4 de ville ?

BARBARA POMPILI
Alors, je l'ai déjà dit, moi, je me suis déjà positionnée favorable là-dessus, après, on a des propositions de la Convention citoyenne pour le climat…

BENJAMIN SPORTOUCH
Ça en fait partie…

BARBARA POMPILI
Qui sont pour essayer de réorienter la consommation, je trouve que leurs propositions ne sont pas mal, et de toute façon, on s'est engagé à reprendre les propositions, donc tout ça, ça va se traduire…

BENJAMIN SPORTOUCH
Dont celle-ci, sauf que qui est contre au gouvernement ?

BARBARA POMPILI
Non, mais…

BENJAMIN SPORTOUCH
Barbara POMPILI, qui est contre cette mesure ?

BARBARA POMPILI
Oh, je crois avoir entendu mon collègue Bruno, qui était…

BENJAMIN SPORTOUCH
Bruno LE MAIRE…

BARBARA POMPILI
Non, mais il pose une question juste…

BENJAMIN SPORTOUCH
Est-ce que votre vrai problème, Barbara POMPILI…

BARBARA POMPILI
Il pose une question juste, Bruno LE MAIRE…

BENJAMIN SPORTOUCH
… Ce n'est pas Bercy pour vous, le problème ?

BARBARA POMPILI
Non, avec Bruno LE MAIRE, on s'est entendu, et on s'est entendu notamment sur le plan de relance qui va être extrêmement exigeant et sur lequel on se soutient mutuellement, donc on va trouver des solutions. Sur la pub, la question, c'est le périmètre, parce que, est-ce qu'on doit… si on le fait pour les voitures, pourquoi on ne le ferait pas pour d'autres produits assez dangereux pour l'environnement ou pour la santé, comme des bonbons par exemple, donc cette question-là, elle est complexe, donc une question complexe, on regarde et on essaie de faire les choses rationnellement.

BENJAMIN SPORTOUCH
Donc il y aura encore de la publicité. Sur le vélo, là aussi, Jean CASTEX a dit hier qu'il voulait développer un plan vélo très ambitieux, est-ce que très concrètement, Barbara POMPILI, vous allez pérenniser les "corona pistes", ces pistes de vélo qui ont été mises en place après le confinement pour faciliter les déplacements à bicyclette ?

BARBARA POMPILI
Oui, alors, on va le faire avec les collectivités, parce que c'est elles qui les mettent en place, je vous le rappelle…

BENJAMIN SPORTOUCH
Mais est-ce que vous leur dites : on va pérenniser ces pistes…

BARBARA POMPILI
Oui, bien sûr qu'il faut les pérenniser, il faut les pérenniser le plus possible, et puis aussi, il faut aider les personnes à avoir un vélo, et moi, je vous annonce aujourd'hui qu'on a fait, depuis la fin du confinement, 36 000 réparations de vélos grâce à la prime de 50 euros, et on va arriver à un million d'ici la fin de l'année. Donc il y a un changement aussi dans les comportements qui se voit, là, aujourd'hui, ça fonctionne.

BENJAMIN SPORTOUCH
Ces 50 euros, c'est jusqu'à la fin de l'année ?

BARBARA POMPILI
On va essayer, moi, alors, là, on va pousser le plus possible pour continuer…

BENJAMIN SPORTOUCH
Vous le souhaitez, vous le dites à Bruno LE MAIRE ce matin ?

BARBARA POMPILI
Bien sûr.

BENJAMIN SPORTOUCH
Parlons du train, le Premier ministre a dit qu'il voulait rétablir des petites lignes de chemin de fer, on commence par laquelle, Barbara POMPILI, quelle est celle qui est prioritaire ?

BARBARA POMPILI
Alors, il s'avère qu'on avait fait un travail, nous, avant, au Conseil d'orientation des infrastructures, où on en avait identifié beaucoup, et laquelle ? Ouh, lala, moi, je veux le plus possible, et les petites lignes, et puis, n'oubliez pas aussi le train de nuit, parce que…

BENJAMIN SPORTOUCH
Eh bien, parlons-en, Barbara POMPILI, vous étiez ministre du gouvernement sous François HOLLANDE, et à l'époque, eh bien, plusieurs lignes de trains de nuit ont été fermées, parce qu'elles coûtaient plus de 100 euros de subventions de l'État par billet vendu, aujourd'hui, changement de direction, vous êtes prêt à subventionner le train sans compter ?

BARBARA POMPILI
Oui, et le train de nuit, les petites lignes, le fret ferroviaire aussi, bref, tout ce qui permet encore une fois de sortir de la voiture et de donner d'autres solutions pour les personnes et pour les marchandises, le train de nuit…

BENJAMIN SPORTOUCH
Quelle volte-face quand même, vous imaginez les Français se disent : eh bien, on a supprimé les trains de nuit, maintenant, on va les remettre en place…

BARBARA POMPILI
Non, mais les trains de nuit, pourquoi ils ont été supprimés, parce qu'ils coûtaient très cher et parce qu'ils ne rencontraient plus leur public, il y avait un sujet de qualité de services, sur laquelle il faut vraiment qu'on travaille, aujourd'hui, les trains de nuit marchent très bien en Autriche, parce qu'on a une vraie qualité de services, parce que des personnes qui veulent aller travailler, il faut que quand elles descendent du train, elles puissent prendre une douche, par exemple, vous voyez, eh bien, toutes ces choses-là, c'est des petites choses, mais qui mises bout-à-bout vont permettre de faire revenir les gens vers le train.

BENJAMIN SPORTOUCH
Combien vous mettez sur la table sur les trains de nuit ?

BARBARA POMPILI
Sur les trains de nuit, je n'ai pas le chiffre pour l'instant, donc je ne vais pas vous dire de bêtise, mais ce que je peux vous dire, c'est que les 20 milliards qui ont été proposés par le Premier ministre, il a dit : au moins, il faut retenir le "au moins"…

BENJAMIN SPORTOUCH
Au moins, eh bien, c'est toujours ça de pris. Le moratoire sur les centres commerciaux, Jean CASTEX l'a annoncé hier, c'est une application immédiate, là, tout de suite, les centres commerciaux qui…

BARBARA POMPILI
Eh bien, oui, oui, oui, on va suspendre ça, oui, oui…

BENJAMIN SPORTOUCH
Combien il y en a qui sont concernés, qui devaient être construits qui ne le seront pas ?

BARBARA POMPILI
Alors, moi, je crois que sur le nombre de centres commerciaux, il n'y en a pas tant que ça…

BENJAMIN SPORTOUCH
Ah bon, eh bien, c'est une mesure pour rien alors, symbolique…

BARBARA POMPILI
Non, non, non, parce que c'est très important de mettre un coup d'arrêt et de dire : on arrête avec ces centres commerciaux qui ne riment à rien, qui prennent de l'espace, qui sont extrêmement… qui participent à l'artificialisation et qui tuent les centres-villes, qui tuent les petits commerçants, qui tuent notre vie, ce qui fait un petit peu notre culture, notre patrimoine, quand vous êtes dans le centre-ville d'Amiens, comme chez moi, ça n'a pas la même allure que quand vous êtes dans le centre-ville de Brest ou n'importe où, alors que quand vous êtes dans un centre commercial, partout, c'est pareil. Eh bien, redonnons la vie aux territoires, leur identité, redonnons un petit peu la vie à… je ne sais pas, au plaisir de tous les jours…

BENJAMIN SPORTOUCH
On regardera quand même combien de centres commerciaux sont concernés…

BARBARA POMPILI
Il y en aura, mais je peux vous dire que c'est très important comme signal.

BENJAMIN SPORTOUCH
D'accord. Autre moratoire éventuellement, est-ce que vous êtes pour un moratoire sur la 5G, Barbara POMPILI, c'est ce que demandent beaucoup de maires écolos ?

BARBARA POMPILI
Oui, j'ai vu ça…

BENJAMIN SPORTOUCH
Est-ce que c'est énergivore, pour être clair ?

BARBARA POMPILI
Oui, on a lancé des études, il y en a plusieurs, et notamment par l'ANSES, qui vont nous dire vraiment ce qu'il en est de tout ça, parce que moi, j'aime bien parler sur des faits scientifiques, par contre, il y a un point, c'est qu'on se précipite sur la 5G, il faut qu'on fasse attention d'abord à la couverture numérique de tout le monde, on a vu pendant le confinement qu'il y avait beaucoup de gens qui n'avaient pas accès au numérique, dans la période actuelle, on a besoin que tout le monde soit relié, pour moi, ça doit être ça la priorité avant tout !

BENJAMIN SPORTOUCH
Quand prendrez-vous votre décision sur un moratoire sur la 5G, vous êtes directement concernée, là, vous me dites : j'attends les études, mais…

BARBARA POMPILI
Oui, on a des études qui sont rendues d'ici… alors, il y en a une en septembre et il y en a une en mars prochain, donc…

BENJAMIN SPORTOUCH
Vous allez attendre peut-être mars prochain ?

BARBARA POMPILI
Je ne dis rien là-dessus, je dis qu'il y en a une première en septembre déjà.

BENJAMIN SPORTOUCH
On attendra. Économie décarbonée a donc dit Jean CASTEX, est-ce que ça veut dire toujours avec du nucléaire, est-ce qu'il y aura de nouveaux réacteurs type EPR qui seront construits dans notre pays, Barbara POMPILI ?

BARBARA POMPILI
Alors, comme vous l'aurez remarqué, Jean CASTEX a beaucoup parlé du développement des renouvelables et de la sobriété, parce que ce qu'il faut, c'est arrêter de gaspiller aussi l'énergie, pardon, c'est des petites choses, mais on est en train de travailler pour faire en sorte que les gens puissent vivre aussi bien en consommant moins d'énergie, et puis, eh bien, sur la question du nucléaire, vous savez, il y a une feuille de route qui s'appelle la programmation pluriannuelle de l'énergie, on baisse la part du nucléaire à 50% d'ici 2035, moi, c'est ça sur quoi je me suis engagée et je m'y tiendrai…

BENJAMIN SPORTOUCH
Mais est-ce que vous dites : eh bien, moi je ne veux pas de nouveaux réacteurs type EPR, parce que vous êtes allée à Flamanville en 2018, vous étiez revenue pas très rassurée à l'époque

BARBARA POMPILI
J'y suis allée deux fois, et je crois d'abord que, EDF doit nous montrer que son EPR fonctionne.

BENJAMIN SPORTOUCH
Il y a du boulot sur la planche alors, vous leur dites ce matin…

BARBARA POMPILI
Il y a du travail.

BENJAMIN SPORTOUCH
Ça a pris beaucoup de retard.

BARBARA POMPILI
Il y a beaucoup de travail.

BENJAMIN SPORTOUCH
Et ça coûte très cher.

BARBARA POMPILI
Oui.

BENJAMIN SPORTOUCH
Bon, eh bien, le message est lancé à EDF. Où est le grand plan pour les énergies renouvelables, Barbara POMPILI, sur l'éolien par exemple, est-ce que vous êtes favorable la construction de nouveaux parcs éoliens en France massivement ?

BARBARA POMPILI
Oui, bien sûr, bien sûr…

BENJAMIN SPORTOUCH
Combien… on ne l'a pas vu ce plan…

BARBARA POMPILI
Non, mais sur l'éolien, sur le photovoltaïque, sur tout ça, il faut les développer, mais il faut les développer en intelligence avec les territoires, chez moi, dans la Somme, on a le sentiment que parfois ça a été fait sans que tout ça soit bien cadré, moi, ce que je veux, c'est qu'il y ait un cadrage, une planification, que tout le monde sache où on va, pour qu'il n'y ait pas d'inquiétude, certains se disent : oh lala, ça pousse dans tous les sens, non, il faut que tout le monde voit où on peut en faire, où on ne peut pas en faire, et comme ça, ça se passera bien.

BENJAMIN SPORTOUCH
En mai 2016, dans une interview au Monde, Barbara POMPILI, vous dénonciez l'influence des lobbies de la chasse, de l'agriculture intensive, de l'agrochimie, est-ce qu'ils se sont manifestés depuis votre nomination à ce ministère, est-ce que vous avez senti de la pression, est-ce que vous avez reçu des SMS ?

BARBARA POMPILI
J'ai reçu beaucoup de SMS de félicitations, après, il y en a certains que je n'ai pas reçus…

BENJAMIN SPORTOUCH
Donc il y a moins de pression des lobbies aujourd'hui ?

BARBARA POMPILI
On va dire que, je pense qu'on va se voir vite…

BENJAMIN SPORTOUCH
Votre première décision écolo dans votre ministère, qu'est-ce que vous avez fait de symbolique au ministère chez vous, pour… ?

BARBARA POMPILI
Qu'est-ce que j'ai fait de symbolique ? Pour l'instant, j'ai recruté en cabinet, je peux vous dire que ça prend du temps.

BENJAMIN SPORTOUCH
D'accord, bon alors, bon courage !

BARBARA POMPILI
Merci.

BENJAMIN SPORTOUCH
Bonne journée à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 21 juillet 2020