Interview de Mme Barbara Pompili, ministre de la transition écologique, à BFM TV le 25 septembre 2020, sur les nouvelles mesures de restriction liées au coronavirus, la réintroduction des néonicotinoïdes et la Convention citoyenne pour le climat.

Texte intégral

JEAN-JACQUES BOURDIN
Barbara POMPILI, bonjour.

BARBARA POMPILI
Bonjour.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Merci d'être avec nous. C'est une première pour vous ici à 8 heures 35, ministre de la Transition écologique. Vous étiez hier soir sur France 2, je vous ai vue. Dites-moi, moi je n'ai pas compris grand-chose sur les piscines. Vous allez m'expliquer parce que le Premier ministre semblait un peu patauger si je puis dire. Alors les piscines fermées, où et quand ?

BARBARA POMPILI
Eh bien c'est tout simple. En fait ça dépend de la zone dans laquelle vous êtes et ce qu'on veut nous, c'est que ça se fasse au plus près des réalités des territoires. Donc c'est le préfet qui décide selon, si vous êtes dans une zone verte ou pas verte, si la piscine va être fermée. Piscine couverte évidemment. On parle de celles-là.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Piscines couvertes, oui. Donc c'est le préfet qui va décider la fermeture.

BARBARA POMPILI
C'est ça. Et il concerte normalement avec les collectivités pour que ça se passe bien. Le mieux possible.

JEAN-JACQUES BOURDIN
A quoi serviez-vous hier soir ? Non mais je vous ai vue derrière le ministre là, sans dire un mot.

BARBARA POMPILI
Eh bien, non. Ça, on n'avait pas le droit de parler.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non mais pourquoi vous étiez là ? C'était quoi ?

BARBARA POMPILI
C'était aussi un moyen de montrer qu'on est là, autour avec notre Premier ministre et qu'on le soutient.

JEAN-JACQUES BOURDIN
D'accord, oui. D'accord. Allez, j'ai beaucoup de questions à vous poser. Je vais quand même encore vous poser une question sur le Covid-19. La fermeture des bars et restaurants à Marseille demain, les restrictions à Paris, dans de nombreuses grandes villes. Vous avez vu la protestation de nombreux élus régionaux. Est-ce irresponsable, quand on est élu régional et qu'on veut porter l'affaire devant la justice, par exemple comme en Provence-Alpes-Côte d'Azur, est-ce irresponsable ?

BARBARA POMPILI
En tout cas, moi je retiens un truc de ce qu'a dit le Premier ministre hier, c'est que cette crise au lieu de nous séparer, il faut qu'elle nous unisse. On a tous à lutter contre ce virus et il faut qu'on le fasse ensemble. Alors il y a des mesures qui sont difficiles et c'est vrai que ce n'est pas drôle de ne pas pouvoir aller dans un bar tard. Ce n'est pas drôle. Et puis surtout, c'est économiquement très difficile pour les professionnels. Mais je crois que le mieux qu'on puisse faire tous ensemble, c'est de se dire que quand il y a des mesures qui sont proposées avec un accompagnement, on les suit et puis comme ça on va essayer de faire en sorte de s'en sortir par le haut tous ensemble, tout simplement. Mais encore une fois, je ne nie pas les problèmes rencontrés par tout le monde.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien. Barbara POMPILI, vous êtes ministre de la Transition écologique dont très soucieuse de la préservation des espèces.

BARBARA POMPILI
En effet.

JEAN-JACQUES BOURDIN
J'imagine. Est-ce que vous avez entendu parler du Scombrus ?

BARBARA POMPILI
Non.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous ne connaissez pas le Scombrus ?

BARBARA POMPILI
Ah non. Alors je ne suis pas spécialiste de chaque espèce d'animaux. Vous pouvez tous me les faire. Ou chaque espèce de plante, ou chaque espèce de champignon. Voilà.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non mais ce n'est pas une espèce, c'est un chalutier.

BARBARA POMPILI
Mais racontez-moi. Racontez-moi.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est un chalutier géant. Un chalutier géant qui sera baptisé aujourd'hui à Concarneau. 81 mètres de long. Qui va pêcher 200 tonnes, jusqu'à 200 tonnes de poissons chaque nuit. Je dis bien 200 tonnes de poissons chaque nuit ! Qui va aller naviguer et pêcher dans le golfe de Gascogne, et les pêcheurs artisanaux sont fous de rage. Comment se fait-il qu'on tolère ce genre de pêche ?

BARBARA POMPILI
Parce que le monde de la pêche évolue et il évolue doucement. Il a déjà fait des gros efforts. Attention, il faut à chaque fois… On ne voit que ce qui ne va pas.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Parce qu'on le voit beaucoup. 81 mètres de long, on le voit beaucoup.

BARBARA POMPILI
C'est vrai, c'est beaucoup.

JEAN-JACQUES BOURDIN
On le voit beaucoup et sur les mers, c'est beaucoup aussi.

BARBARA POMPILI
C'est beaucoup mais comme tous les bateaux, comme pour les pêcheurs il devra respecter les règles et notamment les règles de quotas de pêche etc. Mais aujourd'hui, on voit qu'il y a des pêcheurs qui ont fait des efforts pour changer leur mode de pêche, pour changer les filets etc parce qu'il y a le problème de trop de prise…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais pourquoi tolérer ces immenses bateaux ? 200 tonnes de poissons pêchés chaque nuit et 150 tonnes de poissons broyés parce qu'on ne les garde pas.

BARBARA POMPILI
Alors ça déjà, il va falloir travailler sur ce gaspillage qui est absolument impossible mais encore une fois, on doit nourrir les gens donc on a besoin de pêcher du poisson. Simplement encore une fois, que vous ayez un gros ou un petit bateau, alors les petits bateaux sont plus respectueux de l'environnement par définition parce qu'ils pêchent moins profond, ils ramassent moins de sédiments etc et puis il y a plus de sélection de poissons. Mais encore une fois, ce bateau comme les autres, devra respecter les quotas de pêche. Les quotas de pêche ils sont faits pourquoi ? Ils sont faits pour que les poissons puissent se reproduire et pour qu'il y en ait encore par la suite pour pouvoir les pêcher.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous savez que d'un pays à l'autre, on peut s'acheter des quotas. Enfin, bon, je ne vais pas rentrer là-dedans.

BARBARA POMPILI
Encore une fois, il y a des quotas maximum.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Puisqu'on parle de chalutier usine, parlons de la ferme usine de Mille vaches dans la Somme. Vous la connaissez cette ferme usine.

BARBARA POMPILI
Oh là là !

JEAN-JACQUES BOURDIN
La justice a ordonné d'abaisser le chef le cheptel à 500 vaches, l'État ne fait pas appliquer la décision de justice. Pourquoi ?

BARBARA POMPILI
Il y a des années déjà. Tout ça tout ça date d'il y a dix ans.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Eh bien oui.

BARBARA POMPILI
Ce qui montre d'ailleurs qu'il y a encore des trous dans la raquette dans notre droit de l'environnement et je peux vous dire qu'on est en train d'y réfléchir. Maintenant sur l'application des décisions de justice, moi je suis pour qu'elles soient appliquées.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui. Vous êtes pour mais elles ne le sont pas.

BARBARA POMPILI
Si, attendez.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Là pour l'instant, il y a toujours mille vaches.

BARBARA POMPILI
Non, non, il n'y a pas mille vaches.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ah non ?

BARBARA POMPILI
Il n'y a pas mille vaches, il y a à peu près 800 vaches mais c'est trop. C'est trop parce que ce qui a été décidé…

JEAN-JACQUES BOURDIN
La justice dit pas plus de 500.

BARBARA POMPILI
La justice disait pas plus de 500. Ils ont fait une demande pour augmenter leur cheptel, mais moi je considère depuis le début dans cette histoire qu'on ne peut pas enfreindre la loi, on ne peut pas vraiment se foutre du monde et puis après dire : oh bah écoutez, ce serait quand même bien que vous puissiez régulariser notre situation.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui mais la loi n'est pas appliquée.

BARBARA POMPILI
Si, il y a eu une décision de justice.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il y a une décision de justice !

BARBARA POMPILI
Il y a eu une amende qui a été prévue. Cette amende va évidemment être prélevée et après il y a des questions d'astreinte sur lesquelles je suis en discussion avec la préfète, si vous voulez que je vous donne tous les détails.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bon. Barbara POMPILI, vous êtes à la tête du ministère de l'impossible : ce n'est pas moi qui dis cela, c'était l'un de vos prédécesseurs. Alors regardons un peu. Quoi qu'il arrive en 2020, c'est fini pour tous les néonicotinoïdes, insecticides tueurs d'abeilles : c'est ce que vous avez dit, c'était en 2016.

BARBARA POMPILI
Oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Avant-hier en commission été approuvé le projet de loi autorisant pour la betterave - je dis bien pour la betterave - la réintroduction des néonicotinoïdes. Dérogation temporaire et la loi rectificative viendra à l'Assemblée, si j'ai bien compris, le 5 octobre. C'est bien cela ?

BARBARA POMPILI
Oui, oui, oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Le 5 octobre. Vous avez été à l'origine de l'interdiction…

BARBARA POMPILI
C'est vrai.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et aujourd'hui vous permettez cette autorisation temporaire.

BARBARA POMPILI
C'est vrai aussi. Vous voyez, vous avez bien suivi.

JEAN-JACQUES BOURDIN
J'ai bien suivi mais j'ai bien travaillé alors.

BARBARA POMPILI
D'abord, ça va vous paraître étonnant vu la période, mais moi je suis très fière de m'être battue pour cette loi. Parce que je peux vous dire qu'il y a quatre ans pour interdire les néonicotinoïdes, je n'avais pas grand monde derrière moi. Ç'a été un combat terrible. Je suis heureuse de l'avoir gagné et je suis heureuse qu'aujourd'hui on soit à la dernière marche. C'est-à-dire qu'on a interdit plus de 90% des usages, ce qui est énorme vu ce que ça représentait dans l'agriculture française. Donc on a fait un pas énorme, maintenant on va sortir par le haut en passant à la dernière marche qui est la plus difficile parce que c'était là où il y avait vraiment personne qui n'a joué le jeu pour être très claire pour appliquer la loi. On avait quatre ans. En quatre ans, on avait le temps mais personne n'a joué le jeu. Ni la filière, ni la recherche, ni l'État, enfin personne. Voilà, on a laissé l'inertie faire. Donc là, il nous reste cette marche à passer et pour moi cette marche, c'est la marche qui va nous permettre enfin d'en finir une bonne fois pour toutes. Ça va nous prendre un an, deux ans de plus que prévu, mais au moins ce sera fait et on sera débarrassé.

JEAN-JACQUES BOURDIN Dans un an ou deux on sera débarrassé des néonicotinoïdes. BARBARA POMPILI Oui, on se donne une petite marge. On se donne une marge jusqu'à 2023. Je crois que les parlementaires ont un peu baissé mais cette marge-là ça ne doit pas être… Vous savez, ils ne vont pas attendre trois ans. Là on va mettre en place un comité de suivi. Le comité de suivi ça va être, on va tester les alternatives tout de suite parce qu'il ne faut pas croire, et j'insiste beaucoup, que la filière de la betterave va survivre si d'ici deux ans il n'y a pas de solution. S'il n'y a pas de solution, il n'y aura plus de betteraves en France, il n'y aura plus de sucre fabriqué en France. Ça posera d'autres problèmes parce que ça voudra dire qu'on devra l'importer, ce qui n'est pas forcément la meilleure des choses.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, la France premier producteur européen de sucre. Le ministère de l'impossible, je continue Barbara POMPILI. La Convention citoyenne sur le climat, vous êtes chargée de préparer un texte de loi reprenant quoi ? Un tiers des propositions à peu près ?

BARBARA POMPILI
Oui, un peu plus.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Un peu plus d'un tiers des propositions.

BARBARA POMPILI
Oui, oui, oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Quand va venir cette loi ?

BARBARA POMPILI
Quand on aura fait toutes les concertations qui sont en cours maintenant. On va déposer le texte a priori mi-décembre en Conseil des ministres.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mi-décembre en Conseil des ministres et vote pour début 2021.

BARBARA POMPILI
Oui, c'est ça. Ça va arriver à l'Assemblée après au premier trimestre.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors regardons. Est-il vrai que cette loi interdira ou encadrera certaines campagnes publicitaires ?

BARBARA POMPILI
Alors d'abord rendons à César ce qui lui appartient. J'ai lu plein de bêtises sur les réseaux sociaux ou dans même des articles : il n'y a pas de loi sur la pub, il n'y a pas de loi Pompili sur la pub.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Pas de loi Pompili particulière.

BARBARA POMPILI
Ça n'existe pas. Ça n'existe pas et surtout, il y a des mesures qui sont prévues par la Convention citoyenne pour le climat sur la pub mais il n'y en a aucune qui concerne l'Outre-mer. Il y a eu aussi une espèce de bulle terrible…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, c'est vrai. Oui, oui. Aucune.

BARBARA POMPILI
Et qui faisait peur à des territoires qui sont déjà bien abîmés en ce moment par le Covid. Ce n''était pas la peine d'en rajouter donc merci de vérifier les infos s'il vous plaît. Je ne vous le dis pas à vous parce que je sais que vous faites très, très bien votre boulot.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Merci Barbara POMPILI.

BARBARA POMPILI
Mais la Convention citoyenne pour le climat a proposé des mesures et moi mon rôle, c'est de faire en sorte qu'on puisse les mettre en oeuvre. Le président de la République, il a pris trois jokers. Pour le reste il a dit : on va les mettre en oeuvre…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc il a pris trois jokers. Il y a 149 propositions, ça veut dire que les 146 qui restent…

BARBARA POMPILI
Donc ça fait 146, je vous le confirme.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Seront mises en oeuvre ? Est-ce que les 146 seront mises en oeuvre ?

BARBARA POMPILI
Alors d'abord, il y en a déjà, je crois, 25 qui ont déjà été mises en oeuvre.

JEAN-JACQUES BOURDIN
D'accord.

BARBARA POMPILI
Sur les terrasses chauffées par exemple, sur les chaudières à fuel, sur l'artificialisation des sols.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais les terrasses chauffées avec le Covid-19, là vous ne pouvez pas retarder un peu la mise en oeuvre ?

BARBARA POMPILI
On avait déjà prévu dès le départ qu'on mettrait cette mesure en oeuvre après l'hiver-là qui va passer parce que justement, les restaurateurs ont déjà un certain nombre de problèmes.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien sûr. Est-ce que ça va être repoussé ? Est-ce qu'on pourrait la repousser cette mesure ?

BARBARA POMPILI
Non, ce n'est pas l'idée. L'idée, c'est de laisser passer l'hiver et après, une fois que l'hiver sera passé, eh bien on interdira. Parce qu'aujourd'hui ça existe déjà dans certaines villes, notamment à Rennes par exemple, et je n'ai pas l'impression que les restaurateurs ont vu leur chiffre d'affaires baisser.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Barbara POMPILI, donc la pub.

BARBARA POMPILI
Oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-il vrai que la pub, certaines campagnes publicitaires seront encadrées ou interdites ?

BARBARA POMPILI
Alors ça fait partie des réflexions qu'a menées la Convention citoyenne pour le climat. Alors juste est-ce qu'on pourrait arrêter d'infantiliser les citoyens de la Convention citoyenne pour le climat ? On a des gens qui sont des gens comme vous et moi, qui ont leur vie, qui ont donné du temps. Non mais parce qu'ils sont en train de se prendre une campagne contre eux que je trouve absolument scandaleuse. Ils ont donné énormément de temps, ils ont passé des week-ends. C'est des gens qui ont un travail, ce n'est pas des gens qui étaient écolos au départ, un travail, pas de travail, qui ont réfléchi ensemble et qui ont proposé des choses. S'ils proposent des choses notamment sur la pub, j'y reviens, je ne vais pas vous…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, oui, oui, mais vous ne me répondez pas là.

BARBARA POMPILI
Non, non, mais s'ils ont proposé des choses c'est parce qu'ils se sont posés les bonnes questions. Aujourd'hui la pub incite à consommer et elle incite à consommer un certain nombre de produits. On sait qu'il y a des produits qui sont dangereux pour l'environnement parce que, pour les fabriquer, on utilise plein de matières nocives ou qui provoquent des gaz à effet de serre. Donc ils ont proposé un certain nombre de mesures pour essayer d'encadrer ça. Moi je trouve que c'est très intéressant. Il faut qu'on arrive à atterrir sur quelque chose.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc vous êtes favorable à l'encadrement de ces campagnes publicitaires.

BARBARA POMPILI
Oui, oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Pourquoi ? Pour quels produits ?

BARBARA POMPILI
Mais pas sur n'importe quelle base.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, mais pour quels produits ? Certains SUV ?

BARBARA POMPILI
C'était assez rigolo parce que j'ai entendu qu'il y avait des marques qui étaient citées. Donc il n'y a pas de marques, il n'y a rien.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non mais certains SUV ?

BARBARA POMPILI
Certains critères et les critères des véhicules malusés est un des critères qui a été proposé. Mais attention…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous êtes favorable à cela ? Vous êtes favorable ?

BARBARA POMPILI
Attention, moi je ne vais pas faire comme tous ceux qui préemptent les décisions : on est en concertation.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non mais d'accord. Vous avez bien une opinion.

BARBARA POMPILI
Non mais oui. Non, je sais, tout le monde s'en fout de ça !

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais non ! Mais vous avez une opinion.

BARBARA POMPILI
J'ai une opinion sur les véhicules, sur les SUV puisqu'il s'avère que j'avais même demandé à ce qu'ils soient malusés à une époque, parce que je suis sûre que vous allez me poser une autre question là-dessus derrière.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Evidemment que je vais vous en poser.

BARBARA POMPILI
J'avais demandé à ce qu'ils soient malusés donc évidemment que ce type de véhicule est un type de véhicule dont on ne doit pas encourager la consommation. Mais je ne veux pas préempter une décision…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc la pub sera encadrée.

BARBARA POMPILI
Je ne veux pas préempter une décision qui n'est pas prise. Je reproche à certaines personnes de le faire donc je ne vais pas le faire. On discute et vous me réinviterez, monsieur BOURDIN, quand on va déposer la loi et je vous expliquerai tout.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Puisque vous ne m'avez pas répondu sur la publicité…

BARBARA POMPILI
Ah si.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, non, non. Pas du tout.

BARBARA POMPILI
Non, je vous ai répondu que ce n'était pas fait, bien sûr.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui. Mais vous ne m'avez pas dit si vous étiez favorable ou pas à ce que ça se fasse.

BARBARA POMPILI
Si. Vous écouterez le replay de votre propre émission. Je vous ai répondu.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous y êtes favorable donc.

BARBARA POMPILI
Je suis favorable à un encadrement.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bon, ben voilà. Au moins, vous l'avez dit. Nouvelle taxe sur les voitures en fonction du poids.

BARBARA POMPILI
Voilà, on y vient.

JEAN-JACQUES BOURDIN
On y vient ?

BARBARA POMPILI
Oui, oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous y êtes favorable aussi ?

BARBARA POMPILI
Ça fait aussi partie des mesures qui étaient proposées par la Convention citoyenne.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Voilà. Vous la reprendrez cette mesure ?

BARBARA POMPILI
Pitié, je ne reprends rien. Il va y avoir des… Il y a des négociations.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Le président de la République a dit qu'on allait appliquer…

BARBARA POMPILI
Voilà. Ma mission, c'est de faire en sorte que ce qu'a voulu faire la Convention citoyenne trouve des résultats dans le concret.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce que vous reprenez à titre personnel, vous trouvez que c'est une bonne idée cette taxe sur les voitures en fonction du poids ?

BARBARA POMPILI
A titre personnel, je l'ai déjà défendue dans l'hémicycle donc je ne me renierai jamais.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous continuerez…

BARBARA POMPILI
Maintenant, j'ai un petit sujet. Non mais j'ai un petit sujet. Vous savez quoi ? Le problème, c'est que si je dis par exemple : on veut taxer sur le poids et que… Alors c'était plutôt pour la pub d'ailleurs. Vous voulez taxer les voitures très consommatrices ou faire de la pub sur les voitures très consommatrices. Eh bien sur la pub - pas sur le poids, excusez-moi - sur la pub, il suffit que vous montriez la même voiture en électrique et puis vous avez le droit de faire de la pub. Donc c'est un vrai sujet quand même. Mais sur le poids, on verra comment on aboutit. Ce n'est pas dans la loi de finances qui va être annoncée là, puisque les négociations sont encore en cours donc c'est normal que ce ne soit pas dans le budget. On en discute et on verra.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien. Mais vous allez défendre cette mesure.

BARBARA POMPILI
Je vais défendre les propositions des citoyens.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc cette mesure.

BARBARA POMPILI
Je vais défendre les propositions des citoyens.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Barbara POMPILI, j'en ai plein d'autres.

BARBARA POMPILI
Eh bien allez-y ! Allez-y !

JEAN-JACQUES BOURDIN
J'ai lu attentivement. Je ne sais pas, réduction de la TVA sur les billets de train de 10 à 5,5.

BARBARA POMPILI
Oui, oui ouais. Ça fait partie des négociations. C'est dedans.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est dedans donc ce sera appliqué.

BARBARA POMPILI
Ça fait partie des négociations.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ce sera appliqué.

BARBARA POMPILI
Ça fait partie des négociations, monsieur BOURDIN.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Tiens, j'ai une idée. Imposer des péages d'autoroutes moins chers pour les véhicules les moins polluants, pour le covoiturage par exemple.

BARBARA POMPILI
Alors ça par contre, on avance beaucoup là-dessus parce qu'on va mettre en place ce qu'on appelle les zones à faible émission. On a été condamnés par l'Europe…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, mais je sais.

BARBARA POMPILI
Parce qu'on émet trop de gaz polluants et notamment les fameux NOx, les oxydes d'azote. Ça, ces NOx, ils sont dus à la pollution des transports essentiellement. Il y a aussi un peu de chauffage mais dans certains endroits. Donc on est obligé, et tant mieux parce qu'il fallait qu'on le fasse, de mettre en place ce qu'on appelle les zones à faible émissions dans les endroits les plus pollués. Donc on va en mettre en place 10 d'ici la fin de l'année dans les grandes agglomérations, en lien avec les collectivités avec qui j'ai discuté la semaine dernière là-dessus, et donc il va y avoir des zones où effectivement les voitures qui sont trop polluantes…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Les péages seront moins chers.

BARBARA POMPILI
Ne pourront plus rentrer. Aujourd'hui elles ne pourront plus rentrer. C'est le même système que les vignettes Crit'Air si vous voulez. On va mettre en place aussi des aides pour que les gens puissent évidemment changer de véhicule parce que sinon ce ne serait pas juste pour les personnes qui ont des difficultés. Et puis touts les moyens qu'on met dans le plan de relance pour les transports en commun, pour l'achat de vélos, pour l'achat de véhicules qui émettent moins etc etc. Et non, le principe ce ne sera pas un péage, ce sera plutôt que la voiture qui ne doit pas rentrer en fait sera flashée, un peu comme un radar et donc recevra une amende.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Elle recevra une amende, voilà. Le ministère de l'impossible, je continue Barbara POMPILI.

BARBARA POMPILI
Ah ben allez-y. Il y en a plein !

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, ça c'est sûr. L'éco-contribution sur les vols aériens, la fameuse écotaxe. Là vous vous êtes battue pour ça. On vous a dit non. Le ministre de l'Economie dit : il n'en est pas question ; et le ministre des Transports dit : ça va supprimer 120 à 150 000 emplois.

BARBARA POMPILI
Alors comme vous avez d'ailleurs certainement noté, c'est qu'on en a déjà mis une dans la loi d'orientation sur les mobilités. Alors il y avait la fameuse taxe Chirac qui existait. On l'a augmentée donc il y a déjà une taxe sur l'aérien qui a été votée il y a six mois de ça. Maintenant les citoyens demandaient à aller plus loin et donc ça fait encore partie de toutes ces mesures sur lesquelles on va discuter. Parce que les citoyens, on les a fait se concerter…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais vous vous battrez pour cette mesure ? Vous continuerez ? Que répondez-vous au ministre de l'Economie ?

BARBARA POMPILI
Le ministre de l'Economie, je lui dis comme j'ai dit à tous mes collègues : ne préemptons pas les résultats des concertations sinon ça ne sert à rien d'en faire. Et le principe de ce qu'on a fait sur la Convention citoyenne, c'est un principe ultra-novateur. On a des citoyens qui sont réunis, qui ont fait des propositions après des mois de travail, des mois de travail. Ils se concertent après avec les personnes qui sont concernées et qu'ils ont déjà rencontrées par ailleurs, et on essaie d'atterrir. Toutes les mesures ne seront pas faites à la virgule près. Ça n'est pas possible, de toute façon il y en a qui n'étaient pas mises en oeuvre juridiquement. Donc ce n'est pas à la virgule près mais ce qu'on veut, c'est que l'esprit soit là et il sera là. Mais laissons le temps au temps. Après on va nous dire : vous imposez d'en haut. Eh bien non, là justement on essaie d'avoir une méthode où on concerte et on essaye d'atterrir. C'est le cas de le dire dans des sujets sur l'aérien.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Réponse au ministre de l'économie donc. Barbara POMPILI, la chasse à la glu jugement suspendue pendant un an, c'est l'une de vos victoires mais l'abattage des tourterelles des bois a été autorisé. Le bien-être animal, proposition de loi début octobre. Vous allez me dire si vous les reprenez, ces propositions. Interdiction de la chasse à courre, vous soutenez ?

BARBARA POMPILI
Alors sur le bien-être animal, il n'y en a pas qu'une en fait. Il y en a plein des propositions de loi et où on balaye absolument tout. Non mais je vais être terrible avec vous, monsieur BOURDIN : j'ai décidé de faire quelques annonces là-dessus mais je ne les fais pas aujourd'hui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais comment ça se fait ?

BARBARA POMPILI
Je ne peux pas.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous ne pouvez pas pourquoi ? Qu'est-ce qui vous empêche de parler ?

BARBARA POMPILI
Vous savez pourquoi ? Parce qu'il va y avoir sur les annonces que je vais faire, il va y avoir un certain nombre de personnes ou de secteurs économiques qui vont être impactés. Et par principe, moi je ne fais pas des annonces sans en parler avant à ceux qui sont concernés et en l'occurrence, j'envois cet après-midi donc je ne…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Interdiction de la chasse à courre, vous y êtes favorable à titre personnel ?

BARBARA POMPILI
A titre personnel, je peux dire que ce n'est pas ma chasse préférée. Voilà.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc vous y êtes favorable, bon.

BARBARA POMPILI
Et je ne sais pas si vous avez vu les images qu'on a vues l'autre fois…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais bien sûr que je les ai vues.

BARBARA POMPILI
A un moment, si des gens qui défendent la chasse à courre veulent mettre un petit peu d'ordre dans ces affaires-là, ce serait bien. Je crois qu'il y a l'association de la vénerie. Les personnes qui font ça, qui font du mal comme ça à ces animaux doivent être sanctionnées par leur société de vénerie, et je crois que ce serait le moyen de montrer aussi que tout le monde prend en compte ce qui se passe aujourd'hui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Interdiction des animaux sauvages dans les cirques.

BARBARA POMPILI
Je répondrai plus tard, monsieur BOURDIN.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui mais ça, vous y êtes favorable à titre personnel. Vous y êtes favorable.

BARBARA POMPILI
Encore une fois, il y a des choses qui existent aujourd'hui qui n'ont plus de sens et qui ne sont plus acceptables vu maintenant la manière dont on prend e compte le bien-être animal.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Interdiction de la corrida aux moins de 16 ans.

BARBARA POMPILI
Ah ça, j'ai toujours pensé qu'il y avait des spectacles qui méritaient d'être repensés, notamment vu les personnes à qui ils s'adressent, oui. C'est quelque chose qui me paraît un petit peu gênant.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Interdiction de l'élevage d'animaux à fourrure.

BARBARA POMPILI
Je vous ferai des annonces plus tard. Vous allez me réinviter tous les jours, monsieur BOURDIN.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, non. Je ne vous inviterai que si vous avez des choses à nous dire, sinon je ne vous invite pas, moi. Vous savez, c'est tout ce qui m'intéresse.

BARBARA POMPILI
Eh bien voilà !

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est tout ce qui m'intéresse.

BARBARA POMPILI
Encore une fois, il faut concerter les gens.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Barbara POMPILI, est-ce que c'est le ministère de l'impossible ?

BARBARA POMPILI
Je vais essayer de montrer que non. Moi je suis là pour en faire le ministère du concret. Ce que je veux, c'est que les gens voient que la transition écologique ça leur apporte du bien dans leur concret.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Dans tous les cas, il y a 149 propositions.

BARBARA POMPILI
Oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Le président de la République a dit, il s'est engagé que 146 de ces 149 propositions seraient reprises. Nous ferons le bilan.

BARBARA POMPILI
Je sais que vous le ferez. Je le sais.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et si vous voulez bien, Barbara POMPILI, nous ferons le bilan ensemble.

BARBARA POMPILI
Oui. Et on pourra aussi le faire avec les citoyens parce que si je tiens à ce qu'ils y soient associés, c'est justement pour qu'ils soient notre vigie pour qu'on essaie de faire en sorte de respecter ce qu'ils ont voulu faire.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et si ces 146 propositions ne sont pas retenues, que faites-vous ?

BARBARA POMPILI
Ah, tiens ! Je l'attendais celle-là !

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non ? Que faites-vous ?

BARBARA POMPILI
Non, non, non. Moi ce que je veux, c'est arriver à faire avancer les choses. Ce que veux, c'est que les gens ils payent moins cher leur chauffage. Ce que je veux, c'est qu'ils réussissent à polluer moins parce qu'on les aide à le faire.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et si vous n'y arrivez pas ?

BARBARA POMPILI
Moi ce que je veux, c'est…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non mais si vous n'y arrivez pas ?

BARBARA POMPILI
Eh bien je continuerai. Je continuerai à me battre. Moi je ne fais pas partie des gens qui abandonnent. Je fais partie des gens qui continuent à se battre parce que l'enjeu là du réchauffement climatique, ceux qui aujourd'hui me disent : il y a urgence et qui attendent qu'il y ait un autre gouvernement pour le faire, je trouve que c'est irresponsable. Donc moi je me bats maintenant pour avancer maintenant, parce que le réchauffement climatique il faut qu'on le ralentisse le plus possible et on a du boulot pour le faire avec le plan de relance, ça tombe bien, on a les moyens de faire. Et puis il faut aussi atténuer parce que les sécheresses, les inondations vous avez vu là ce qui va se passer, eh bien si on ne met pas en place les mesures pour s'adapter pour que les gens puissent ne pas avoir peur d'être inondés toutes les deux minutes, pour que les agriculteurs puissent continuer à faire leur travail dans des moments où il y a de la sécheresse, ben voilà, c'est mon boulot aussi ça.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Merci Barbara POMPILI.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 29 septembre 2020