Interview de M. Jean-Michel Blanquer, ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, à France Info le 25 septembre 2020, sur le maintien des cantines scolaires pendant l'épidémie du Covid-19, la revalorisation des enseignants et la "tenue républicaine" à l'école.

Prononcé le

Intervenant(s) :

Texte intégral

MARC FAUVELLE
Bonjour Jean-Michel BLANQUER.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Bonjour, Marc FAUVELLE.

MARC FAUVELLE
Ça fait 3 jours que le protocole sanitaire allégé est en place dans les écoles, quel bilan vous en tirez ? Est-ce qu'il a permis également de rouvrir des classes ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, vous savez des classes ferment, et puis, après, elles rouvrent au bout de quelques jours, donc nous en rouvrons plus que nous n'en fermons, donc il y a, en effet, moins de moins de classes fermées, moins d'écoles fermées surtout, puisque, au moment, où je vous parle, il y a environ une soixantaine de structures scolaires fermées en France, et pour l'essentiel, des écoles, il y a collège, et donc c'est relativement peu quand on sait qu'il y a 60.000 implantations scolaires en France.

MARC FAUVELLE
Une soixantaine, là, on en était à peu près à 90 avant le nouveau protocole.

JEAN-MICHEL BLANQUER
C'est ça, c'est donc en baisse, mais c'est aussi le signal d'un bon respect des règles sanitaires sur le terrain qui fait qu'il n'y a pas tant de contaminations que ça, que, comme je le dis souvent, les élèves sont souvent plus protégés à l'école, au collège et au lycée que s'ils étaient ailleurs, parce que justement, il y a une certaine rigueur dans le respect des gestes du quotidien.

SALHIA BRAKHLIA
Une soixantaine d'établissements fermés, mais combien de classes fermées ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
C'est à peu près dix fois plus, c'est-à-dire que vous avez autour de 600 classes, parce que ça évolue tous les jours, pour environ, là…

SALHIA BRAKHLIA
Fermées…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Et le chiffre du nombre de classes en France, c'est 600.000. Donc vous voyez, c'est à chaque fois à des pourcentages assez faibles, et puis, c'est évolutif, c'est-à-dire que, encore une fois, quand une classe ferme, souvent, elle rouvre au bout d'une dizaine de jours, et puis, on pratique ce qu'on appelle la continuité pédagogique avec les élèves des classes concernées. Mais l'objectif, dès la rentrée, c'est que tous les élèves de France puissent retrouver l'école, et je tiens vraiment à souligner le fait que c'est ce qui s'est, pour l'essentiel, passé, et que la France est l'un des pays, pour ne pas dire le pays, qui a le plus réussi sa rentrée scolaire. C'est dans le monde entier une énorme difficulté, parce qu'il y a, avec le confinement et l'épidémie, une véritable catastrophe éducative dans le monde entier, tous les pays sont devant ce défi, et en France, on a cette situation qui évidemment n'est pas idéale, elle ne peut pas être idéale, mais qui a permis le retour des élèves, et je voudrais remercier tous ceux qui ont contribué à ça, à commencer par les professeurs évidemment.

MARC FAUVELLE
Jean-Michel BLANQUER, depuis qu'il est à Matignon, Jean CASTEX explique que son credo, c'est le cas par cas, le local, on a l'impression que l'Education nationale échappe à ça et que c'est la même règle partout en France, quelle que soit la circulation du virus ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, non, justement, parfois, on nous fait le reproche inverse, c'est vraiment un équilibre entre la règle nationale et la règle locale, c'est-à-dire, vous avez des grands principes nationaux qui sont dans notre protocole sanitaire, que nous avons affichés sur notre site Internet dès le mois de juillet, et puis, des adaptations locales de ces grands principes, puisque c'était souvent aux autorités sanitaires d'apprécier par exemple une situation qui peut être différente d'un endroit à l'autre, si vous avez trois élèves d'une même classe qui sont contaminés, ce n'est pas la même chose que si c'est trois élèves de classes différentes par exemple.

MARC FAUVELLE
Oui, mais ça, c'est la même règle pour tout le monde, les trois élèves par classe qui aboutissent à la fermeture, chaque directeur ou directrice d'école ou d'établissement n'a pas de marge de manoeuvre, c'est le même protocole pour tout le monde ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, heureusement, il y a quand même des grands principes, et c'est souvent ce qu'on nous demande, il faut des points de repère. Vous savez, j'ai parfois entendu le reproche exactement inverse de celui que vous faites, et d'ailleurs, à chaque étape, on a toujours le reproche, les reproches viennent des deux directions, souvenez-vous, en mai, on nous reprochait que le protocole sanitaire était trop strict, aujourd'hui, on a parfois tendance à me reprocher qu'il est trop léger. A chaque fois, nous faisons les choses qui sont adaptées à la situation que nous trouvons, aussi bien dans le temps que dans l'espace, et c'est ce qu'il se passe, là. Ce n'est jamais idéal, mais en tout cas, c'est une situation qui nous permet aujourd'hui de faire fonctionner les écoles, les collèges et les lycées je crois qu'on doit s'en réjouir.

MARC FAUVELLE
Alors, on va essayer de répondre à quelques questions que se posent les enseignants, les enfants, et surtout, leurs parents Salhia BRAKHLIA.

SALHIA BRAKHLIA
Oui, parce que dans le protocole, on apprend par exemple que si un élève est considéré comme cas contact, il doit s'isoler chez lui pendant sept jours sans obligation de faire un test s'il ne présente pas de symptômes. Ma question, elle est simple : est-ce que dans ce cas-là, le parent, qui reste à la maison pour garder l'enfant, profite du chômage partiel ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Alors, vous avez tous les cas de figure, puisque dans un certain nombre de cas, les enfants ont au moins un des deux parents qui ne travaille pas, le ministère du Travail a fait tout un travail justement sur ces questions d'indemnisations des parents et de chômage partiel…

MARC FAUVELLE
Mais si les parents travaillent ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Si les parents travaillent, ils ont le droit à une autorisation d'absence au titre d'un enfant malade tout simplement.

MARC FAUVELLE
Même si l'enfant n'est pas encore testé et donc pas encore officiellement malade ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Mais quand un enfant est malade, vous avez le droit de rester chez vous pour enfant malade.

MARC FAUVELLE
Sans aucune preuve du médecin, puisque, encore une fois, il doit être mis à l'isolement pendant une semaine sans obligation de se faire tester ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, mais il peut avoir un certificat de l'établissement pour dire qu'il est chez lui du fait de ce problème.

SALHIA BRAKHLIA
Alors, quand il y a un doute, un enfant en primaire a le nez qui coule, est-ce qu'on l'envoie à l'école ou pas ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Alors, écoutez, je ne suis pas médecin, évidemment, je ne m'aventure pas…

SALHIA BRAKHLIA
Mais qu'est-ce que vous préconisez, vous, Education nationale ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Donc je ne vais pas faire des préconisations médicales au micro, ça n'aurait pas de sens. Ce qu'il faut faire dans ces cas-là, c'est évidemment consulter un médecin, parfois par téléphone, c'est ce que font les familles, le but n'est pas non plus d'engorger les pédiatres, surtout qu'en cette saison, il y a de toutes les façons toute une série de maladies autres que le Covid-19, c'est d'ailleurs ce qui inspire les décisions, nous les faisons en lien avec la société française de pédiatrie pour avoir une approche rationnelle de ce qui mérite une consultation chez le médecin et ce qui n'en mérite pas. Donc là, comme souvent le bon sens qui s'applique, le mieux, c'est d'appeler son médecin.

SALHIA BRAKHLIA
Un autre cas pratique, pardon Monsieur Ministre, parce que si l'enfant est susceptible d'avoir le Covid, et que le médecin prescrit un test, en attendant de faire le test, est-ce qu'on envoie l'enfant à l'école ou pas ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, si l'enfant a de la température, il ne faut pas envoyer son enfant à l'école, c'est d'ailleurs vrai en période ordinaire ou pour d'autres maladies, quand vous avez un enfant malade…

MARC FAUVELLE
C'est quoi de la température pour un enfant, parce qu'on arrive dans la saison où vous savez qu'une bonne partie des bambins, du mois de septembre jusqu'au printemps prochain, des nez qui coulent et un peu de température le matin, ça va concerner du monde ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Encore une fois, ce n'est pas mon rôle que de donner des avis médicaux…

MARC FAUVELLE
C'est quoi de la température ? Le protocole sanitaire sur le site de l'Education nationale dit à 38 degrés. Au-dessus de 38, on reste à la maison, en dessous de 38, on va à l'école ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Mais écoutez, honnêtement, c'est vrai que nous mettons tout sur le site et que c'est la référence, ce n'est pas à moi au micro de dire si vous avez 37. 9, vous restez à la maison ou vous n'y restez pas, là, je crois qu'il y a du bon sens, il y a ce que font les familles aussi en temps ordinaire, quand il n'y a pas l'épidémie, et qui est que : on n'envoie pas un enfant à l'école quand il est malade, et on s'adapte à la situation, c'est ce qui se passe, vous savez, actuellement. Et encore une fois, ce qui me paraît important, c'est surtout ce que fait l'Education nationale dans ces cas-là, et notamment, ce que nous appelons la continuité pédagogique, et notre système que nous appelons « Ma classe à la maison » avec le CNED, qui est gratuit dans ces cas-là pour les enfants concernés.

SALHIA BRAKHLIA
Votre crainte, Jean-Michel BLANQUER, ce n'est pas que les parents mentent ou évitent de dire la vérité pour envoyer quand même leurs enfants à l'école ?

MARC FAUVELLE
Ou oublient de rendre la température le matin…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Eh bien, sur ce sujet, comme sur d'autres, on est obligé d'en appeler à la responsabilité de tous, évidemment, mais encore une fois, c'est vrai aussi quand il n'y a pas l'épidémie, vous savez, quand un enfant a une maladie, on ne l'envoie pas à l'école, et malheureusement, il arrive que des parents le fassent quand même, voilà, mais là, on est obligé d'en appeler à la responsabilité de chacun. Maintenant, quand une école constate qu'un enfant est arrivé à l'école et qu'il a de la fièvre, elle le met à l'isolement, elle appelle les parents, et les parents doivent venir le chercher.

MARC FAUVELLE
Jean-Michel BLANQUER, vous restez avec nous jusqu'à 9h.

/// Le fil info ///

Jean-Michel BLANQUER, à Marseille et en Guadeloupe, on va fermer tous les bars et tous les restaurants, mais est-ce qu'on peut continuer tranquillement d'envoyer ses enfants à la cantine scolaire ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, les cantines restent ouvertes, ce n'est pas la même chose qu'un bar, une cantine, les enfants…

MARC FAUVELLE
Non, il n'y a pas d'alcool…

SALHIA BRAKHLIA
Mais il y a un rassemblement de personnes…

JEAN-MICHEL BLANQUER
… C'est à l'heure de midi, ce n'est pas le soir. Et par ailleurs, il y a évidemment des personnes pour s'occuper du fait que les enfants respectent les gestes barrières, donc par ailleurs, la cantine, c'est un enjeu social fondamental, parce que pour beaucoup d'enfants, c'est tout simplement l'occasion de pouvoir bien manger, et donc, nous ne fermons les cantines que dans les cas extrêmes…

SALHIA BRAKHLIA
Mais dans les collèges et les lycées, on dit que si les distanciations sociales ne sont pas assurées, ce n'est pas un problème, on fait avec, et donc là, on retrouve la même chose que pour les bars, parce que c'est un rassemblement de personnes…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, dans les cantines des écoles, des collèges, et des lycées, bon, d'abord, vous avez évidemment le gel hydro alcoolique, vous avez un certain nombre d'éléments qui sont respectés, les signes au sol, vous avez des personnels pour faire respecter les règles, voilà, et encore une fois, on est toujours en situation de vérifier qu'on ne crée pas des inconvénients supérieurs aux avantages que l'on recherche, nous savons d'abord que les enfants, notamment ceux de l'école primaire, se contaminent très peu entre eux, et d'ailleurs, les chiffres que nous avons confirment cela. Je rappelle souvent, vous savez que pendant le confinement, donc au moment où il y avait la plus forte circulation initiale du virus, nous recevions tous les jours environ 30.000 enfants qui étaient des enfants de soignants du lundi au dimanche…

MARC FAUVELLE
Ils se contaminent très peu entre eux, pardon, je vous interromps, mais combien d'enseignants aujourd'hui sont malades ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Alors, je n'ai pas le chiffre d'aujourd'hui pour les enseignants, mais on a autour, je pense, d'une centaine de personnes qui sont contaminées, là aussi, c'est à rapporter par jour, c'est à rapporter à ce qui se passe pour le reste de la population. Et à rapporter au fait qu'il y a environ 850.000 enseignants. Donc, si vous voulez, pour dire les choses simplement, on ne se contamine pas plus en allant à l'école qu'en vivant d'autres aspects de la vie sociale, je dirais que c'est même probablement moins, parce que c'est un lieu où on respecte plus les règles que d'autres lieux.

SALHIA BRAKHLIA
Jean-Michel BLANQUER, est-ce que vous avez prévu un scénario dans l'Education nationale en cas de reconfinement national ou même localisé ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Alors, oui, le reconfinement. localisé étant beaucoup plus envisagé que le reconfinement national, puisque tout doit être évité pour se retrouver dans cette situation, néanmoins, toutes les situations sont prévues, ça se voit d'ailleurs à la fois dans notre protocole sanitaire et dans ce que nous appelons le protocole de continuité pédagogique, puisque dans cette hypothèse, eh bien, il y a toute une série d'éléments qui se déclenchent, notamment l'enseignement à distance, nous avons mis sur pied des formations de professeurs à l'enseignement à distance pour avoir du progrès encore en la matière, nous avons des ordinateurs qui peuvent être distribués en cas de nécessité.

MARC FAUVELLE
Tous les enseignants auront un ordinateur cette fois-ci, ceux qui font des cours à distance ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, notre objectif est en tout cas que ce soit le cas, vous savez qu'on avait beaucoup travaillé avec les collectivités locales au moment du dernier confinement pour qu'on puisse avoir des distributions d'ordinateurs, le vrai sujet était plutôt vers les familles que vers les enseignants, en général, les enseignants ont un ordinateur, on travaille d'ailleurs pour que dans le futur, il y ait…

MARC FAUVELLE
Parfois, c'est le leur, parfois, ce n'est pas celui de l'Education nationale…

JEAN-MICHEL BLANQUER
C'est très souvent le leur, c'est d'ailleurs une anomalie qui existe depuis toujours et que j'espère pouvoir corriger dans le cadre du Grenelle de l'Education, comme je l'ai déjà dit. Et donc, évidemment, en cas de confinement partiel, mais c'est un peu ce que nous vivons déjà quand nous faisons des fermetures d'écoles, c'est une sorte de mini-confinement partiel, eh bien, c'est ce protocole qui se déclenche…

SALHIA BRAKHLIA
Et en cas de confinement national, c'est prévu aussi, vous êtes prêt ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, mais évidemment, la dimension nationale rend toujours les choses plus compliquées, et puis, honnêtement, nous voulons à tout prix éviter cette éventualité.

MARC FAUVELLE
Sur la question du salaire des enseignants, Jean-Michel BLANQUER, en début d'année, vous aviez annoncé 500 millions de revalorisation pour les enseignants, d'abord à partir de quand ils vont voir ça sur leur fiche de paye ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Eh bien, ceux qui seront concernés le verront à partir du mois de janvier 2021…

MARC FAUVELLE
Dès janvier prochain ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Ce sera dans la Loi de Finances qui sera votée à la fin de l'année 2020, et les détails de cela se préciseront disons vers la fin du mois d'octobre.

MARC FAUVELLE
C'était 500 millions au début, il y a eu un coup de rabot, ensuite, Bercy visiblement est passé par-là, ce sera combien au final, le budget est présenté dans quelques jours, vous avez le chiffre ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, c'est 400 millions, parce que des certaines des augmentations ne seront pas pour janvier, mais commenceront vers le mois d'avril, mais c'est surtout…

MARC FAUVELLE
Alors sur l'ensemble de l'année prochaine, il y aura combien ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Il faut le comparer à zéro, c'est-à-dire que c'est 400 millions qui s'ajoutent aux augmentations de toute façon prévues pour l'Education nationale…

MARC FAUVELLE
Ça ne baissera plus, il n'y aura pas de nouveau coup de rabot ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, non, certainement pas, non, ce qui se passe l'année prochaine sur le plan budgétaire est tout à fait exceptionnel, c'est-à-dire que vous avez, d'une part, autour d'un milliard d'euros d'augmentation du budget de l'Education nationale, ce qu'il y a chaque année pour faire, je dirais, les augmentations naturelles du système, et nous y rajoutons 400 millions…

MARC FAUVELLE
Ça, ce sont les augmentations qui suivent juste l'inflation, le milliard, c'est ça ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, c'est un peu plus que l'inflation quand même, c'est aussi les évolutions de carrière, et une série de mesures catégorielles que l'on a à prendre, et nous y rajoutons 400 millions qui, ensuite, ont vocation à être la première marche de marches suivantes pour les années suivantes, pour la revalorisation des professeurs, ce sont donc des sommes très importantes…

SALHIA BRAKHLIA
Et pardon, du coup, ça fait combien en plus sur la fiche de paie d'un professeur par mois ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Eh bien, ça va dépendre notamment probablement de l'âge des professeurs, puisqu'on va commencer par revaloriser les plus jeunes qui sont aujourd'hui les plus en retard, mais sur plusieurs années, c'est tous les professeurs qui vont être concernés par la démarche…

SALHIA BRAKHLIA
C'est combien du coup, une fourchette…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Eh bien, c'est beaucoup trop tôt pour vous le dire, puisqu'on va ouvrir le Grenelle de l'Education dans quelques jours, et ça va se négocier…

MARC FAUVELLE
C'est de l'ordre de quelques dizaines d'euros en plus pour les jeunes enseignants, ceux en début de carrière, par mois ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, par mois, c'est de cet ordre-là, oui, tout à fait. Mais je ne veux pas vous dire un chiffre, puisque, encore une fois, ce sera en sortie de discussions qu'on les aura, mais ce sera significatif, sur une année, ça représente plusieurs centaines d'euros par personne.

MARC FAUVELLE
Le budget est présenté lundi prochain, il y aura des créations de postes dans les écoles, dans les collèges, dans les lycées l'année prochaine, Jean-Michel BLANQUER ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Il y aura, comme les années précédentes…

MARC FAUVELLE
Nettes, pour compenser les départs…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Il y a des créations de postes, oui, nettes à l'école primaire, pas dans l'enseignement secondaire, dans l'enseignement secondaire, nous mettons des heures supplémentaires, parfois, il y a des suppressions de postes, en tout cas, le taux d'encadrement doit rester le même dans l'enseignement secondaire, et tout l'effort budgétaire en matière de créations de postes, nous le faisons à l'école primaire, c'est une priorité que nous avons depuis le début du quinquennat, c'est ce qui nous a permis d'augmenter le taux d'encadrement à l'école primaire dans tous les départements de France, depuis le début du quinquennat, et c'est ce qui nous permet aussi de prendre des mesures spécifiques, comme par exemple, on essaie de limiter à 24 dans toute la France le nombre d'élèves en grande section de maternelle, en CP et en CE1, et puis, les mesures de dédoublement qui touchent 320.000 enfants aujourd'hui.

SALHIA BRAKHLIA
Et vous avez prévu des primes aussi en Seine Saint Denis qui vont entrer en vigueur là, dans quelques jours ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, nous serons tout à l'heure avec le Premier ministre en Seine-Saint-Denis pour parler du début d'accomplissement de ce plan, de façon plus générale, notre objectif, c'est que, et ça sera aussi un élément du Grenelle de l'Education, c'est que les enseignants soient quelque part en France, parce qu'ils en ont envie, parce qu'il y a du désir d'aller dans telle école, tel collège, tel lycée…

SALHIA BRAKHLIA
Il y a beaucoup de départs, il y a beaucoup de turn-over en Seine-Saint-Denis, donc vous voulez leur donner 10.000 euros à ces enseignants qui restent pendant 5 ans.

MARC FAUVELLE
Oui, c'est un engagement qui a été pris déjà soit sous Edouard PHILIPPE, Premier ministre, et nous allons donc continuer évidemment à suivre cet engagement, mais le plus important, c'est ce qui se dessine avec le Grenelle de l'Education, c'est-à-dire des évolutions des règles du jeu en matière de mutations, et vous voyez quand on va en éducation prioritaire, l'enjeu, ça ne devrait pas être d'indemniser la difficulté d'être là, parce que ce n'est pas, je trouve, la bonne manière de faire, le vrai enjeu, c'est de récompenser le fait qu'on fait des réussites dans les endroits qui parfois sont plus difficiles que d'autres, c'est ça la vraie logique de l'éducation prioritaire, et c'est ça qui doit nous guider dans l'évolution des règles de carrière. Moi, ce que je souhaite, c'est que les enseignants soient heureux d'être là où ils sont, qu'ils soient assez stables aussi dans les endroits où ils sont pour qu'ils y restent plusieurs années et qu'ils puissent accomplir un travail d'équipe, c'est tous ces enjeux-là que nous allons poursuivre au travers du Grenelle de l'Education. Donc ce n'est pas seulement une question de rémunération des enseignants, c'est aussi une question de bien-être, de bien-être professionnel, et que ce bien-être, eh bien, puisse aussi bénéficier aux élèves évidemment, puisque si les professeurs sont bien dans les lieux qu'ils veulent et qu'ils travaillent dans des bonnes conditions, évidemment, les élèves en seront les bénéficiaires.

MARC FAUVELLE
Jean-Michel BLANQUER, il y a quelques jours, vous avez appelé les adolescentes françaises à porter une tenue républicaine lorsqu'elles vont au collège…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Les adolescents aussi, les hommes et les femmes…

MARC FAUVELLE
Les adolescents aussi et adolescentes, pardon, vous avez raison…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Je n'ai jamais fait de distinction garçon-fille, jamais…

MARC FAUVELLE
A porter une tenue… non, vous avez raison de me reprendre, une tenue républicaine, quand ils ou elles vont au collège ou au lycée, votre collègue, ministre de l'Egalité homme-femme, Elisabeth MORENO vous a en quelque sorte rappelé à l'ordre en disant : en France, on s'habille…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, d'abord, elle ne me rappelle pas à l'ordre, ce n'est pas…

SALHIA BRAKHLIA
Un petit recadrage quand même…

MARC FAUVELLE
En France, on s'habille comme on veut…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, attendez, on ne se recadre pas entre nous…

MARC FAUVELLE
Les femmes ont mis des siècles, dit-elle, à pouvoir s'affranchir. Est-ce que c'était une maladresse de votre part ou est-ce que vous maintenez ces propos, est-ce que vous le pensez vraiment ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Alors, plusieurs choses à ce que vous dites, d'abord, le mot recadrage est totalement inadapté. On ne se recadre pas entre nous…

MARC FAUVELLE
S'est opposée ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, elle est venue me voir juste après en me disant qu'elle n'avait absolument pas voulu dire quelque chose de contradictoire avec ce que j'avais dit.

MARC FAUVELLE
Mais elle l'a dit.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, elle m'a dit qu'elle rectifiait ce qu'elle avait à dire.

MARC FAUVELLE
Ah bon !

JEAN-MICHEL BLANQUER
Elle me l'a dit très clairement, « vous pourrez l'interroger. »

SALHIA BRAKHLIA
Elle a dit « chacun est libre de s'habiller comme il le veut, les femmes ont mis des siècles à pouvoir s'affranchir des codes vestimentaires, cette liberté conquise de haute lutte n'a pas de prix. »

JEAN-MICHEL BLANQUER
Mais ce n'est absolument pas contradictoire avec ce que j'ai dit. On confond tous les sujets. Elle a parfaitement raison de dire ce qu'elle a dit là, en effet c'est un point important. Par ailleurs, je n'ai absolument pas parlé de distinction entre les femmes et les hommes sur un tel sujet, ça va de soi, je suis au contraire un militant de l'égalité hommes-femmes, et un des enjeux de l'égalité hommes-femmes c'est justement qu'on sache distinguer les registres de vêtements, en l'occurrence selon les endroits où on se trouve. L'école n'est pas un lieu comme les autres, il est normal que, pour les garçons, comme pour les filles, par exemple un garçon qui porte une casquette, on lui enlève sa casquette quand il rentre à l'école.

MARC FAUVELLE
Mais un nombril menace la République ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, mais après, c'est pareil que pour la température tout à l'heure, je ne vais pas rentrer, je ne vais pas faire…

MARC FAUVELLE
Il se trouve que le débat il portait là-dessus justement, sur le droit ou non de rentrer…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, moi, si vous voulez, je suis en soutien des directeurs et directrices d'école, des professeurs, des chefs d'établissement, qui au quotidien, bien entendu, doivent faire respecter un certain nombre de règles du quotidien, l'exemple de la casquette des garçons est typique, donc on mélange les sujets. Il y a, d'un côté, le sujet de la tenue vestimentaire dans la vie courante, et bien entendu il faut se battre, comme le dit Elisabeth MORENO, ou comme l'a dit Marlène SCHIAPPA, pour que les femmes soient respectées et qu'elles s'habillent comme elles l'entendent…

MARC FAUVELLE
Mais qu'est-ce que la République vient faire là-dedans ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Et je suis évidemment, je serai fâché qu'on puisse penser que je pense le contraire de ça, bien entendu que je pense ça, et même je milite, quand je parle de République, je parle de ça aussi, l'égalité hommes-femmes est fondamentale, y compris dans ce que nous disons à l'école. En second lieu, lorsqu'on est à l'école, au collège ou au lycée, et d'ailleurs c'est différent selon les âges, école, collège et lycée, il y a évidemment des codes vestimentaires qui sont à respecter, et aujourd'hui les vrais problèmes sont le fait qu'il y a de la pression sur nos enfants, c'est l'hyper-sexualisation au travers des clips, au travers de… c'est les sites pornos que regardent une bonne partie des enfants, c'est le sujet des marques, du fait que les enfants comparent leurs chaussures, leurs vêtements, ça c'est les vrais sujets du quotidien dans les écoles, les collèges, les lycées, et je ne serais pas dans mon rôle si je ne soulignais pas ce genre de problèmes, et je ne serais pas dans mon rôle si je ne soutenais pas les chefs d'établissement, et l'ensemble des acteurs de l'Education, lorsqu'ils ont, au quotidien, en complicité avec les parents d'élèves d'ailleurs, en lien, en convergence, à faire respecter ça, parce que, c'est comme pour le langage, un enfant doit apprendre qu'on ne parle pas à l'école exactement de la même façon qu'on parle… enfin, on ne parle pas à ses professeurs comme on parle à ses camarades, on ne s'habille pas exactement pareil quand on va à l'école et quand on va à la plage, ce sont des choses de bon sens, qui d'ailleurs relèvent de l'éducation, qui relèvent donc de ce que disent les parents et de ce que dit l'école, et on doit, de ce point de vue-là, ne pas confondre les sujets. Bien entendu, les femmes ont conquis de grands droits en matière de vêtements, et je serai le premier à les défendre avec un drapeau sur une barricade.

MARC FAUVELLE
Oh ben peut-être pas ! Si, carrément ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Si, parce que ça fait référence à la fameuse Liberté à la tête du peuple

MARC FAUVELLE
Avec, au passage, un sein nu.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Avec ?

MARC FAUVELLE
Avec au passage un sein nu…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, ce n'est pas gênant sur une barricade…

MARC FAUVELLE
Et pourtant c'est un symbole de la République. Pardon, je ne vous relance pas, c'était un clin d'oeil…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, non, moi je trouve ça drôle, mais…

MARC FAUVELLE
Pardon, il est 8h52 Jean-Michel BLANQUER, restez avec nous…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Il n'y a aucune contradiction, c'est ça que je veux dire.

MARC FAUVELLE
On s'interrompt, si vous voulez bien, pour le fil info.

/// Le fil info ///

SALHIA BRAKHLIA
Toujours avec Jean-Michel BLANQUER, ministre de l'Education nationale. Dans le Val-d'Oise, une professeure a été placée sous contrôle judiciaire, avec interdiction d'enseigner et obligation de soins psychologiques, suite au suicide d'Evaëlle, 11 ans, qui était l'une de ses élèves. Cette professeure elle avait des antécédents de harcèlement selon l'avocate de la famille, pourquoi elle n'a pas été écartée plus tôt par l'Education nationale ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Je me garderai bien de commenter ce point-là, puisque, comme vous venez de le dire, c'est une affaire judiciaire, donc ce sont des faits dont je ne connais absolument pas le détail et donc que nous n'avons pas à commenter, en revanche la question du harcèlement est une très grande question, et vous le savez, nous sommes très mobilisés sur ce sujet, de façon à ce que dans chaque école, chaque collège, chaque lycée de France, il y ait des méthodologies anti-harcèlement qui s'appliquent. Et dans la formation des professeurs aussi nous sommes désormais très attentifs, on a mis dans la loi pour l'Ecole de la confiance, qu'il y ait systématiquement une formation à la prévention du harcèlement.

SALHIA BRAKHLIA
Mais là, visiblement, il y a eu un problème, parce que votre administration a décidé d'indemniser la famille.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Ce qui est certain c'est que nous voulons indemniser la famille, et bien entendu nous sommes aux côtés de la famille, parce que ce qui se passe est atroce dans ces cas-là, c'est très douloureux, j'ai plusieurs cas à l'esprit, malheureusement depuis des décennies maintenant, sur ce phénomène…

SALHIA BRAKHLIA
De harcèlement par des professeurs ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, d'enfants ou d'adolescents qui se suicident à cause de harcèlement qu'ils ont vécu, et donc on prend ce sujet à bras-le-corps, c'est un problème pour lequel on a développé beaucoup d'opérations. Vous savez qu'avec Brigitte MACRON, régulièrement, je vais dans les établissements pour sensibiliser les élèves et les personnels sur ce qu'il y a à faire, nous avons développé toute une série de méthodes, notamment des ambassadeurs anti-harcèlement dans les établissements, j'annoncerai dans un mois encore des mesures nouvelles sur ce point. Nous avons de premiers résultats d'ailleurs, nous avons fait baisser le nombre de harcèlements dans le système scolaire, en revanche le cyber-harcèlement devient vraiment le phénomène très problématique, donc je prends le sujet très au sérieux. Il est normal que nous soyons aux côtés de la famille, et c'est ce que nous faisons…

SALHIA BRAKHLIA
Vous allez les rencontrer ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
S'ils me le demandent, bien entendu je les recevrai, et par ailleurs nous allons les indemniser, c'est ce qui a été prévu par le rectorat de Versailles, qui est concerné, en revanche je ne commente absolument pas les causes profondes, et ce qui relève, là, d'une dimension judiciaire, soyons respectueux de tout le monde dans une telle affaire.

MARC FAUVELLE
Jean-Michel BLANQUER, Emmanuel MACRON doit détailler les grandes lignes du projet de loi sur le séparatisme en fin de semaine prochaine, il y a une mesure qui vous concerne peut-être, qui sera peut-être, ou pas d'ailleurs, dans le texte qui sera présenté, qui concerne les mères accompagnatrices de sorties scolaires. Est-ce que vous souhaitez, vous, qu'elles enlèvent le voile, ou qu'elles ne le portent pas, lorsqu'elles accompagnent leurs enfants ? Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, ce qui n'est pas la loi aujourd'hui.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, j'ai vu que certains journaux disaient ça, mais ce n'est pas une mesure qui est prévue dans le projet de loi. C'est un débat qu'il y a déjà eu lieu, justement au moment de la loi pour l'Ecole de la confiance, je vous renvoie au discours que j'ai eu à faire à ce moment-là…

MARC FAUVELLE
Ce n'est pas la ligne que vous portez aujourd'hui ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Moi la ligne que je porte, vous savez, c'est celle de la laïcité, je pense que, c'est pour ça que j'utilise le mot « République » pour expliquer un certain nombre de règles à respecter au quotidien. La République c'est quoi ? C'est la liberté, l'égalité, la fraternité, et c'est aussi la laïcité, et c'est le fait que nous devons vivre ensemble en se respectant les uns, les autres, et notamment sans qu'il y ait de pressions religieuses sur les enfants.

MARC FAUVELLE
Mais le voile aujourd'hui est autorisé partout dans l'espace public.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, il n'est pas du tout autorisé à l'école, au collège et au lycée, pour les enfants…

MARC FAUVELLE
Dans l'espace public.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Ni pour les adultes.

SALHIA BRAKHLIA
Ce n'est pas une tenue républicaine pour les mamans qui accompagnent leurs enfants lors des sorties scolaires, porter le voile ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Ce point a été tranché. Vous savez, il y a une discussion, ça dépend si vous considérez la chose dans le… je peux vous faire un long débat juridique sur ce point ; si vous considérez dans le temps ou dans l'espace. Elles ne sont pas dans l'espace scolaire, donc on peut dire que, de ce fait, elles peuvent parfaitement le porter, en même temps elles sont dans le temps scolaire, et à ce titre il y a une vraie question légitime. Donc ce débat il est légitime…

MARC FAUVELLE
Mais elles accompagnent, dans un musée, dans un parc…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Ce débat il est très légitime, et moi je respecte les deux points de vue, et d'ailleurs c'est, en réalité, pas du tout notre sujet principal en matière de laïcité, il y a des sujets beaucoup plus importants, et d'ailleurs nous les traitons. Je vous rappelle que j'ai mis en place des équipes « Valeurs de la République » dans chaque rectorat de France, pour venir en appui des établissements et faire une sorte de remontada en la matière, parce que la situation que j'ai trouvée en 2017 été mauvaise, avec une institution qui trop souvent avait mis des problèmes sous le tapis, aujourd'hui, à chaque fois qu'il y a un problème en matière de laïcité dans un établissement, nous intervenons, et chaque membre de l'Education nationale doit savoir, et sait, qu'il peut avoir recours à l'institution pour l'aider dans ce type de situation.

MARC FAUVELLE
Un oui ou un non, s'il vous plaît Jean-Michel BLANQUER. Emmanuel MACRON a demandé à tous ses ministres de se lancer dans la bataille des régionales, serez-vous candidat ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Alors là c'est beaucoup trop tôt…

MARC FAUVELLE
Un oui ou un non.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Eh ben non !

MARC FAUVELLE
Non. Bon ! C'est non ou c'est oui ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, je ne vous répondrai pas oui ou non, je n'en sais rien, ça reste à discuter.

MARC FAUVELLE
Bon, ni oui, ni non. Ça reste à discuter.

JEAN-MICHEL BLANQUER
En tout cas ce qui est certain c'est que ma boussole c'est de rester à l'Education nationale jusqu'en 2022, c'est ça ma réponse.

MARC FAUVELLE
Merci Jean-Michel BLANQUER.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Merci.


Source : service d'information du Gouvernement, le 29 septembre 2020