Interview de M. Bruno Le Maire, ministre de l'économie, des finances et de la relance, à France Inter le 30 octobre 2020, sur la lutte contre l'islamisme radical et l'économie face à l'épidémie de Covid-19.

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Intervenant(s) :

  • Bruno Le Maire - Ministre de l'économie, des finances et de la relance

Texte intégral

ALI BADDOU
Notre invité ce matin est le Ministre de l'Economie, des Finances et de la Relance. Bonjour Bruno LE MAIRE.

BRUNO LE MAIRE
Bonjour Ali BADDOU.

ALI BADDOU
Merci d'être au micro d'Inter. Beaucoup de questions à vous poser sur les conséquences économiques et sociales du confinement évidemment, mais l'actualité c'est ce dont parlait Yaël à l'instant, c'est évidemment le terrorisme après l'attaque jihadiste qui a coûté la vie à trois personnes dans la basilique Notre-Dame de Nice. Encore un attentat islamiste, encore des morts. Bruno LE MAIRE, est-ce que vous comprenez ce sentiment d'impuissance et de peur qu'on ressent tous ?

BRUNO LE MAIRE
Je comprends parfaitement l'inquiétude, la peur. Je voudrais avoir évidemment un message pour tous les Niçois qui sont à nouveau touchés, une ville qui a été très durement touchée par le terrorisme à plusieurs reprises. Je voudrais avoir un mot pour les catholiques de France parce que c'est eux qui ont été visés à travers cet attentat. C'est une communauté religieuse qui a été visée, c'est un esprit qui a été visé. Et surtout, je voudrais dire que le combat dans lequel nous sommes engagés est un combat de longue haleine qui va mettre à l'épreuve toute la nation et qui va nous demander de faire preuve d'un esprit de résistance. Pas la peine de faire des déclarations tout aussi tonitruantes les unes que les autres, elles ne servent à rien.

ALI BADDOU
On va en parler mais les actes justement, Bruno LE MAIRE. Qu'est-ce qu'il faudrait faire de plus ? Il y a eu Vigipirate renforcé, des milliers de soldats mobilisés mais est-ce que ça peut suffire ?

BRUNO LE MAIRE
Il ne faut cesser d'adapter nos dispositifs. Cesser d'adapter nos dispositifs à une menace qui est elle-même évolutive. Ce n'est pas la même chose d'avoir affaire à un groupe armé, à un groupe organisé, à un individu isolé. Et à chaque fois il faut être capable d'adapter notre posture pour qu'elle soit la plus efficace possible et que nous puissions éviter des attentats, éradiquer le terrorisme. Ça prendra, je le redis, du temps. Il faut être capable d'agir aussi, Ali BADDOU, à plusieurs niveaux. Il faut agir au moins à trois niveaux. Celui de la sécurité immédiate : c'est le renforcement de Vigipirate ; c'est la lutte contre les cyber-attaques, c'est la question de la haine en ligne qui doit être évidemment débattue et au bout du compte sanctionnée ; c'est des réseaux de financement sur lesquels j'ai fait un certain nombre de propositions au président de la République parce qu'on peut faire beaucoup mieux encore pour assécher les réseaux de financement de tous ceux qui soutiennent l'islam politique en France - et croyez-moi, je ferai en sorte qu'il n'y ait plus un euro qui puisse aller vers ces associations qui soutiennent l'islam politique en France. Il y a un deuxième niveau qui est celui qui va concerner les enseignants lundi et qui est sans doute le plus important : défendre notre culture nationale, défendre l'Histoire française, la mémoire française, l'esprit français. Et là nous allons avoir des enseignants en première ligne à qui je veux dire toute la nation est derrière vous lundi. Vous êtes les porteurs de la culture nationale et les défenseurs de l'esprit français. Et un troisième niveau enfin, c'est le niveau international. Il faut que la solidarité européenne de nos partenaires européens soit totale. Elle l'a été, elle peut l'être encore davantage.

ALI BADDOU
Mais Bruno LE MAIRE, le terroriste n'était pas fiché S. Il est passé sous les radars des services italiens, des services français. Face à des profils pareils, qu'est-ce qu'on peut faire ?

BRUNO LE MAIRE
Mais c'est bien pour cela que je suis un peu stupéfait de toutes ces déclarations absolument tonitruantes…

ALI BADDOU
Et que rappelait Yaël GOOSZ dans son édito.

BRUNO LE MAIRE
Comme si plus on parlait fort, mieux on réglait les problèmes. Je ne crois absolument pas à cette stratégie-là. Je crois une fois encore à une stratégie de longue haleine à trois niveaux : la sécurité, la culture, l'international.

ALI BADDOU
On l'a compris, on l'a compris.

BRUNO LE MAIRE
Où on rentre dans le moindre détail et on est aussi méticuleux que le sont nos adversaires.

ALI BADDOU
Mais vous ne répondez pas sur le profil particulier de ce terroriste.

BRUNO LE MAIRE
Mais je vous réponds sur la méthode que nous devons appliquer, sur la politique que nous voulons mener avec le président de la République. Je reprends l'exemple des circuits de financement. Oui, il faut s'adapter sans cesse. Vous avez aujourd'hui des personnes qui vont à un café, ils prennent une carte prépayée. Avec cette carte prépayée, ils peuvent utiliser des crypto-monnaies à hauteur de 150 euros. Ils peuvent le faire dix fois, ils peuvent le faire davantage. Cet argent va ensuite sans aucune signature, de manière totalement anonyme, financer des réseaux terroristes et des individus français qui sont installés en Syrie et qui peuvent ensuite fomenter des attentats sur le sol français. C'est des sommes qui peuvent aller jusqu'à cent cinquante mille euros par an. Je souhaite qu'il y ait désormais la levée de l'anonymat lorsqu'on utilise ces cartes prépayées. Vous voyez, ça paraît un point de détail mais c'est la somme de ces détails, c'est cette méticulosité et c'est cet esprit de résistance qui nous permettra de vaincre le terrorisme sur notre sol.

ALI BADDOU
« Notre pays ne peut plus se contenter des lois de la paix » a dit le maire de Nice Christian ESTROSI. Qu'est-ce que vous lui répondez ?

BRUNO LE MAIRE
Mais je dis surtout que le plus important est d'appliquer de manière très stricte, avec une autorité qui ne faiblit jamais à aucun instant, sur aucun point du territoire, les textes qui existent. Quand des adaptations sont nécessaires, on fait les adaptations nécessaires. S'il y a besoin d'un renforcement sur un point ou sur un autre - et il y en a besoin par exemple sur le financement, je le dis, de toutes les associations qui soutiennent l'islam politique…

ALI BADDOU
Mais « les lois de la paix ne suffisent plus »…

BRUNO LE MAIRE
Mais je ne crois pas, et Dieu sait que j'ai beaucoup de respect pour Christian ESTROSI, mais je ne crois pas que nous gagnerons le combat contre l'islam politique et contre le terrorisme par des déclarations toutes aussi tonitruantes que les autres. Je crois que nous le gagnerons par notre esprit de résistance et notre capacité à tenir sur le long terme une posture de fermeté totale.

ALI BADDOU
Une question compliquée à formuler Bruno LE MAIRE, mais c'est une petite musique qu'on entend de plus en plus. On peut même la lire, la trouver aujourd'hui dans Nice Matin. Le père Jean-Louis GIORDAN qui a été pendant seize ans curé de la basilique attaquée, il dit, je le cite : "Je suis très en colère contre tous ceux qui disent qu'il faut continuer à diffuser les caricatures de Mahomet. Moi je ne suis pas Charlie, on a affaire à des fous qui tuent pour aller plus vite au paradis. Protégeons les Français", fin de citation. Qu'est-ce que ça vous inspire ?

BRUNO LE MAIRE
Moi je n'aime pas ces caricatures, mais je les défends. Je défends ceux qui les ont faites, je défends ceux qui les diffusent au nom de quelque chose qui est plus important pour moi que ces caricatures qui est la liberté. La liberté d'expression et la liberté tout court. Voilà ce que je voudrais répondre à ce prêtre. Des caricatures, on en a eu sur la religion catholique, on en a eu sur la religion juive, on l'a maintenant sur la religion musulmane. Je le dis, je n'aime pas ces caricatures. Ce n'est pas mon esprit, ce n'est pas des choses que j'apprécie spécialement. Mais je serai le premier à défendre ceux qui les ont faites et ceux qui les diffusent. Parce que derrière, c'est notre liberté nationale, c'est notre culture, c'est notre mémoire, c'est l'esprit critique, c'est la capacité à rire d'une chose ou d'une autre.

ALI BADDOU
Oui, bien sûr.

BRUNO LE MAIRE
C'est c'est ça qui est en jeu.

ALI BADDOU
Mais du coup, vous ne comprenez pas la colère du père Jean-Louis GIORDAN et d'autres.

BRUNO LE MAIRE
Ce n'est pas une colère que je partage. D'abord je pense que dans ces temps qui sont troublés, agités, où il y a tant d'inquiétude, tant de désarroi, tant de colère rentrée, la responsabilité politique c'est d'apaiser, d'expliquer, de rassembler. Ce n'est pas, pour faire simple, de remettre de l'huile sur le feu, en essayant d'être toujours plus vocal et toujours plus bruyant que l'autre.

ALI BADDOU
Vous êtes Charlie ?

BRUNO LE MAIRE
Moi je suis Français et quand on est Français, on défend Charlie Hebdo, même si on n'aime pas les caricatures de Charlie Hebdo. C'est exactement mon cas. Je suis, Ali BADDOU, Français. Je défends l'esprit français et je défendrai toujours la culture française.

ALI BADDOU
L'autre front, c'est évidemment celui de la lutte contre le Covid, Bruno LE MAIRE. Le président de la République disait mercredi soir que la deuxième vague de l'épidémie serait plus forte et plus meurtrière que la première. Est-ce que ça vaut aussi pour notre économie ?

BRUNO LE MAIRE
Non, ça ne vaut pas pour notre économie. Regardez les chiffres qui viennent de tomber sur la croissance du troisième trimestre : plus de 18%, c'est-à-dire qu'il y a eu un très fort rebond de l'économie française au troisième trimestre. Ça veut dire en deuxième lieu que nos mesures de soutien au pouvoir d'achat des Français, notamment les mesures sur le chômage partiel, les mesures pour les plus faibles, elles ont fonctionné. Elles ont permis de préserver le pouvoir d'achat des Français qui ont consommé. Alors oui, on va avoir un quatrième trimestre qui va être difficile forcément. On est confiné, l'économie française va tourner moins fort que d'habitude.

ALI BADDOU
Vous avez une estimation ?

BRUNO LE MAIRE
Nous aurons un chiffre de récession pour 2020 que nous avions établi à moins 10%. Je vais le réviser. Je vais le réviser de manière modérée. Nous fixerons la récession à moins 11 % pour 2020. Mais vous voyez que c'est une révision qui est modérée justement parce que nous avons eu un troisième trimestre très fort qui traduit une chose simple : la capacité de rebond de l'économie française est considérable. Les fondamentaux de l'économie française sont très bons. Nous avions au début de l'année 2020 un des meilleurs chiffres de croissance de la zone euro. Nous avions été capables de faire baisser le chômage sous les 8 % en métropole. Et le troisième trimestre 2020, il montre une chose simple. Si nous prenons les bonnes décisions, celles que nous sommes en train de prendre, si nous sommes capables de tenir sur notre politique économique de soutien aux entreprises et de soutien aux salariés, dès 2021…

ALI BADDOU
"Si", c'est un grand "si", en lettres capitales Bruno LE MAIRE.

BRUNO LE MAIRE
Dès 2021 nous serons capables de retrouver des chiffres de croissance qui seront de bons chiffres de croissance.

ALI BADDOU
Les centaines de milliards promis ne seront plus suffisants dans combien de temps ? Un mois, deux mois ?

BRUNO LE MAIRE
Ce que je constate, c'est que nous avions provisionné ce qui était nécessaire. Nous avions un matelas pour faire face à une résurgence de l'épidémie. Nous sommes en période de confinement, il faut encore plus renforcer le soutien aux entreprises et j'ai fait le choix…

ALI BADDOU
Mais on en est déjà au quatrième budget rectificatif. Il faudra s'attendre à un cinquième, à un sixième ?

BRUNO LE MAIRE
J'ai fait le choix avec le président de la République et le Premier ministre d'un soutien massif à l'économie, et encore plus massif dans ce deuxième confinement que ce que nous avions faits au premier pour protéger les entrepreneurs, les commerçants, les indépendants, les salariés. Nous allons provisionner vingt milliards d'euros supplémentaires dans le projet de loi de finances rectificative numéro 4, c'est-à-dire le collectif budgétaire de fin d'année.

ALI BADDOU
Avant le numéro cinq et le numéro six.

BRUNO LE MAIRE
Tout dépend de nous. C'est-à-dire tout dépend de notre capacité à respecter le confinement, les gestes barrières, la distanciation sociale pour que le virus ne circule plus en France. Et on voit bien que dès lors que le virus ne circule plus et qu'on reprend l'activité économique - le troisième trimestre le montre - la France a une capacité de rebond exceptionnelle.

ALI BADDOU
Il y a malheureusement eu aussi une explosion du chômage et de la pauvreté. On parle d'un million de pauvres en plus depuis le début de la crise du coronavirus. Vous confirmez ce chiffre ?

BRUNO LE MAIRE
Je ne vais pas confirmer les chiffres bruts que vous donnez. Ce que je veux dire simplement…

ALI BADDOU
C'est un ordre d'idée.

BRUNO LE MAIRE
Il y a une augmentation de la pauvreté dans notre pays et elle doit être combattue. Elle doit être combattue d'abord par le travail puisque je rappelle que la première cause de pauvreté, c'est le chômage. Nous soutenons les entreprises massivement. Nous soutenons les salariés massivement. Si nous voyons que la situation se détériore rapidement dans les associations de lutte contre la pauvreté, dans les Restos du coeur, dans tous ceux qui aident à fournir des repas aux plus démunis. Si nous voyons qu'il y a besoin de moyens supplémentaires pour ceux qui sont les plus touchés par la crise, les plus fragilisés, nous les mettrons Ali BADDOU. Parce que notre politique consistera dans cette période de crise à soutenir tous les Français qui en ont besoin. Ceux qui en ont le plus besoin aujourd'hui, c'est les entrepreneurs et les commerces qu'on ferme. Quand on dit aujourd'hui à un fleuriste, à un libraire : « Vous devez fermer », il est légitime qu'on le soutienne. Quand on dit à un restaurateur qu'il doit fermer, c'est légitime qu'on le soutienne.

ALI BADDOU
Comment justifier, Bruno LE MAIRE, que les grandes surfaces puissent ouvrir, qu'AMAZON puisse continuer à fonctionner alors qu'elle ne vend pas seulement des produits essentiels et pas les petits commerces, notamment les commerces de bouche ?

BRUNO LE MAIRE
Mais qu'est-ce qu'on veut, Ali BADDOU ?

ALI BADDOU
Je vous pose la question. Certains trouvent ça injuste.

BRUNO LE MAIRE
Mais je comprends le sentiment d'injustice de certains qui se disent : « Moi je ne peux plus vendre mais AMAZON va pouvoir continuer à vendre ». Est-ce que vous pensez sérieusement que ce serait la bonne politique de dire : « On ne peut plus vendre sur AMAZON » ? Est-ce que vous croyez vraiment que les millions de Français qui utilisent AMAZON seraient satisfaits que le ministre de l'Economie vienne leur dire le matin sur France Inter : « C'est terminé pour AMAZON, vous ne pourrez plus faire de commandes sur AMAZON » ? Je pense que la bonne politique, c'est de croire une nouvelle fois dans les capacités de l'économie française et des entreprises françaises. C'est accélérer la numérisation des commerces…

ALI BADDOU
Ça ressemble à de la méthode Coué.

BRUNO LE MAIRE
Non, pas du tout.

ALI BADDOU
Mais enfin, comment voulez-vous accélérer la numérisation d'un fleuriste par exemple ?

BRUNO LE MAIRE
Mais c'est très simple.

ALI BADDOU
Et vous êtes un passionné de littérature et de culture, Bruno LE MAIRE…

BRUNO LE MAIRE
Ali BADDOU, je voudrais répondre à votre question parce qu'elle est importante.

ALI BADDOU
Oui.

BRUNO LE MAIRE
Nous avons aujourd'hui un commerce sur trois qui a un site Internet et qui est numérisé. C'est totalement insuffisant. Nous allons mettre les moyens pour proposer à ces commerces la digitalisation de leur commerce, l'ouverture d'un site Internet pour qu'il puisse au moins dans cette période de confinement avoir accès à ses clients, prendre des commandes et les livrer. Ça vaut par exemple pour les libraires. Profitons de cette crise pour accélérer les transformations qui sont nécessaires.

ALI BADDOU
Les libraires indépendants sont très inquiets.

BRUNO LE MAIRE
C'est difficile pour tous mais ça me paraît la bonne réponse.

ALI BADDOU
Vous êtes passionné de littérature et de culture. Les librairies vont vraiment rester fermées ? La culture sera donc vraiment la grande sacrifiée du confinement ?

BRUNO LE MAIRE
Il n'est pas question que la culture soit la grande sacrifiée. Toutes les mesures que nous prenons, par exemple sur le Fonds de solidarité…

ALI BADDOU
Les cinémas, les théâtres, la musique, les librairies…

BRUNO LE MAIRE
Ils vont bénéficier du Fonds solidarité, ils vont bénéficier des exonérations de loyers, ils vont bénéficier des exonérations de charges. La culture est évidemment dans le champ des mesures de soutien et nous y ferons, avec Roselyne BACHELOT, particulièrement attention. Sur les librairies, je rappelle que dans le premier confinement j'avais proposé qu'on les laisse ouvertes ; c'est les libraires qui m'avaient dit que ça n'était pas possible. Dès que ce sera possible, et je souhaite que ce soit le plus tôt possible, nous verrons s'il est possible d'adapter nos dispositifs.

ALI BADDOU
Mais vous n'avez pas tiré les leçons du premier confinement.

BRUNO LE MAIRE
Le président de la République a dit : « On se donne rendez-vous dans quinze jours ».

ALI BADDOU
Dans quinze jours, les librairies pourraient rouvrir.

BRUNO LE MAIRE
Dans quinze jours, nous regarderons où nous en sommes pour tous les commerces, pas uniquement les libraires, et nous verrons s'il est possible d'adapter les dispositifs. Dans l'intervalle, nous avons inscrit dans le décret qui vient d'être publié le dispositif click and collect. Vous pouvez commander un livre non pas sur AMAZON mais chez votre libraire de quartier et aller le récupérer. Et je veux dire à tous nos auditeurs et à tous les Français au-delà de vos auditeurs…

ALI BADDOU
Achetez des livres.

BRUNO LE MAIRE
Achetez des livres chez vos libraires et achetez des produits…

ALI BADDOU
Et pas que du PQ !

BRUNO LE MAIRE
(rires) Et achetez des produits, quel que soit le produit, chez vos commerces de proximité. Plutôt que d'aller commander ailleurs, allez dans vos commerces de proximité et prenez les produits. Ensuite vous allez les récupérer, ça soutiendra le commerce de proximité.

ALI BADDOU
D'un mot, "le télétravail n'est pas une option" disait Elisabeth BORNE. Ce n'est pas une option ?

BRUNO LE MAIRE
Le télétravail est la règle, le reste c'est l'exception mais il y aura des exceptions pour tous ceux qui sont obligés de venir travailler parce qu'ils font des produits manufacturiers. Pour les bureaux d'études par exemple dans l'industrie, on a besoin de se rendre sur son lieu de travail. Donc la règle, c'est le télétravail mais il y a des exceptions.

ALI BADDOU
La règle et ses exceptions, c'est une bonne conclusion. Merci Bruno LE MAIRE d'avoir été notre invité ce matin et bonne journée.

BRUNO LE MAIRE
Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 2 novembre 2020