Interview de M. Jean-Michel Blanquer, ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, à LCI le 17 novembre 2020, sur l'absence de décrochages spécifiques pour 2020, la revalorisation des enseignants, le succès de l'enseignement à distance et le déploiement de tests antigéniques à l'école.

Texte intégral

ADRIEN GINDRE
Bonjour Jean-Michel BLANQUER.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Bonjour Adrien GINDRE.

ADRIEN GINDRE
Ministre de l'Education, de la Jeunesse et des Sports. On va parler de tous ces sujets mais d'abord l'éducation. Vous avez présenté hier aux organisations syndicales vos décisions concernant la revalorisation, en l'occurrence il s'agit de prime pour les enseignants. Je vais tâcher de résumer : près de 100 euros net par mois pour les 15 premières années de carrière dès le mois de mai et une prime d'équipement informatique de 150 euros nets par an pour tous les enseignants même au-delà à partir du mois de janvier. Est-ce que vous pouvez nous dire avec ces annonces, Jean-Michel BLANQUER ce matin, que ça y est, désormais en France le métier d'enseignant est financièrement attractif ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Ce serait trop de dire ça. C'est un début ce que nous avons fait. Nous avions pris des mesures ces dernières années, par exemple les primes pour ceux qui travaillent dans les réseaux d'éducation prioritaire renforcées, un certain nombre de revalorisations parfois programmées avant même notre arrivée mais tout ceci a fait qu'on a injecté du pouvoir d'achat. Mais pas assez, je l'ai reconnu dès le début. La France sur près de 20 ans a pris du retard dans la rémunération de ses professeurs et une société qui va bien est une société qui reconnaît ses professeurs. On a besoin de professeurs heureux dans leur travail, bien rémunérés, bien formés, bien recrutés, ayant une carrière fluide etc. Donc le sujet de la rémunération était à régler. Ce que l'on a fait pour 2021 est un signal que l'on envoie et qui doit maintenant être transformé par ce que l'on fait au travers de ce qu'on appelle le Grenelle de l'Education qui a lieu en ce moment même, et qui a vocation à réfléchir sur les années suivantes et plus qu'à réfléchir : à programmer ce que nous ferons tout au long des années suivantes.

ADRIEN GINDRE
Par exemple, quand le syndicat SE-UNSA dit : c'est une première marche et il la salue et qui en appelle d'autres, vous dites : oui il y aura d'autres revalorisations ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, bien sûr. C'est indispensable qu'au cours des prochaines années, nous sachions faire cela. C'est le sens de la loi de programmation sur laquelle nous travaillons mais ça doit être aussi le résultat de ce Grenelle de l'éducation, parce que le but n'est pas que de payer mieux les professeurs. C'est aussi de moderniser notre service public, d'avoir une école du XXIème siècle. Il y a mille sujets vous savez, il y a des sujets qui ont trait au bien-être professionnel des professeurs, par exemple la santé au travail, les enjeux de formation que je mentionnais, les enjeux de mutation. Les choses sont beaucoup trop rigides aujourd'hui. Donc il y a tout un environnement du professeur qui peut être bien meilleur. D'où par exemple la prime numérique aussi pour les nouvelles réalités du métier de professeur. Et tout ceci doit aussi se voir ensuite dans la qualité de ce que nous faisons, c'est-à-dire dans la réussite des élèves. Des professeurs heureux, c'est des élèves heureux aussi et donc c'est cela que nous voulons.

ADRIEN GINDRE
Là, on a bien compris que la prime d'équipement informatique c'était pour tout le monde. En revanche la prime jusqu'à 100 euros net par mois dont on parlait au début, c'est uniquement pour les débuts de carrière. Le syndicat SNES-FSU vous dit : qu'est-ce que vous faites pour les fins de carrière ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Alors c'est pour ça qu'on a fait deux choses. On a fait une prime universelle si je puis dire, donc tous les professeurs. C'est la prime informatique de 150 euros. Et puis d'autre part, on a fait une prime qui revalorise les débuts de carrière parce que c'est là où il y avait les plus grands retards. Donc le plus jeune reçoit la plus grande valeur ajoutée si je peux dire, c'est-à-dire 100 euros comme vous l'avez dit, puis après c'est un peu dégressif jusqu'à 15 années. Mais le but sur les années suivantes, c'est de programmer le fait que cette revalorisation puisse aller jusqu'aux plus anciens, sachant que le grand rattrapage il est sur la première moitié de carrière en France parce que c'est là que les retards se sont accumulés.

ADRIEN GINDRE
Et c'est là qu'on est particulièrement mal placé par rapport à la moyenne des pays de l'OCDE. La France est septième aujourd'hui… 7 %, pardon, inférieure par rapport à la moyenne de nos confrères de l'OCDE. Est-ce qu'avec ces mesures-là, on va gravir des places dans le classement ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui. L'objectif c'est sur plusieurs années de réussir à être un pays qui paye bien ses professeurs.

ADRIEN GINDRE
Mais d'être le premier ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Aujourd'hui, c'est l'Allemagne le premier dans l'OCDE. Ce n'est pas une mauvaise comparaison mais ça nous oblige à regarder ce que font les Allemands sur d'autres sujets en matière éducative. D'ailleurs ils sont meilleurs que nous sur certains aspects mais ils sont moins bons sur d'autres. Il faut être sans complexe, il faut simplement être ouvert aux meilleures pratiques internationales et c'est tout l'enjeu de ce que je fais, tous sujets confondus. Et puis vous savez, quand on fait la politique de l'école primaire sur le lire-écrire-compter-respecter autrui, on s'inspire aussi de choses qui marchent sur le plan international. Quand on a diffusé sur le terrain les méthodes de lecture qui fonctionnent à base syllabique par exemple, on est sur un tout autre sujet, mais on l'a fait sur la base aussi de comparaisons internationales, de travaux internationaux et de travaux nationaux. Donc il faut toujours regarder ce qu'il y a de mieux au monde, être fier de notre modèle français et le moderniser sur cette base-là. C'est-ce qu'on doit faire sur la rémunération des professeurs mais aucun sujet n'est isolé. Quand vous parlez rémunération des professeurs, vous parlez aussi carrière des professeurs, vie quotidienne des professeurs et donc vie quotidienne des élèves.

ADRIEN GINDRE
Et on va parler de leur santé puisque l'Education nationale, comme toute la société, est touchée par cette épidémie de Covid. Vous aviez annoncé un million de tests antigéniques dans les établissements scolaires. Est-ce qu'ils sont déployés aujourd'hui ? Est-ce qu'on est en train de tester les enseignants ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui. Donc on est dans la première partie du processus de déploiement. C'est plus d'un million même, c'est au moins un million deux cent mille, probablement davantage.

ADRIEN GINDRE
Première partie, ça veut dire quoi ? Est-ce que ça veut dire que concrètement il y a des tests dans les établissements ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Ça commence. Oui, ça commence. On mobilise toutes les forces possibles, c'est-à-dire les administrations de santé avec les agences régionales de santé, l'ensemble des forces de la sécurité civile donc plutôt du ministère de l'Intérieur, et puis aussi celles de l'Education nationale où nous avons des médecins et des infirmières. Et donc l'ensemble de ces personnels sont mobilisés pour le déploiement de ces tests. Donc vous avez les fameux tests PCR pour lesquels il y a une forme de priorité Education nationale dans un certain nombre de cas. Et pour compléter ça, eh bien les tests antigéniques tels qu'ils arrivent.

ADRIEN GINDRE
Il y a une inquiétude des infirmières scolaires qui disent : on va nous demander de faire des tests alors qu'on est déjà surchargées de travail. Comment ça va se passer ? Si elles disent : on ne peut pas, qu'est-ce qui va se passer ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
C'est sur la base du volontariat donc si quelqu'un est surchargé pour d'autres raisons professionnelles, c'est d'autres infirmières venues d'autres horizons qui le feront mais c'est sur la base du volontariat.

ADRIEN GINDRE
Est-ce que vous testerez aussi les élèves comme le propose la région Ile-de-France par exemple ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui. Les tests sont faits beaucoup pour les adultes puisqu'on sait que c'est eux qui sont le plus vulnérables d'une certaine façon, mais ils peuvent être pour les élèves aussi, bien sûr.

ADRIEN GINDRE
On va justement s'arrêter un instant sur le nombre d'élèves concernés par cette épidémie. Vous aviez parlé de 3 500 élèves positifs dans un premier temps, il y a eu un point qui a été actualisé qui a porté le chiffre à 12 000. Est-ce que c'est la méthode de comptage qui a changé ou est-ce que c'est que l'épidémie a flambé en quelques jours dans l'Education nationale ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non. Il y a d'abord l'effet de retour des vacances. Au début vous avez une sorte de montée en puissance et puis d'après nos mesures, et d'ailleurs les mesures de Santé publique France, il y eu d'ailleurs effectivement un regain épidémique pendant les vacances. Ce qui montre d'ailleurs au passage que le milieu scolaire n'est pas plus pathogène bien le milieu extérieur. Souvent les élèves se contaminent dans la vie sociale, dans la vie familiale probablement davantage que dans la vie scolaire où au moins il y a des gestes barrières qui sont respectés de manière aussi stricte que possible. Donc vous avez cet effet retour de vacances d'une part, et puis nous à l'Education nationale, c'est déclaratif. Donc c'est forcément un chiffre moins important que les chiffres qu'on a de la part de Santé publique France qui, par ailleurs, ne portent pas sur la même fourchette d'âge puisque Santé publique France mesure par décennie. Donc vous avez les 0-9 ans, puis après les 9-19 ans, alors que nous ça ne va que jusqu'à l'âge de la Terminale et ça commence à 3 ans. Donc ça explique des différences mais ça nous donne une idée des tendances. Et donc la tendance, elle a été à la croissance après les vacances de la Toussaint et puis maintenant ça se stabilise. Et tous les vendredis, nous publions les chiffres.

ADRIEN GINDRE
Vous avez déjà annoncé des aménagements pour le lycée. Quand on voit la dynamique de l'épidémie qui se stabilise mais reste présente, est-ce qu'on doit se préparer à se dire que le bac, l'année 2021, sera 100 % en contrôle continu ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non. En tout cas, nous ferons tout pour que ce ne soit pas le cas. Vous savez, les mesures que j'ai prises consistent justement à préserver l'essentiel de l'armature du baccalauréat tel qu'il est conçu désormais, c'est-à-dire 60 % de contrôle terminal, 40 % de contrôle continu. Ce que nous avons fait évoluer, c'est la façon dont le contrôle continu s'évalue. C'est-à-dire que dans les règles que nous venons de poser en fait, c'est sur le bulletin scolaire. Alors qu'auparavant c'était 10 % que représentait le bulletin scolaire, désormais c'est 40 %. Et donc toutes les épreuves intermédiaires, les sortes de partiels qu'on appelait épreuves communes n'ont pas lieu cette année. En revanche, c'est les notes du travail continu de l'élève, ce qui est motivant pour l'élève. Donc c'est en réalité une bonne chose, ça permet à chaque élève de bien se préparer en continu. Mais nous maintenons 60 % de contrôle terminal avec notamment des épreuves qui ont lieu au retour des vacances de printemps et qui sont importantes, à la mi-mars, qui sont des épreuves terminales sur les deux enseignements de spécialité qu'un élève de Terminale a choisi. Autrement dit c'est deux points forts, des domaines de passion.

ADRIEN GINDRE
Mais ça ne changera pas si l'épidémie est toujours présente à ce moment-là ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Alors évidemment, s'il y avait un confinement généralisé ou quelque chose comme ça, ça pourrait remettre les choses en question mais ce n'est vraiment pas l'hypothèse privilégiée aujourd'hui.

ADRIEN GINDRE
Vous avez également donné la possibilité aux lycées de recourir à l'enseignement à distance. Est-ce qu'ils s'en sont emparés ? Est-ce qu'aujourd'hui il y a vraiment 50 % - c'est le chiffre que vous aviez évoqué - 50 % d'enseignement qui se fait en distanciel ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui. Les établissements se sont appropriés cette possibilité qu'on a là aussi dit au retour des vacances, avec d'un cadre national qui est assez net et qui notamment dit que quand un lycée fait cela, il doit y avoir au moins la moitié du temps en présence physique de l'élève, et puis une possibilité d'organiser de l'enseignement à distance avec des outils nationaux qui sont mis à disposition.

ADRIEN GINDRE
Et vous avez des remontées sur ce qui se pratique ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Aujourd'hui, oui, j'ai les premières remontées. Donc vous avez un peu plus de la moitié des lycées de France qui se sont emparés de cela. C'est un bon chiffre parce que tous les lycées n'ont pas nécessairement besoin de faire cela. Ça dépend de la densité des élèves. Quand vous avez un petit lycée par exemple avec peu d'élèves et beaucoup d'espace, vous pouvez tout à fait continuer à être 100 % en présence. C'est ce qui se passe pour certains d'entre eux et puis pour d'autres, ils font des organisations différentes qui parfois d'ailleurs sont intéressantes sur le plan pédagogique.

ADRIEN GINDRE
Ça vaut également pour Ma classe à la maison ? Ça, c'est tous niveaux confondus, la possibilité d'enseigner aussi à distance.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui.

ADRIEN GINDRE
Est-ce que vous avez le sentiment que les Français et que les parents, les enfants, les enseignants se sont emparés de tout cela ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, on voit les chiffres augmenter au jour le jour. Ces derniers jours, je crois que ça a quadruplé Ma classe à la maison du fait des nouvelles mesures. Donc Ma classe à la maison, c'est cet outil que fournit le CNED et qui permet à la fois aux professeurs et aux élèves de se connecter sur une classe virtuelle. Nous l'avons encore modernisé et je crois que ça donne satisfaction, et aujourd'hui c'est téléchargé par des dizaines de milliers d'utilisateurs.

ADRIEN GINDRE
Il y a quand même des inquiétudes encore, Jean-Michel BLANQUER, sur le collège. Parce que les mesures – je parle sous votre contrôle - vous les avez annoncées pour le lycée mais il y en a qui vous disent : il faut aussi qu'on fasse attention à ce qui se passe au collège parce qu'en réalité, les contaminations, la circulation du virus c'est à peu près la même chose quand on a 12 ans que quand on en a 16.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non justement, ce n'est pas la même chose. On voit bien qu'il y a vraiment trois âges de la vie assez différents : celui de l'école primaire, du collège et du lycée. Donc le lycée, à la fois les élèves sont plus âgés et puis ils circulent beaucoup plus et souvent dans un univers plus dense. Donc ça fait trois raisons de changer les choses spécifiquement pour le lycée.

ADRIEN GINDRE
Donc ça ne bougera pas pour le collège.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Pour le collège, on crée des souplesses dans des cas un peu exceptionnels. Il peut arriver qu'un collège ait une très forte densité et donc on a réussi à le faire à tel ou tel endroit, mais ce n'est absolument pas ce que nous encourageons, d'autant plus qu'évidemment un élève de collège a moins de maturité. C'est encore plus nocif pour lui s'il doit rester à la maison plutôt que d'aller au collège. Donc si vous voulez mon message permanent, c'est quand même que l'école ça compte et que c'est très important pour la France que de maintenir ses élèves à l'école et nous l'avons réussi, mieux que la plupart des pays d'ailleurs, je le souligne. On n'a pas eu plus de décrochage scolaire en 2020 qu'en 2019 en France grâce à tout ce qui a été fait. On a même amélioré la situation sur ce point-là. On a des résultats scolaires qu'on a pu évaluer en début d'année qui ne montrent pas de bilan catastrophique. On a eu quelques régressions.

ADRIEN GINDRE
Le deuxième confinement ne se traduit pas par une augmentation du nombre de décrocheurs contrairement à ce qu'on avait eu au printemps.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non. Et même au printemps ce qu'on avait eu, c'étaient des gens, des élèves perdus de vue en quelque sorte et qu'on a retrouvés depuis. Et les statistiques que nous avons du décrochage nous montrent que nous avons réussi à ce que l'année 2020 ne soit pas une année de décrochage spécifique. Malheureusement tous les pays ne peuvent pas dire ça et il y avait une catastrophe possible derrière ça. Le confinement peut générer des catastrophes éducatives dans différents pays du monde. Non seulement on l'a évité mais il y a certains sujets sur lesquels on a pu progresser. Donc c'est très important de maintenir ce lien avec l'école, et moi c'est évidemment ce qui m'habite.

ADRIEN GINDRE
Il y a des horizons positifs, il y a aussi les laboratoires qui nous annoncent qu'on aura des vaccins d'ici quelques mois, même si c'est un peu difficile de savoir à quel moment. Est-ce que votre souhait c'est que le moment venu, on vaccine dans les établissements scolaires ? Est-ce qu'il y aura de grandes campagnes qui seront organisées ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Alors on aura à travailler à ça avec le ministère de la Santé, mais il est évident qu'il faut que le jour où il y a un vaccin fiable promouvoir les vaccins. C'est une évidence sur ce sujet comme sur d'autres.

ADRIEN GINDRE
Vous souhaitez vacciner tous les personnels de l'Education qui sont en contact en permanence avec un public nombreux ? Vous rappeliez les lycéens à l'instant.

JEAN-MICHEL BLANQUER
C'est prématuré de le dire, mais à mon avis ce serait plutôt favorable sur un principe comme celui-là mais ça se discute avec le Ministère de la Santé et, en tout cas, je suis heureux de voir ces perspectives nouvelles s'annoncer et c'est évidemment très souhaitable de voir revenir les jours heureux.

ADRIEN GINDRE
Comme l'avait dit le président de la République au mois d'avril. Vous êtes également ministre des Sports, je le disais en début d'entretien. A 11 heures, il y aura une rencontre autour du président de la République à laquelle vous participerez avec les acteurs du sport, à la fois professionnels et amateurs. Il y aura toute une série de représentants. Ce sera l'occasion de nouvelles mesures de soutien. Qu'est-ce qu'on peut dire aux sportifs ? Parce que jusqu'à présent, on leur dit : à part pour les sportifs professionnels où il y a eu des conditions très spécifiques, il n'y a pas de possibilité d'aller dans les clubs, il n'y a pas d'entraînement, il n'y a pas de public dans les stades. On le verra encore ce soir pour France-Suède au Stade de France. Est-ce que tout ça, ça va bouger ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, ça doit bouger. D'abord le premier message, c'est un message de soutien total. Avec Roxana MARACINEANU, nous regardons ça au quotidien parce que c'est un sujet… C'est un peu comme pour les petits commerçants : on sait très bien qu'il y a des petites structures qui peuvent s'effondrer si on ne les soutient pas et si on n'est pas là. Donc on est extrêmement attentif tout en étant évidemment tributaire des conditions sanitaires. Donc tout à l'heure avec le président de la République, on va d'abord écouter parce qu'il y a une diversité d'acteurs : des grands, des petits, les professionnels et les amateurs. Il y a déjà des mesures de soutien qui ont eu lieu. D'abord les mesures générales sur le plan économique qui ont une application dans le domaine sportif. Le soutien aux professionnels aussi, c'est déjà plus de 100 millions qui ont été débloqués. On va voir si on peut aller un peu plus loin pour aider le monde professionnel, mais aussi les clubs amateurs que nous devons aider. Je pense aux fédérations y compris les petites fédérations puisqu'il y a certains sports - il y a un peu les grands, les moyens et les petits en matière de fédération. On pense souvent au football et au rugby mais derrière, il y a d'autres sports : le basket, le hand-ball, le volley-ball par exemple. Mais on a aussi toutes les plus petites fédérations qui peuvent s'effondrer.

ADRIEN GINDRE
Et donc on va les aider financièrement ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Il faut qu'on les aide. Alors après, dans quelle mesure, comment ? C'est un peu ce qui va se préciser aujourd'hui et dans les jours qui viennent. Mais en tout cas on est très attentif, on sera là. De même que je suis très attentif au retour le plus vite possible des jeunes, des moins de 18 ans, dans les clubs sportifs amateurs.

ADRIEN GINDRE
Alors justement. Il y a des députés Les Républicains, quarante-cinq, qui ont solennellement demandé deux choses. Qu'on suspende la règle des une heure/un kilomètre pour l'activité sportive : ils estiment que c'est trop restrictif et que c'est contraire à notre santé, et d'autoriser justement les collectivités à rouvrir les équipements sportifs aux associations. Est-ce que ce sont des demandes que vous êtes prêt à écouter ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, bien sûr. C'est des sujets sur lesquels je travaille et qui… Ça me paraît le plus souhaitable qu'il soit d'aller le plus vite possible dans cette direction-là.

ADRIEN GINDRE
Le plus vite possible, c'est quand ? C'est quel horizon ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
C'est interdépendant de ce dont nous parlons avec les autorités de santé bien entendu, mais évidemment qu'il faut aller dans cette direction le plus vite possible. Ça fait partie des sujets qui vont avancer aujourd'hui avec les discussions qu'on a et j'espère pouvoir annoncer de bonnes nouvelles dans les temps qui viennent. Mais je ne veux pas dire des choses prématurées parce que ce ne serait pas responsable. Mais en tout cas, je comprends parfaitement cette proposition et nous devons aller dans le sens du soutien au monde sportif.

ADRIEN GINDRE
Il y a une petite question encore. Il y a des élections régionales et départementales qui étaient prévues au mois de mars. Jean-Louis DEBRE a préconisé qu'elles soient reportées au mois de juin. Le Parlement sera saisi du calendrier. Vous, vous étiez pressenti pour être le candidat de la majorité présidentielle en Ile-de-France. Est-ce qu'avec cette seconde vague, tous les sujets qu'on vient d'évoquer, vous êtes toujours un possible candidat pour ces élections régionales en Ile-de-France même si c'est au mois de juin ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
C'est vraiment des sujets totalement congelés vu de ma fenêtre si vous voulez. C'est-à-dire qu'avec tout ce dont on a parlé avant, vous imaginez bien qu'en fait je n'y pense pas, ni en me rasant ni à d'autres moments donc on verra. Mais en tout cas, pour l'instant ce n'est pas mon sujet. Mais en tout cas ce qui me paraît important, c'est que dans chaque région de France le mouvement majoritaire qui soutient ce gouvernement soit présent dans les élections régionales. Ça me paraît normal et donc ça, j'y contribuerai d'une manière ou d'une autre en étant candidat ou pas. Mais en tout cas, il faut que ce que nous portons, c'est-à-dire finalement une volonté pour la France, une volonté à la fois de traverser cette crise mais aussi de préparer les jours meilleurs qui viendront après, ce travail un peu structurel, ça doit être défendu dans le cadre démocratique.

ADRIEN GINDRE
Merci beaucoup Jean-Michel BLANQUER d'avoir accepté notre invitation ce matin.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 20 novembre 2020