Déclaration de M. Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé, sur la place de la stratégie vaccinale dans le dispositif de lutte contre l'épidémie de covid-19, à l'Assemblée nationale le 16 décembre 2020.

Intervenant(s) :

Circonstance : Stratégie vaccinale contre la covid-19 Assemblée nationale – 16 décembre 2020

Prononcé le

Texte intégral

M. le président. L'ordre du jour appelle la déclaration du Gouvernement sur la place de la stratégie vaccinale dans le dispositif de lutte contre l'épidémie de covid-19, suivie d'un débat, en application de l'article 50-1 de la Constitution.

(…)

M. le président. La parole est à M. le ministre des solidarités et de la santé.

M. Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé. Après la présentation de notre stratégie vaccinale par M. le Premier ministre, je vais vous apporter des précisions sur le calendrier et les modalités logistiques, ainsi que sur l'organisation de l'association des parties prenantes.

Cette étape cruciale dans la lutte contre la pandémie est très exigeante : elle demande de la rigueur, beaucoup de rigueur. Je sais cette assemblée n'en manquera pas. À cette occasion, je tiens à saluer les membres de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques – OPECST – pour le travail de grande qualité qu'ils ont fourni et qui ne peut qu'enrichir nos débats, à l'heure où la science nous permet de franchir une nouvelle étape dans la lutte contre l'épidémie.

Cette étape survient après de longs mois d'une crise sanitaire qui a conduit les pays du monde entier à prendre des décisions ô combien difficiles. Je sais la fatigue, la lassitude que ressentent nos concitoyens. Dans ce contexte compliqué, l'arrivée de vaccins, moins d'un an après le déclenchement de la pandémie, est un immense espoir et une prouesse de la science. Cette arrivée suscite aussi des doutes que je ne veux pas éluder dans mon propos.

Pour résumer la campagne vaccinale qui va débuter, je vais mettre en exergue trois défis.

Le premier d'entre eux est le défi scientifique.

Depuis le début de cette pandémie, la communauté scientifique, pleinement mobilisée, bat tous les records. Il n'a fallu que quelques semaines à peine pour identifier un virus inconnu, responsable de troubles respiratoires sévères, en tout cas pas anodins. C'était en Chine. En quelques jours à peine, l'Institut Pasteur a réalisé le séquençage complet du génome du coronavirus : ayant reçu le prélèvement le 24 janvier, il était capable, le 28 janvier, de séquencer ce virus et d'en partager les données avec le monde entier. C'était en France. Il aura fallu moins d'un an…

M. Pierre Cordier. Un record !

M. Olivier Véran, ministre. …pour trouver et développer non pas un, mais plusieurs vaccins, dont les résultats publiés attestent d'une efficacité remarquable.

On ne le dit pas suffisamment : la science est fantastique, la médecine est magnifique. Plutôt que d'en douter, nous devrions collectivement nous en réjouir, et même le célébrer. (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM, Dem, SOC et Agir ens.) Nous avons oublié de rappeler que dans la science, il y a une aventure qui se noue. À la naissance de cette aventure scientifique, il y a souvent une idée, une théorie, un concept, un coup de génie qui émerge dans un laboratoire ou au pied du lit d'un malade, dans un hôpital. Nous avons oublié de rappeler que la science obéit à une rigueur, à des protocoles de recherche stricts, évalués, encadrés, normés. La rigueur de la science s'oppose à l'illusion que peut procurer la magie, porteuse de solutions simplistes, à laquelle nombre de scientifico-sceptiques se réfèrent pourtant souvent.

Le deuxième défi est sociétal, c'est celui de la confiance.

J'entends certains demander : « Pourquoi aurais-je confiance en ce vaccin américain ? » D'abord, le vaccin n'est pas américain : BioNTech est une société allemande, qui produit en Belgique et qui s'est associée à un grand laboratoire américain pour être capable de produire des doses de vaccin dans le monde entier.

J'entends dire que le vaccin a été produit trop vite. Que veut dire trop vite ? Je remets une seconde la blouse de neurologue, moi qui fais face régulièrement à des patients atteints de maladies que l'on ne sait pas guérir et que l'on a parfois du mal à soigner. Le jour où un traitement arriverait, je ne me vois pas dire à mon malade : « Vous savez, j'ai un peu peur de vous prescrire ce traitement parce qu'il est arrivé trop vite. » (Applaudissements sur de nombreux bancs du groupe LaREM.) De deux choses l'une : soit le traitement est évalué, éprouvé et efficace, et c'est alors une chance pour les malades ; soit il ne l'est pas et on ne l'offre pas aux malades, et on attend en cherchant un autre traitement. (Mêmes mouvements.) Dès lors qu'on le donne, parce qu'il est efficace et qu'il a été évalué, cela reste une opportunité pour les malades.

J'entends aussi dire que le vaccin à ARN – acide ribonucléique – messager modifierait le génome humain. Sur les ondes d'une radio, le professeur Alain Fischer a encore répondu ce matin, à très juste titre, qu'un ARN messager injecté ne modifie en aucun cas le génome humain : il est éliminé très vite et ne s'intègre pas au génome.

J'entends un autre argument qui s'exprime aussi dans d'autres campagnes de vaccination : « Vous savez, docteur – ou monsieur le ministre, en l'occurrence –, j'ai peur des adjuvants. » Le vaccin qui va être proposé par BioNTech et Pfizer ne contient pas d'adjuvant : il n'y en a pas besoin parce qu'il est suffisamment efficace et immunogène.

Enfin, j'entends parfois des gens dire : « Finalement, ce vaccin ne sert-il pas seulement à engraisser les labos ? », en nous soupçonnant d'avoir quasiment créé l'épidémie. S'il n'y avait qu'un argument à opposer au complotisme, ce serait celui du coût du chômage partiel dans notre pays : toutes les dépenses engendrées par la campagne de vaccination à l'échelle de l'Europe représentent moins d'une semaine de chômage partiel dans notre pays. (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et Dem.)

Il faut être raisonnable et répondre aux doutes quand il y en a. Pour résumer la situation en une phrase, je citerai ce vieux dicton populaire : quand on veut tuer son chien, on dit qu'il a la rage – un paradoxe dans le pays de Pasteur qui a inventé le vaccin contre cette maladie. Faisons attention et portons la parole scientifique avec confiance et crédit. (Mêmes mouvements.)

À ce sujet, rappelons un point absolument essentiel : le vaccin n'a pas été mis au point par notre gouvernement ou un autre – américain, allemand, belge, chinois, russe ou de je ne sais quelle origine –, pas plus que le virus n'a été créé par un quelconque gouvernement. Le Gouvernement français a un objectif : faire en sorte que la vaccination se passe bien, que le bon vaccin soit administré au bon patient, au bon endroit, au bon moment. Ce sont les scientifiques et les autorités sanitaires indépendantes, françaises et européennes, qui nous disent si le vaccin est efficace ou non, s'il est sûr ou non, dans quelles conditions nous pouvons l'utiliser, auprès de quels malades, dans quel ordre. Ce n'est pas une décision politique, c'est une orientation sanitaire et scientifique indépendante.

Quant à nous, je le répète, notre rôle est de veiller à ce que les choses se passent bien. Tel est le troisième et dernier défi à relever, celui de la logistique.

La stratégie nationale de vaccination a pour objectif principal de faire baisser la mortalité et les formes graves de la maladie, de protéger les Français et de garantir la sécurité sanitaire de tous nos concitoyens. Elle s'appuie sur les recommandations de la HAS relatives au plan de priorisation des populations à vacciner contre le covid-19 et comporte plusieurs étapes dont la première doit débuter très prochainement.

Au cours de cette première étape, nous visons un public éminemment prioritaire parce que plus vulnérable face à la maladie, plus fragile et plus exposé : les personnes âgées qui se trouvent dans des EHPAD, dans des services de long séjour et dans des unités de soins de longue durée, mais aussi dans d'autres lieux d'hébergement comme les résidences autonomie et les résidences services.

Protéger ces personnes vulnérables, nos aînés en perte d'autonomie, c'est aussi protéger les femmes et les hommes qui les accompagnent au quotidien. C'est pourquoi, suivant les recommandations de la HAS, nous proposerons la vaccination aux professionnels travaillant dans ces établissements, lorsqu'ils ont eux-mêmes un risque accru de formes graves ou de décès, qu'ils aient plus de 65 ans ou qu'ils présentent des facteurs de comorbidité. Des précisions seront fournies dans un avis complémentaire de la HAS.

Au total, 1 million de Français pourraient être concernés par cette première étape. C'est un défi en soi, mais nous pouvons faire confiance à nos soignants pour arriver à le relever.

C'est la priorité des priorités. Quand le virus entre dans un EHPAD, il s'arrête rarement à une seule personne, et nous avons constaté et déploré suffisamment de foyers qui ont coûté la vie à des dizaines de résidents. À cet égard, la décision la plus difficile que j'aie eu à prendre depuis le début de cette crise sanitaire, c'était la suspension des visites en établissements pour personnes âgées. Pour rien au monde, nous ne voulons revivre cette situation.

Je voudrais redire mon immense gratitude aux professionnels du grand âge parce que, dans cette période si compliquée, ils ont répondu présent. Croyez-moi, avec Brigitte Bourguignon, ministre déléguée chargée de l'autonomie, nous ne ménagerons pas nos efforts, au quotidien, pour être en contact permanent avec les résidents et les soignants des EHPAD.

Cette première étape sera décisive, mais les personnels des établissements pour personnes âgées ne seront pas seuls pour la franchir : ils seront informés en avance et les ARS se tiendront à leurs côtés pour que l'approvisionnement se déroule dans les meilleures conditions.

Viendra ensuite la deuxième étape, selon le rythme de livraison des différents vaccins. La vaccination se fera en fonction des tranches d'âge : d'abord les plus de 75 ans, puis les plus de 65 ans. Elle concernera aussi les personnels de santé et du secteur médico-social, âgés de plus de 50 ans et présentant des comorbidités. Après l'hiver vient de printemps : nous pourrons alors étendre progressivement la stratégie de vaccination au grand public. Elle s'adressera aux personnes âgées de 50 à 64 ans, soit une partie importante de la population, aux professionnels des secteurs essentiels au fonctionnement du pays en période épidémique – la sécurité, l'éducation, l'alimentaire –, aux publics vulnérables et précaires ainsi qu'aux professionnels qui les prennent en charge, aux personnes qui vivent dans des hébergements confinés ou des lieux clos. Elle s'étendra enfin au reste de la population majeure.

Pour cette étape, nous nous appuierons sur celles et ceux qui fondent le socle de notre système de santé, ceux à qui les Français font davantage confiance qu'à nous : les professionnels de santé de ville, en particulier les médecins.

Vous le voyez, nous sommes bel et bien entrés dans l'organisation de la campagne vaccinale dont le déploiement est imminent. Cela constitue, je le redis, un défi logistique immense, voire historique, tant l'échelle de cette campagne est sans comparaison avec nos traditions vaccinales.

La première étape de la campagne correspondra à l'utilisation du premier vaccin, celui de Pfizer et BioNTech, sous réserve évidemment du feu vert donné par les autorités sanitaires. Même si c'est une évidence dans notre pays, je rappelle que les vaccins contre le covid-19 sont traités avec le même niveau d'exigence que tous les autres médicaments autorisés en Europe, de manière à garantir leur sécurité.

Une fois l'autorisation de mise sur le marché obtenue par les laboratoires, la HAS donnera son avis sur chacun des vaccins. Elle va ainsi préciser dans quels cas ce vaccin sera indiqué ou contre-indiqué au plan individuel, en fonction des données scientifiques qui lui sont propres. L'AEM devrait rendre son avis le 21 décembre et, dans le même mouvement, les premiers vaccins devraient être livrés en France. La Commission européenne pourrait valider l'utilisation du vaccin en Europe le 23 décembre. À cet égard, je remercie vivement Clément Beaune, le secrétaire d'État chargé des affaires européennes, qui travaille d'arrache-pied sur ces questions. La commission technique des vaccinations de la HAS pourrait donner son avis le 24 décembre – probablement pas le 25 décembre, pour une raison que chacun comprendra – ou alors le 26, 27 ou 28 décembre. Ainsi, tout en assurant la coopération et la coordination des campagnes au niveau européen, nous pourrions commencer à vacciner, comme l'a dit le Premier ministre, avant la fin de l'année 2020, dans les derniers jours de décembre.

Je rappelle également que nous déploierons, pour tous les vaccins contre le covid-19, des dispositifs de pharmacovigilance renforcés afin de suivre, en temps réel et à l'échelle individuelle, tous les cas de suspicion d'effet indésirable. Résumons-les brièvement.

Les laboratoires, tout d'abord, seront tenus d'élaborer des plans de gestion des risques.

Ensuite, l'ANSM – Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé –, dont c'est le métier, centralisera les données de suivi des patients et des effets indésirables remontées du terrain et effectuera une analyse quotidienne des nouveaux cas. Une possibilité de signalement par les citoyens sera ouverte. L'ANSM publiera régulièrement les résultats de ce suivi sur son site internet.

Troisième pilier de la pharmacovigilance : des études spécifiques seront menées par l'ANSM et l'assurance maladie pour compléter les connaissances disponibles sur les risques de survenue d'effets indésirables.

Enfin, deux autres systèmes complémentaires de suivi seront parallèlement instaurés : le premier par l'INSERM – Institut national de la santé et de la recherche médicale –, qui évaluera l'incidence de la vaccination en vie réelle, en suivant des cohortes de patients, et le second par Santé publique France, qui assurera un suivi de l'efficacité de la vaccination en comparant les risques de contracter le virus parmi les populations vaccinées et non vaccinées.

Vous le voyez, nous mobiliserons un arsenal complet de dispositifs de suivi. C'est nécessaire pour que la confiance soit maximale.

J'en reviens à la première étape de la campagne de vaccination et aux caractéristiques du vaccin de Pfizer et BioNTech. Il s'agit d'un bien précieux qui doit être, disons-le, transporté et stocké avec un soin tout particulier. D'abord, il requiert un stockage à -80 oC. C'est pourquoi le Gouvernement a déjà acheté et qualifié des congélateurs spécifiques adaptés, équipés des systèmes d'information ad hoc, qui seront installés progressivement dans de nombreux points du territoire, afin que le vaccin puisse y être apporté et stocké temporairement avant la livraison finale. Nous devons en effet gagner du temps, car dès que le vaccin est décongelé – il est alors conservé entre 2 et 8 oC –, nous disposons de cinq jours pour vacciner les patients.

Pour ajouter encore à la complexité, la fragilité du brin d'ARN messager qui compose le vaccin ne permet pas d'excéder douze heures de transport entre sa décongélation et son injection aux patients : ce délai, au vu de toutes les étapes à respecter, impose, comme je l'indiquais, une logistique importante. Je rappelle ainsi que la France compte plus de 10 000 établissements collectifs accueillant des personnes âgées.

Pour relever ce défi, nous avons fait le choix de nous appuyer sur les compétences existantes et éprouvées dans notre pays, et sur la connaissance des pharmaciens, avec lesquels les établissements ont l'habitude de travailler. Nous avons évidemment acheté par avance le matériel de vaccination et de reconstitution nécessaire, comme les seringues, les aiguilles, ou encore les gants permettant de manipuler des produits à -80 oC – je vous fais grâce du reste. Au regard des délais de transport que je viens d'évoquer, il convient de s'assurer que les doses pourront être administrées rapidement après leur livraison au sein des établissements concernés, ce qui implique une planification très fine des circuits de livraison et une anticipation des campagnes de vaccination au sein de ces établissements.

L'organisation de la campagne de vaccination reposera d'abord sur la réalisation de consultations prévaccinales, prioritairement par les médecins traitants, qui en ont l'habitude. Les médecins recevront une information claire et complète sur le vaccin, son efficacité et ses contre-indications éventuelles. La communication de cette information a déjà commencé et sera complétée à l'issue de la procédure d'autorisation de mise sur le marché grâce à l'avis de la HAS, qui devrait intervenir à la fin du mois de décembre. Elle sera approfondie ce vendredi, sur la base des premières publications étrangères, en présence du professeur Alain Fischer.

Enfin, le jour de la vaccination, un dernier examen permettra d'évaluer l'état de la personne avant l'injection, qui devra se dérouler en présence d'un médecin.

Je crois aux vertus de l'explication, de la pédagogie et de la rigueur scientifique. La HAS a défini les publics prioritaires dans l'avis extrêmement précis qu'elle a rendu sur la stratégie vaccinale – un avis indépendant, je le répète, que nous avons fait le choix de suivre. Telle est notre méthode : nous appuyer sur l'expertise de ceux dont c'est le métier.

Permettez-moi, pour conclure, de mettre l'accent sur cette méthode. Notre stratégie vaccinale ne fonctionnera qu'au prix d'une mobilisation générale. Ce défi n'est pas uniquement celui du Gouvernement : c'est un défi collectif, le défi de toute une nation. C'est le sens même de la tenue de ce débat devant la représentation nationale.

Pour relever ce défi, nous travaillons collectivement : dès le lancement de la phase d'organisation, à l'automne, j'ai demandé à mon équipe d'amorcer une concertation très large. Plus de quarante réunions de prise de contact et d'information ont ainsi eu lieu, en toute transparence, avec les professionnels de santé. J'ai ensuite souhaité que des comités de suivi hebdomadaire soient organisés au ministère avec l'ensemble des parties prenantes. Je réunis toutes les semaines, au sein d'un comité des professions de santé, les représentants des professionnels de santé – ordres et syndicats –, qui seront une nouvelle fois en première ligne, ainsi que les représentants des personnels hospitaliers, qu'il s'agisse des fédérations, des conférences de directeurs, ou des présidents de commissions médicales d'établissement. J'ai également réuni en visioconférence, en fin de semaine dernière, 19 800 médecins qui ont répondu à l'appel du Conseil national de l'ordre des médecins, pour échanger à bâtons rompus, pendant une heure, sur les questions qui continuent à se poser. Par ailleurs, avec Brigitte Bourguignon, nous communiquons toutes les semaines avec les représentants des établissements pour personnes âgées, qui joueront dans les prochaines semaines un rôle absolument capital.

Je le dis ici sans ambages : nous ne susciterons pas l'adhésion des Français à la vaccination – et vous savez combien nos concitoyens sont exigeants en la matière – sans nous appuyer sur les communautés médicales, paramédicales et scientifiques. Mais notre stratégie serait également bien peu de chose sans l'appui et l'engagement des élus locaux. Mes équipes et moi-même tenons, tous les quinze jours, un comité des élus qui permet de partager toutes les informations et d'associer pleinement les collectivités au déploiement de notre stratégie, en s'appuyant sur leur connaissance fine du territoire, sur les ressources dont elles disposent, ou tout simplement sur la confiance et l'adhésion dont bénéficient les élus locaux. Je crois pouvoir dire que nous travaillons en confiance, et c'est précieux : les collectivités auront, main dans la main avec les ARS et les préfectures, un rôle majeur à jouer dans la campagne de vaccination, dès la première étape du processus et plus encore dans les phases suivantes. C'est pourquoi seront créées, au niveau local, des cellules territoriales de suivi de la vaccination, associant les services de l'État, les collectivités territoriales et les professionnels de santé.

Enfin, puisque j'ai évoqué la nécessité d'une mobilisation générale, je ne saurais passer sous silence la coordination européenne qui a marqué ces dernières semaines. L'Europe s'est montrée unie, soudée et ambitieuse pour préparer efficacement cette campagne vaccinale historique. Avec mes homologues allemand, belge, espagnol, italien, luxembourgeois, néerlandais, mais également suisse, nous échangions encore hier dans un esprit constructif et solidaire. Nous sommes convenus de poursuivre ensemble l'objectif d'un lancement coordonné de nos campagnes vaccinales.

Les coureurs de fond savent qu'un marathon ne commence vraiment qu'aux alentours du trentième kilomètre : c'est à ce moment, appelé « le mur », que se joue toute la course. Je ne sais pas encore à quel kilomètre de la course nous nous trouvons,…

M. Fabien Di Filippo. Vous êtes déjà très en retard ! (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes LaREM et Dem.)

M. Erwan Balanant. Di Filippo, c'est le sprinteur de la connerie ! Il franchit le mur du son.

M. Olivier Véran, ministre. …mais je sais que nous arrivons dans cette zone décisive où nous devons nous remobiliser pleinement malgré la fatigue et la lassitude. Nous allons donc avancer ensemble : mettre un pied devant l'autre, avec détermination, en étant prudents, transparents et surtout confiants. (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM, Dem et Agir ens.)


source http://www.assemblee-nationale.fr, le 18 décembre 2020