Conseil des ministres du 17 février 2021. L'accompagnement des étudiants dans la crise sanitaire.

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La ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation a présenté une communication sur l'accompagnement des étudiants dans la crise sanitaire.

Le Gouvernement se tient aux côtés des étudiants depuis le premier jour de la crise sanitaire et continuera de les accompagner autant que nécessaire. Les établissements d'enseignement supérieur, le réseau des œuvres universitaires ainsi que l'ensemble des personnels et les étudiants eux-mêmes sont mobilisés.

Depuis le premier jour de la crise, la continuité de l'enseignement supérieur est assurée.

L'enseignement à distance n'a cessé d'être amélioré depuis le début de la crise même s'il comporte des limites. Le Gouvernement a engagé plus de 70 millions d'euros notamment à travers les investissements d'avenir, afin de permettre aux établissements d'enseignement supérieur de déployer des enseignements hybrides. À la différence du premier confinement, les bibliothèques universitaires, les salles de ressources et l'ensemble des laboratoires de recherche sont restés ouverts de manière à permettre l'accueil des étudiants et des doctorants. Les travaux pratiques nécessitant une présence physique ont été maintenus sur autorisation des recteurs de régions académiques. Les examens se sont déroulés de manière satisfaisante selon les modalités arrêtées par les universités. Parce que le lien humain est indispensable pour les étudiants d'abord, mais aussi pour leurs enseignants, parce qu'il participe de la qualité du diplôme, le Président de la République et le Premier ministre ont confié à la ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation, en lien avec les conférences d'établissements et les organisations étudiantes, la responsabilité de proposer un chemin vers une reprise progressive et raisonnée des enseignements en présentiel dans les campus. Cette reprise progressive s'est ainsi traduite par l'accueil des étudiants qui en avaient le plus besoin par groupes de 10, dès le 4 janvier 2021. L'accueil des étudiants de première année de licence (L1) pour leurs travaux dirigés a représenté une deuxième phase de ce processus.

Le 21 janvier dernier, le Président de la République a demandé aux universités d'accueillir une journée par semaine les étudiants qui souhaitaient retrouver leur campus dans la limite de 20% de leur capacité d'accueil. Aujourd'hui, 75% des établissements d'enseignement supérieur ont réorganisé leurs emplois du temps, permettant ainsi à 60% des étudiants de renouer physiquement, s'ils le souhaitent, le lien avec leurs universités. À la fin du mois de février, l'ensemble des établissements proposera des modalités d'accueil des étudiants en présentiel pour le second semestre de l'année universitaire.

Le Gouvernement est particulièrement attentif aux conditions de vie des étudiants, élément essentiel à la réussite académique et à leur bien-être.

Dès le printemps 2020, le ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation a activé les leviers à sa disposition pour améliorer les conditions de vie étudiante (aide de 200 euros pour compenser la perte de nombreux emplois étudiants, prolongation des bourses sur critères sociaux pour tous les étudiants qui en avaient besoin au cours du mois de juillet).

Dans le cadre de la préparation de la rentrée étudiante, les droits d'inscription ainsi que les loyers dans les résidences universitaires ont été gelés et le montant des bourses sur critères sociaux a été revalorisé, afin de préserver le pouvoir d'achat des étudiants. Depuis le 31 août dernier, tous les étudiants boursiers bénéficient du ticket "restaurant universitaire" à 1 euro. Ce dispositif a été étendu à tous les étudiants depuis le 25 janvier dernier, qu'ils soient boursiers ou non, pour chacun de leur repas. Près de 1,35 million de repas à 1 euro ont été servis à travers 500 points de restauration partout sur le territoire au cours des trois premières semaines de mise en place du dispositif. La possibilité d'y prendre les repas assis et l'extension de l'ouverture des restaurants universitaires jusqu'à 20 heures participe de l'amélioration des conditions de restauration des étudiants.

À l'automne, face au deuxième confinement, le Premier ministre a annoncé une aide exceptionnelle de 150 euros, versée à l'ensemble des étudiants boursiers en décembre dernier. Les aides d'urgence des CROUS (aides alimentaires et aides au logement principalement) accessibles à tous les étudiants (boursiers ou non, nationaux ou internationaux) ont augmenté de 10 M€ (+ 40%) par rapport à 2020, et elles sont doublées en 2021, démontrant ainsi la détermination du Gouvernement à apporter son soutien aux étudiants nécessitant un accompagnement social spécifique du fait de la crise.

Le Premier ministre a par ailleurs annoncé la création de 20 000 emplois de tuteurs dans les établissements d'enseignement supérieur et de 1 600 emplois de référents dans les cités universitaires. À ce jour, près de 10 000 tuteurs et référents ont été recrutés et peuvent ainsi bénéficier d'un revenu pour une activité compatible avec la réussite académique tout en accompagnant les étudiants en risque de décrochage ou souffrant d'isolement.

Plus que jamais, le Gouvernement s'engage pour accompagner les étudiants et leur permettre de surmonter les conséquences économiques et sociales de cette crise.

Parce que cette crise se traduit également par un fort sentiment d'isolement, le Gouvernement renforce de manière inédite les capacités d'accompagnement psychologique des étudiants.

En plus de l'ouverture de lignes d'écoutes dédiées, de campagnes d'information et d'incitation des étudiants à "oser dire", le Premier ministre a décidé pour cette année 2021 le recrutement de 80 psychologues supplémentaires au sein des services de santé universitaire (SSU). Par ailleurs, dans le cadre du chèque d'accompagnement psychologique, un dispositif d'ensemble se met en œuvre, avec les services de santé universitaires, afin de permettre à tous les étudiants qui le souhaitent de pouvoir être accompagnés par un psychologue dans le cadre d'un parcours de soin entièrement gratuit pour les étudiants. Le nombre de consultations psychologiques dans les SSU s'élevait à 2 000 lors de la semaine du 8 février.

Enfin, depuis le premier confinement, les établissements d'enseignement supérieur ainsi que le réseau des œuvres universitaires, grâce aux nouvelles ressources propres établies dans le cadre du Plan Étudiants d'octobre 2017, viennent soutenir les étudiants qui en ont le plus besoin, principalement à travers l'aide alimentaire.

L'insertion professionnelle des étudiants est également une priorité du Gouvernement.

Dans le cadre du plan "1 jeune, 1 solution", des dispositifs inédits de soutien à l'embauche d'apprentis sont mis en œuvre, y compris au bénéfice des étudiants de 1er et de 2ème cycles. Malgré la crise, l'apprentissage dans l'enseignement supérieur marque une augmentation en comparaison de l'année précédente et s'inscrit comme un réel vecteur d'insertion professionnelle, de transformation des pratiques pédagogiques. Les diplômés boursiers de l'enseignement supérieur qui souhaitent s'insérer sur le marché du travail peuvent bénéficier d'une aide représentant l'équivalent de 70% du montant de leurs bourses pendant 4 mois afin de mieux les accompagner dans leur recherche d'emploi. Par ailleurs, une aide spécifique pouvant représenter jusqu'à 500 euros est ouverte aux jeunes diplômés en difficulté, y compris ceux qui n'étaient pas boursiers de l'enseignement supérieur et qui sont accompagnés par Pôle emploi ou l'Association pour l'emploi des cadres (APEC).

Enfin, le Gouvernement ainsi que les établissements d'enseignement supérieur se mobilisent pour les stages des étudiants. Dans la continuité des mesures prises dès le premier confinement, le ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation prend les dispositions nécessaires pour permettre aux établissements de procéder aux aménagements nécessaires pour les stages, obligatoires ou non pour la diplomation des étudiants. Une attention spécifique, en lien avec les acteurs économiques et les collectivités territoriales, sera apportée afin d'aider les étudiants dans leur recherche de stages, en facilitant la mobilisation des offreurs de stages et leur visibilité sur la plateforme nationale "1 jeune, 1 solution".