Interview de Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre de l'industrie, à LCI le 24 février 2021, sur la violence des mineurs, les vaccins contre le coronavirus, la décision du maire de Lyon de servir un menu sans viande dans les cantines scolaires et l'"islamo-gauchisme" à l'université.

Texte intégral

JEAN-MICHEL APHATIE
Bonjour Agnès PANNIER-RUNACHER.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Bonjour Jean-Michel APATHIE.

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous êtes ministre chargé de l'Industrie, nous allons parler puisque vous êtes au coeur de ce problème-là, de cette difficulté là ou de cette gestion-là, des vaccins bien entendu. Avant nous sommes tous saisis par ce qui s'est passé dans l'Essonne, deux adolescents qui ont trouvé la mort dans des affrontements entre bandes, qu'est-ce qu'on peut faire pour lutter contre ces phénomènes de violence qui nous émeuvent, quels moyens mettre en oeuvre pour diminuer cette violence ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Je crois que le ministre de l'Intérieur qui était sur place l'a rappelé, il y a une notion d'éducation, de renforcement de l'accompagnement de ces jeunes et des parents, qui sont parfois confrontés et tout seul à devoir affronter ces situations-là, des familles monoparentales, mais c'est aussi une justice qui agit vite et c'est une police qui est en proximité des populations et vous savez que nous avons engagé le Beauvau de la sécurité, c'est probablement une des thématiques de savoir comment rapprocher la police des populations, comment équiper les corps policiers et comment faire en sorte qu'ils puissent avoir à la fois un rôle de prévention et un rôle d'intervention sur le terrain.

JEAN-MICHEL APHATIE
L'isolement des parents, la police de proximité et les défaillances de l'Education, ce sont des problèmes de toutes les sociétés, cette violence on a l'impression que c'est un facteur culturel contre lequel finalement on a peu de prise.

AGNES PANNIER-RUNACHER
C'est un facteur contre lequel on peut agir, je pense qu'il ne faut pas se laisser aller à la fatalité. Ça ne veut pas dire qu'on sera capable de réduire tous les sujets mais on sait par exemple qu'avec les moyens que nous avons remis dans la justice de proximité, on a un moyen d'envoyer un message rapide et en particulier pour les jeunes, parce que pour les jeunes le fait que le traitement judiciaire ne soit pas suffisamment rapide, ne joue pas le rôle quelque part de d'encadrement de lignes rouges que l'on place et qui permet de…

JEAN-MICHEL APHATIE
On parle de mineurs, 13 ans, 14 ans, ils n'ont pas conscience de la lenteur ou de la rapidité de la justice.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Oui mais par contre les policiers qui les arrêtent à plusieurs reprises sont probablement un peu démotivés de voir que l'action n'avance pas assez vite. Et donc c'est notre responsabilité de faire en sorte que et la justice et la police aient les moyens de faire leur métier dans de bonnes conditions auprès de la population.

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous avez en charge Agnès PANNIER-RUNACHER la gestion industrielle, je ne sais pas si on peut le parler comme ça des vaccins, de l'approvisionnement de la France en vaccins, combien on reçoit de doses aujourd'hui de vaccins chaque semaine, est-ce que ça correspond à nos besoins ou est-ce qu'il y a des problèmes d'approvisionnement aujourd'hui ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Par rapport à notre calendrier vaccinal, c'est-à-dire vacciner un million de personnes au mois de janvier et 15 millions de personnes vulnérables au mois de juin, nous recevons le bon nombre de doses. Par rapport aux attentes…

JEAN-MICHEL APHATIE
Il n'y a pas de manque ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Il n'y a pas de manque ? Par rapport aux attentes de la population qui sont plus fortes et qui voudraient être vaccinés plus vite nous faisons en sorte d'augmenter la production de vaccins. L'enjeu c'est effectivement d'augmenter la production de vaccins.

JEAN-MICHEL APHATIE
Quels vaccins ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Au niveau européen. Tous les vaccins qui arrivent sur le marché, on a un principe très simple au niveau européen dès lors qu'un vaccin est capable de démontrer son efficacité et sa sécurité, alors nous le validons avec une autorisation de mise sur le marché. C'est valable pour les vaccins européens, c'est valable pour des vaccins qui pourraient être russes ou chinois.

JEAN-MICHEL APHATIE
Toujours pas de demande…

AGNES PANNIER-RUNACHER
Aujourd'hui malheureusement pas de demande formalisée.

JEAN-MICHEL APHATIE
Pourquoi, pourquoi est-ce que les autorités russes ne le font pas ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Alors d'abord c'est…

JEAN-MICHEL APHATIE
C'est à elles qu'il faudrait poser la question, peut-être que vous discutez avec elles.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Bien sûr nous discutons avec elles, je pense qu'il y a un sujet tout simple, c'est que la production industrielle de vaccins en Russie n'est pas si simple, c'est un vaccin un peu complexe et qu'en réalité il ne saurait pas servir le marché européen, on est d'ailleurs en discussion pour voir si on est capable de les aider à augmenter leurs capacités de production.

JEAN-MICHEL APHATIE
Les médecins vont commencer à vacciner maintenant ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Les médecins vont commencer à vacciner à partir de demain avec de l'Astrazeneca qui est un vaccin qui tend à prouver son efficacité sur les formes graves.

JEAN-MICHEL APHATIE
Ça se discute visiblement, les gens pensent qu'il n'est pas très efficace.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Alors il y a ce que les gens pensent et ce que les études scientifiques montrent, les dernières études scientifiques montrent que le vaccin Astrazeneca est très efficace sur les formes graves et c'est ce qu'on recherche parce qu'au fond pourquoi cette stratégie vaccinale sur les personnes âgées et sur les personnes vulnérables ? Parce que ce sont celles qui développent les formes graves. Ce qu'on ne sait pas aujourd'hui c'est si le vaccin diminue fortement la capacité à transmettre le virus.

JEAN-MICHEL APHATIE
C'est paradoxal de dire que le vaccin est efficace sur les formes graves puisqu'il a pour vocation précisément de prévenir la maladie, donc comment est-ce qu'on peut dire que ce vaccin est efficace sur la forme grave de la maladie puisqu'il empêche le développement de la maladie, je comprends pas bien le raisonnement.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Alors si et vous mettez le doigt sur le sujet, c'est-à-dire que le vaccin peut être moyennement efficace ou efficace à 60 % sur le fait que vous démarriez la maladie, mais comme c'est une maladie qui à 80 % est relativement bénigne cela n'a pas de portée pratique, je dirais ni pour vous ni pour le système de santé, en revanche une forme grave peut avoir des conséquences extrêmement délétères. Délétères pour le système de santé, réanimation, pression sur les soignants, délétères pour vous à titre personnel, risque de séquelles ou évidemment risque des décès, donc l'enjeu c'est de vacciner d'abord les plus vulnérables.

JEAN-MICHEL APHATIE
Bien sûr.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Et s'agissant des plus jeunes, il faut avoir les chiffres et on ne les a pas aujourd'hui complètement qui nous prouvent que le vaccin empêche la circulation du virus. On n'en est pas complètement sûr.

JEAN-MICHEL APHATIE
Il n'y a pas un risque avec Astrazeneca qu'on en ait acheté beaucoup et que finalement on n'en ait pas pour son argent ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Je ne partage pas ce point de vue, d'abord l'Astrazeneca encore une fois est efficace sur les formes graves. Il est efficace plus qu'un vaccin contre la grippe, c'est vrai que la divine surprise c'est que les vaccins ARN messagers ont un niveau d'efficacité parmi les plus hauts des vaccins qui ont jamais été inventés, plus de 90 %, c'est extrêmement rare en termes d'efficacité. Mais restera l'Astrazenecca, il a une logistique simple, pas besoin de le mettre dans un congélateur à moins 80 degrés, voire même à moins 20 degrés, il a une administration simple et il peut notamment bénéficier sur des populations générale, y compris d'ailleurs dans les pays en développement et les pays en développement demandent de l'Astrazeneca, ils ne demandent pas un vaccin qu'on conserve à moins 80 degrés qui est absolument ingérable en logistique.

JEAN-MICHEL APHATIE
Et donc il n'y a pas aujourd'hui le problème industriel ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Si on a un défi industriel.

JEAN-MICHEL APHATIE
Un défi mais est-ce qu'il a un problème, est-ce qu'on manque, non vous le disiez on reçoit ce qu'on doit recevoir, non il y a un problème ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
On a un défi industriel parce qu'on voudrait augmenter nos capacités de production, ça prend du temps, on a jamais vacciné toute une planète entière et donc vous avez une pression sur les capacités de production industrielle qui est incroyablement forte. Ça veut dire que vous avez une pression sur tous les composants qui rentrent en ligne de compte pour faire un vaccin, les composants, les matières premières, sur tous les flacons, les capsules, les bouchons et que nous allons cesser de devoir affronter des goulets d'étranglement pour faire en sorte de continuer à produire des vaccins et à en produire plus. On produit des milliards de vaccins dans le monde, on va en produire des milliards cette année, ça n'a jamais été fait.

JEAN-MICHEL APHATIE
SANOFI va commencer à en produire quand ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
SANOFI, c'est le laboratoire qui va produire 3 vaccins. Nous avons avec le président de la République reçu Paul HUDSON lundi qui nous a confirmé après avoir, je dirais beaucoup discuté, qu'il était prêt à produire 100 millions de doses de vaccins Johnson et Johnson.

JEAN-MICHEL APHATIE
C'est le PDG de SANOFI.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Donc Paul HUDSON qui est effectivement le dirigeant de SANOFI. Il a déjà validé le fait qu'il produirait des doses pour BioNtech. Et donc BioNtech plus Johnson and Johnson, plus leurs propres vaccins, ces 3 vaccins devant arriver en production entre le mois de juin et le mois de septembre pour les 3 vaccins, donc ils sont parties prenantes de ce combat et je crois qu'on peut saluer cette responsabilité et on espère qu'elle donnerait de bonnes idées aux autres laboratoires GSK, Merck pour se positionner aussi dans la production des vaccins.

JEAN-MICHEL APHATIE
Pour produire des vaccins. Un mot sur la stratégie vaccinale, Nadine MORANO était l'invité de LCI hier, elle était à votre place, elle amène sa maman pour se faire vacciner parce que par Internet elle a pu obtenir une place, mais elle témoigne, d'autres qui sont peut-être, d'autres personnes âgées sans doute qui sont moins habiles avec les outils informatiques ont du mal, on écoute Nadine MORANO.

NADINE MORANO
Le gouvernement au-delà de ces défaillances d'informations de protection des personnes vulnérables a créé une vraie fracture numérique vaccinale. C'est-à-dire que ceux qui n'ont pas accès à un ordinateur, qui n'ont pas des enfants qui peuvent s'en occuper ne peuvent pas s'inscrire alors qu'ils sont prioritaires parce qu'ils ont plus de 75 ans. Eh bien ça aussi c'est une catastrophe, leur stratégie vaccinale est un scandale.

JEAN-MICHEL APHATIE
Et elle dit dommage qu'on n'ait pas écrit aux personnes âgées, qu'on n'ait pas trouvé d'autres systèmes pour rentrer en contact avec elles.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Alors Nadine MORANO dit qu'on n'a pas écrit aux personnes âgées, mauvaise pioche puisque nous avons écrit aux personnes âgées de plus de 75 ans. La CNAM a systématiquement envoyé un courrier à toutes les personnes âgées de plus de 75 ans.

JEAN-MICHEL APHATIE
Elles ne peuvent pas s'inscrire autrement que par téléphone.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Celles qui sont aujourd'hui prioritaire en leur donnant un numéro de téléphone et en leur donnant une adresse de site.

JEAN-MICHEL APHATIE
Téléphone saturé.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Ce que dit Nadine MORANO est faux déjà.

JEAN-MICHEL APHATIE
Alors téléphone saturé et adresses de sites, les gens n'ont pas toujours l'habilité pour le faire. Est-ce qu'il faut rajouter quelque chose pour permettre une inscription plus facile ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Nous ce que nous essayons de faire et c'est pour ça qu'il y a un très grand nombre de centres sur le terrain, c'est que les centres vaccinaux prennent aussi en file d'attente des personnes qui viennent se présenter au centre, donc vous avez l'internet…

JEAN-MICHEL APHATIE
Eh bien justement elle disait que ce n'était pas fait.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Elle dit aussi qu'on n'a pas envoyé de lettre et on l'a fait, donc elle n'a peut-être pas…

JEAN-MICHEL APHATIE
Peut-être qu'elle n'a pas trot sur tout non plus.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Peut-être elle n'est pas tombée dans le bon centre, je n'en sais rien mais ce n'est pas de chance, mais on ne peut pas exciper d'un cas particulier…

JEAN-MICHEL APHATIE
Les gens peuvent aller dans les centres et s'inscrire directement.

AGNES PANNIER-RUNACHER
On a effectivement dans certains centres cette facilité mais là où elle a raison, là où elle a raison, c'est que dans le monde rural lorsque vous êtes une personne âgée isolée, c'est plus difficile de vous faire aller à un centre vaccinal et c'est pour ça que nous écrivons et c'est pour ça que nous appelons et c'est pour ça que nous demandons aussi aux médecins d'être ce pivot de conseils et d'accompagnement des personnes âgées. C'est évidemment essentiel et les entourages de ces personnes âgées ont un rôle à jouer, de même des personnes qui présentent des co-morbidités comme on dit, donc qui risquent de développer une forme grave. Mais notre priorité c'est les personnes vulnérables qui risquent de faire des formes graves, il faut vraiment se concentrer sur ça.

JEAN-MICHEL APHATIE
Il y a d'autres sujets de débat dans la société française d'un degré d'intérêt variable, mais on voit peut-être les passer en revue, plus de viande dans les cantines lyonnaises, ça vous choque ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
J'entends le maire de Lyon qui dit que c'est une mesure sanitaire et donc je comprends qu'elle sera provisoire. Si c'est ça très bien.

JEAN-MICHEL APHATIE
Jusqu'à Pâques.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Si c'est une mesure provisoire et sanitaire pourquoi pas ? Il est en charge de l'organisation des cantines, s'il y a de l'idéologie derrière je suis plus mal à l'aise parce que je ne pense pas qu'il faille…

JEAN-MICHEL APHATIE
C'est difficile à déterminer ça.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Je ne pense pas qu'il faille prendre en otage des enfants au nom de l'idéologie.

JEAN-MICHEL APHATIE
Barbara POMPILI qui a étrillé Julien DENORMANDIE, son collègue de l'Agriculture, Barbara POMPILI est ministre de l'Ecologie, en me disant que les arguments contre les végétariens sont préhistoriques, vous en pensez quoi, vous êtes d'accord avec elle ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
J'ai l'impression qu'on doit être au-dessus de cette chronique ? Pardon mais le sujet c'est une décision qu'a pris le maire de Lyon.

JEAN-MICHEL APHATIE
C'est spectaculaire qu'une ministre dise de son collègue, vos arguments sont préhistoriques, c'est assez spectaculaire quand même.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Le sujet aujourd'hui et ce qu'attendent les Français, c'est qu'on se concentre sur la lutte contre les crises que nous devons affronter, crise sanitaire, crise économique, crise climatique, soyons au travail.

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous ne direz pas de quel ministre vous vous sentez le plus proche dans cette partie de…

AGNES PANNIER-RUNACHER
Moi vous savez je suis quelqu'un de très simple, je dois faire en sorte qu'il y ait des vaccins en plus en France. J'ai une crise économique et une relance à préparer et je pense que ces sujets-là intéressent beaucoup plus les Français, ils sont beaucoup plus dans le réel que certaines polémiques qui sont d'ailleurs parfois un petit peu alimentées…

JEAN-MICHEL APHATIE
Par les journalistes.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Par la chronique ou les commentateurs.

JEAN-MICHEL APHATIE
Voilà vous alliez le dire, c'est moi qui l'ai dit. Oui mais enfin pas de viande dans les cantines, ça pour le coup c'est un sujet grand public, plus grand public sans doute que la tribune, le sujet de la tribune que vous avez cosigné hier dans Le Monde l'islamo-gauchisme qui est un sujet qui a surgi sans que personne ne s'y attende sur la scène publique. Le titre de votre chronique c'est « au secours le clivage droite gauche revient » et Manuel VALLS parle d'un « en même temps insupportable », il vous reproche de ne pas choisir votre camp. Ma question est toute simple, est-ce que vous soutenez Frédérique VIDAL qui dénonce la présence dit-elle de l'islamo-gauchisme dans les universités ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Alors je vais vous répondre très simplement, je n'ai aucune complaisance, aucune complaisance par rapport à l'islamisme politique.

JEAN-MICHEL APHATIE
Qui en a ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Et lorsque Frédérique.

JEAN-MICHEL APHATIE
Qui en a ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Comme ça c'est très clair.

JEAN-MICHEL APHATIE
Qui en a, on sait qui en a ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Et lorsque que Frédérique VIDAL dit nous allons lancer une enquête sociologique, sociologique pour évaluer le phénomène.

JEAN-MICHEL APHATIE
Qu'est-ce que c'est une enquête sociologique, vous le savez vous ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Je sais ce que c'est puisque c'est ce que font les sociologues. Nous sommes à l'université, il y a de la recherche et c'est un objet de recherche.

JEAN-MICHEL APHATIE
Il s'agit de dénoncer des enseignements sinon ça n'a pas de sens. Sociologique c'est un mot qui…

AGNES PANNIER-RUNACHER
Non mais Jean-Michel APHATIE, qu'est-ce qui vous fait peur à l'idée qu'on lève le couvercle et que tout simplement on factualise ce qui se passe dans les universités et qu'on met des chiffres et qu'on met des faits pour savoir si oui ou non, pour savoir si oui ou non et dans quelles proportions et de quelle manière, on observe qu'il y ait une utilisation politique de l'université pour certaines idéologies.

JEAN-MICHEL APHATIE
Il s'agit bien de regarder si des enseignants ou des étudiants accompagnés par des enseignants sont coupables de ce que l'on appelle l'islamo-gauchisme, c'est ça ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Mais là vous êtes sur le registre de la culpabilité. Moi je suis le sur les registres du diagnostic.

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous dites vous-même quand vous êtes opposée…

AGNES PANNIER-RUNACHER
J'établie un constat.

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous dites vous-même que vous vous êtes opposée à ce qu'on appelle l'islamo-gauchisme donc il s'agit bien de dénoncer les pratiques et donc des gens qui les commettent.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Non moi je dis, on est en train de mettre le débat sur un débat de sémantique. Frédérique VIDAL passe 22 minutes d'interview à parler que la situation des étudiants, du fait qu'ils ont des problèmes psychologiques, de fait qu'il faut les accompagner…

JEAN-MICHEL APHATIE
Frédérique VIDAL répond à l'Assemblée nationale…

AGNES PANNIER-RUNACHER
Non je vais jusqu'au bout parce que c'est de là qu'est partie la polémique, 12 secondes elle évoque ce sujet-là qui n'est pas un sujet qui n'existe pas, mais qui est parmi d'autres sujets. Et moi je dis très simplement, je dis très simplement, posons le diagnostic, il a ce sujet-là, posons un diagnostic, assumons, ne regardons pas à côté, mais ne soyons pas hystérique autour de ce sujet et travaillons aussi sur toutes les autres formes de discrimination que nous rencontrons notamment à l'université et soyons dans le réel avec les étudiants. Aujourd'hui le problème des étudiants…

JEAN-MICHEL APHATIE
Oui c'est autre chose, on est d'accord. Frédérique VIDAL a choisi de répondre elle-même à l'Assemblée nationale…

AGNES PANNIER-RUNACHER
Parce qu'on lui a posé la question.

JEAN-MICHEL APHATIE
Il n'y a pas que 12 secondes où elle aurait pu répondre autrement.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Parce qu'on lui a posé la question Jean-Michel APHATIE.

JEAN-MICHEL APHATIE
C'est là qu'elle a choisi d'annoncer l'enquête du CNRS.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Ne soyons pas malhonnête.

JEAN-MICHEL APHATIE
C'est là qu'elle a choisi, en essayant d'être honnête vous avez raison, d'annoncer l'enquête sur le CNRS à l'Assemblée nationale et pas dans une interview. Est-ce que votre ministère utilise l'écriture inclusive ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Mon ministère n'utilise pas d'écriture inclusive.

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous y êtes hostile ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Je pense que je suis extrêmement soutenante de la parité femme-homme, je ne commence pas par l'écriture inclusive parce qu'il me semble qu'il ya d'autres combats très important que nous devons mener, je pense notamment sur l'accès des femmes au financement, l'accès des femmes aux banques, l'accès des femmes…

JEAN-MICHEL APHATIE
Pas d'écriture inclusive.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Ce n'est pas oui, non, c'est commençons par les combats qui ont le plus d'impacts pour le quotidien des Françaises.

JEAN-MICHEL APHATIE
Une proposition de loi est déposée à l'Assemblée nationale et c'est un député de la majorité qui l'a déposé, donc voilà pourquoi je posais la question.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Et une autre proposition de loi est au travail aujourd'hui et pourrait être déposée notamment pour améliorer la parité femme-homme dans l'économie, je crois que cette proposition de loi est très intéressante et qu'il faut la soutenir.

JEAN-MICHEL APHATIE
Plutôt que l'écriture inclusive. Merci Agnès PANNIER-RUNACHER d'avoir répondu à mes questions.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Merci beaucoup.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 25 février 2021