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La ministre déléguée auprès de la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion, chargée de l'insertion, a présenté une communication sur le bilan de l'apprentissage en 2020 et la préparation de la rentrée 2021.

1. 2020, le bilan positif des entrées en apprentissage

La loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel avait clairement pour ambition de soutenir un développement massif de l'apprentissage. Aujourd'hui, les résultats sont perceptibles.

Le nombre d'apprentis a progressé de 40% par rapport à l'année 2019 pour atteindre les 495 000 entrées en apprentissage dans le secteur privé et dépasser le seuil symbolique de 500 000 contrats, en y incluant le secteur public. Le bilan, très positif, montre bien que les chiffres ont battu des records.

Ce mode d'enseignement consiste à former des jeunes en alternant formation théorique et pratique avec un travail rémunéré en entreprise. Les jeunes bénéficient ainsi d'une première expérience professionnelle favorisant une insertion plus rapide dans l'emploi. C'est donc une des solutions les plus efficaces pour lutter contre le chômage des jeunes et favoriser leur insertion durable dans l'emploi.

2. L'essor de l'apprentissage en 2020 : l'effet conjugué de trois effets

La nette hausse constatée en 2020 du nombre d'apprentis s'explique par trois effets conjugués :

- la réforme du mode de financement et la simplification de la procédure de création de centres de formation d'apprentis (CFA) ont permis d'initier un réel élan, constaté dès 2019. Ainsi, au mois de mars de cette année, 2 326 centres CFA ont fait une déclaration d'activité auprès des directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (DIRECCTE) (contre 950 avant la promulgation de la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel). La réussite de l'apprentissage en 2020 traduit un effort exceptionnel de la part des CFA ;
- la poursuite, au sein de l'alternance, de la montée en puissance de l'apprentissage en substitution des contrats de professionnalisation, sur le champ des jeunes de moins de 30 ans, continue de s'opérer en 2020. Il s'agit ici d'un rééquilibrage initié en 2019 étant donné que l'apprentissage constitue le cadre le plus adapté pour les formations initiales en alternance. La dynamique globale de l'alternance reste largement positive, avec une hausse de près de 10% ;
- l'incitation à l'embauche d'apprentis par la prime mise en place en 2020 dans le cadre du plan #1jeune1solution, financée par France Relance, a permis d'éviter un effondrement redouté du fait de la crise sanitaire et même de soutenir la dynamique de croissance. D'un montant de 5 000 € pour les mineurs et de 8 000 € pour les majeurs pour la première année, cette prime s'adresse aux apprentis jusqu'au niveau bac+5 dans les entreprises de moins de 250 salariés sans condition et sous condition de respect d'un quota d'alternants au-delà de 250 salariés.

L'accroissement du nombre de contrats d'apprentissage témoigne par ailleurs d'une réelle mobilisation des entreprises, incitées à ne pas retarder les embauches grâce à la prime du plan #1jeune1solution.

3. La progression de l'apprentissage bénéfice à toutes les entreprises et tous les territoires
La croissance nette de l'apprentissage, c'est-à-dire hors substitution observée en provenance des contrats de professionnalisation, est tirée par l'enseignement supérieur, et notamment le niveau bac+2 qui compte pour le tiers de cette augmentation. Le nombre de contrats au niveau bac et infra bac s'est par ailleurs maintenu en volume.

L'ensemble des entreprises, quelle que soit leur taille, sont concernées par cette croissance. On note ainsi un taux d'augmentation du nombre de contrats sensiblement identique pour les entreprises de moins de 250 salariés et les entreprises de plus de 250 salariés. En volume, plus de 75% des entreprises ayant signé un contrat d'apprentissage sont des très petites et petites et moyennes entreprises (TPE-PME).

De nouvelles entreprises ont recours à l'apprentissage et de nouveaux profils de jeunes y adhèrent, ce qui concourt à une meilleure reconnaissance de l'apprentissage, pour permettre de se former à tout niveau de diplôme.

La dynamique observée cette année s'explique tout particulièrement par un recours accru à l'apprentissage dans les secteurs des services et du commerce (+ 50%). On observe en revanche une stabilité qui doit être saluée dans le bâtiment et les travaux publics ainsi que dans l'industrie au regard des prévisions et de l'impact de la crise sanitaire.

On observe par ailleurs que cette dynamique positive de l'apprentissage a su profiter à l'ensemble des territoires.

4. La préparation de la rentrée 2021 : des accompagnements maintenus jusqu'à la fin de l'année

Le 9 mars dernier, des scénarios proposant une prolongation des primes exceptionnelles à l'embauche d'alternants ont été soumis aux partenaires sociaux afin de répondre aux attentes pour la rentrée 2021, dans un contexte de préparation de la sortie de crise sanitaire.

Prenant en considération l'avis des partenaires sociaux qui souhaitent que les entrées en apprentissage continuent à être soutenues tout en donnant rapidement de la visibilité aux entreprises sur les aides, le Premier ministre a annoncé en conférence de dialogue social le 15 mars le maintien jusqu'à la fin de l'année, suivant les mêmes modalités d'intervention, des primes exceptionnelles à l'apprentissage et pour les contrats de professionnalisation.

Plusieurs actions ciblées sont par ailleurs envisagées pour poursuivre la promotion et le développement de l'apprentissage en 2021, notamment dans le secteur sanitaire et médico-social ainsi que dans le monde associatif et sportif. Les possibilités d'accueil d'apprentis dans la sphère publique seront également développées tout en s'intéressant au financement structurel de l'apprentissage dans ce secteur avec les employeurs territoriaux et le Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT).