Interview de M. Jean-Michel Blanquer, ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, à France Info le 23 avril 2021, sur la mise en place des autotests dans les lycées, la contamination dans les cantines, et la vaccination des enseignants contre le Covid-19.

Texte intégral

LORRAIN SENECHAL
Bonjour Jean-Michel BLANQUER.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Bonjour Lorrain SENECHAL.

LORRAIN SENECHAL
Un cas détecté et c'est toute la classe qu'on ferme, c'est la règle, on peut la résumer comme ça, qui sera appliquée à partir de ce lundi dans 50.000 écoles en France, vous êtes donc prêt à ce qu'il y ait des fermetures de classes en cascade ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Vous savez, depuis septembre 2020 on a des règles de fermeture des classes à chaque fois qu'il y a des cas, alors ça a été trois cas, ça a ensuite été un cas, mais en tout cas on a toujours assumé le fait que, même lorsque nous ouvrons, il y a des classes fermées, c'est même la rançon à payer pour pouvoir faire les choses dans de bonnes conditions. Alors, c'est vrai que la fermeture d'une classe à partir d'un cas c'est une mesure très stricte et qui conduira nécessairement à ce qu'il y ait un certain nombre de fermetures de classes, j'espère le moins possible, mais il y en aura plus, cela va de soi, que dans certaines périodes que nous avons connues, peut-être que nous pourrons alléger cela dans les semaines qui viennent si les données épidémiques s'améliorent, mais nous étions obligés d'avoir des mesures de grande prudence et de grande attention, encore une fois c'est la condition pour réussir à ouvrir, dès la semaine prochaine, toutes les écoles.

SALHIA BRAKHLIA
Jean-Michel BLANQUER, vous voyez les chiffres de l'épidémie, 30.000 cas par jour, près de 6000 patients en réanimation, franchement, est-ce bien raisonnable de rouvrir les écoles dans ces conditions ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
C'est plus que raisonnable, c'est indispensable. Nous savons que les enfants ont besoin d'école, je pense que l'ensemble de la société française l'a compris, encore plus à l'occasion de cette crise sanitaire, on sait ce que ça signifie priver les enfants d'école, ça a aussi des conséquences, non seulement éducatives, mais sanitaires, psychologiques, donc l'école c'est bon pour les enfants et notre société doit toujours avoir comme priorité les enfants, les adolescents, les jeunes.

SALHIA BRAKHLIA
Donc vous assumez de rouvrir malgré l'épidémie qui est encore à un niveau très haut !

JEAN-MICHEL BLANQUER
L'épidémie est à un niveau très haut, mais elle commence à baisse tout de même, et puis, comme on vient de le voir lors de la première question, nous ne le faisons pas n'importe comment, nous le faisons avec des moyens et des conditions qui sont très encadrantes, et c'est parce que nous faisons ça de façon très rigoureuse que nous pouvons rouvrir, mais c'est, encore une fois, indispensable pour les enfants, et le grand but c'est d'avoir une année scolaire 2020-21 où les enfants de France auront pu avoir école le plus normalement possible et pour moi cet objectif est fondamental, encore une fois avec un cadre rigoureux sur le plan sanitaire.

LORRAIN SENECHAL
Alors, pour éviter que les écoles soient un réservoir pour un éventuel rebond de l'épidémie, il y a bien sûr détecter les cas le plus tôt possible, on parlera dans un instant des tests, mais il y a aussi ce protocole sanitaire qui est très strict, comment est-ce qu'on fait pour éviter les brassages, pour éviter de saturer les salles de classe ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Alors, s'agissant des écoles primaires il y a différentes mesures qui sont prises, la France, vous le savez déjà, pratique le fait d'avoir des masques pour les enfants dès l'âge de 6 ans, ce qui n'est pas le cas dans plusieurs pays, au début c'était une mesure difficile à prendre et, évidemment, c'est très contraignant, mais c'est quelque chose qui a été efficace. On demande des mesures de distanciation, on fait en sorte que les enfants aillent à la cantine en restant les enfants d'une même classe, pour limiter les brassages, on encourage les activités de plein air, et bien sûr nous travaillons avec les collectivités locales, qui ont la responsabilité de tout ce qui est hygiène du quotidien, la présence des gels hydro-alcooliques, l'ensemble des mesures qu'on prend aussi par exemple pour mesurer le CO2, certaines mettent aussi des purificateurs d'air, tout ceci c'est un partenariat collectivités locales-Etat, qui fait que d'ailleurs maintenant des réflexes professionnels existent, au quotidien, de la part de notre système, qui s'est beaucoup adapté en un an.

SALHIA BRAKHLIA
Mais Jean-Michel BLANQUER, la cantine, par exemple, vous l'avez évoqué, c'est le maillon faible de ce protocole sanitaire, est-ce que vous dites aux parents ce matin, ceux qui le peuvent n'envoyez pas vos enfants à la cantine ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Alors, c'est le maillon faible, non pas du protocole sanitaire, mais de la vie quotidienne, c'est comme pour nous tous, c'est-à-dire…

SALHIA BRAKHLIA
Oui, les enfants se regroupent et ils enlèvent leurs masques pour manger.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Quand vous mangez en famille… vous êtes dans un moment de maillon faible de votre vie quotidienne, et la cantine, de ce point de vue-là, n'est pas plus le maillon faible que d'autres moments où l'enfant mange, mais le fait est que pour beaucoup d'enfants c'est le moment d'un repas, là aussi, qui est important pour leur santé, repas équilibré, donc il y a un enjeu social et un enjeu de santé, mais c'est vrai que lorsque l'on peut avoir son enfant chez soi pour le déjeuner c'est mieux, donc c'est effectivement une recommandation qu'on peut faire.

SALHIA BRAKHLIA
Donc vous demandez aux parents, ce matin, de le faire quand ils le peuvent ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, d'ailleurs ce n'est pas complètement nouveau, mais c'est vrai qu'on peut souligner cette recommandation, c'est aussi bien de façon à ce qu'il y ait moins d'enfants à la cantine et que ce soit les enfants qui en ont le plus besoin qui puissent bénéficier de la cantine, mais en tout cas nous tenons à ce que les cantines restent ouvertes, autant que possible, il arrive que nous en fermions, mais autant que possible, parce que là aussi il y a un enjeu pour l'enfant.

LORRAIN SENECHAL
Et pourquoi ne pas apporter les repas jusqu'à la salle de classe ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Ce sont des formules qui peuvent être retenues localement parfois, elles peuvent avoir leurs inconvénients aussi, ne nous le cachons pas, mais ce n'est pas interdit de retenir cette solution localement et ça arrive.

SALHIA BRAKHLIA
Un mot sur les cours de sport à l'intérieur, ils sont interdits ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, mais nous encourageons à ce qu'ils aient lieu à l'extérieur, donc on a là aussi un protocole pour les activités physiques en gymnase, avec de la distanciation, nos professeurs d'éducation physique et sportive sont très rompus à cet exercice, et je veux les en remercier d'ailleurs, mais évidemment la saison va permettre de plus en plus que les activités physiques et sportives, mais aussi d'autres activités, pourquoi pas un cours, puissent avoir lieu à l'extérieur, et ça aussi nous l'encourageons, ça peut être d'ailleurs vecteur de choses très positives. Dans cette crise, vous savez, il y a beaucoup d'éléments négatifs, d'éléments de contraintes, d'éléments pénibles, qui peuvent être aussi des leviers de nouvelles pratiques, qui elles sont positives, c'est le cas par exemple lorsque vous faites classe dehors, ça a beaucoup de vertus.

LORRAIN SENECHAL
Un autre gros problème Jean-Michel BLANQUER, c'est que si un professeur est positif au coronavirus, ça veut dire que tous les autres enseignants, avec qui il a mangé, avec qui il a partagé un café, sont tous cas-contact et doivent tous rester chez eux, ça veut dire qu'il va falloir multiplier les remplacements d'enseignants ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Alors, il y a deux points dans votre question. Sur le premier point, tout se détermine au cas par cas. Vous le savez, il y a une coopération très étroite Education nationale-Autorités de santé, localement, et ça c'est quelque chose qui a vraiment bien marché depuis l'année dernière, et c'est ça qui nous a permis notamment d'avoir une stratégie de tester, alerter, protéger, qui marche, donc chaque fois ça se détermine au cas par cas en regardant qui a été en contact avec qui, mais évidemment nous recommandons, parce que nous constatons sur le terrain que, lorsqu'il y a eu des phénomènes de contamination, c'est souvent dans des moments un peu sociaux, comme ça, où on est à plusieurs et où on se relâche notamment pour, par exemple fêter quelque chose, ou des choses comme ça.

LORRAIN SENECHAL
Comment on fait pour remplacer tout le monde ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Alors, pour remplacer, nous avons pris des mesures spéciales, c'est déjà 5000 recrutements qui ont lieu en plus des postes qui ont été ouverts à la rentrée dernière pour cela, et, dans cette dernière ligne droite de l'année scolaire, c'est-à-dire les moins de mai et juin, nous ouvrirons autant de postes que nécessaire pour le remplacement, chaque rectorat de France est préparé à ça, de façon à ce que, non seulement nos remplaçants, habituels si je puis dire, puissent travailler, mais, quand ce n'est pas suffisant, avoir une sorte de deuxième ligne.

LORRAIN SENECHAL
Et qu'est-ce qu'on fait des enfants de ces classes-là, est-ce qu'ils doivent rester chez eux ou est-ce qu'on les répartit, comme c'était le cas avant la fermeture, dans d'autres classes, au risque que ce soit bondé ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Nous nous mettons vraiment en situation de pouvoir remplacer dans tous les cas, les cas où on est obligé de répartir les enfants doivent rester exceptionnels, et nous recommandons évidemment de ne pas le faire, puisque c'est contraire à la règle de non-brassage.

LORRAIN SENECHAL
C'était un peu la norme avant, la fermeture, ce n'est plus le cas, vous dites que ça doit être exceptionnel maintenant ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
C'est la norme de tout temps avant la crise sanitaire, notamment à l'école primaire, cette répartition, le sujet est un peu différent, par exemple quand vous avez un CP à 12, ou d'un seul coup vous le transformez en CP à 24 pendant un ou deux jours, c'est arrivé quelquefois, comme en Rhône-Alpes…

SALHIA BRAKHLIA
Ça n'arrivera plus ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Nous faisons tout pour que ça n'arrive pas, nous faisons tout pour que les moyens de remplacement, mais vous savez les moyens de remplacement, c'est non seulement avoir des moyens, il faut aussi avoir les personnes qui vont avec et il faut que vous fassiez les choses de façon qualitative, donc nous avons organisé les choses pour que, le plus possible, il y aura peut-être des exceptions à ce que je suis en train de dire, mais le plus possible, le remplacement se passe à chaque fois.

LORRAIN SENECHAL
Allez, on va parler du déploiement des tests salivaires et autotests dans un instant avec vous Jean-Michel BLANQUER, d'abord un coup d'oeil sur le Fil info à 8h40 avec Diane FERCHIT.

SALHIA BRAKHLIA
Toujours avec le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel BLANQUER. Dès lundi matin, donc 6 millions d'élèves, dans le premier degré, vont reprendre le chemin de l'école, combien d'entre eux vont être soumis à des tests salivaires ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Eh bien nous en ferons plus de 300.000 cette semaine, c'est le chiffre que nous avions atteint, nous allons monter progressivement vers 600.000.

LORRAIN SENECHAL
Pardon mais, c'était 300.000 tests salivaires proposés, en l'occurrence il n'y en a que 240.000 qui avaient été réalisés.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Alors, à la fin on avait dépassé 250.000, sans faire de bataille de chiffres, vous savez, ce n'est pas facile, il faut répartir tout cela dans 60.000 endroits, et puis former des personnes, etc., enfin bon c'est tout un… et puis il faut que tout le monde l'accepte aussi, parce que c'est sur la base du volontariat, donc tout ceci n'est pas simple, et encore une fois je veux remercier tous ceux qui se dédient à cela, et donc là nous sommes en train de doubler l'objectif, on passe de 300.000 à 600.000, et si d'ailleurs nous atteignons 600.000, nous irons au-delà, nous pourrons aller au-delà dans le courant du mois de mai, jusqu'à 1 million de tests salivaires hebdomadaires.

SALHIA BRAKHLIA
Donc, on a 6 millions d'élèves et on a 300.000 tests salivaires ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
600.000. 600.000.

LORRAIN SENECHAL
600.000 à terme, ce n'est pas…

SALHIA BRAKHLIA
Non, mais 300.000 dès lundi matin ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, c'est ça, et on passe progressivement à 600.000.

SALHIA BRAKHLIA
Mais c'est clairement pas suffisant !

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, parce que vous pouvez tout à fait aller dans les endroits où vous savez que le virus circule davantage, et comme vous le faites chaque semaine, vous arrivez quand même à balayer beaucoup de monde. Par ailleurs, tous les adultes, tous sans exception, chaque adulte travaillant à l'école primaire, aura dès la semaine prochaine deux autotests à sa disposition, gratuitement bien sûr, de la part de l'Education nationale, ce qui, là aussi, permettra d'avoir une idée de l'éventuelle circulation du virus quelque part.

SALHIA BRAKHLIA
Les tests salivaires, est-ce que vous savez déjà quand les résultats seront communiqués aux parents, au bout de combien de temps ils seront communiqués ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Les tests salivaires ?

SALHIA BRAKHLIA
Oui, si on les fait le lundi matin…

JEAN-MICHEL BLANQUER
C'est dans la journée. Chaque fois que vous faites un test salivaire vous avez la réponse dans la journée.

LORRAIN SENECHAL
Et après c'est au bon vouloir des parents de signaler ou pas, l'établissement n'est pas au courant du résultat du test ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Si, on vous signale qu'il y a un élève qui a été testé positif.

LORRAIN SENECHAL
Mais on ne sait pas forcément qui.

JEAN-MICHEL BLANQUER
C'est un protocole qui est maintenant un peu rodé, puisque le test salivaire c'est tout au long du deuxième trimestre, et notamment au mois de mars qu'on l'a développé, donc aujourd'hui il y a vraiment un savoir-faire local qui fait que, si un élève est testé positif, il ne vient plus, et la classe est fermée dans le cadre du protocole actuel.

LORRAIN SENECHAL
Alors, on va parler du déploiement des autotests chez les lycéens, mais peut-être expliquer d'abord comment va se dérouler la rentrée pour ces lycéens et collégiens, c'est d'abord, on a bien compris, à distance à partir de lundi, et ensuite ils vont revenir en classe la semaine suivante, avec cette nouveauté que vous avez introduite hier, c'est ces semi-groupes pour les lycées, c'est toujours généralisé, et pour les collégiens en 4e, 3e, dans une partie seulement du territoire.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, c'est ça, les 4e et les 3e, la semaine du 3 mai, seront donc en demi-groupes, mais simplement dans 15 départements de France, qui sont sur notre site Internet, qui peuvent être regardés, mais c'est déjà tous les départements d'Ile-de-France, le Nord, les Bouches-du-Rhône, quelques autres, les endroits où le virus circule le plus aujourd'hui en France…

LORRAIN SENECHAL
Donc, demi-groupes pour les lycéens, 4e, 3e, dans ces 15 départements où le virus circule le plus ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, demi-groupes pour tous les lycéens de France, quels que soient les départements.

LORRAIN SENECHAL
Et pourquoi ne pas avoir étendu les demi-groupes à l'ensemble du territoire pour les 4e, 3e au collège ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Parce que c'est contraignant, vous savez, de faire des demi-groupes pour les plus jeunes, et nous savons bien, là encore, qu'il y a des inconvénients pour les enfants eux-mêmes, pour leurs familles, et donc nous voulons limiter cela aux endroits où c'est le plus nécessaire.

LORRAIN SENECHAL
Alors il va falloir d'abord passer cette semaine à distance, il y a eu beaucoup de problèmes, la première semaine à distance, c'était juste avant les vacances pour tout le monde, des bugs, des attaques de pirates informatiques même, est-ce que tout ça c'est réglé, est-ce que tout est prêt pour cette rentrée à distance lundi ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, il y a eu, de nouveau, énormément de travail qui a été accompli ; au passage, une des causes des problèmes qu'il y a pu y avoir juste avant les vacances, c'était le fait qu'il y a eu beaucoup de circulation, autrement dit beaucoup de travail, les professeurs avaient beaucoup préparé, les familles étaient présentes…

SALHIA BRAKHLIA
Et là vous leur dites de moins préparer ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, non, pas du tout, je dis même le contraire, on est déjà dans une sorte de prérentrée numérique aujourd'hui, c'est-à-dire ce que je recommande à ceux qui nous écoutent, et qui sont parents, c'est justement de commencer à préparer cela, on peut déjà aller sur les sites, regarder. Donc, comme vous le savez, il y a deux accès, notamment pour communiquer entre les élèves et les professeurs, il y a ce qu'on appelle les environnements numériques de travail,, qui dépendent des collectivités locales des régions et des départements, c'est pour ça d'ailleurs que le mardi, où les choses ont été difficiles, ça n'a pas été homogène dans toute la France, il y a des endroits où ces environnements ont sauté, et puis d'autres où ça a marché, et nous avons travaillé avec les collectivités locales, et leurs opérateurs, depuis trois semaines, pour qu'ils renforcent leurs capacités, donc nous sommes assez optimiste sur la capacité à tenir lundi prochain. Et puis nous avons le CNED, et là aussi le CNED a renforcé certains aspects, ce qui fait que, si d'aventure un environnement numérique de travail ne fonctionne pas, on peut se reporter sur le CNED, mais ma recommandation c'est de faire la classe virtuelle, quand il y a une classe virtuelle, c'est-à-dire quand on voit le professeur et les élèves, de le faire au travers de « Ma classe à la maison », qui est le système CNED, et les environnements numériques de travail sont davantage faits pour communiquer les travaux, les devoirs, etc.

SALHIA BRAKHLIA
Jean-Michel BLANQUER, les lycéens donc rentrent le 3 mai prochain, est-ce qu'ils s'autotesteront seuls pour pouvoir aller en cours ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Alors, il y a un travail pédagogique qui est fait, d'ailleurs nous avons, certains pays que nous avons regardés pour cela, notamment l'Autriche et l'Angleterre, où ça s'est passé bien de cette façon-là, c'est-à-dire vous avez un travail pédagogique. La semaine suivante, c'est-à-dire le 3 mai, vous aurez les autotests pour les adultes, donc les professeurs par exemple qui travaillent en lycée auront ces autotests et pourront les faire à la maison, vous aurez aussi des tutoriels, dès maintenant, qui expliquent comment cela fonctionne, donc les lycéens seront préparés à cela, et dès la semaine du 10 mai ils pourront le faire dans leur établissement, avec des personnels compétents, et des personnels volontaires, pour les accompagner dans la réalisation de l'autotest.

LORRAIN SENECHAL
Qui va superviser la réalisation de cet autotest ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Alors l'autotest, comme son nom l'indique, est réalisé par le lycéen lui-même, je rappelle que c'est des tests qui ne font pas mal.

LORRAIN SENECHAL
Ce ne sont pas les professeurs qui vont le superviser ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
C'est à la fois les personnels médicaux, médecins et infirmières, que je tiens à saluer là aussi parce qu'ils sont vraiment sur le pont depuis un an.

LORRAIN SENECHAL
Ils ne sont pas très nombreux, ils ont parfois plusieurs lycées pour un seul médecin.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Vous avez tout à fait raison, c'est pour ça qu'ils auront l'appui, à la fois d'autres personnels, par exemple parfois les laboratoires, qui nous accompagnent dans ce travail, dégagent des personnels, nous avons des médiateurs que nous recrutons, et puis des personnels volontaires, ça peut être des professeurs, parce qu'il s'agit juste de superviser, ce n'est pas quelque chose de très compliqué, de même que vous pouvez faire l'autotest à la maison son aucune supervision…

SALHIA BRAKHLIA
Là vous annoncez des autotests pour les lycéens le 10 mai, sauf qu'ils rentrent le 3 mai, il y a une semaine de décalage, ils ont le temps de se contaminer.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, pendant cette semaine du 3 mai ils ont surtout le temps d'apprendre comment se servir des autotests.

LORRAIN SENECHAL
Alors, ce matin sur France Info le syndicat des médecins scolaires et universitaires nous disait ne pas être au courant pour l'instant, en tout cas ils n'ont pas été sollicités manifestement pour former…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Alors, nous recevons, hier encore nous avions les organisations syndicales, et par exemple la fédération à laquelle appartient le syndicat auquel vous faites référence, il y a encore plusieurs jours, vous savez, il y a toujours ce type de remarque quand on est à la veille d'une rentrée, puisque, par définition, nous faisons les choses au plus près de la rentrée pour tenir compte de la situation, mais là, en l'occurrence, s'agissant des autotests, il y a encore toute la semaine prochaine, et même en partie la semaine suivante, pour entraîner tout le monde, préparer tout le monde. C'est une organisation logistique considérable, vous savez, il y a beaucoup de choses qui ne se voient pas derrière, c'est comme lorsqu'on distribue les masques, mais c'est en route, ça va se faire, et donc on va faire les choses avec sérénité.

SALHIA BRAKHLIA
Mais il y a quand même un problème, Jean-Michel BLANQUER, que les lycéens puissent s'autotester la semaine du 10 alors qu'ils rentrent le 3.

JEAN-MICHEL BLANQUER
C'est fait justement pour tenir compte de la remarque précédente, c'est-à-dire, si nous l'avions fait le 3, vous auriez dit, la remarque vous auriez faite c'est, « ah mais alors, ils arrivent, ils ne savent pas comment s'y prendre », donc on fait les choses en douceur, pendant le passé on n'avait pas d'autotests, donc c'est clairement un très grand progrès, c'est 50 millions d'autotests qui vont être déployés dans toute l'Education nationale en mai-juin, il faut se rendre compte de ce que ça représente. La France est un pays d'avant-garde, pour la société entière, sur le la mise à disposition de tests gratuits pour tous, eh bien c'est vrai aussi en milieu scolaire.

SALHIA BRAKHLIA
Après, il y a 6 millions d'élèves dans le second degré, 50 millions d'autotests, si vous voulez en faire, par semaine, ce n'est pas énormément de semaines…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Calculez, ben si !

LORRAIN SENECHAL
Il y a 10 semaines…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Vous avez 10 semaines, si, si, vous y arrivez très bien.

SALHIA BRAKHLIA
On n'a pas compté les profs effectivement !

LORRAIN SENECHAL
Parce qu'il y a 10 semaines, effectivement, jusqu'aux grandes vacances, c'est ça…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Absolument.

LORRAIN SENECHAL
Il faut tenir encore 10 semaines. Jean-Michel BLANQUER, vous restez avec nous, on jette juste un petit coup d'oeil sur le Fil info à 8h50 avec Diane FERCHIT.

LORRAIN SENECHAL
Avec Jean-Michel BLANQUER, le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel BLANQUER, pourquoi ne pas avoir ouvert la vaccination à tous les enseignants, ne pas avoir profité de ces 2, 3 semaines pour vacciner en masse les enseignants ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Alors vous le savez il y a eu des centres qui ont été ouverts spécialement pour eux et aussi pour…

LORRAIN SENECHAL
Ceux qui ont 55 ans et plus.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Aussi les policiers en particulier, les plus 55 ans. Nous avons d'ailleurs un succès différent selon les régions, dans certains endroits ça n'a pas marché, dans d'autres endroits ça a bien marché et ça reste évidemment vrai d'ailleurs moi-même j'irai me faire vacciner samedi pour bien montrer qu'on peut être vacciner à l'Astrazeneca et que, aujourd'hui tout nous montre que le rapport avantage risque reste très fort.

SALHIA BRAKHLIA
Vous allez vous faire vacciner devant les caméras ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Alors je n'ai pas encore établi ça, mais probablement oui, on fera soit une photo, soit un film, mais de manière à bien signifier que tout simplement il faut se faire vacciner et pour les plus de 55 ans, ce n'est vraiment pas un problème de le faire à l'Astrazenica.

LORRAIN SENECHAL
Mais pourquoi ne pas l'avoir fait pour tous les enseignants, c'était peut-être le moment ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Vous avez des vagues, pour tenir compte tout simplement de la stratégie générale vaccinale, c'est-à-dire vous savez le grand principe, c'est d'aller des plus vulnérables vers les moins vulnérables et puis de venir articuler une stratégie de profession sur ceux-là. Donc ça a d'abord été les soignants, c'est maintenant les professeurs donc qui ont une sorte de court-circuit possible avec le système qu'on a mis en place pour les plus de 55 ans. Bientôt il y aura les plus de 50 ans en charge des élèves en situation de handicap et de maternelle, nous annonceront les dates.

SALHIA BRAKHLIA
Les 55 ans, les plus de 55 ans, c'est seulement 17 % des professeurs.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui.

SALHIA BRAKHLIA
Donc là on a envie de demander effectivement pourquoi on ne va pas plus vite.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Bien là on voit bien d'ailleurs que ce n'est pas la totalité de ceux qui sont concernés qui ont pu profiter en quelque sorte de cette possibilité, donc on voit bien qu'il y a, comment dire que d'autres…

SALHIA BRAKHLIA
Mais clairement c'est un manque de dose ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Alors c'est la stratégie vaccinale suppose que, vous le savez c'est environ 10 millions de doses par mois, donc au mois de mai entre maintenant et la fin du mois de mai, on a encore 10 millions de doses pour l'ensemble de la population, une partie de ces doses seront pour des professeurs. Vous avez aussi les professeurs qui ont des comorbidités, qui sur avis médical ont pu en ayant moins 55 ans être vaccinés, donc les choses sont en train de se dérouler. Je sais qu'il y a souvent du scepticisme sur ces questions mais vous voyez, on avait dit qu'on ferait ce que qu'on est en train de faire pour les plus de 55 ans, on va bientôt faire les vagues suivantes et c'est articuler de la façon la plus…

SALHIA BRAKHLIA
Tous les renseignements peuvent espérer se faire vacciner à partir de quand ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Cela va évidemment se passer au mois de mai les prochaines vagues, après c'est forcément sur mai et juin que l'ensemble se passera.

LORRAIN SENECHAL
Comme tout le monde en fait.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Un peu plus vite que tout le monde vous voyez bien que là actuellement si vous les plus de 55 ans et que vous êtes professeur, entre guillemets vous ne faites pas là queue, vous n'avez pas un rendez-vous lointain, vous pouvez le faire tout de suite.

SALHIA BRAKHLIA
Jean-Michel BLANQUER, un mot sur les examens, vous le savez nombreuses sont les inquiétudes à propos du bac, des examens en général que répondez-vous à ceux qui disent qu'il faut les annuler ou passer en contrôle continu, notamment ceux qui doivent passer le BTS et ceux qui doivent passer le grand oral du bac ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Alors c'est un sujet qui est à cheval sur l'enseignement secondaire et l'enseignement supérieur mais la règle que nous avons, c'est évidemment la vraie véritable bienveillance pour les élèves. Moi je regarde ce qui se passe pour de vrai dans leur vie concrète et je comprends ce qu'ils disent et les témoignages que je que je reçois, mais justement la véritable bienveillance c'est de d'abord leur garantir la valeur du diplôme et puis de les accompagner dans la réussite. Donc si vous prenez le baccalauréat par exemple, nous maintenons une part de contrôle terminal, nous avons un peu accentué le contrôle continu et à mes yeux il est très bon qu'il y ait une part de contrôle continu et une part de contrôle terminal.

SALHIA BRAKHLIA
Mais le grand oral, vous savez que c'est compliqué de le préparer quand on étudie à distance.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Mais justement les lycéens ne vont pas être en situation de d'enseignement à distance exclusif ? Il y a d'abord des modules de préparation qui existent sur…que nous avons mis sur nos sites et puis professeur sont formés à ça. Et puis bien sûr les élèves en mai et juin, ça doit être justement l'occasion de manière un peu intensive de s'entraîner à cet oral et c'est une très bonne chose. C'est épanouissant, c'est positif, c'est beaucoup mieux que d'attendre…

SALHIA BRAKHLIA
Parce qu'il y a eu une inégalité, Jean-Michel BLANQUER, entre les lycées, entre ceux qui sont passés en demi jauge dès novembre et ceux qui sont passés en demi-jauge récemment, il y a quelques semaines.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Mais là au mois de mai tout le monde sera en demi jauge, j'espère d'ailleurs qu'on pourra alléger ce protocole quand les choses iront un petit peu mieux, mais ce qui est certain c'est que tous les lycées sont sur un pied d'égalité au mois de mai et juin, mais surtout que le travail…

SALHIA BRAKHLIA
Il y a eu l'année scolaire qui a été perturbée.

JEAN-MICHEL BLANQUER
À distance permet, peut permettre aussi de préparer l'oral. Mais tout ça, on ne le fait pas pour le plaisir d'embêter qui que ce soit, vous savez ce serait plus simple pour moi de dire oui à tout le monde dès qu'on veut à tout alléger, mais si on veut le bien véritable de chacun, c'est important de bien les préparer à des compétences qui ensuite vont leur être très utiles dans la vie et bien sûr qu'on fait ça avec la grande bienveillance. si je prends les étudiants de BTS par exemple, j'ai annoncé hier non seulement qu'il y aurait, ce qu'avait dit déjà Frédérique VIDAL, c'est-à-dire une session de rattrapage pour qu'ils puissent début juillet s'ils n'ont pas pu venir pour des raisons sanitaires ou même s'ils n'ont pas réussi lors de la prochaine session qu'ils puissent réussir en juillet sur la base d'un oral qui tiendra compte des difficultés qu'ils ont eu, mais surtout le plus important c'est que, c'est ce que j'ai annoncé hier là-dessus, c'est-à-dire qu'en mai et juin on va mettre des moyens supplémentaires pour qu'ils aient une aide personnalisée, tout étudiant en BTS doit pouvoir bénéficier d'une sorte de coaching personnalisé pour se préparer à la réussite…

SALHIA BRAKHLIA
Donc vous ne risquez pas de changer d'avis sur le maintien des épreuves ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Mais c'est beaucoup plus bienveillant de vous dire ce que je suis en train de vous dire vis-à-vis d'eux, que de dire mes amis je vous donne votre diplôme tout de suite. Chacun doit comprendre ça. Si vous voulez, je ne veux pas être quelqu'un qui dit oui pour le plaisir de faire plaisir immédiatement alors même que ce n'est pas le véritable intérêt des étudiants.

LORRAIN SENECHAL
Jean-Michel BLANQUER.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Je ne veux pas de la démagogie, je veux de la véritable bienveillance et bien sûr que ce que je souhaite c'est leur réussite et on va les accompagner vers cette réussite.

LORRAIN SENECHAL
Puisque vous ne voulez pas de démagogie, il nous reste que quelques secondes, donc une réponse très courte il vous plaît, la loi séparatisme vient d'être votée au Sénat qui a ajouté le fait de suspendre les allocations familiales en cas d'absentéisme répété d'un élève à l'école. Vous vous avez dit que vous n'étiez ni pour, ni contre, est-ce qu'on peut dire que vous êtes pour à titre personnel.

JEAN-MICHEL BLANQUER
C'est plus compliqué que ça. Vous ouvrez un sujet énorme en fin d'émission, justement il faut être subtil sur ces questions là, c'est-à-dire qu'en effet il ne faut pas, donc ça veut dire que je n'ai pas pour cette mesure mais je pense qu'il faut être capable de personnaliser les choses parce que vous avez des situations extrêmement différentes sur le plan social. Donc je ne vais pas rentrer dans un long débat là-dessus.

LORRAIN SENECHAL
Vous êtes pour qu'on évite d'en arriver là. Le but c'est de ne pas en arriver là, mais il faut qu'il y ait la possibilité tout de même.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Prenez l'allocation de rentrée par exemple, aujourd'hui l'allocation de rentrée n'est pas donnée quand vous faites l'instruction en famille par exemple, ce qui est un peu logique puisque par définition vous faites pas de rentrée scolaire et donc là aussi c'est pareil, si on veut la véritable bienveillance, il faut accompagner encore plus les familles quand elles ont des difficultés, mais ça renvoie à de futures politiques familiales je l'espère où on sera capable d'abord un, de faire rebondir la démographie de la France et deux d'aider les familles pour de vrai, pas de manière aveugle, d'une manière qui permet d'aider le plus ceux qui en ont besoin le plus. Donc c'est un sujet très complexe, mais je serai heureux d'en parler dans un long débat.

LORRAIN SENECHAL
Vous reviendrez, vous serez invité à nouveau Jean-Michel BLANQUER, merci beaucoup de ministre de l'Education nationale d'être venu sur le plateau de France Info ce matin, bonne journée.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Merci


source : Service d'information du Gouvernement, le 26 avril 2021