Interview de Mme Nathalie Élimas, secrétaire d'État à l'éducation prioritaire, sur RMC le 26 avril 2021, sur la réouverture des écoles, le renforcement du protocole sanitaire, les tests salivaires basés sur le volontariat et le remplacement des enseignants malades du Covid-19.

Texte intégral

APOLLINE DE MALHERBE
Le grand test de la rentrée, Nathalie ELIMAS bonjour.

NATHALIE ELIMAS
Bonjour.

APOLLINE DE MALHERBE
Vous êtes secrétaire d'Etat chargée de l'Education prioritaire. Rouvrir les écoles ce matin, je le rappelle, c'est pour les crèches, les maternelles et l'école primaire, alors que les chiffres du nombre de patients en réanimation sont pires aujourd'hui, qu'ils ne l'étaient au moment de la fermeture des écoles il y a trois semaines, est-ce que ça veut dire que c'est un nouveau pari ?

NATHALIE ELIMAS
Alors d'abord, il n'a jamais été question de faire un pari sur quoi que ce soit, notre responsabilité c'est de protéger nos élèves, nos professeurs, nos personnels, ça c'est très clair. Nous sommes aujourd'hui exactement dans le calendrier qui avait été annoncé par le président de la République et donc ce matin, en effet, nos écoliers vont retourner en présentiel dans les écoles, les collégiens, les lycéens, vont continuer à travailler à distance, et pour accompagner au mieux cette rentrée, eh bien nous allons déployer, dès ce matin, des tests salivaires et des autotests à nos professeurs et à nos personnels, justement pour rompre au plus tôt les chaînes de contamination.

APOLLINE DE MALHERBE
On va y revenir très précisément parce qu'on va détailler avec vous ce protocole qui nous attend à partir d'aujourd'hui, mais malgré tout vous dites le calendrier est strictement respecté, le calendrier oui, mais comme s'il était décorrélé, désormais, de la question sanitaire pratiquement.

NATHALIE ELIMAS
Non, il n'a jamais été question de décorréler l'école de la situation sanitaire en général dans la société, d'ailleurs l'école est le miroir de ce qui se passe dans la société, on l'a vu, quand il y a une flambée épidémique dans le pays, eh bien effectivement il y a une augmentation des cas dans l'école, c'est certain, néanmoins c'est resté tout de même contenu. Je vous rappelle que la dernière semaine, avant que l'on ne décide de fermer les écoles, et alors que l'on avait renforcé le protocole sanitaire, il y avait 2 % des classes qui étaient fermées.

APOLLINE DE MALHERBE
On va revenir du coup sur les autotests et sur les tests salivaires. Il y a un point malgré tout qui reste assez floue, c'est cette question des cantines. Est-ce que, oui ou non, les enfants vont à la cantine aujourd'hui ?

NATHALIE ELIMAS
Les enfants vont à la cantine, et pas plus aujourd'hui qu'hier, ou pas moins en tout cas, les cantines sont ouvertes. Nous avons déjà renforcé les protocoles sanitaires dans les cantines, à savoir que, les élèves déjeunent par cohortes, par cohortes de classes, il n'y a plus de brassage dans les cantines et idéalement toujours à la même table et à la même place, il y a cette question de distanciation aussi sociale, désormais 2 mètres de distance entre les élèves. Enfin, les beaux jours arrivent, on pourra éventuellement proposer aussi des déjeuners dehors, sous les préaux, dans les gymnases, il y a également la possibilité de donner des paniers repas, et enfin, en dernier recours, je dis bien en dernier recours, c'est à voir avec les collectivités, s'il y avait véritablement des problèmes dans les cantines parce que, bien sûr c'est un lieu où on enlève le masque, donc forcément il y a un risque, et donc en dernier recours, je le redis, s'il y avait un problème dans les cantines nous pourrions voir avec les collectivités comment alors restreindre l'accès à la cantine aux seuls élèves qui ne peuvent pas déjeuner à domicile.

APOLLINE DE MALHERBE
Et ça, ça sera décidé quand, c'est-à-dire c'est décidé au cas par cas parce que, je ne sais pas, la salle de telle ou telle école est trop petite pour permettre de respecter le protocole que vous proposez, ou est-ce que ce sera, si on voit qu'il y a une flambée, je ne sais pas, de l'épidémie dans telle ou telle école, alors vous prendrez cette décision, comment vous allez juger ?

NATHALIE ELIMAS
Donc, tout ça déjà est sur la table, il y a des fiches repères qui sont à disposition de nos personnels, des collectivités, de nos professeurs, c'est déjà sur la table, d'accord, et en fait ça se traite, ça se règle au cas par cas, avec beaucoup de souplesse, c'est précisément ça la territorialisation.

APOLLINE DE MALHERBE
C'est déjà une forme de territorialisation, et on verra d'ailleurs si pour le reste du déconfinement ça passera par la territorialisation. Nathalie ELIMAS, ces histoires de tests, dont vous nous parlez à l'instant, il y a deux sortes de tests, les autotests, qui eux ne sont pas recommandés en dessous de 15 ans par les autorités de santé, et qui seront donc donnés, si je comprends bien, aux personnels qui encadrent les enfants, et puis il y a les tests salivaires, ils vont être déployés comment ?

NATHALIE ELIMAS
Alors, les tests salivaires ont été déployés, vont continuer à l'être cette semaine, 400.000 tests salivaires cette semaine, 500 la semaine prochaine, 600 avec un objectif de pouvoir déployer, proposer près d'1 million de tests salivaires à nos élèves, ça c'est pour les tests salivaires.

APOLLINE DE MALHERBE
Ça reste sur une base du volontariat, c'est-à-dire que…

NATHALIE ELIMAS
Ça reste sur la base du volontariat, absolument, ça c'est pour les tests salivaires, pour les autotests, ils vont être proposés, ils vont être donnés, pardon, à nos professeurs et à nos personnels, à partir d'aujourd'hui, la livraison a déjà commencé, ils seront à disposition entre aujourd'hui et mercredi, deux autotests par semaine, donc cette semaine pour nos professeurs des écoles et les personnels des écoles, et à partir de la semaine suivante pour l'ensemble des professeurs, premier et second degrés, personnels, et à partir du 10 mai pour les lycéens.

APOLLINE DE MALHERBE
Vous assurerez le remplacement de ceux qui sont malades ?

NATHALIE ELIMAS
Autant que possible, oui, +5000 personnes recrutées, et là on va continuer, on va encore monter en charge, pour évidemment assurer le remplacement des professeurs qui vont être testés positifs, parce que, plus on cherche, plus on trouve, donc oui il y aura des cas positifs, et donc nous allons remplacer les professeurs, et si ce n'est pas possible, on ne dispatchera pas les élèves, pour éviter les brassages.

APOLLINE DE MALHERBE
Donc, en fait, si ce n'est pas possible, les élèves ils rentreront chez eux ?

NATHALIE ELIMAS
Si ce n'est pas possible, si le professeur est malade, et qu'il n'y a pas, à un moment donné, à l'instant T, de remplaçant, les élèves rentreront à la maison, on ne les brassera pas, et donc ils continueront leurs cours en distanciel.

APOLLINE DE MALHERBE
Oui, ils continueront leurs cours en distanciel, vous le dites comme si c'était simple, mais enfin, vous imaginez bien que pour les familles, ce qui est très compliqué c'est ce que vous dites à l'instant, c'est-à-dire les professeurs, s'ils sont positifs, eh bien les enfants rentreront chez eux, mais c'est aussi ce protocole que vous aviez mis en place avant cette période de césure, qui est que, un malade par classe, un enfant malade par classe, et c'est toute la classe qui est considérée comme cas contact.

NATHALIE ELIMAS
Oui, ça reste le cas.

APOLLINE DE MALHERBE
Vous n'avez pas le sentiment que c'est une forme de fermeture quasiment systématique ?

NATHALIE ELIMAS
Non, non, l'objectif il est clair et simple, c'est de rompre le plus vite possible avec les chaînes de contamination, donc un cas positif, quelle que soit la souche, que ce soit la souche historique ou le variant, nous fermons la classe, et par ailleurs, encore une fois pour aller au plus vite vers la rupture de ces chaînes de contamination, eh bien il y a les autotests, pour les professeurs et les personnels, et les tests salivaires.

APOLLINE DE MALHERBE
Mais, Nathalie ELIMAS, vous qui êtes secrétaire d'Etat à l'Education prioritaire, vous vous rendez bien compte que pour un certain nombre de familles il y a cette idée qu'il faut tester massivement, qu'il faut savoir, et on le comprend bien sûr évidemment du point de vue théorique, mais si on teste votre enfant et qu'il est positif, c'est non seulement en effet toute la classe qui s'arrête, mais c'est vous-même et la famille puisqu'il y a aussi désormais ce protocole qui est, que s'il y a une personne malade dans le foyer familial, c'est 17 jours d'isolation pour tout le foyer. Est-ce qu'à un moment vous ne craignez pas que, du coup, les parents n'aient pas envie que leur enfant soit testé parce qu'ils n'ont pas envie de se retrouver avec 17 jours bloqués, eux les parents, tous leurs enfants, tous ensemble dans le foyer ?

NATHALIE ELIMAS
Là c'est une question de responsabilité collective que vous soulignez, que vous pointez là. Le test, c'est vrai, n'est pas obligatoire, il est proposé à l'école, mais je précise aussi qu'il est possible de faire tester son enfant en dehors de l'école, dans les pharmacies, enfin dans les laboratoires, de façon assez simple, mais donc, pour revenir à la question, c'est une question d'abord de responsabilité. Et, encore une fois, quand on dit tenir ensemble, eh bien c'est précisément l'illustration, il faut tenir ensemble, il faut donc être responsable ensemble et lutter ensemble contre la pandémie, parce que sinon, malheureusement, eh bien je crains que ce ne soit une suite sans fin.

APOLLINE DE MALHERBE
Les cours à distance, ça va tenir aujourd'hui, vous croisez les doigts ?

NATHALIE ELIMAS
Ecoutez, je fais plus que croiser les doigts, puisque pendant ce temps de vacances justement, qui étaient confinées, mais qui ont aussi été apprenantes, pour nos élèves, mais également pour nous, nous avons vraiment renforcé les capacités et la sécurité de l'ensemble des plateformes, qu'il s'agisse du CNED ou encore des ENT, qui dépendent des collectivités, mais avec lesquelles on a beaucoup travaillé pour assurer ce matin un bon fonctionnement de ces plateformes pour nos élèves.

APOLLINE DE MALHERBE
Merci beaucoup Nathalie ELIMAS.

NATHALIE ELIMAS
Merci à vous.

APOLLINE DE MALHERBE
On jugera sur pièce, vous êtes secrétaire d'Etat à l'Education prioritaire.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 27 avril 2021