Interview de Mme Elisabeth Moreno, chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes, à France Bleu Occitanie le 20 mai 2021, sur la lutte contre les discriminations et les violences subies par les personnes LGBT+.

Texte intégral

JOURNALISTE
Elisabeth MORENO, la ministre chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes est notre invité, Jeanne-Marie MARCO à l'occasion de sa venue à Toulouse et Saint-Gaudens.

JEANNE-MARIE MARCO
Bonjour Elisabeth MORENO.

ELISABETH MORENO
Bonjour à toutes et à tous.

JEANNE-MARIE MARCO
Vous venez défendre les droits des personnes LGBT, comment très concrètement vous aider les lesbiennes, les gays, les bisexuels et les transgenres qui subissent encore et trop souvent en France des agressions ?

ELISABETH MORENO
Eh bien par des déplacements comme celui-là, parce qu'à chaque fois que je me déplace il y a des personnes qui parlent de ces sujets éminemment importants et j'ai répondu en fait à l'invitation de l'association Accept qui organise jusqu'au 5 juin le printemps de la diversité. C'est une semaine qui va lui permettre justement d'aller à la rencontre des gens, de parler de ce que c'est que l'homosexualité, de parler des personnes lesbiennes, gays, bi et transe et de sensibiliser et d'éduquer et d'informer sur ces sujets-là qui sont parfois mal connus et qui font que parfois, eh bien on rejette ou alors on stigmatise. Et j'ai vu le reportage que vous avez passé tout à l'heure, je pense que l'échange avec les jeunes en particulier est tout à fait important et je vais aussi rencontrer l'association…

JEANNE-MARIE MARCO
Bien vieillir.

ELISABETH MORENO
Alors Accept mais aussi Bien vieillir en Occitanie et aussi l'association PRIDE de Toulouse.

JEANNE-MARIE MARCO
Vous préparez de nouvelles mesures je crois pour lutter contre les discriminations, quelles sont vos pistes de travail ?

ELISABETH MORENO
D'abord il y a plusieurs choses qui ont été faites au mois d'octobre dernier, nous avons lancé un plan national pour l'égalité des droits des personnes lesbiennes, gays, bi et transe. Lundi c'était également la journée internationale de lutte contre l'homophobie et la transphobie au niveau mondial, c'est vous dire qu'il y a encore un travail important, il y a encore 10 pays, plus de 10 pays dans le monde qui pénalisent l'homosexualité et en parler au niveau national et international c'est important. Le plan que nous avons lancé a pour objectif justement de reconnaître les droits des personnes LGBT plus, qu'elles n'aient pas l'impression d'être des citoyens et des citoyennes de seconde zone. Elles ont pour objectif d'améliorer leur vie au quotidien, comme donner la possibilité aux personnes transe par exemple d'utiliser leur prénom d'usage quand elles rentrent dans leur parcours de transition, c'est aussi travailler avec Jean-Michel BLANQUER pour que au sein des établissements scolaires les personnels…

JEANNE-MARIE MARCO
Mais au niveau pénal finalement ça sert à quoi de signaler une discrimination, si on sait qu'il ne se passe souvent pas grand-chose derrière ?

ELISABETH MORENO
Alors c'est extrêmement important de signaler une discrimination puisque c'est interdit par la loi, vous ne pouvez pas stigmatiser quelqu'un pour son identité de genre, à partir du moment où c'est interdit par la loi si vous laissez passer, j'ai envie de dire, c'est la porte ouverte à toutes les fenêtres.

JEANNE-MARIE MARCO
Est-ce que vous allez des réponses pénales pensent DAL plus sévères.

ELISABETH MORENO
Alors je ne pense pas qu'il s'agisse d'une question de davantage de sévérité, je pense que c'est d'abord une question de porter plainte, c'est une question de voir la justice faire son travail et que les personnes se sentent protégées, parce qu'on vit dans un état de droit, si les personnes ne se sentent pas protégées effectivement ça ne sert à rien. Mais moi j'incite et c'est pour ça qu'on a ouvert la plateforme 39 28 qui est portée par le Défenseur des droits, c'est une plateforme de lutte contre les discriminations qui est accessible sur tout le territoire français, dans les zones rurales, dans les zones urbaines, sur les territoires ultramarins et l'idée c'est que les personnes qui se sentent stigmatisées, agressées puissent avoir une oreille attentive et savoir à qui parler lorsqu'elles sont en difficulté. Et je veux également parler de l'application Flag qui est une application qui est là pour les personnes LGBT plus, qui a été créée par une association qui lutte contre les LGBT phobie et j'incite les personnes à s'en saisir lorsqu'elle se sent stigmatisées.

JEANNE-MARIE MARCO
Vous avez parlé du milieu scolaire dans les écoles, on a l'impression que ça avance pas très vite quand même, on ne va pas se le cacher, il y a encore des établissements qui refusent de faire de l'éducation sexuelle, comment ça se fait ça ?

ELISABETH MORENO
Jeanne-Marie MARCO, je pense qu'il faut reconnaître une chose, c'est que vous savez on est passé de 1982 à la pénalisation de l'homosexualité, à la dépénalisation est plutôt à la pénalisation de l'homophobie et depuis 82 beaucoup de choses ont été faites mais les mentalités n'évoluent pas encore suffisamment vite, tous les professeurs n'ont pas toujours été formés à ces questions-là, c'est pour cela qu'avec Jean-Michel BLANQUER nous avons décidé de nous assurer que dans tous les établissements où il y a déjà dans le programme l'éducation à la sexualité, eh bien les professeurs puissent se saisir de…

JEANNE-MARIE MARCO
Mais ils sont formés les professeurs à faire ça, ce n'est pas leur métier au départ ?

ELISABETH MORENO
Alors il ne s'agit pas de les former à l'homo… à parler des questions d'homosexualité, etc, mais de les sensibiliser au moins pour qu'ils puissent répondre aux questions des jeunes. Vous savez 8 jeunes sur 10 disent avoir vécu un mal-être au sein de la scolarité. si on ne protège pas notre jeunesse, notre pays n'ira pas bien, donc il est important que le corps professoral sache se saisir de ces questions, c'est pour ça aussi que nous avons créé un guide d'accueil des jeunes personnes transe parce que vous en avez entendu parler à la fin de l'année dernière, il y a le jeune Fouad qui s'est suicidé parce qu'il, parce qu'elle se sentait très mal, elle était rentrée dans son parcours de transition, elle ne se sentait pas acceptée telle qu'elle était et c'était une douleur pour elle. Eh bien c'est important que tout le monde se saisisse de ces questions parce que cette jeunesse a besoin d'être accompagnée, d'être entendue, d'être comprise et c'est tous ensemble que nous devons lutter contre l'homophobie.

JEANNE-MARIE MARCO
Et pour ce faire vous allez donc inaugurer notamment les nouveaux locaux de l'Association Accept de Saint-Gaudens qui donc aide les personnes LGBT en milieu rural. Merci beaucoup Elisabeth MORENO, ministre chargée de l'Egalité entre les hommes et les femmes, de la Diversité et de l'Egalité des chances, voilà pour le titre complet merci, bonne journée.

ELISABETH MORENO
Merci de votre accueil.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 21 mai 2021