Interview de M. Jean-Michel Blanquer, ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, à CNews le 8 juin 2021, sur l'impact des violences extérieures sur l'école, le cyber-harcèlement, le grand oral comme nouvelle épreuve et la forte proportion de contrôle continu au Baccalauréat.

Texte intégral

LAURENCE FERRARI
Bonjour Jean-Michel BLANQUER.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Bonjour Laurence FERRARI.

LAURENCE FERRARI
Bienvenue dans la matinale de CNews. On va parler évidemment de tous les sujets qui touchent à votre secteur, l'Education nationale mais d'abord la politique, Jean-Luc MELENCHON a-t-il franchi une ligne jaune en faisant le lien entre terrorisme et élections présidentielles dans les propos qu'il a tenus dimanche ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui vous savez, je n'aime pas beaucoup ajouter du bruit au bruit et ce genre de choses, c'est fait pour faire du bruit. Donc ça appelle peu de commentaires en fait ; je pense que c'est une déclaration minable et qui doit rester ce qu'elle est, c'est-à-dire minable et sans grand commentaire.

LAURENCE FERRARI
Avec du complotisme à la clé pour vous ou pas ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui bien sûr. Cette phrase traduit un état d'esprit complotiste et une façon de faire de la politique qui consiste toujours à en rajouter, à être dans les extrêmes et à faire peur et à essayer de faire croire qu'il y a des choses derrière la réalité que l'on voit et tout ça est très malsain et j'imagine qu'il n'a pas vraiment fait exprès mais c'est une forme de …c'est une partie de Jean-Luc MELENCHON qui parle dans ces cas-là et ce n'est pas la plus belle partie.

LAURENCE FERRARI
C'est pourtant quelqu'un de cultivé qui a été enseignant et donc qui devrait maîtriser sa parole.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui enfin l'Histoire nous montre qu'on peut être cultivé et dire des bêtises. Donc malheureusement la culture ne vaccine pas contre les bêtises ! Et on en a une preuve supplémentaire !

LAURENCE FERRARI
Un mot de la violence dans notre société, on voit qu'elle est présente un peu partout, Gérald DARMANIN a envoyé une directive aux préfets pour de la fermeté. Est-ce que cette violence impacte l'école et comment, encore une fois, au sein de l'école, vous essayez avec les enseignants de restaurer l'autorité républicaine ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Si vous voulez, l'école, c'est un sanctuaire. Normalement, la violence extérieure ne doit pas entrer dans l'école et je dirais même plus, l'école doit être un facteur de paix dans la société, c'est-à-dire, on doit faire rayonner l'école notamment par l'éducation qu'on donne aux enfants, par les valeurs que l'on transmet qui sont des valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité. Ça, c'est notre mission fondamentale. Maintenant, c'est vrai que nous sommes dans des sociétés violentes – c'est le cas aussi dans le reste du monde d'ailleurs –, et que c'est un défi pour l'école. De ce point de vue-là, ce qui est très important, c'est de faire émerger de l'école une capacité à se défendre. J'ai créé ce que j'appelle le « carré régalien » pour le système scolaire, c'est-à-dire des équipes qui sont capables d'intervenir au service des établissements face aux catégories, aux quatre catégories d'événements qui peuvent arriver, c'est-à-dire les atteintes aux principes républicains et à la laïcité, le harcèlement et le cyber-harcèlement, les violences de tous ordres (les bandes, les drogues, etc.) et puis de façon générale, les phénomènes, disons, de radicalisation de tous ordres qui peuvent atteindre les établissements scolaires. Par rapport à ça, aucun acteur de l'école, que ce soit un élève, un professeur, un personnel ne doit se sentir seul, il doit pouvoir faire appel à l'institution. Alors, je sais que pendant longtemps, on a dit que l'Education nationale, c'était le « pas de vague », mais c'est fini, je l'ai dit depuis quatre ans. Bien sûr ça prend du temps pour devenir une réalité concrète pour tous mais d'ores et déjà, nous agissons pour diminuer, par exemple, le harcèlement ou la violence scolaire.

LAURENCE FERRARI
Ce sont les mêmes personnes qui sont chargées d'agir sur ces quatre cas totalement différents ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non justement.

LAURENCE FERRARI
Il faut une formation spécifique, j'imagine ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Exactement. Vous avez sur les quatre sujets qui renvoient tous à une même chose quand même qui est tout simplement le respect d'autrui et la non-violence bien entendu, donc il y a évidemment un facteur commun mais sinon c'est quatre catégories de formation, de personnel pour intervenir.

LAURENCE FERRARI
Et c'est combien de personnes sur les centaines de milliers d'élèves ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Ça dépend, c'est dans chaque académie de France. Il y a 30 académies en France et donc dans chaque académie, vous avez des équipes qui sont plus ou moins grandes selon la taille de l'académie ; l'académie de Limoges a moins de problèmes de ce genre que, par exemple, l'académie de Versailles et donc c'est normal d'avoir des tailles différentes.

LAURENCE FERRARI
Mais est-ce qu'on ne demande pas tout à l'école en réalité, d'assumer le rôle des parents, d'assumer le rôle de la société ? On demande tout à l'Éducation nationale et aux professeurs ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
C'est vrai, on demande beaucoup à l'école, c'est devenu une accumulation de phénomènes de société qui, à la fin, sont pris en charge par l'école, il faut à la fois prendre en compte ça parce qu'on est bien obligé, par exemple quand on doit faire de l'éducation justement à la non-violence, de l'éducation au non-harcèlement, c'est normalement des choses qui doivent être véhiculées en famille et pour 90% des enfants, c'est véhiculé en famille. Il faut quand même rassurer d'un certain point de vue ; vous savez, je vais dans les écoles en permanence. Je vois beaucoup d'enfants qui vont bien, qui ont les bonnes valeurs, qui se comportent très bien avec les autres, il y a un état d'esprit de camaraderie qui est quand même celui qui règne en général mais ce n'est pas toujours le cas et on doit évidemment agir pour que par l'éducation morale et civique, par toute une série de choses qui se passent au quotidien, par l'engagement des élèves aussi. Vous savez, ce qui nous tue, c'est l'individualisme, c'est le fait d'être toujours chacun dans son couloir et donc aujourd'hui, on multiplie les actions pour l'engagement des élèves, par exemple pour le secourisme, pour travailler avec les pompiers, la gendarmerie …

LAURENCE FERRARI
Les forces de l'ordre…

JEAN-MICHEL BLANQUER
…les forces de l'ordre, pour travailler sur l'environnement. Vous avez, par exemple, maintenant 250 000 enfants qui sont éco-délégués, ça veut dire qu'ils travaillent pour développer un potager dans l'école pour faire toute une série d'actions écologiques, tout ceci est fait pour que l'enfant le plus tôt possible apprenne non seulement à respecter autrui mais à s'engager pour quelque chose qui le dépasse lui-même.

LAURENCE FERRARI
C'est un peu la « vision Bisounours » évidemment des choses mais il faut qu'elle existe.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Pas Bisounours, la vision éducative, éducative ! Vous savez, il y a des choses très simples, il faut que les enfants aspirent au bien, au beau, au vrai, on peut appeler ça « Bisounours », moi j'appelle ça l'éducation et le fait qu'on a besoin d'avoir tout simplement les bases qui sont données et par la famille et par l'école et si possible par la convergence entre la famille et l'école parce que aussi … quelque chose qui ne va pas dans nos sociétés, c'est à quel point aujourd'hui on donne toujours raison à l'enfant quand par exemple il se plaint de ce qui se passe à l'école alors qu'en réalité, il faut évidemment l'écouter, ça va de soi. Mais ce qui est important, c'est que les adultes soient ensemble au service de l'enfant mais donc pour son bien, ce qui parfois passe par le fait de contraindre certaines choses.

LAURENCE FERRARI
En même temps, il y a des écoles en Seine-Saint-Denis où on bâche la cour pour pas que les enfants voient les trafiquants de drogue, vous voyez, il y a un monde …

JEAN-MICHEL BLANQUER
Il y a des phénomènes de ce genre, bien sûr !

LAURENCE FERRARI
...entre la réalité et ce que vous décrivez.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Alors ce que je vous disais, c'est que, heureusement, tout n'est pas comme ça et que ce que vous venez de dire peut arriver et que chaque fois que ça arrive, évidemment, nous faisons une reconquête, on ne se contente pas de la situation telle qu'elle est, on fait des reconquêtes et notamment par le lien école / justice / police qui est de plus en plus resserré.

LAURENCE FERRARI
Encore un mot de la jeune Mila qui s'exprime aujourd'hui dans Le Point qui dit qu'elle n'en peut plus, elle est à nouveau harcelée, elle dit « je n'ai plus qu'à me flinguer », elle était présente au procès la semaine dernière des 13 individus qui l'ont harcelée sur les réseaux sociaux. Elle est en rupture encore une fois de scolarité puisqu'elle ne peut plus être scolarisée dans un établissement ; l'Education nationale ne peut pas l'accueillir dans son sein ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Si bien sûr, nous sommes en lien avec elle et avec sa famille pour toute solution pertinente. Il est hors de question de la laisser seule. Donc il y a …je ne vais pas rentrer dans tous les détails, vous le savez, elle a été d'abord dans un lycée militaire où il s'est passé toute une série de choses. Aujourd'hui, elle est très isolée, ça rend les choses difficiles mais elle sait qu'elle peut avoir recours à l'Éducation nationale à chaque instant et même me faire signe. Elle le sait.

LAURENCE FERRARI
Mais comment ? Elle ne peut pas aller dans une école !

JEAN-MICHEL BLANQUER
Par exemple, on peut lui mettre un tuto … il y a évidemment tous les sujets de l'enseignement à distance, il y a le tutorat. Je ne vais pas entrer dans les détails puisqu'il y a des sujets de sécurité mais ça dépend aussi de son projet personnel qui n'est évidemment pas du tout facile vu tout ce qui lui arrive mais ce qu'il faut qu'elle sente, et le message que je lui ai fait passer et directement et indirectement, c'est que, évidemment, elle ne doit pas se sentir seule et elle sait qu'elle peut compter sur nous.

LAURENCE FERRARI
Le bac, allez, on est à quelques encablures des premières épreuves : le 17, la philo, le 21 le grand oral. C'est la troisième année que le bac est chamboulé avec un contrôle continu, je le rappelle pour nos téléspectateurs qui ne le savent pas, qui représente désormais au minimum 82% de la note finale de l'examen, l'épreuve écrite de philo et celle du grand oral compteront pour 18%. Ce grand oral alors, en fait, le Snalc, le syndicat estime que c'est le gros raté, c'est une épreuve nouvelle à laquelle personne n'est préparé. Qu'est-ce que vous répondez ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Je pense qu'il y a des gens à chaque fois qu'il y a quelque chose de nouveau ont une difficulté avec la chose nouvelle ! Donc bien sûr que c'est une innovation et c'est une innovation très importante qui part d'un constat de base au service de nos enfants, c'est-à-dire l'idée que, dans la vie, ce que nous sommes en train de faire, c'est-à-dire parler, s'exprimer, argumenter, écouter l'autre, savoir répondre quelque chose correspondant à ce que l'autre pense et dit, eh bien, tout ça ce sont des compétences fondamentales et pour la vie personnelle et pour la vie professionnelle. Et on a intérêt à entraîner nos enfants dès la maternelle à cela et c'est ce que nous faisons. En fait, avec le grand oral du baccalauréat, on a envoyé un signal à tout le système scolaire depuis maintenant plus de deux ans qui est de s'entraîner à parler. Et d'ailleurs, il y a un certain engouement, vous avez des concours d'éloquence, vous avez de plus en plus d'exercices oraux, nous encourageons le théâtre, le chant, etc., tout ce qui permet à l'enfant de « s'extravertir » pour s'exprimer, ce qui est quand même une des choses fondamentales de l'Education. Le grand oral sert à ça. Et il est très intéressant, très préparé maintenant puisqu'il se prépare dans le cadre des enseignements de spécialités. Que ce soit quelque chose de nouveau et qui, à ce titre, interroge, parfois inquiète …

LAURENCE FERRARI
Et angoisse parfois les élèves …

JEAN-MICHEL BLANQUER
Parfois, ça fait partie à la fois des choses nouvelles par définition et puis aussi il est normal que pour un examen, il y ait un petit pincement de trac. Eh bien, ça fait partie du baccalauréat et je pense qu'une fois que les élèves l'auront passé, eh bien, je pense qu'ils en seront heureux mais on en reparlera dans un mois !

LAURENCE FERRARI
Pour la philo, c'est la meilleure note qui sera retenue entre celle obtenue à l'épreuve et celle du contrôle continu. Il y a des profs qui se disent : il va y avoir la tentation de la copie blanche parce qu'il suffit que vous veniez à l'épreuve et vous dites « ah, non le sujet ne m'intéresse pas et de toute façon, j'ai une bonne note en contrôle continu, du coup je ne fais pas ma copie. »

JEAN-MICHEL BLANQUER
Vous savez, il y en avait beaucoup qui réclamaient uniquement le contrôle continu. Ce qui m'a paru important, c'est de maintenir une épreuve terminale. En même temps cette année, nous devons avoir une bienveillance particulière vu la situation très particulière qu'il y a eu tout au long de l'année. Je ne dis pas que tout ce que nous avons fait est idéal ; nous avons sur ce sujet comme sur tous les autres cherché la meilleure formule dans une situation très compliquée. On finit cette année scolaire comme très peu de pays l'ont réussi, c'est-à-dire en ayant pu ouvrir au maximum les écoles, les collèges et les lycées ; bien sûr, les lycéens parfois ont été en demi-jauge, l'enseignement à distance c'est la plupart du temps bien passé mais pas toujours ; bien sûr qu'il y a des imperfections et je les reconnais bien volontiers. On a fait de notre mieux et aujourd'hui, quand on se compare aux autres pays, on est un pays qui a maintenu les écoles ouvertes premièrement et, deuxièmement, peut faire passer les examens en cette fin d'année. Je pense que c'est quand même une très bonne chose et bien sûr, il y a des imperfections mais je pense que, au total, c'est très important d'avoir pu maintenir ces fondamentaux.

LAURENCE FERRARI
Mais est-ce qu'il fallait à tout prix maintenir les épreuves ? Il y a eu un certain nombre de contestations en disant : ce n'est pas la peine de maintenir les épreuves au regard encore une fois de la scolarité hachée que les élèves ont eue cette année.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Que n'auriez-vous dit alors puisque si je me réfère à votre question précédente … ? Vous auriez dit : c'est l'encouragement à la paresse, l'encouragement à une espèce de bac que l'on donne …

LAURENCE FERRARI
Non, le contrôle continu …

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui mais vous savez, j'ai eu il y a deux ans des manifestations contre le contrôle continu quand je voulais mettre 40% de contrôle continu dans le baccalauréat. Cette année, j'ai eu des débuts de manifestations pour le contrôle continu parce qu'il fallait aller jusqu'à 100%, je crois que c'est au milieu …

LAURENCE FERRARI
Donc on manifeste systématiquement. C'est ce que vous nous dites ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, ce que je veux dire, c'est que c'est toujours des positions d'équilibre qui sont les positions de sagesse quand même, c'est-à-dire qu'il y a des vertus au contrôle terminal et il y a des vertus au contrôle continu et ce qui est bon pour nos élèves, c'est qu'on ait une mixité des deux et c'est ce que nous réussissons cette année alors avec une forte proportion de contrôle continu du fait des circonstances mais néanmoins, nous maintenons du contrôle terminal et c'est vrai aussi d'ailleurs pour le baccalauréat professionnel et le baccalauréat technologique et donc c'est important maintenant d'être dans cette situation d'équilibre.

LAURENCE FERRARI
Conditions sanitaires évidemment très réglementés pour passer ces examens avec quoi, un mètre entre chaque élève ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Il y a deux mètres entre les tables pour les épreuves écrites et puis tout un protocole sanitaire très strict aussi bien de nettoyage que de brassage de l'air que le port du masque et toute une série d'éléments du protocole auquel nous sommes maintenant bien habitués.

LAURENCE FERRARI
Et ceux qui sont malades ou cas contact, comment ils font ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Alors, il y a une session de rattrapage pour ceux qui sont dans les situations où ils ne peuvent pas venir du fait de problèmes de santé.

LAURENCE FERRARI
L'ouverture de la vaccination aux 12 / 18 ans a été annoncée, elle a démarré cette semaine. Les établissements scolaires doivent-ils participer à cette vaccination ? C'est ce que souhaite le professeur Alain FISCHER et vous ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Alors, d'abord ce que président de la République a décidé, et j'en étais très heureux, au dernier Conseil de défense, c'était d'ouvrir maintenant désormais aussi aux 12 / 18 ans la vaccination. Donc ce qui se passe maintenant avec évidemment, comment dirais-je, une incitation particulière pour les enfants et les adolescents qui en ont le plus besoin s'ils ont des facteurs de co-morbidité ou quand ils ont chez eux quelqu'un de plus vulnérable, d'y aller tout simplement. Donc on a maintenant deux mois et demi ; nous ne sommes pas tout à fait à la mi-juin, il y a juillet et août aussi pour se vacciner. Donc ma proposition, c'est surtout que les élèves se fassent vacciner maintenant et au cours des deux mois et demi qui viennent.

LAURENCE FERRARI
Mais à l'école, au sein de l'école ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, non, dans tous les centres de vaccination qui permettent de le faire.

LAURENCE FERRARI
Donc vous ne ferez pas de centre de vaccination dans les écoles ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Ecoutez, on travaille à toutes les hypothèses mais ce n'est pas …Vous me demandiez tout à l'heure si l'école devait tout faire, on a fait beaucoup, beaucoup de choses, vous savez, beaucoup depuis un an. Notre système scolaire n'est pas pleinement organisé pour vacciner tous les élèves ; s'il le fallait à tout prix, nous savons, nous avons montré que nous étions capables d'avoir de l'action de crise mais le plus normal est que, dans le cadre de la coopération très bonne qu'il y a entre les autorités de santé et l'Education nationale, qu'on puisse vacciner les enfants dans les centres dédiés.

LAURENCE FERRARI
Où est-on des tests, des autotests ? Là, on a vu un reportage ce matin dans les Landes où on teste évidemment dans les lycées pour repérer ce fameux variant Delta. On est toujours sur un nombre très faible de tests dans les écoles ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Alors vous savez la stratégie des tests – tester, alerter, protéger comme on dit – a été au coeur de notre stratégie d'ouverture des écoles. Nous n'aurions pas pu depuis septembre dernier et même auparavant d'ailleurs, mais surtout à partir de septembre, ouvrir comme on l'a fait s'il n'y avait pas eu cette capacité de traquer le virus avec les autorités de santé à chaque fois qu'un cas était signalé et ce notamment parce qu'il y avait des tests assez systématiques, dès qu'il y avait des symptômes avec les tests antigéniques. Ensuite, on a eu les tests salivaires notamment à l'école primaire et puis maintenant, les autotests. A chaque fois les démarrages se font progressivement, c'est normal, il faut habituer à de nouveaux gestes. Donc les autotests sont arrivés depuis le retour de fin avril ; ils ont été un succès pour les adultes, autrement dit les professeurs, les personnels à qui nous avons donné des autotests, deux par semaine à l'école primaire, au collège, au lycée et donc de ce point de vue-là, c'est une stratégie qui réussit via les adultes. Pour les élèves, ça a été plus difficile au lycée puisqu'on a souvent eu un faible taux d'acceptation par les familles. Donc on propose … c'est de dire aux familles : mais si, autorisez vos enfants à s'autotester au lycée parce que c'est important et pour eux et pour le collectif. Et cela dit, les chiffres montent et s'il fallait, j'espère que non, mais s'il fallait dans les temps futurs continuer à autotester, je ne doute pas que nous continuerions sur une bonne pente.

LAURENCE FERRARI
Et les masques, jusqu'à quand les enfants, notamment les plus jeunes, devront porter le masque ? On voit que dans certains départements, ça y est, on ne le porte plus en extérieur, est-ce que vous pouvez nous dire qu'à la rentrée, il n'y aura plus le masque à l'école ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, je ne suis pas capable de le dire puisque ça dépend des chiffres sanitaires que nous examinerons jusqu'au dernier moment. Vous savez, à chaque fois, on essaye de piloter au plus près du réel. Donc fin août, nous regarderons ce qu'il en est. Evidemment, c'est mon souhait le plus cher mais je ne peux pas en être certain, j'aimerais beaucoup évidemment, j'espère, je suis assez optimiste sur ce point. Je pense que ça devrait être le cas mais je ne peux évidemment pas être affirmatif.

LAURENCE FERRARI
Un tout petit mot des salles de sport, elles ouvrent à nouveau demain, c'est évidemment un moment important pour le ministre que vous êtes ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Ah oui je suis très heureux de ça !

LAURENCE FERRARI
Vous qui aimez faire du sport, on le voit régulièrement !

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, oui, j'essaye toujours notamment avec élèves …

LAURENCE FERRARI
Que ce soit la marelle, le foot ou …

JEAN-MICHEL BLANQUER
J'ai toujours fait ça de jouer avec les enfants et demain, je le ferai aussi et je pense que les salles de sport ouvertes, c'est un signal qui est envoyé, on a beaucoup travaillé à ça avec Roxana MARACINEANU, il y a un très fort sens des responsabilités des responsables, je veux les saluer, des gens qui s'occupent des salles de sport. Alors, ça ne veut pas dire une ouverture où on peut tout faire ; il y a encore une série de protocoles à respecter mais je sais que c'est un milieu sérieux qui a bien travaillé à ça et donc demain, ça permettra l'ouverture des salles de sport.

LAURENCE FERRARI
Merci beaucoup Jean-Michel BLANQUER. Je rappelle que ce petit livre Les Fables de Jean de LA FONTAINE illustrées par Rebecca DAUTREMER est distribué à tous les CM2. C'est ça ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, en ce mois de juin, tous les CM2 de France vont recevoir en classe Les Fables de LA FONTAINE, j'en ai distribué moi-même il y a quelques jours à des élèves de CM2. A chaque fois, ils sont très heureux de ça et Rebecca DAUTREMER a beaucoup de talent, elle succède à de grands illustrateurs des quatre dernières années et je suis très heureux que les enfants puissent partir avec Les Fables de LA FONTAINE cet été.

LAURENCE FERRARI
Avec ça pour les vacances. Merci beaucoup Jean-Michel BLANQUER, ministre de l'Education nationale.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Merci à vous


source : Service d'information du Gouvernement, le 9 juin 2021