Interview de M. Jean-Michel Blanquer, ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, à France Inter le 17 juin 2021, sur le retrait progressif des masques (plein air, cour d'école), la nouvelle version du baccalauréat et le début de l'épreuve écrite de philosophie du baccalauréat.

Texte intégral

NICOLAS DEMORAND
Avec Léa SALAME nous recevons donc ce matin dans « Le Grand entretien du 7/9 », le ministre de l'Education nationale. Questions/réactions au 01 45 24 7000, sur les réseaux sociaux et l'application mobile de France Inter. Bonjour Jean-Michel BLANQUER.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Bonjour.

LEA SALAME
Bonjour.

NICOLAS DEMORAND
Et merci d'être à notre micro ce matin. On va évoquer évidemment dans un instant le bac qui a commencé pour des centaines de milliers d'élèves, cette semaine, et ce matin pour la philo. Mais d'abord un mot sur le masque ! Le Premier ministre Jean CASTEX a donc annoncé hier que l'obligation du port du masque était levé en extérieur. Qu'est-ce que ça va changer au protocole sanitaire à l'école jusqu'au 6 juillet, date de la fin de l'année ? Pas de masque aujourd'hui dans les cours de récréation, c'est fini.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui mais c'est la conséquence logique de la décision générale qui a été prise de ne plus porter les masques en extérieur. Et comme chacun sait, c'est lié à l'amélioration générale de la situation sanitaire. Et donc c'est une bonne chose, puisqu'on a toujours considéré que c'était les enfants et les adolescents qui étaient prioritaires dans toutes les mesures que l'on prenait, et donc c'est normal qu'ils soient concernés par cette mesure. Je sais très bien que beaucoup d'enfants et d'adolescents trouvaient pénible d'avoir à porter le masque pendant la cour de récréation, pendant le temps de récréation, pardon, et donc c'est évidemment une très bonne chose.

LEA SALAME
Donc, la doctrine c'est : masque dans la classe, masque à la cantine, pas de masque à la récré, c'est ça ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
C'est ça, en plein air en fait. Et en réalité c'est cohérent avec quelque chose que nous avons toujours dit, enfin qui est dit par les autorités sanitaires, c'est-à-dire le fait que les choses ne sont pas pareilles en plein air et à couvert, et donc c'est normal de commencer par le plein air pour ce retrait progressif des masques, je l'espère au rythme le plus rapide dans la vie quotidienne de tous et a fortiori de nos enfants.

NICOLAS DEMORAND
Et dans la perspective de la rentrée scolaire, afin de limiter le risque d'une reprise épidémique, allez-vous lancer une campagne d'incitation à la vaccination pour la vaccination des collégiens, des lycéens, une campagne pour convaincre les parents éventuellement réticents à se faire vacciner leurs enfants ? Vous allez travailler là-dessus ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, bien sûr, et cette campagne d'ailleurs vient de commencer et en vous en parlant ça en fait partie bien sûr, c'est-à-dire qu'il est éminemment souhaitable que les plus de 12 ans se fassent vacciner, et donc nous incitons à cela au travers de messages aux élèves, aux familles, et je sais qu'il y a quand même déjà un certain engouement pour ça, même s'il faut que ce soit plus fort encore, de façon à ce qu'un maximum d'adolescents, de collégiens, de lycéens, soient vaccinés pour la rentrée.

NICOLAS DEMORAND
Et ce sera toujours par conviction et pas obligation.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, en tout cas, à ce stade c'est cette doctrine-là qui prévaut.

LEA SALAME
Jean-Michel BLANQUER, que pouvez-vous nous dire ce matin du protocole sanitaire de la rentrée prochaine, est-il bouclé, sur quelles hypothèses il se fonde ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Alors, le protocole sanitaire sera élaboré au cours des premiers jours de juillet, quand on aura un petit peu tout le retour d'expérience de l'année actuelle, le travail conjoint avec les autorités de santé, nous sommes notamment très liés à la Haute autorité de santé publique pour l'élaboration d'un tel protocole. Il y aura des éléments qui peut-être différeront un peu de l'année dernière, mais ce sera toujours la même logique, c'est-à-dire la définition de règles dont le curseur peut évoluer en cours d'année, en fonction de l'amélioration ou de l'aggravation de la situation. Evidemment on souhaite tous qu'on n'ait même pas à s'en servir à la limite, ça mais… ou que le curseur soit le plus bas possible, mais c'est la logique et donc on rendra publique dans la première quinzaine de juillet cette nouvelle donne, avec beaucoup d'éléments qui ressembleront évidemment par exemple sur les gestes barrières ou d'autres choses comme ça.

LEA SALAME
Et sur le masque, ça dépendra de l'état de l'épidémie, on peut. L'imaginer une rentrée non masquée dans les classes aussi ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Ah, on peut l'imaginer, évidemment même je l'espère de tout coeur…

LEA SALAME
On peut le souhaiter.

JEAN-MICHEL BLANQUER
… comme tout le monde je pense, bien sûr, c'est imaginable, mais ça ne veut pas dire que c'est certain. Et de toutes les façons, même en juillet, ça ne sera pas défini, en juillet on dira les scénarios possibles et puis c'est à la fin du mois d'août qu'on décidera de ça.

LEA SALAME
On saura.

NICOLAS DEMORAND
Le bac. Les épreuves du bac professionnel ont démarré hier, ce matin c'est donc autour des élèves de terminale générale et technologique de plancher sur l'épreuve de philo, après 2020 et un bac en contrôle continu pour cause de Covid, la session 2021 sera encore bien particulière, l'année scolaire ayant été rythmée là encore par l'épidémie, et les lycéens ayant suivi des cours en demi-jauge depuis le mois de novembre dernier. Dans quelle atmosphère, Jean-Michel BLANQUER, va se dérouler cette semaine d'examens, que redoutez-vous, avez-vous même hésité à la maintenir ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, je n'ai pas hésité, au contraire j'ai tenu à la maintenir, et vous le savez, le débat il y a encore un mois et demi était : tout contrôle continu ou pas ? Et il y avait d'ailleurs beaucoup de pression de la part de beaucoup de secteurs pour que nous mettions à 100 % contrôle continu. Il faut avoir ça en tête quand on entend certains débats aujourd'hui. Et j'ai tenu à tout prix à maintenir l'épreuve, d'abord les épreuves du baccalauréat professionnel, merci de les avoir mentionnées tout à l'heure, ne les oublions pas…

LEA SALAME
Oui, on va en parler tout à l'heure, le bac pro, parce qu'ils ne sont pas contents.

JEAN-MICHEL BLANQUER
… ensuite, l'épreuve de philosophie et puis le Grand Oral. Ça me semblait indispensable, d'abord pour que chacun travaille jusqu'au bout, ensuite pour que ce rituel si important du baccalauréat soit maintenu, autant que possible. Ceci ne doit pas nous faire oublier, premièrement, que nous sommes le pays qui a eu les établissements ouverts pendant pratiquement toute l'année scolaire, c'est une exception française considérable. Aujourd'hui, vous savez, bouchée avalée n'a plus de goût, mais c'est une performance…

LEA SALAME
Non mais c'est ce que j'allais vous dire, on avait parié que vous diriez cette phrase !

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui oui, mais c'est exceptionnel. Quand je vois…

LEA SALAME
Vous la répétez à chaque fois.

JEAN-MICHEL BLANQUER
… le débat public, parfois sur le sujet…

LEA SALAME
Non mais c'est très bien, vous avez raison.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non mais je crois qu'il faut quand même qu'on mesure cette performance collective du pays, c'est un enjeu majeur, et on en parlera encore pendant des années, quand on reprendra du recul sur ça. Et donc on a préservé ça pour les lycéens, c'est le point fondamental. Quand on est en demi-jauge, ça ne veut pas dire qu'on travaille à moitié, ça veut dire qu'il y avait de l'enseignement à distance. Je sais que ça n'a pas toujours été parfait, mais ça a parfois augmenté l'autonomie des élèves, et aujourd'hui surtout c'est la première fois qu'ils passent sur leurs enseignements de spécialités, c'est la première année que ça se passe, et le Grand Oral est très significatif d'un exercice intelligent et intéressant pour les élèves.

LEA SALAME
Alors, on a plusieurs questions, vous avez soulevé plusieurs sujets. D'abord, le contrôle continu qui va donc représenter cette année 82 % de la note finale du bac. Pour l'épreuve de philo aujourd'hui, les élèves pourront garder leur note de contrôle continu si elle est supérieure à celle de l'épreuve écrite d'aujourd'hui. Les profs de philo disent que cette double notation dévalorise leur discipline et qu'ils s'attendent à corriger des copies vides ou presque. Que leur répondez-vous ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oh, nous verrons ce soir. Je ne pense pas que ce sera le cas, je pense que l'immense majorité des élèves ont envie de prendre au sérieux cette épreuve, ont envie éventuellement d'améliorer leurs notes de contrôle continu, vous avez des élèves qui n'ont pas des bonnes notes de contrôle continu, et même ceux qui ont des bonnes notes peuvent toujours chercher à l'améliorer. Donc vous savez, je vous le redis, mais il y a 6 semaines j'étais très seul quand je disais « il faut la maintenir », la pression que j'avais c'était uniquement 100 % en contrôle continu, sans même faire passer l'épreuve. Donc je considère qu'avoir maintenu l'épreuve est surtout le signe de cette importance que j'accorde à cette épreuve de philosophie, vous savez que c'est une discipline à laquelle j'accorde énormément d'importance, elle est l'épreuve reine à l'écrit dans la nouvelle version du baccalauréat, parce que c'est la seule vraiment commune à tous, il était important de la maintenir et c'est ce qu'il faut se dire aujourd'hui. Je ne crois pas que, tous ceux qui aiment la philosophie sont nombreux, les professeurs de philosophie et les autres, aient un quelconque intérêt à dénigrer ce qui se passe, alors qu'au contraire c'est un moment de rassemblement, d'ici une heure ou deux je pense que vous donnerez les sujets publiquement, c'est un moment un peu, je dirais presque de communion du pays autour de la philosophie, et avoir maintenu l'épreuve permet aussi cela.

LEA SALAME
Alors, a contrario, deux questions qui vont dans le même sens sur l'appli Inter. Deborah : pourquoi la meilleure note sera gardée pour le bac philo et pas pour le bac français dont l'écrit a lieu cet après-midi ? Evelyne : les Première passent aussi une épreuve écrite aujourd'hui, l'écrit de bac français, et pour eux cela compte intégralement, sans prise en compte du contrôle continu. Pourquoi vous avez fait une règle pour le bac philo et pas pour les Première, l'épreuve écrite de français ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Vous voyez, ce qui est quand même intéressant, c'est que quoi que vous fassiez, de toute façon, vous avez la demande « Pourquoi vous n'avez pas fait l'inverse ? »…

NICOLAS DEMORAND
Et ce n'est pas fini, il n'est que 08h30.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Ce qui prouve quand même que mon métier n'est pas évident, parce que si vous voulez, reportez-vous au débat d'il y a 2 mois encore une fois sur l'ensemble de ces sujets. Sur le Français, j'ai fait justement ce que vous me demandiez tout à l'heure, c'est-à-dire maintenir au maximum l'épreuve telle qu'elle était possible, et donc c'est en pensant aux élèves à chaque fois que je fais ces choses-là, donc qu'ils aient une… Si j'avais fait ce que vous dites, on aurait de la part peut-être de certains, le même genre d'arguments que ce que vous m'avez dit pour le pour l'épreuve de philosophie. Donc il était important de l'aménager quand même, et nous l'avons aménagé, parce que je rappelle qu'en voie générale les élèves ont 14 textes, ensuite le professeur en choisi deux, et l'élève en choisit un parmi les deux, c'est cet aménagement-là qui permet quand même de tenir compte qu'un élève a pu parfois avoir des points de faiblesse du fait de la façon dont l'année s'est passée.

NICOLAS DEMORAND
Jean-Michel BLANQUER, du côté des bacs pros maintenant, certains se disent pénalisés, éprouvent un sentiment d'injustice, parce qu'ils ont 3 jours d'épreuves écrites et seront évalués sur 5 matières, alors que les filières générales et technologiques n'ont qu'une seule épreuve écrite, sur une seule matinée. Pourquoi ce 2 poids 2 mesures, n'est-ce pas un mauvais signal envoyé à cette filière ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
C'est tout le contraire. Ce n'est pas 2 poids 2 mesures, c'est du sur mesure, et d'ailleurs on vient de prendre 3 exemples : la philo en voie générale, le français en Première, le bac pro. Et effectivement, dans les 3 cas, ce n'est pas exactement la même chose, c'est le même esprit, c'est on recherche l'intérêt des élèves, mais c'est une adaptation aux particularités de chacune des situations. Et là en l'occurrence c'est une logique qu'on peut comparer à celle qu'on a pris pour la philo, c'est-à-dire que comme ils passent plusieurs épreuves mais qu'ils choisissent les deux meilleures notes, en fait ça permet premièrement d'avoir le rituel de passage, le travail jusqu'au bout, et puis quand même d'être dans une situation de bienveillance puisqu'on prend les deux meilleures notes sur celles qui seront passées. Donc c'est un régime qui au contraire est favorable. Et personne ne peut dire que je n'apporte pas d'attention au baccalauréat professionnel, je suis au contraire extrêmement attentif, il y a aussi une réforme très importante dans ce domaine et je suis le premier à en parler beaucoup, donc je suis heureux aussi que vous me donniez cette occasion de dire que le bac pro c'est important.

LEA SALAME
Autre objet de mécontentement, qu'on vous relaye, puisque c'est notre job : le Grand Oral, cette épreuve que vous avez créée lors de votre réforme du bac, avec cette année en gruyère, beaucoup de professeurs pointent un manque de préparation des élèves à cause du Covid, des jurys composés trop tardivement, des critères d'évaluation et notations trop floues, et puis toujours la grande question qui touche ce Grand Oral, qui est de dire : est-ce que le Grand Oral ne favorise pas plus les enfants favorisés, qui ont une facilité à parler, et est-ce que ce n'est pas le discriminant socialement ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Alors, le Grand Oral, il faut comme sur chaque sujet, restituer le sens d'abord. Pourquoi est-ce qu'on a fait cela ? D'abord on l'a fait, non pas parce que j'ai inventé ça un beau matin, mais parce qu'on a consulté énormément pour voir comment moderniser. Et nous savions d'emblée qu'il y avait nécessité de revaloriser l'oral, et en même temps qu'on revalorisait l'écrit d'ailleurs, les deux vont ensemble, l'expression écrite ; l'expression orale ; c'est fondamental. On sait que c'est plutôt un point faible du système français jusqu'à aujourd'hui, tout le monde le disait, là maintenant ça devient concret, et quand ça devient concret c'est là que pleuvent parfois certaines critiques. Pourtant, c'est extrêmement important ce qui se passe, s'entraîner à bien parler. Alors, c'est vrai que bien parler ça peut parfois être un élément de discrimination sociale, relatif, pas absolu, vous pouvez être d'une classe supérieure favorisée…

LEA SALAME
Et être timide.

JEAN-MICHEL BLANQUER
… être timide et inversement. Vous voyez fleurir maintenant des concours d'éloquence où je vois des jeunes se distinguer qui viennent de tous les milieux. Donc il ne faut pas non plus ancrer trop cette idée. Mais néanmoins il y a une part de vérité dans cette assertion, et justement, si on ne fait rien, eh bien on maintiendra les inégalités sociales socioculturelles. Le but c'est que tout le système scolaire français, grâce à ce signal que nous avons envoyé maintenant depuis 3 ans dans le système, eh bien se mobilise pour cela, d'où les pratiques théâtrales, les pratiques de chant, les pratiques de tout ce qui permet d'avoir plus confiance en soi, etc., etc. Donc c'est au contraire un moment très important. La préparation elle a pu avoir lieu. Vous savez, j'entends cet argument depuis plusieurs semaines, or n'oublions pas que le Grand Oral porte sur les points forts de l'élève, c'est-à-dire les deux enseignements de spécialités que l'élève a choisi en Première puis en Terminale. Et donc c'est deux enseignements de spécialités correspondent à ses passions et correspondent aussi à un grand nombre de cours, y compris ces dernières semaines, ça veut dire 2 fois 6 heures par semaine en enseignements de spécialités qui ont été l'occasion de s'entraîner. Moi j'ai vu beaucoup d'entraînements ou entendu parler de beaucoup d'entre eux, j'invite chacun à regarder les questions que les élèves ont préparées, c'est absolument passionnant, aux antipodes de ce qu'on appelait le bachotage auparavant, parce qu'on est là au contraire sur des choses approfondies que l'élève apprécie, aime et qui le préparent mieux à son avenir. Donc le Grand Oral c'est vraiment quelque chose qui fait le pont entre la vie du lycéen et ce que ce sera sa ville ultérieurement.

NICOLAS DEMORAND
On a pu suivre les révisions du Grand Oral dans les journaux de France Inter, sur plusieurs semaines, avec une bande de copains qui y travaillait.

JEAN-MICHEL BLANQUER
C'est passionnant je trouve.

NICOLAS DEMORAND
L'année dernière, Jean-Michel BLANQUER, le taux de réussite au bac a atteint le niveau record de 95 % d'admis, beaucoup ont dit que les notes avaient été gonflées à cause du Covid, beaucoup ont dénoncé un bac au rabais, redoutez-vous la même critique cette année ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Des critiques il y en aura toujours, et beaucoup de ceux que font des critiques le font comme si on n'était pas en train de, si on n'avait pas traversé une crise sanitaire gravissime, et donc sur ce sujet comme sur d'autres, je reconnais évidemment des imperfections, des choses qui ne sont pas idéales, comment en serait-il autrement ? Je ne connais aucun pays en ce moment où la situation est idéale sous cet angle. Néanmoins, encore une fois on a préservé une année scolaire la plus normale possible, et deuxièmement que les examens se tiennent quand même avec des aménagements, que l'on me réclamait énormément, on me le réclamait.

LEA SALAME
Ça ne sera pas un bac au rabais ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non. D'abord parce que le contrôle continu ne signifie pas rabais nécessairement, je pense qu'il faut un peu de contrôle continu pour valoriser le travail continu justement, le travail permanent, et puis il faut du contrôle terminal pour qu'il y ait un moment de dépassement de soi puis une balise de référence. Donc c'est l'esprit de la réforme du baccalauréat. Donc normalement le pourcentage c'est 40 % de contrôle continu, 60 % de contrôle terminal. Il y a 2 ou 3 ans j'avais des manifestations contre le contrôle continu, il y a 2 mois j'avais des manifestations pour 100 % de contrôle continu. J'ai tenu à maintenir du contrôle terminal, l'équilibre de cette année il est tout de même intéressant et je crois que les élèves, notamment avec ce Grand Oral, voient bien qu'ils sont en train de passer à quelque chose d'innovant. Vous savez, on est un pays où on dit toujours : vive le changement, vive la réforme ! Cette réforme-là elle était… beaucoup de gens pensaient à des choses de ce genre depuis longtemps sans que ça puisse jamais faire, eh bien on est l'année où ça se fait enfin, alors même qu'on a une conjoncture très compliquée, eh bien c'est dans ces moments-là qu'on voit qui a le sens de l'innovation et du progrès, et puis qui est toujours dans la complainte sur le « c'était mieux avant ».


source : Service d'information du Gouvernement, le 18 juin 2021