Interview de M. Jean-Michel Blanquer, ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, à France Info le 1er juillet 2021, sur la réforme du baccalauréat et les critiques émises, la situation sanitaire à l'école et la préparation du protocole sanitaire 2021-2022 pour la rentrée scolaire.

Texte intégral

MARC FAUVELLE
Bonjour Jean-Michel BLANQUER.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Bonjour Marc FAUVELLE.

MARC FAUVELLE
Avec vous, on va parler bien sûr de la réforme du bac, de la situation sanitaire à l'école en ce moment, de ce qui va se passer aussi pour les élèves à la rentrée. D'abord, ces mots d'Emmanuel MACRON, dans une interview au magazine Elle, le chef de l'Etat qui dit qu'il voit la société se racialiser progressivement, ça veut dire quoi ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Ça veut dire qu'il voit un risque qui existe en France, comme d'ailleurs dans beaucoup de pays, parce que c'est un mouvement mondial, qui consiste à fourvoyer le combat pour l'égalité, au travers d'un combat qui crée de la fragmentation, c'est ce qu'on appelle la cancel culture, les woke, les intersectionnels, vous trouvez tous les mots que vous voudrez, et donc le combat pour l'égalité, et notamment en l'occurrence le combat pour l'égalité entre les femmes et les hommes, qui est un combat si fondamental, doit l'être au nom de l'universalisme, de l'humanisme, de l'égalité entre tous, tout simplement. Donc il s'agit, c'est assez simple, il s'agit d'unir plutôt que de fragmenter.

MARC FAUVELLE
Vous trouvez que l'école, elle aussi, se racialise ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, heureusement, parce que ce sont, je veux dire, les valeurs républicaines qui dominent à l'école et que nous diffusons, mais bien entendu, on doit être extrêmement attentif, parce qu'il y a des courants de pensées et des courants d'actions politiques qui essaient de faire passer…

MARC FAUVELLE
Lesquels ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Eh bien, on voit venir ça de la part des universités américaines, en particulier, qui sont un peu la matrice de ce mouvement, mais en France, il y a aussi des intellectuels, des politiques qui sont dans cette logique de ce qu'on appelle l'intersectionnalité, et il ne faut pas sous-estimer ce phénomène, qui est grave, parce que c'est une vision de la société, exactement à rebours de ce que nous défendons depuis la Révolution française au moins, c'est-à-dire, et même avant, je dirais, par la pensée des Lumières, c'est-à-dire, tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit, et ne se définissent pas d'abord par leur appartenance diverse et variée, parce que, sinon, c'est la course à la victimisation, c'est la course à la fragmentation, et donc, on ne doit pas se tromper de logiciel, c'est pourquoi d'ailleurs, mon discours à la jeunesse, que ce soit sur le féminisme, la lutte contre les discriminations, l'écologie, doit l'être toujours au nom de l'humanisme, au nom de l'égalité, et pas au nom de l'opposition des groupes entre eux, c'est, je dirais, aussi simple que ça, et moi, je vois beaucoup de jeunes qui sont justement dans cette volonté d'avoir une approche humaniste, tout simplement, il faut en quelque sorte une réelle régénérer l'humanisme, rénover l'humanisme, pour que ce soit la valeur de référence claire et nette pour tous.

SALHIA BRAKHLIA
Jean-Michel BLANQUER, dans cette interview, dans le magazine Elle, Emmanuel MACRON parle aussi des « crop top » à l'école, vous savez, ces hauts pour jeunes filles, dont on voit le nombril, à l'école, je suis plutôt : tenue décente exigée…

MARC FAUVELLE
C'est Emmanuel MACRON qui parle, ce n'est pas vous…

SALHIA BRAKHLIA
Oui, donc j'essaie de tenir le ton. A l'école, je suis plutôt tenue décente exigée, je ne suis pas un défenseur de l'uniforme, mais tout ce qui vous renvoie à une identité et à une volonté de choquer ou d'exister n'a pas sa place à l'école, dit le président de la République. Comment on fait, alors, on mesure à l'entrée de l'école la bonne longueur du haut des jeunes filles ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, mais il y a des choses…

SALHIA BRAKHLIA
Parce que la tenue décente, elle est appréciable différemment par chacun…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oh, vous savez, ça fait des décennies que ces sujets-là sont posés, et se règlent de manière assez normale dans un établissement, il faut faire confiance aux chefs d'établissement, il y a toujours un règlement intérieur, qui fixe des choses qui sont en réalité de bon sens.

MARC FAUVELLE
Qui n'est pas toujours le même partout.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Qui peut un peu varier, vous avez même des règlements intérieurs qui prévoient l'uniforme, dans l'internat d'Excellence de Sourdun, auquel j'ai contribué à la naissance, il y a un uniforme, les élèves sont très heureux de l'avoir, et un établissement a le droit de choisir ce règlement intérieur. D'autres…

SALHIA BRAKHLIA
Et vous, vous avez transmis des consignes aux établissements ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Eh bien, je n'ai rien eu de spécial à faire sur le sujet, parce que c'était déjà l'usage, si vous voulez, que les règlements intérieurs définissent les règles qui forcément sont des règles spécifiques à l'intérieur d'une école, d'un collège ou d'un lycée, c'est bien normal que l'école ne soit pas un lieu exactement comme les autres sur ce sujet comme sur les autres, donc là, le président de la République a rappelé en réalité des règles de bon sens…

MARC FAUVELLE
Donc la bonne hauteur, c'est le sous nombril ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, écoutez, je pense qu'il ne faut jamais rentrer à l'échelle nationale dans des casuistiques de ce type…

MARC FAUVELLE
Le haut du ventre, le dessous du nombril ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Je fais confiance... ça dépend de la température, je vous dirais. Mais non…

MARC FAUVELLE
En cas de chaleur, on révise le…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, mais je pense que justement, c'est le genre de débat dans lequel il ne faut pas rentrer, il y a du grand bon sens, des chefs d'établissement dont c'est le métier, des règlements intérieurs qui sont clairs. Et après, dans l'interview, le président, à juste titre, fait la différence entre ce qu'on a le droit de faire à la plage, dans la rue, etc, où, là, bien entendu, une très grande liberté prévaut, elle aussi avec des limites d'ailleurs, et puis, ce qui se passe à l'école, au collège et au lycée. De façon générale, on retrouve un peu le sujet antérieur, il est assez bon que les questions vestimentaires ne soient pas un sujet de trop grande différenciation entre les enfants et les adolescents, sinon, c'est le règne de la marque, c'est le règne des clans, parce que tu es habillé comme ci ou comme ça, je pense que c'est vers d'autres valeurs qu'on doit orienter les enfants.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Les marques, c'est trop tard.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Pourquoi ?

MARC FAUVELLE
Parce qu'il y en a partout.

JEAN-MICHEL BLANQUER
A oui, eh bien oui, justement, il faut justement remonter cette pente, moi, je pense qu'il y a beaucoup trop de consumérisme, beaucoup tout matérialisme qui est mis dans la tête des enfants dès le plus jeune âge par des logiques de marques en particulier, en effet, et que, d'ailleurs, les grands professionnels de ces sujets savent jouer avec ça, à nous d'avoir justement des principes républicains face à cela, qui sont des principes d'égalité, et notamment d'égalité sociale, parce qu'on voit des enfants qui parfois sont même par exemple harcelés parce qu'ils ne réussissent pas à suivre la mode des autres. Et ça, je trouve ça très grave, et bien entendu, c'est aussi ce qu'on combat au travers de règlements intérieurs.

MARC FAUVELLE
Jean-Michel BLANQUER, vous venez d'annoncer une réforme de votre propre réforme du bac, qui vient tout juste d'entrer en vigueur, on va rentrer dans le détail, ça veut dire qu'elle n'était pas parfaite.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Ça veut dire que j'ai fait ce que j'avais dit, c'est-à-dire un comité de suivi du baccalauréat qui tient compte des réalités de terrain.

MARC FAUVELLE
C'est une forme de mea culpa de votre part ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Appelez ça comme... non, encore une fois, c'est l'accomplissement de ce qu'on avait dit, si je n'avais pas fait ça, on dirait, ce qu'on a parfois dit d'ailleurs, que j'étais vertical, autoritaire, sans écoute, c'est tout le contraire…

MARC FAUVELLE
Et vous n'êtes pas vertical et sans écoute ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Je ne crois pas, je crois qu'il faut une part de verticalité, une part d'horizontalité, et en l'occurrence, depuis le début, nous avons installé un comité de suivi de la réforme du baccalauréat, avec les organisations syndicales, des lycéens, etc., et nous regardons ce qui se passe. Et donc, dès le début, on a fixé des grands principes qui demeurent, c'est-à-dire notamment : 60 % de contrôle terminal, 40 % de contrôle continu, ça va rester ainsi, et là, ce qui est en train d'évoluer, c'est ce qui se passe à l'intérieur du 40 % de contrôle continu, dans un premier temps, on avait envisagé ce qu'on appelait des épreuves communes, c'est-à-dire, on voulait un peu objectiver le contrôle continu, et puis, il y a eu beaucoup de critiques, souvent d'ailleurs de la part des mêmes qui sont en ce moment en train de critiquer le nouveau changement, critiques de ces épreuves communes considérées comme trop lourdes, trop bureaucratiques, trop pesantes…

MARC FAUVELLE
Ils avaient raison…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Ils avaient sans doute un peu raison, d'autant plus qu'on vient de voir dans la période actuelle, celle de la crise épidémique, que, finalement, le contrôle continu était parfois réclamé par tous. Donc on tient compte de cela, je tiens à rappeler d'ailleurs que toutes les organisations syndicales ne disent pas la même chose sur le même sujet, c'est 50-50, si je puis dire, et donc, on va tout simplement aller vers la simplicité, mais surtout, ce que chacun doit retenir, c'est que nous cherchons la vertu des deux systèmes, c'est-à-dire, le contrôle terminal qui reste dominant et qui garantit une forme d'objectivité, puis, de moments de passage, mais aussi du contrôle continu, pour encourager le travail permanent de l'élève, et donc éviter le bachotage.

MARC FAUVELLE
On va voir dans un instant les critiques qui sont émises contre cette réforme de la réforme du bac. D'abord le « Fil info » à 8h40 avec Mélanie DELAUNAY.

SALHIA BRAKHLIA
Toujours avec le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel BLANQUER, on parlait à l'instant des critiques des syndicats à votre réforme…

JEAN-MICHEL BLANQUER
De certains syndicats…

SALHIA BRAKHLIA
De certains syndicats, on va être plus précis, l'une des principales critiques qui émane d'eux, c'est la création donc d'un bac local, en quelque sorte, avec votre réforme, ça ne risque pas de créer ce contrôle continu de 40 % de la note finale, ça ne risque pas de créer des inégalités entre les établissements, parce que les professeurs ne notent pas de la même manière partout ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Je pense que c'est exactement le contraire, et que sur ce sujet, comme sur d'autres, pour la première fois finalement, on prend à bras-le-corps un problème qui préexistait, et aujourd'hui, on cherche à souligner ce problème qui préexistait et auquel on essaie d'apporter une solution. Le problème préexistait, parce que, bien sûr qu'il y a du contrôle continu depuis toujours dans les établissements, que ça fait le bulletin scolaire, et c'est ce bulletin scolaire qui sert à la mission dans l'enseignement supérieur, même avant Parcoursup, vers janvier, février, par exemple, si vous voulez faire une classe préparatoire ou une filière sélective à l'université, vous envoyez votre bulletin, et c'est sur…

SALHIA BRAKHLIA
Ça comptait pour les dossiers, mais ça ne comptait pas pour le bac.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, mais le dossier pour l'enseignement supérieur, c'est absolument fondamental. Et donc cette inégalité, si inégalité il y a, c'est à ce moment-là qu'elle est la plus forte. Ce que nous sommes en train de faire, c'est que, en valorisant le contrôle continu, non seulement, on a cette première vertu que je mentionnais tout à l'heure, c'est-à-dire, avoir un élève qui travaille en continu, et on valorise cela, c'est très important, vous avez des élèves qui sont meilleurs dans cet exercice-là que dans l'exercice terminal, mais surtout, ce que nous faisons aussi, c'est que nous poussons l'ensemble des établissements à une réflexion plus collective sur l'objectivité de la notation, par ailleurs, nous serons en mesure…

SALHIA BRAKHLIA
Comment on fait ça ?

MARC FAUVELLE
Comment vous voulez qu'un enseignant sache comment note un collègue à 600 kms de chez lui ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, mais on a déjà développé des méthodes qui vont aller en s'améliorant d'harmonisation, par exemple, on a des commissions d'harmonisation entre établissements sur les notations qu'on a développées d'ailleurs fortement ces deux dernières années, on a donné aussi aux professeurs des documents de points de repère, et puis, dans le futur, on pourra regarder la comparaison entre les notes de contrôle continu d'un établissement et celles que les mêmes élèves ont obtenues en contrôle terminal ; donc on va pouvoir travailler avec les établissements sur la manière de noter.

SALHIA BRAKHLIA
Jean-Michel BLANQUER, vous comprenez bien qu'un professeur ne notre pas de la même manière un élève qu'il connaît, puisque, là, la notation ne sera plus anonyme, et donc il y a un risque de vouloir encourager un élève justement en lui donnant une meilleure note, que ce qu'il devrait avoir.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Mais, ce sont des sujets dont les professeurs parlent en conseil de classe, ce sont des sujets qui sont le moins individuels possibles, si vous voulez, c'est : on doit avoir une vision entre plusieurs matières sur un élève, on doit discuter de son niveau, y compris avec ses parents quand c'est possible. Donc, on va arriver à un nouveau niveau de maturité dans la notation, c'est un sujet, vous savez, on appelle ça la docimologie, il y a des bibliothèques entières sur cette question, c'est un sujet complexe, qui va être amélioré à l'occasion de cette réforme. Et encore une fois, n'oublions pas qu'il y a 60 % de contrôle terminal. Donc l'élève, s'il n'est pas bon en contrôle terminal, ça va se voir, et ça l'empêchera d'avoir le baccalauréat, donc vous n'aurez pas d'artificialité sur le contrôle continu, ne serait-ce que par cet élément de comparaison ; encore une fois, on critiquait énormément le bac précédent, on disait qu'il était à bout de souffle, et aujourd'hui, ce que nous sommes en train de faire, c'est de le régénérer, regardez l'oral, toutes les critiques qu'il y avait, il y a encore deux semaines, avant qu'il ne commence…

MARC FAUVELLE
Le grand oral…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Chacun comprend que ce grand oral est en train de régénérer le baccalauréat, parce qu'il porte sur des enseignements de spécialités que les élèves ont choisies, donc on approfondit davantage, qu'il valorise les compétences orales, donc cette modernisation et rénovation du baccalauréat, eh bien, elle est en train de se réaliser, mais je suis habitué à ce qu'il y ait des critiques qui essaient à tout prix de mettre sous une gangue cette rénovation, néanmoins, pas à pas, nous démontrons que c'est une renaissance.

MARC FAUVELLE
Je vais vous demander, parce qu'on entend... les auditeurs se rendent peut-être compte que ça grésille en ce moment, de faire comme au collège, Jean-Michel BLANQUER, de bien vouloir, si c'est le cas, sortir votre portable et de l'éloigner du micro, on va appliquer dans le studio de France Info... voilà, on vous laisse quelques instants pour éloigner le portable, on va le ranger dans un casier, et c'est promis, on va vous le rendre à la fin des cours. Un mot encore sur l'épreuve de philo, cette année, elle avait une particularité, puisqu'on prenait soit la note finale, celle de l'épreuve écrite qui a eu lieu, il y a quelques jours, soit la note de l'année, est-ce que vous savez s'il y a beaucoup de candidats au bac qui ont séché la fin de l'épreuve, et qui sont partis après une heure ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, il y a eu très peu…

MARC FAUVELLE
C'était le temps minimum qui leur était demandé…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, oui, vous voulez dire ceux qui ont fait vraiment le service minimum, mais qui ont quand même fait le service, si je puis dire. Non, on n'a pas encore ce chiffre…

MARC FAUVELLE
Oui, parce qu'ils ne le faisaient, c'était zéro…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, on n'a pas encore le retour de toutes les copies, donc on n'a pas encore ce chiffre, mais on pourra l'établir, oui.

SALHIA BRAKHLIA
Est-ce que vous allez revenir sur la numérisation des copies, ça a posé beaucoup de problèmes aux professeurs de philosophie notamment, qui n'ont pas pu corriger correctement les copies, parce qu'elles étaient mélangées ou elles étaient numérisées, il n'y avait pas toutes les pages, est-ce que vous allez revenir là-dessus ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, parce que c'est un progrès incontestable, la numérisation des copies, c'est d'abord une sécurisation des copies, n'oublions pas que chaque année, on pouvait avoir des problèmes de perte de paquets de copies, la numérisation des copies, c'est la conservation réussie des copies, et puis, il y a des vertus…

SALHIA BRAKHLIA
Mais là, on voit que c'est compliqué quand même…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Vous savez, chaque innovation présente des avantages et des inconvénients.

MARC FAUVELLE
Les enseignants disent : on a besoin de comparer les copies, vous savez, parfois, on met un 14 à une copie, et puis, en lit une dizaine d'autres, on se rend compte qu'on a sous-noté la première, et tout ça, à la fin, on fait une pile avec les meilleures sur le dessus, et les moins bonnes sur le dessous, et que d'avoir toutes les copies sur son écran, ça ne permet plus ça, j'ai l'impression d'avoir corrigé des copies…

JEAN-MICHEL BLANQUER
C'est vrai, moi, j'en ai corrigé un paquet, je peux vous dire, je vois très bien, et je comprends, j'entends cette critique, certains d'ailleurs impriment les copies, ce n'est pas forcément ce qu'on peut encourager d'un point de vue écologique, mais je peux comprendre que le rapport au papier soit nécessaire, mais c'est faisable, les copies ne sont pas brûlées après qu'elles soient numérisées, et par ailleurs, quand on les a numérisés, on peut les imprimer donc. Mais ce qui est important, c'est que, d'abord, certains s'en trouvent très bien d'avoir à corriger sur l'ordinateur, et là encore, c'est non seulement un sujet de sécurisation, mais c'est un sujet aussi de plus grande rapidité de la transmission, et puis, quand vous corrigez sur écran, il faudrait que chacun voit comment ça se passe, mais ça permet aussi des choses qu'on ne peut pas faire sur papier.

SALHIA BRAKHLIA
Sur papier Jean-Michel BLANQUER, chaque année, c'est un calvaire pour les bacheliers pour trouver leur orientation, le bon établissement au niveau supérieur, à la fac ou au niveau des écoles, qu'est-ce que vous avez prévu pour la rentrée, est-ce que vous avez prévu plus de places, est-ce que vous avez prévu d'essayer de contenter tout le monde ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Alors, il y a plusieurs questions dans votre question sur la rentrée, puisqu'il y a, à la fois, tous les sujets des élèves, des collégiens, des lycéens et de ce qui va leur arriver à la rentrée, notamment ceux qui vont avoir éventuellement des difficultés du fait de ce qui s'est passé pendant cette période particulière, et puis, il y a le sujet de l'accès à l'enseignement supérieur. Sur le premier point, et je vous l'annonce ce matin, nous allons prendre encore des mesures nouvelles pour aider les élèves l'année prochaine, concrètement, vous savez qu'on a développé un système d'évaluation assez poussé, donc que ce soit notamment en début de CP et en début de CE1, mais aussi en début de 6ème et en début de seconde, et puis, des outils d'évaluation pour tous les niveaux, de l'école élémentaire jusqu'au lycée, ces outils vont être utilisés pour définir de l'aide personnalisée pour tous les élèves qui en ont besoin, je vais mettre l'équivalent de 1.500 emplois supplémentaires, notamment sur le lycée, pour permettre la création de petits groupes en heures supplémentaires, donc par rapport au cours normaux, pour avoir des petits groupes…

MARC FAUVELLE
Qui sont des embauches ou des redéploiements ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
C'est des heures supplémentaires, des heures supplémentaires qui sont données à des professeurs, pour créer des petits groupes, de façon à ce que, en début d'année, lorsqu'on constate que le niveau n'est pas suffisant pour un élève, c'est particulièrement vrai pour les élèves de seconde et de 1ère, qui ont pu pâtir de ce qui s'est passé l'année dernière, eh bien, permettre le rattrapage nécessaire. Ceci s'ajoute à des mesures que nous avons déjà prises, notamment au collège, où la mesure Devoirs Faits touche désormais un collégien sur trois, et on va encore amplifier cela à la rentrée, je pense en particulier aux élèves de 6ème pour lesquels je souhaite vraiment que nous vérifions en début d'année où ils en sont sur les savoirs fondamentaux, c'est-à-dire français et mathématiques, et quand ils ne sont pas là où ils doivent être, notamment sur l'orthographe, le calcul, eh bien, en début d'année, petits groupes, inscription d'office à Devoir Faits pour ceux qui en ont le plus besoin…

SALHIA BRAKHLIA
C'est une obligation les petits groupes ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Ça le deviendra pour les élèves de 6ème au titre de Devoirs Faits, c'est-à-dire, si on se rend compte au titre de l'évaluation en 6ème en septembre qu'on n'est pas au niveau en français et en maths, alors, on fera une inscription d'office à Devoirs Faits…

SALHIA BRAKHLIA
Et pour les lycéens ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Pour les autres élèves de 5ème, 4ème, 3ème, on reste sur le volontariat. Pour les lycéens, l'objectif, c'est tout simplement d'avoir des petits groupes ad hoc définis par l'établissement, vous savez, on tient beaucoup à l'autonomie de l'établissement, qui définit sa politique de personnalisation de l'aide aux élèves, et donc, nous y mettons les moyens pour que chaque établissement puisse développer ça.

MARC FAUVELLE
Une toute petite pause, et on va parler de la situation sanitaire d'aujourd'hui, et de ce qui attend les élèves à la rentrée de septembre. Le fil info à 8h50, Mélanie DELAUNAY.

SALHIA BRAKHLIA
Toujours avec Jean-Michel BLANQUER, le ministre de l'Education nationale, ma question juste avant « Le Fil info » portait sur l'enseignement supérieur et la difficulté pour certains bacheliers de trouver le bon établissement, qu'avez-vous prévu pour cette rentrée ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Alors là où on sent une pression assez forte, c'est en BTS, sujet d'ailleurs que j'ai en partage avec Frédérique VIDAL puisque là on parle de sujets d'enseignement supérieur. Donc cet après-midi nous annoncerons des créations de postes en BTS de façon à pouvoir ouvrir plus de places pour les élèves qui aujourd'hui…

MARC FAUVELLE
Combien ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Alors nous préciserons, mais nous irons au-delà de 1000 en tout cas création et donc, mais nous le préciserons cet après-midi avec Frédérique VIDAL.

SALHIA BRAKHLIA
Plus de 1000 places en BTS en plus.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui plus de 1000 créations pour arriver à avoir beaucoup plus de place en BTS, mais surtout de façon générale dans cette période-là, vous savez il y a déjà une bonne partie des élèves qui ont obtenu leurs voeux sur Parcoursup, mais il y a maintenant la nouvelle session qui s'ouvre et puis les commissions rectorales qui sont là pour pouvoir donner une place à chaque élève qui fait la demande, c'est notre objectif, c'est que chacun à la fin du processus ait une place.

MARC FAUVELLE
Ce sont des places en plus pour les élèves ou ce sont des enseignants en plus ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Les enseignants, les deux, c'est-à-dire des enseignants…

MARC FAUVELLE
1000 enseignants en plus…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Pour arriver à ce que les professeurs, les élèves puissent avoir des places en BTS.

MARC FAUVELLE
Jean-Michel BLANQUER, est-ce que vous savez aujourd'hui à quoi va ressembler la rentrée scolaire fin août, début septembre ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
À certains égards oui à d'autres non, en termes de préparation de rentrée.

MARC FAUVELLE
Du point de vue sanitaire, ma question était sur le sanitaire, est-ce que par exemple on portera le masque à la rentrée dans…

JEAN-MICHEL BLANQUER
C'est impossible de vous le dire, dans quelques jours nous allons publier le protocole sanitaire 2021-2022 que nous élaborons en lien avec les autorités sanitaires.

MARC FAUVELLE
Vous pensez qu'il sera toujours à jour dans 2 mois.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Eh bien alors si vous voulez comme l'année dernière, il va prévoir un curseur en quelque sorte, notamment 3 niveaux de d'épidémie. On espère tous que ce sera le niveau le plus bas qui s'appliquera, c'est-à-dire un niveau où justement il n'est pas nécessaire de porter le masque et où toute une série de précautions deviennent moins nécessaires, mais c'est impossible de dire dans quelle situation on sera à la fin du mois d'août et donc à la fin du mois d'août que nous déciderons à quel endroit nous mettons le curseur.

MARC FAUVELLE
Est-ce qu'on va vacciner au collège et au lycée à la rentrée ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Alors surtout ce qui est très important et je vous remercie de me poser cette question, c'est que les vaccins aient lieu en ce moment même, donc nous lançons une vaste campagne avec le ministère de la Santé pour inciter les adolescents et puis aussi tous les adultes qui travaillent à l'école de façon générale d'ailleurs, je crois que tous les du de France doivent entendre ce message pour qu'il y ait vaccination en juillet et août. Les moyens sont mis sur les lieux de vacances, des propositions sont faites et donc plus tout le monde arrivera vaccinés à la rentrée, plus évidemment cela permettra d'avoir une année scolaire sereine.

MARC FAUVELLE
Et pour en revenir à la question posée, est-ce qu'on vaccinera dans les collèges et les lycées ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Nous ne l'excluons pas mais ce n'est évidemment pas mon souhait principal parce que ça crée une charge de plus d'organisation et ça peut donc troubler le cours normal de l'organisation des établissements. Mais c'est quelque chose qui n'est pas exclue, nous travaillons de manière très étroite avec le ministère de la Santé pour qu'il y ait toujours un travail conjoint entre nos équipes médicales scolaires et puis le reste des médecins.

MARC FAUVELLE
Est-ce que les élèves non vaccinés à la rentrée, quel que soit votre scénario, pourront faire exactement la même chose que les élèves vaccinés ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui normalement oui, il n'y a pas un passeport vaccinal scolaire si c'est ça votre question.

MARC FAUVELLE
Certaines activités sportives en cas de reprise de l'épidémie, on pourrait se dire attention.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Ecoutez, pour l'instant on n'est pas sur ce scénario. Le sujet n'est pas le même en milieu scolaire qu'en milieu hospitalier quand même, mais évidemment il faut surtout que dans cette phase actuelle tout le monde ait bien conscience que se vacciner, c'est à la fois de se protéger et protéger le collectif.

SALHIA BRAKHLIA
Jean-Michel BLANQUER, vous aviez prévu de distribuer 64 millions d'autotests entre mai et juillet, est-ce qu'ils sont vraiment arrivés ces autotests ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Alors, finalement, on en a distribué moins, parce qu'il y en a eu moins de nécessaire, on en a distribué un peu plus de 20 millions.

SALHIA BRAKHLIA
Parce qu'il n'y avait pas eu d'adhésion ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
L'adhésion a été lente, vous savez, à chaque génération de tests, on a eu d'abord les tests antigéniques, on a ensuite eu les tests salivaires…

SALHIA BRAKHLIA
Les tests salivaires, ça n'a pas marché non plus…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Si, ça a marché, ça a marché, mais ça a marché sous une forme diesel, si je puis dire, c'est-à-dire, vous avez un temps de latence, et puis, ensuite, ça se..., on faisait à la fin de chaque semaine plus de 500.000 tests salivaires. Donc c'est beaucoup, c'est un record…

MARC FAUVELLE
20 millions d'autotests distribués au total sur 12 millions d'élèves, 20 million d'enseignants, ça veut dire qu'en moyenne, il y a eu un test et demi par personne…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, non, les autotests concernaient uniquement les lycéens. Et éventuellement un peu les collégiens. Donc non, on a pu, grâce à ça, encore, rompre des chaînes de contamination, et surtout, créer des habitudes, vous savez, c'est comme quand en mai juin 2020, on avait pris des mesures assez fortes en matière de protocoles sanitaires, qui, ensuite nous ont été très utiles au mois de septembre pour faire revenir tout le monde, parce que des réflexes avaient été acquis par les uns et les autres, eh bien, là, c'est un peu pareil pour les autotests. Si à la rentrée prochaine, ils étaient nécessaires, ce qu'évidemment, je n'espère pas, mais…

MARC FAUVELLE
Donc là, vous en avez 40 millions en stock pour la rentrée ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Si c'est nécessaire, on est tout à fait capable d'assurer, bien sûr, oui.

SALHIA BRAKHLIA
Un mot sur la revalorisation des salaires des enseignants, vous aviez annoncé, il y a un mois, une enveloppe de 700 millions d'euros, c'est ce que vous aviez annoncé à l'issue du Grenelle de l'Education nationale, comment sera répartit cet argent, parce que les syndicats ne le savent pas eux-mêmes ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Eh bien, c'est normal, parce qu'ils sont encore en train de discuter, ils savent pourquoi aussi, parce qu'ils sont encore en train de discuter avec nous sur la façon de le faire, on le rendra public dans quelques jours, lorsque nous arriverons au bout de ces négociations, mais c'est de l'injection de pouvoir d'achat pour l'ensemble des acteurs de l'Education nationale…

SALHIA BRAKHLIA
Mais votre volonté, c'est quoi ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Ma volonté, c'est d'être attentif, toujours être attentif au début de carrière, puisque, vous savez, on se fixe l'objectif d'avoir un début de carrière attractif, et donc on a déjà actuellement remonté de 100 euros par mois les plus jeunes, et en 2022, on va poursuivre ce mouvement, mais je veux maintenant toucher un peu les milieux de carrière, de façon à ce qu'il y ait une bonne partie des professeurs qui soient concernés par cette augmentation dès janvier 2022. Et puis, on a aussi d'autres métiers ou d'autres fonctions, je pense aux directeurs d'école, je pense aux AESH, vous savez ceux qui accompagnent les élèves en situation de handicap, pour lesquels nous devons faire aussi un effort ; et donc c'est cette manière de répartir nos moyens pour améliorer le pouvoir d'achat de ceux pour lesquels c'est le plus urgent qui est en train de se réaliser. Nous le rendrons public dans quelques jours, et ce sera concret dès janvier prochain, mais je rappelle que les premières augmentations ont eu lieu dès la fin du mois de mai dernier.

MARC FAUVELLE
Merci à vous, Jean-Michel BLANQUER, c'est l'heure de la cloche, vous l'entendez peut-être, à la petite musique qui est derrière nous. Vous allez pouvoir récupérer votre téléphone portable, vous l'allumez uniquement en sortant de l'établissement…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Je ne sais pas si c'était vraiment le mien…

MARC FAUVELLE
Pas avant. Si, je crois que c'était le vôtre. Merci beaucoup Jean-Michel BLANQUER. Bonne journée à vous.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Je vous remercie. Merci et bonne journée à vous tous.

SALHIA BRAKHLIA
Bonne journée.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 2 juillet 2021