Déclaration de M. Emmanuel Macron, président de la République, sur les relations entre la France et l'Italie, à Paris le 5 juillet 2021.

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Circonstance : Visite d'Etat du Président Sergio Mattarella en France ; Conférence de presse conjointe avec le Président de la République italienne

Prononcé le

Texte intégral

"Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs les ministres,
Mesdames, Messieurs les Ambassadeurs,
Mesdames, Messieurs,


Monsieur le Président, nous sommes très heureux de vous accueillir aujourd'hui à Paris et je tiens à dire combien cette visite témoigne des liens de profonde amitié qui unissent nos deux pays et qui nous unissent. Nous nous étions retrouvés voici deux ans à Amboise et à cette occasion nous avions réaffirmé les liens très forts qui unissent l'Italie et la France, notamment à travers la figure de Léonard de Vinci dont nous commémorions les 500 ans de la disparition, la culture toujours. Puis, une nouvelle fois lors du sommet de Naples, en février 2020, où nous avons pu renforcer notre coopération. Le virus arrivé, l'Italie était déjà durement frappée, le pire rôdait en Europe, mais nous nous étions tenus ensemble dans cette magnifique ville de Naples pour commémorer là encore notre histoire, notre culture et l'avenir.

Ces longs mois de crise sanitaire qui nous ont touchés ne nous ont pas permis de nous rencontrer aussi fréquemment que nous l'aurions souhaité, mais nous n'avons cessé d'échanger, de travailler, de coopérer. La France n'oublie pas que l'Italie a été le premier pays européen durement touché par la crise sanitaire. A 10 jours d'écart, 10 jours seulement, nous avons été confrontés au même défi. La façon dont vous avez les premiers en Europe fait face à l'inimaginable et répondu à l'urgence, je veux le dire ici à impressionné. Je veux également vous dire cher président à la fois le respect et l'amitié de toute la France à l'égard des victimes et des familles de victimes de covid-19 en Italie et vous dire combien nous savons que vous avez eu les premiers temps à affronter, parfois seul ce virus.

Nous avons ensuite ensemble réussi à apporter une réponse commune, bâtir une solidarité européenne dès le printemps et l'été 2020. Je crois que c'est là aussi l'une de nos forces. En effet, avec le Président Mattarella nous venons d'évoquer notre coordination, notre solidarité européenne et notre agenda européen. L'année qui vient de s'écouler, les 15 mois qui viennent de s'écouler durant le virus, auront marqué une volonté forte de l'Allemagne, de l'Italie, de la France, de travailler ensemble et de bâtir ensemble une ambition européenne. Nous l'avons fait pour répondre à la crise dès les premiers mois. Nous l'avons fait pour bâtir une relance européenne dès l'été 2020. Nous l'avons fait ensemble pour soutenir une politique européenne d'achat de vaccins puis de construction de capacités de production des vaccins en Europe. Nous avons en matière européenne une ambition partagée, celle d'une Europe plus juste, plus verte, qui laisse plus de place à sa jeunesse.

Je voulais vous remercier Monsieur le Président de vous exprimer cet après-midi à la Sorbonne pour parler d'Europe et parler à notre jeunesse et le faire, je crois pouvoir le dire, avec cette vision commune qui nous porte, celle de l'avenir de notre Europe. C'est à la fois l'avenir de l'Italie, l'avenir de la France et l'avenir de ce qui nous unis au plus profond. La conférence pour l'avenir de l'Europe à laquelle nous voulons contribuer activement, permettra de tracer justement ces lignes de force d'une Europe qui doit savoir définir son avenir, bâtir justement les politiques de demain, offrir à la jeunesse les opportunités et les rêves auxquels elle a droit et construire l'autonomie qui lui est nécessaire.

La relation entre l'Italie et la France s'inscrit aussi naturellement dans une dimension méditerranéenne que nous avons évoquée. Nous avons abordé dans ce cadre la question libyenne sur laquelle nous avons des vues convergentes, des préoccupations communes, un travail conjoint incessant qui s'est structuré durant tous ces derniers mois par des visites communes de nos ministres, par un travail commun lors de la conférence de Berlin puis un travail commun qui se tiendra aussi sous la présidence française du Conseil de sécurité la semaine prochaine pour avancer sur cet agenda. Au Sahel, l'Italie est un pays dont je tiens aussi à saluer l'engagement notamment via sa contribution à la force Takuba et son implication dans les actions humanitaires. L'Italie préside aussi cette année le G20 et nous avons parlé de nos priorités communes en matière d'enjeux mondiaux : la santé, l'accélération d'un vaccin disponible pour tous les pays du monde et en particulier les pays africains, la volonté d'avoir un agenda ambitieux en matière de financement des économies africaines et de développement de l'Afrique, un agenda ambitieux aussi en matière climatique car l'Italie copréside avec le Royaume-Uni la conférence de Glasgow et je sais votre engagement en la matière, comme celle du président du Conseil.

Cet engagement commun dans les questions européennes et les questions mondiales se nourrit en quelque sorte du dynamisme et de la richesse de nos relations bilatérales. Aujourd'hui, nous souhaitons renforcer de manière décisive ce socle commun, le structurer, en faire un ciment de l'intégration européenne. C'est dans cet esprit que nous avons ici confirmé notre volonté d'aboutir au plus vite au traité de coopération bilatérale renforcée. Vite, c'est à dire dans les tout prochains mois et ce traité dit du Quirinal nous permettra de consolider cette relation, d'offrir aussi à nos peuples et nos jeunesses de vraies perspectives. Ainsi, souhaitons-nous que les jeunesses de nos deux pays s'engagent ensemble à travers un service civique franco-italien qui leur permettra de renforcer sur le terrain et de manière très concrète cette amitié, ces valeurs qui nous lient. C'est un des aspects de ce traité, auprès de beaucoup d'autres et évidemment de la force de la relation culturelle, académique, scientifique, industrielle, politique qui unit nos deux pays.

L'entretien que nous venons d'avoir n'est qu'une étape dans votre visite d'Etat en France. Je sais que, comme je l'ai dit, vous vous exprimerez cet après-midi à la Sorbonne, vous allez retrouver le président de l'Assemblée nationale et nous aurons le plaisir ce soir de vous retrouver avec toute votre délégation et plusieurs acteurs majeurs de l'amitié entre nos deux pays. Merci cher président, cher ami, d'être là, de nous honorer de votre présence et comme je vous l'ai dit, je veux vous dire qu'aujourd'hui la France a conscience d'accueillir un ami mais aussi une éminente personnalité pour laquelle elle a estime, affection et admiration."


source https://it.ambafrance.org, le 30 juillet 2021

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