Déclaration de Mme Bérangère Abba, secrétaire d'État chargée de la biodiversité, sur la lutte contre les déchets plastiques, Genève le 2 septembre 2021.

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Circonstance : Conférence ministérielle sur les déchets marins et la pollution, à Genève le 2 septembre 2021

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Texte intégral

Madame la Directrice générale de l'OMC,
Mesdames et messieurs les Ministres,
Mesdames et messieurs,
Chers collègues,


Je souhaiterais en premier lieu remercier l'Allemagne, le Ghana, le Vietnam et l'Equateur, soutenus par le PNUE, d'avoir fait en sorte que nous puissions nous réunir aujourd'hui, pour mobiliser la communauté internationale autour de la lutte contre les déchets plastiques.

Dès 2016, les scientifiques nous faisaient part d'une prévision terrifiante : si nous ne faisons rien, d'ici 2050, il y aura dans les océans plus de plastique que de poissons. En 2021, nous constatons hélas que ce sont encore 17 tonnes de plastique qui continuent d'être déversées dans les océans chaque minute, soit entre 9 et 12 millions de tonnes par an.

Le traitement des déchets plastiques est encore largement insuffisant. Nous devons agir au plus vite, pour inverser ce rythme de progression ainsi que son impact désastreux sur notre santé, notre climat et notre biodiversité.

Face à ce fléau, de nombreuses initiatives existent et de nombreux acteurs s'engagent déjà, parmi lesquels la France et l'Union européenne. La France s'est fixé comme objectif d'accélérer le changement des modèles de production et de consommation sur son territoire, afin de réduire les déchets et préserver les ressources naturelles. Nous avons pour cela adopté en février 2020 une loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l'économie circulaire, actant entre autres la fin du plastique jetable en France, d'ici 2040. 2040 est une ligne d'arrivée, mais la course a déjà commencé. De nombreux produits en plastique à usage unique ont été interdits, et des objectifs ont été définis pour 2025 : une réduction de 20% des emballages plastiques à usage unique, et qu'à cette échéance, quasiment tous les emballages en plastique soient recyclables. Le plan de relance consacre 226 M€ à l'investissement dans le réemploi et le recyclage. La loi climat et résilience, prévoit de nouvelles mesures comme consacrer au moins 20% de la surface de vente de certains commerces à la vente en vrac.

Nous nous devons d'apporter une réponse ambitieuse, globale et coordonnée pour répondre à ce défi qui appelle une action collective mobilisant les gouvernements mais également les entreprises, les scientifiques, la société civile et toutes les forces vives en capacité d'agir.

La France est convaincue que cette ambition passe par l'adoption d'un nouvel accord mondial juridiquement contraignant :

Un Accord qui permettra aux pays de développer et mettre en œuvre des plans d'actions pour prévenir, réduire et éliminer la pollution plastique, selon une vision claire et commune, avec des objectifs ambitieux et mesurables, et des indicateurs appropriés.
Un Accord couvrant l'ensemble du cycle de vie des plastiques, de leur conception jusqu'à leur fin de vie en passant par leur production, leur consommation, leur collecte et leur traitement, dans une approche d'économie circulaire.

Dès lors, la France soutient fermement les messages clés de la Déclaration ministérielle rédigée par les co-organisateurs de cette conférence en tenant compte des discussions en cours. Lors de l'ANUE-5-2, nous pourrions avoir l'occasion de montrer à nos concitoyens que nous prenons acte de l'urgence d'agir en nous efforçant de poser les jalons solides pour l'établissement d'un comité international de négociation. Ne les décevons pas.

Vous pouvez compter, dans les semaines et mois à venir, sur le plein soutien de la France pour mobiliser un maximum de partenaires autour de ce projet et dessiner les contours d'un nouvel accord qui révolutionnera le quotidien de nos générations futures.


Je vous remercie.


Source https://onu-geneve.delegfrance.org, le 21 septembre 2021