Conseil des ministres du 13 octobre 2021. Navires autonomes et drones maritimes.

Texte intégral

La ministre de la mer a présenté une ordonnance relative aux conditions de navigation des navires autonomes et des drones maritimes.

Cette ordonnance a pour objet de lever les obstacles à la navigation et à l'exploitation d'engins flottants autonomes ou commandés à distance, tout en maintenant un niveau global de sécurité et de préservation de l'environnement.

Pour ce faire, elle crée, d'une part, une nouvelle catégorie d'engins flottants : les drones maritimes. Les engins entrant dans cette catégorie, c'est-à-dire les petits engins de surface ou sous-marins opérés à distance ou par leurs propres systèmes d'exploitation, sans personnel, passager ni fret à bord, seront soumis à un régime d'exploitation allégé et ne seront pas astreints à l'obtention de titres de navigation (permis de navigation, carte de circulation, etc.).

Néanmoins, les drones maritimes devront être immatriculés, posséder un pavillon, respecter les règles de circulation maritime et se conformer à des règles d'entretien et d'exploitation définies par voie réglementaire afin que les autorités de police en mer puissent effectuer leurs opérations de contrôle et assurer la sécurité de la navigation. Les drones maritimes seront également soumis à une obligation d'assurance afin de prévenir les risques d'insolvabilité en cas d'accident.

Enfin, les pilotes de drones maritimes devront être titulaires d'un titre de conduite en mer et d'une formation spécifique au pilotage d'un drone maritime correspondant aux caractéristiques du drone exploité.

D'autre part, cette ordonnance adapte la définition du navire afin de prendre en compte l'usage des navires autonomes. Les caractéristiques techniques (limites en taille, vitesse et puissance) permettant de distinguer un drone maritime d'un navire autonome seront précisées par voie réglementaire. L'ordonnance prévoit que ces engins demeurent commandés par un capitaine, soit la personne responsable de l'expédition maritime.

En l'absence de normes internationales encadrant les conditions d'exploitation et précisant les règles de conception applicables aux navires autonomes, cette ordonnance crée un régime spécifique d'exploitation expérimental pour ces navires. Cette mesure permet d'autoriser ces navires à prendre la mer dans les eaux territoriales françaises, pour une durée maximale de deux ans, et d'accompagner le développement de ce secteur émergeant.

Afin de favoriser l'inclusion des marins et gens de mer dans l'essor de la navigation de navires autonomes, les marins opérant les navires autonomes depuis la terre pourront être considérés comme embarqués lorsqu'ils participeront à la conduite d'un navire.

Par cette ordonnance, la France devient l'un des premiers États à introduire les notions de drone maritime et de navire autonome dans son corpus juridique et à en préciser les conditions d'exploitation, ce qui permettra d'affirmer sa voix dans la définition d'un cadre international.