Interview de M. Jean-Michel Blanquer, ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, à Europe 1 le 25 octobre 2021, sur l'enquête sur la mort de Dinah, le plan anti-harcèlement à l'école et le rôle de l'éducation nationale et de l'enseignant.

Texte intégral

SONIA MABROUK
Bienvenue sur Europe 1 et bonjour Jean-Michel BLANQUER.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Bonjour Sonia MABROUK.

SONIA MABROUK
Elle aurait eu 15 ans en décembre, nous allons ce matin, et c'est tout à fait normal, respecter le temps de l'enquête, l'enquête sur la mort de Dinah, victime, selon ses parents, de harcèlement, d'insultes homophobes et racistes durant deux années, deux ans. Monsieur le ministre, je ne vais pas vous demander ce que peut dire l'enquête, mais est-ce qu'on peut confirmer ce matin la réalité, la gravité de ces faits de harcèlement ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Un suicide, et un suicide d'adolescent c'est toujours quelque chose d'atroce et on doit d'abord exprimer de la compassion pour cette jeune fille et pour la famille, et respecter aussi finalement ce que diront les investigations. Il y a certainement eu des faits de harcèlement puisque c'est ce qu'a dit la famille, et il faut voir l'enchaînement des choses puisque vous avez vu, elle a changé d'établissement. Mais en effet, je ne veux pas rentrer dans le détail des faits parce que, par définition ils sont spécifiques, complexes et nécessiteront du temps, simplement à doit nous alerter sur les phénomènes finalement de violences de tous ordres qui traversent notre société, le harcèlement en fait partie, je vous rappelle que nous agissons sur cette question, il y a actuellement justement un plan qui se déclenche dans tous les établissements, qui s'appelle le plan pHARe, qui est fait pour qu'à chaque fois qu'il y a un phénomène de harcèlement, il soit déclenché.

SONIA MABROUK
Oui, mais c'est avec de la formation, je l'ai lu ce plan anti-harcèlement, avec de la formation, de l'écoute, mais qu'est-ce qui est fait contre les harceleurs à part les exclure quelques jours ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Les harceleurs font l'objet de sanctions bien entendu, et ces sanctions sont adaptées. Il faut, par définition, les scolariser quand même, on ne peut pas exclure ad vitam aeternam quelqu'un qui a été harceleur, vous avez parfois des harcelés qui sont harceleurs, parfois des harceleurs qui ne se rendent même pas compte qu'ils sont harceleurs, vous avez toutes sortes de situations. C'est complexe, c'est l'adolescence avec tout ce que ça signifie…

SONIA MABROUK
Mais il y a des victimes identifiées, là, dans ce cas il y a une victime, pas besoin finalement du temps de l'enquête pour savoir qu'il y a d'un côté des victimes, de l'autre côté on peut parfois les appeler des bourreaux.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, bien entendu, et donc c'est justement ce que l'enquête va déterminer et il y aura bien entendu un suivi, le suivi peut être disciplinaire, parfois il peut être un suivi pénal, donc c'est ce que l'on verra à la lumière de l'enquête, dans l'immédiat soyons surtout dans une atmosphère de recueillement et puis d'investigation.

SONIA MABROUK
Oui, et sursaut et de réaction. Vous dites l'aspect pénal, Jean-Michel BLANQUER, ne faudrait-il pas considérer le harcèlement, quand il conduit au pire, au tragique, c'est-à-dire au suicide, comme une sorte d'homicide, un homicide volontaire ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Il faut être toujours dans une forme de, je dirais de sérieux sur ces sujets, c'est-à-dire aussi bien dans la prévention que dans la réaction, il faut admettre que chaque cas est particulier, et s'agissant de la réaction il faut évidemment être d'une grande sévérité. Maintenant nous parlons à chaque fois d'enfants et d'adolescents, nous ne parlons pas d'adultes, avec tout ce que ça signifie sur le plan éducatif.

SONIA MABROUK
Mais un enfant peut conduire un autre au pire.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Bien sûr, et c'est malheureusement ce qui est arrivé dans de nombreux cas depuis très longtemps, depuis des dizaines d'années, ça s'est accentué avec le cyber-harcèlement, ça s'est accentué à l'échelle du monde d'ailleurs, c'est pourquoi le plan que nous avons conçu nous l'avons conçu à la lumière des meilleures expériences mondiales, parce que ce n'est pas une fatalité. On se rend compte que lorsqu'on prend les problèmes à la racine, lorsque les adultes sont formés au sujet, lorsque les enfants sont formés sur cette question…

SONIA MABROUK
Oui, ça c'est en amont, mais j'insiste, pardonnez-moi, sur l'aval.

JEAN-MICHEL BLANQUER
En amont c'est ce que nous faisons justement… par définition, vous savez, tout ce que nous évitons, tout ce qui se passe bien, vous n'en parlez pas.

SONIA MABROUK
Bien entendu.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Il y a aujourd'hui beaucoup d'établissements qui ont progressé dans la lutte contre le harcèlement, et nous avons encore des difficultés dans la lutte contre le cyber-harcèlement, c'est pour ça que j'ai convoqué les plateformes, tout récemment, pour faire un nouveau point sur ce qu'elles font, par exemple pour que les enfants n'aillent pas sur les plateformes quand ils ont moins de 13 ans, pour retirer les contenus haineux, etc., nous allons encore avancer sur cette question, il faut aussi en appeler à la responsabilité des familles, c'est pour ça que le plan en inclut aussi une formation des parents et une sensibilisation des parents, c'est toute la société qui est évidemment à former.

SONIA MABROUK
Je ne voudrais pas insister trop lourdement sur les sanctions, mais c'est aussi une réalité qu'il faut peut-être inclure à ce plan.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Bien sûr, mais c'est déjà inclus dans le plan antiviolence que j'ai élaboré il y a déjà trois ans maintenant, et qui prévoit un régime de sanctions tout à fait sévères. Je rappelle que dans les faits qui ont défrayé la chronique ces derniers mois, à chaque fois les auteurs sont très durement sanctionnés…

SONIA MABROUK
Vraiment ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, par exemple…

SONIA MABROUK
Ce n'est pas ce que disent certains anciens, mais vous allez y répondre. Où est la vérité, Monsieur le ministre, par exemple quand la professeure avait été violentée, bousculée, de manière violente, cinq mois avec sursis pour le jeune délinquant. Un prof de maths insulté, sanction…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Cinq mois avec sursis.

SONIA MABROUK
Quelques heures de colle.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Cinq mois avec sursis, comparution immédiate pour un élève mineur, on peut considérer que c'est peu, ce n'est tout de même pas rien ça, c'est une condamnation pénale, par ailleurs cet élève va être re-scolarisé dans une structure spécialisée, donc il ne lui arrive pas rien, vous ne pouvez pas non plus l'envoyer au bagne à perpétuité, enfin il faut rester raisonnable sur ces questions.

SONIA MABROUK
Je vous demande ce que vous répondez à certains enseignants qui vous disent finalement il y a une forme de laxisme parce que pas grand-chose n'est fait, quelques heures de colle simplement.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, le laxisme ne fait pas partie de mon registre, ça arrive qu'on me le reproche, je sais par contre savoir garder raison, ne pas s'emballer à chaque situation, mais au contraire faire les choses justes, et donc les choses justes elles sont d'ailleurs appréciées par qui de droit sur le terrain. Il faut vraiment garder beaucoup de sang-froid par rapport à tout cela, et ce sang-froid nous l'avons, et je l'ai dit à tous, et évidemment d'abord aux personnels de l'éducation, tout fait doit être signalé, tout fait signalé doit être suivi de sanction…

SONIA MABROUK
Mais est-ce que vous avez un exemple précis d'une sanction disciplinaire, ou judiciaire, ferme, j'allais dire proportionnée à la gravité des faits, parce que bousculer violemment un enseignant c'est grave.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Vous voulez que les élèves fassent de la prison ferme ?

SONIA MABROUK
Pas du tout.

JEAN-MICHEL BLANQUER
C'est ce que vous êtes en train de dire…

SONIA MABROUK
Je vous pose la question.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non. Avoir des suites pénales pour des faits qui se passent en milieu scolaire c'est déjà quelque chose d'assez nouveau, donc il ne faut pas… enfin, je ne sais pas ce que sous-entend votre question, mais si vous voulez de la prison ferme pour les élèves quand ils se sont…ça me paraît excessif.

SONIA MABROUK
Je vous pose simplement, Monsieur le ministre, la question de certains enseignants quo vous disent « nous sommes en fragilité dans nos classes », comment faire quand l'élève revient, tout simplement ? »

JEAN-MICHEL BLANQUER
Donc il y a, encore une fois… vous savez, il y a beaucoup de clichés sur l'Education nationale, notamment le fameux « pas de vague », qui serait soi-disant notre doctrine, peut-être que ça a été le cas dans le passé. Ce que j'ai eu a répété, très fréquemment, c'est que ce n'est absolument pas la doctrine que j'ai demandé d'appliquer à partir de 2017. Qu'il y ait encore quelques effets de cette approche, je ne le nie pas, mais au fil du temps on se rend compte que c'est de moins en moins le cas, tout simplement parce qu'il y a moins d'autocensure, les professeurs savent que s'ils signalent, il y a un suivi, les chefs d'établissement savent qu'ils ne sont pas évalués sur le nombre de signalements, mais au contraire sur la capacité à rétablir un bon climat scolaire, c'est ce que nous faisons, ça passe par plusieurs facteurs, il y a évidemment les sanctions, le fait d'être très clair sur le suivi, mais il y a aussi tout ce que nous créons comme bon climat. Je pense notamment, et il faut insister sur tout ce que nous faisons pour l'engagement des élèves sur des causes positives, il faut notamment, dès l'entrée du collège, et à l'image d'ailleurs de ce qui se passe bien dans certains pays, que nous proposions de plus en plus à nos élèves de s'engager pour l'intérêt général, sur le lien intergénérationnel, sur l'environnement, sur le secourisme, et nous le faisons de plus en plus, et quand les enfants entrent dans l'adolescence, on a à leur proposer des bonnes raisons de faire du collectif plutôt que les mauvaises raisons comme faire la meute…

SONIA MABROUK
Alors, ça c'est les valeurs, c'est important les valeurs…

JEAN-MICHEL BLANQUER
C'est très important.

SONIA MABROUK
Lorsqu'on devient professeur, avez-vous dit Jean-Michel BLANQUER, on devient fonctionnaire, lorsqu'on est fonctionnaire de la République, on connaît les valeurs de la République, et si quelqu'un a un problème avec ces valeurs, c'est possible en tant que citoyen, mais pas en tant que fonctionnaire. Vos détracteurs y ont vu une sorte de mise au pas, en quoi ont-ils tort ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, j'ai des choses… certains se choquent de choses qui sont très banales vous savez…

SONIA MABROUK
Ça arrive.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Je me suis contenté de rappeler des éléments qui font partie de la philosophie de la fonction publique depuis qu'elle existe, et tout particulièrement, depuis qu'elle a été conçue, les principes de services publics ont été précisés au début du XXe siècle, il est évident que quand vous êtes fonctionnaire vous avez des droits et des devoirs…

SONIA MABROUK
Mais concrètement, ça passe par quoi respecter ou adhérer aux valeurs de la République, c'est large, c'est un fourre-tout.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Dans les cas extrêmes, si vous voulez, par exemple j'ai fait quelque chose qui s'est très peu fait auparavant, j'ai radié des personnes qui avaient été dans la radicalisation islamiste, c'est un exemple extrême, mais typique, de ce que je disais, vous ne pouvez pas être fonctionnaire, a fortiori dans l'Education nationale, et être ainsi aux antipodes des valeurs de la République. Donc voilà, c'est très simple, c'est très serein, il n'y avait aucune provocation…

SONIA MABROUK
Pourquoi alors tant de crispation ? Quand vous dites transmettre les valeurs de la République…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Moi je pense que ça ne crispe presque personne en réalité, ça crispe qu'une petite minorité…

SONIA MABROUK
Ça a un effet de loupe alors !

JEAN-MICHEL BLANQUER
Il y a une petite minorité qui a micro ouvert dans ces cas-là, ce qui est normal dans une démocratie, mais il ne faut pas surévaluer ça. Vous savez, quand j'ai dit ça devant l'amphithéâtre de personnes formées, ils ont été tout à fait… ils ont applaudi, ils étaient bien d'accord. Pourquoi ? Parce que chacun comprend qu'un Etat démocratique ça signifie un Etat qui favorise la diversité des opinions, et c'est notre chance, c'est notre bonheur, c'est précieux au dernier degré…

SONIA MABROUK
Il faut le sanctuariser.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Mais pour cela il doit reposer sur une République, et la République c'est précisément…

SONIA MABROUK
Oui, mais, Monsieur le ministre, quel est le rôle de l'enseignant, est-ce que c'est de transmettre des valeurs ou de transmettre un savoir et des connaissances ? L'éducation se fait encore à la maison…

JEAN-MICHEL BLANQUER
L'un n'empêche pas l'autre, bien sûr.

SONIA MABROUK
Et l'instruction doit rester à l'école.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Alors, d'abord, le premier rôle c'est de transmettre des connaissances, d'où le fait que j'insiste en permanence sur lire, écrire, compter, respecter autrui à l'école primaire et au fait que c'est le socle fondamental qu'on doit donner à chaque enfant, donc c'est transmettre des connaissances, mais ce faisant, on transmet aussi des valeurs. D'ailleurs vous avez de grands problèmes de respect des valeurs quand vous avez des problèmes de maîtrise des savoirs fondamentaux de base, souvent, pas toujours, il n'y a pas une équivalence exacte, ça se saurait, mais ça favorise on va dire, quand vous avez des problèmes avec la logique souvent ça amène un problème de respect des valeurs.

SONIA MABROUK
Oui, mais est-ce à l'enseignant, parce que moi il y a d'éducation dans la cellule familiale, vis-à-vis de l'enfant, plus il y a d'exigence vis-à-vis du professeur.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, c'est un énorme problème de société, bien sûr.

SONIA MABROUK
Mais c'est au professeur de combler ces lacunes ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, il doit y avoir une complicité, une convergence entre les parents et les professeurs, c'est l'idéal que l'on doit viser, c'est un idéal qui existait davantage auparavant, et on se rend compte aujourd'hui que moins il y a d'exigence en famille, plus il y a d'exigences vis-à-vis des professeurs, ce qui est totalement lamentable, et mon message a toujours été le même, c'est qu'il y a un enjeu de coéducation, il faut assumer que c'est de la coéducation parce qu'il y a les valeurs qu'on transmet en famille, mais il se passe aussi des choses à l'école, et que familles et professeurs doivent être reliés vers l'enfant, par exemple une famille ne devrait jamais, sauf cas exceptionnel, contester ce qu'un professeur a dit à un enfant.

SONIA MABROUK
Un exemple. Si un enfant est pris dans un conflit de loyauté, cela existe sur la question de la laïcité, entre ce que dit l'enseignant à l'école et ce qu'on lui dit à la maison, il faut alors aller expliquer aux parents plutôt qu'à l'élève.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Alors, il y a ce qui relève des convictions intimes, religieuses, évidemment elles relèvent de la famille, mais lorsque ceci vient entrer en conflit avec les règles de la vie publique, de la vie en commun qui se passe à l'école, alors oui, bien sûr, les parents sont convoqués, il y a des discussions, c'est exactement le sens de mesures que j'ai prises, là aussi à partir de 2017, pour qu'on ne laisse pas sans ensuite… alors, quand ça atteint un certain niveau, oui, bien sûr, il y a convocation des parents, bien sûr.

SONIA MABROUK
A votre arrivée au ministère de l'Education, Jean-Michel BLANQUER, les défenseurs de la laïcité, plus largement des valeurs républicaines, se sont réjouis de votre nomination, y voyant un signe d'espérance, certains ont vite déchanté. Prenons quelques exemples. Lorsque Didier LEMAIRE, professeur de philosophie autrefois à Trappes, dit que rien n'a changé, lorsque l'auteur d'un livre sur l'assassinat terroriste de Samuel PATY, David DI NOTA, met bout-à-bout les rapports de l'Académie, les rapports des recteurs, qui rapportent la soi-disant erreur de Samuel PATY, qu'on a voulu faire reconnaître, vous contestez cela ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Ecoutez. D'abord, la défense des valeurs républicaines, je pense que personne ne peut me contester que je l'aie fait. Chaque cas que l'on évoque est un cas particulier. Le livre que vous évoquez, je n'ai même pas envie d'en parler tellement c'est lamentable comme démarche…

SONIA MABROUK
Lamentable ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Bien sûr, il n'y a aucune enquête, c'est un élément… mais voyez, rien que le fait de dire ça c'est déjà lui donner de l'importance, il faut respecter les choses. Là, en l'occurrence, il y a une enquête sur ce qui s'est passé au moment de cet assassinat, beaucoup de choses sont déjà connues, ces choses-là doivent être faites avec calme, s'il y avait des failles de l'institution dont j'ai la responsabilité, je n'aurai aucune difficulté à les reconnaître, mais n'allons pas chercher des choses qui sont fausses simplement pour faire scandale, c'est malheureusement ce qui a été fait.

SONIA MABROUK
Ce qui est dit dans ce livre…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, il y a des phrases tronquées…

SONIA MABROUK
Le référent en laïcité est venu corriger Samuel PATY…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Mais c'est faux…

SONIA MABROUK
Tout est faux ? Il est venu lui expliquer les règles de la laïcité.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Ecoutez, si n'importe qui peut écrire n'importe quoi et qu'à cause de ça on oblige un ministre à rentrer en polémique avec cette personne, je pense que ce n'est pas bon pour le débat démocratique…

SONIA MABROUK
Oui, mais la vérité est importante, si vous pouvez l'éclairer par les faits.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, sauf que justement, ce n'est pas le cas, donc… mais voyez, ce que vous faites c'est vous m'obligez…

SONIA MABROUK
Je vous pose une question.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, mais vous m'obligez à le faire, c'est le calcul de ce genre de personnes, c'est faire scandale à partir de rien, c'est ainsi faire de la publicité et obtenir ce qu'ils veulent, mais bien entendu que si les choses étaient comme ils disent ce serait… il y aurait un problème, sauf que si on revient sur les faits, par exemple vous avez eu… la principale est allée porter plainte avec Samuel PATY au commissariat, le professeur, Samuel PATY, a été joint par l'inspecteur d'Académie adjoint le week-end précédent le drame, le week-end, voyez, en solidarité avec lui, pour envisager avec lui comment faire, donc toutes ces choses-là il ne faut pas les occulter, c'est insultant pour les personnes en question, il faut penser à ce qu'on fait vis-à-vis de personnes qui, en l'occurrence, ont fait ce qu'elles ont pu, et l'ont fait dans un sens qui allait dans celui du professeur PATY. Après il y a tout ce qui s'est passé, un enchaînement de choses, c'est complexe, ça ne relève pas forcément du domaine scolaire ce qui s'est passé une fois que la plainte a été déposée, on y reviendra largement lorsque les juges rendront leurs premières… enfin lorsque l'enquête rendra ses premières explications, et, encore une fois, je n'aurai aucun problème à reconnaître ce qui sera dit à ce moment-là, mais cette volonté de faire scandale, cette volonté d'entretenir des clichés sur tel ou tel sujet, n'est pas ce qui facilite la vie démocratique et donc je préfère qu'on en reste là sur cela.

SONIA MABROUK
Jean-Michel BLANQUER on va continuer sur d'autres sujets, Matthieu BOCK-COTE va nous rejoindre avec évidemment Dimitri PAVLENKO et puis on essaiera de définir l'école sous BLANQUER à la fin de ce quinquennat, vous avez un record de longévité assez conséquent et impressionnant, chiffres à l'appui vous nous direz en quoi le décrochage scolaire a diminué et l'école de la confiance est-elle enfin là ?


Source : Service d'information du Gouvernement, le 26 octobre 2021