Déclaration de M. Clément Beaune, secrétaire d'État aux affaires européennes, en réponse à une question sur le Brexit et les tensions avec le Royaume-Uni concernant la pêche, au Sénat le 24 novembre 2021.

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Circonstance : Question d'actualité au Gouvernement au Sénat

Prononcé le

Texte intégral

Monsieur le Sénateur,


Vous avez raison de revenir sur ce qu'est le Brexit : c'est un choix souverain des Britanniques, que nous regrettons mais que nous respectons, qui nous a déjà beaucoup occupé au niveau européen, sans doute trop, et aujourd'hui nous n'avons pas à en subir les conséquences. Un accord a été trouvé, et ce que nous demandons, c'est son plein et simple respect. Nous avons besoin, vous l'avez rappelé, vous avez raison, de maintenir une relation qui, par l'histoire, par la géographie, entre la France, le Royaume-Uni, entre l'Union européenne et le Royaume-Uni, est essentielle, sur les plans stratégique, géopolitique, culturel, économique, humain, etc.

Mais pour construire une relation forte, même après le Brexit, nous avons besoin de confiance, nous avons besoin de lever tout malentendu, nous avons besoin de respecter les accords signés et les paroles données. Nous le faisons, nous attendons du Royaume-Uni que ce soit fait également. Et pour construire cette relation de confiance, je le dis simplement, il faut aussi être deux. Nous sommes prêts à le faire, mais nous n'avons pas ces signaux de confiance et de respect, de la part du Royaume-Uni, suffisamment clairs, aujourd'hui.

La question de la pêche s'inscrit dans ce contexte. Avec Annick Girardin, nous travaillons fortement, sous l'autorité du Président de la République et du Premier ministre, parce que nous ne pouvons pas faire subir ces difficultés à nos pêcheurs. Cela fait onze mois qu'on négocie, nous avons obtenu heureusement un nombre important de licences mais il en reste un nombre trop important, qui ne sont pas aujourd'hui, - principalement dans les eaux des îles Anglo-Normandes et autour des Hauts-de-France -, disponibles et données à nos pêcheurs. Alors, nous avons haussé le ton il y a quelques semaines, cela a permis de reprendre un dialogue pour l'obtention de ces licences. Nous sommes dans cette phase de discussion, qui est parfois difficile, reconnaissons-le.

Le Président de la République a été extrêmement clair, nous l'avons été la semaine dernière. Nous continuons encore quelques jours ce dialogue, en lui donnant sa chance, car ce serait une meilleure solution pour tout le monde, y compris pour les Britanniques je leur redis, d'avoir une solution apaisée et concertée. Si ce n'était pas le cas, nous défendrions nos intérêts. Nous n'avons jamais hésité à le faire, à le dire, et nous le mettrons en application, si le dialogue ne portait pas ses fruits. Notre objectif reste le même : défendre les intérêts de nos pêcheurs, faire appliquer strictement les accords signés, nous les accompagnerons toujours.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 29 novembre 2021