Interview de M. Julien Denormandie, ministre de l'agriculture et de l'alimentation, à Europe 1 le 10 décembre 2021, sur la présidence française du Conseil de l'Union européenne, les tensions avec le Royaume-Uni concernant la pêche et le recensement agricole.

Texte intégral

DIMITRI PAVLENKO
Bonjour Julien DENORMANDIE.

JULIEN DENORMANDIE
Bonjour.

DIMITRI PAVLENKO
Bienvenue sur Europe. Vous êtes le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation. Vous présentez à 10 heures ce matin les résultats du recensement agricole 2020, on va en parler dans un instant, mais d'abord question d'actualité : le président de la République présentait hier ses priorités pour la présidence française de l'Union européenne. Question sur la lecture politique de cet événement : est-ce que le président de la République met l'Europe au service de sa candidature ?

JULIEN DENORMANDIE
Non, il met surtout l'Europe au service des Français. Vous savez, ce qui très important, c'est de montrer en quoi l'Europe nous sert tous les jours. Je vous prends un exemple dans le domaine agricole parce que l'Europe est très présente sur l'agriculture ; elle est très présente parce qu'elle investit, elle investit dans les transitions. L'agriculture européenne, c'est l'une des agricultures les plus durables au monde si ce n'est la plus durable au monde. Mais elle agit aussi au quotidien pour nous protéger, nous protéger contre l'importation de produits qu'on ne désirerait pas, nous protéger contre des pénuries. Prenons un exemple : pendant la période de la Covid, nous n'avons manqué de rien d'un point de vue agricole et ça, c'est grâce à la force de l'Europe.

DIMITRI PAVLENKO
Je comprends, je comprends, mais Emmanuel MACRON n'aurait-il pas dû déplacer la présidence française de l'Union européenne pour la dépolitiser parce que le reproche qui lui est adressé par toutes les oppositions, c'est qu'évidemment, il risque d'y avoir confusion des genres. Un président en campagne peut-il présider l'Union européenne ?

JULIEN DENORMANDIE
La présidence de l'Europe aurait eu lieu il y a six mois, on nous aurait fait exactement la même remarque ! Moi je crois qu'il faut d'abord avoir en tête qu'il y a la continuité de l'Etat, quoi qu'il se passe au mois d'avril et que deuxièmement, la vision politique d'Emmanuel MACRON sur l'Europe, elle est connue depuis très longtemps. Songez qu'en 2017, il n'y avait qu'un seul candidat à l'élection présidentielle qui parlait d'Europe, c'était Emmanuel MACRON. Songez qu'aujourd'hui l'Europe est souvent présentée comme bouc-émissaire, elle est souvent critiquée par énormément de politiques ; Emmanuel MACRON a une vision constructive de l'Europe : il a un regard critique, il veut la changer là où il est nécessaire mais il veut surtout qu'elle nous aide au quotidien, je crois que c'est ça qui est essentiel.

DIMITRI PAVLENKO
Mais il aurait pu aussi choisir de permuter avec les Suédois pour le 2e semestre afin qu'il n'y ait aucune ambiguïté sur une tentative d'exploitation politique de l'événement !

JULIEN DENORMANDIE
Il n'y a pas à avoir d'ambiguïté ; on ne peut pas reprocher à Emmanuel MACRON d'avoir une vision politique très claire sur l'Europe. Depuis toujours, il s'est battu pour changer l'Europe pour faire en sorte qu'elle soit plus proche du quotidien des Français sur la question de l'immigration, sur la question du développement économique, sur la question du numérique, sur la question de l'agriculture. C'est fondamental, l'Europe ; parfois, on oublie, c'est fondamental. Et donc moi je suis très heureux, dans quelques jours, à titre personnel, de pouvoir présider le conseil des ministres de l'Agriculture européens parce qu'il y a énormément de dossiers que je souhaite faire avancer, avec une vision politique qui est très claire mais avec surtout une nécessité de résultats concrets pour les Français.

DIMITRI PAVLENKO
Alors vous parlez de dossiers concrets : la pêche, précisément, avec les Britanniques ; 104 licences manquantes par rapport à la promesse qui avait été faite dans l'accord du Brexit par les Anglais ; l'Union européenne avait fixé une échéance de résolution de ce contentieux à ce soir. Les Britanniques ne reconnaissent pas cet ultimatum. Qu'est-ce qui va se passer maintenant Julien DENORMANDIE ? Allez-vous engager la phase justement de contentieux avec les Britanniques ?

JULIEN DENORMANDIE
C'est ce qu'a annoncé hier la ministre de la Mer, Annick GIRARDIN, avec d'abord les dernières semaines qui ont vu une tension de plus en plus forte qui a permis à la France, aux pêcheurs français de récupérer un certain nombre de licences… Et pourquoi c'est essentiel ? Parce qu'aujourd'hui, les Britanniques doivent tout simplement respecter leur signature. La France est tout simplement aux côtés de ses pêcheurs. Donc comme le disait la ministre de la Mer, on va attendre ce qui se passe aujourd'hui, pour ensuite mettre en place ce qu'on appelle des procédures de contentieux dans le cas où les Britanniques ne respecteraient pas leur signature. Je crois que c'est normal et là aussi, c'est de l'intérêt français, de l'Intérêt européen et surtout, il n'est pas possible qu'un État ne respecte pas sa signature ; quand vous faites un accord, quand vous êtes le Royaume-Uni, eh bien vous respectez votre signature.

DIMITRI PAVLENKO
Julien DENORMANDIE, Olaf SCHOLZ, le nouveau Chancelier allemand, est à Paris. Est-ce le Chancelier dont vous rêvez depuis 4 ans ? Lui qui choisit des conseillers français, qui adresse des messages d'amitié très forts d'emblée, sera-t-il un partenaire plus maniable que ne le fut Angela MERKEL ?

JULIEN DENORMANDIE
L'avenir le dira mais en tout état de cause, ce qui est sûr, c'est que le couple franco-allemand est un couple moteur au niveau européen et quand vous voyez les défis explicités hier par le président de la République sur la manière dont l'Europe doit regagner en souveraineté, protéger ses frontières, investir massivement avec le continent africain, la façon dont l'Europe doit recréer de la valeur, c'est-à-dire inventer ce nouvel modèle économique, un peu comme nous le faisons en France avec ce magnifique plan France 2030, comment construisons notre économie de pointe pour les prochaines années, quand vous voyez la protection sociale très importante avec cette question des salaires minimums partout en Europe, il est essentiel qu'il y ait un couple franco-allemand fort pour porter tous ces sujets. Donc le nouveau Chancelier allemand consacrera sa première visite à la France, témoin de sa volonté de travailler avec la France et à cette aune, c'est une bonne nouvelle.

DIMITRI PAVLENKO
Parlons de votre actualité : la publication des chiffres du dernier recensement agricole, c'est un exercice qui se fait tous les 10 ans et donc c'est une carte assez précise de la ferme France aujourd'hui que vous allez présenter tout à l'heure à 10 heures. Et alors il y a peu de raisons de se réjouir à la lecture de ces chiffres ; le premier qui saute aux yeux, c'est celui-ci : 100.000 exploitations perdues en 10 ans. Comment lisez-vous ce chiffre Julien DENORMANDIE ?

JULIEN DENORMANDIE
Il y a beaucoup d'enseignements. D'abord c'est un exercice absolument fabuleux qu'on a fait, c'est-à-dire qu'il y a eu plusieurs centaines de milliers de questionnaires et plusieurs dizaines de milliers de rencontres avec les agriculteurs nous ayant permis, après un an de travail, d'avoir une vision très précise de notre agriculture ; c'est fondamental, surtout quand vous voulez continuer à investir dans notre agriculture et à la développer. Le premier enseignement, j'insiste dessus, c'est que cette image montre à quel point l'agriculture française est de qualité ; c'est très important à dire…

DIMITRI PAVLENKO
Qu'est-ce qui vous fait dire qu'elle est de qualité ?

JULIEN DENORMANDIE
Je vous donne un exemple : dans ce recensement, on a mesuré l'ensemble des exploitations agricoles qui aujourd'hui font des produits sous label - le Label rouge, le bio, les labels Indication Géographique Protégée - elles sont en profonde augmentation et maintenant plus d'une exploitation sur trois est sous label. Je vous donne un autre exemple : le bio dont on parle tant. Songez qu'en l'espace de 5 ans, depuis 2017, on a doublé, je dis bien doublé, fois deux, la surface de bio dans notre pays. Vous prenez la Haute valeur environnementale, on a multiplié par 20 en 3 ans. Et donc le premier enseignement et j'insiste dessus parce que moi je suis fier de notre agriculture, c'est que cet ADN de qualité, l'étude… le recensement montre qu'il est ancré aujourd'hui dans nos territoires…

DIMITRI PAVLENKO
Julien DENORMANDIE, pardonnez-moi, j'ai d'autres chiffres à vous proposer puisqu'en l'occurrence ce sont aussi des chiffres qui ne sont pas dans le recensement mais ils sont connus : les surfaces agricoles cultivées en France : moins 17% depuis 61 - c'est l'équivalent de la région Grand Est - Christiane LAMBERT, présidente de la FNSEA, rappelait ces chiffres : 60% des fruits que nous mangeons, viennent de l'étranger ; 40% des légumes, 35% des volailles, c'est trois fois plus qu'il y a 20 ans. On est fier de notre agriculture mais on est inquiet aussi quand on voit que la filière porcine, 50% des volumes de jambon labellisés agriculture biologique, sont importés, Julien DENORMANDIE….

JULIEN DENORMANDIE
Mais c'est exactement ça, le défi, c'est-à-dire qu'aujourd'hui…

DIMITRI PAVLENKO
C'est la dépendance agricole française…

JULIEN DENORMANDIE
Mais moi j'ai mis depuis un peu moins de 2 ans que je suis à la tête de ce ministère, j'ai mis une vision politique : c'est celle de regagner notre souveraineté agroalimentaire.

DIMITRI PAVLENKO
Est-ce que c'est par les labels que l'on va y arriver ? Des labels qui font monter les prix quand les Français achètent des produits étrangers moins chers…

JULIEN DENORMANDIE
Les labels, c'est très important parce que les citoyens demandent toujours plus de qualité mais c'est aussi avoir une agriculture puissante qui puisse exporter, c'est très important…

DIMITRI PAVLENKO
Là aussi le bât blesse…

JULIEN DENORMANDIE
Ce qu'il faut bien avoir en tête, c'est comment on arrive à faire tout ça : nous, pouvoirs publics, on doit investir dans notre agriculture. Songez qu'avec le plan de relance et le plan France 2030, on va investir plus de 4 milliards d'euros, premier point.

DIMITRI PAVLENKO
Mais investir sur quoi Julien DENORMANDIE ?

JULIEN DENORMANDIE
Investir sur les moyens de production, investir sur la génétique, investir sur la mécanisation, ce qu'on appelle la robotique dans le domaine agricole, investir sur les moyens de bio-contrôles, investir sur le numérique qui est partout ; le monde agricole est un monde profondément moderne. Il faut investir : on le fait avec plus de 4 milliards d'euros. Le deuxième point et votre question est très marquante là-dessus : on a une difficulté dans notre société, c'est que l'alimentation a perdu toute sa valeur. Vous l'avez vous-même dit dans votre question ; vous dites : mais attendez, est-ce que c'est par les labels, donc la montée en qualité, qu'on va réussir à faire en sorte de développer notre agriculture ?

DIMITRI PAVLENKO
Mais vous connaissez le problème du programme d'achat des Français, Julien DENORMANDIE ! Les gens aimeraient manger biologique, le problème, c'est qu'ils n'en ont pas tous les moyens !

JULIEN DENORMANDIE
Vous savez, moi j'ai un message très clair : quels que soient les labels, mangeons français, mangeons les produits du territoire, quels que soient les labels ; notre agriculture est la plus durable au monde, toutes les études le disent. Donc déjà mangeons français. Premier point. Et deuxième point très important : il ne faut pas se mentir, il ne faut pas se cacher derrière notre petit doigt, aujourd'hui, l'alimentation a perdu de la valeur dans notre société. Que ce soit la valeur d'abord nutritionnelle, que ce soit la valeur environnementale, que ce soit la valeur économique ; quand je vois que parfois, il y a des choix qui peuvent être faits, des choix politiques ici ou là, qui peuvent être faits en disant : on va faire des économies sur l'alimentation des restaurations administratives ou dans les écoles, eh bien les bras m'en tombent ! Moi je me bats tous les jours pour dire : redonnons de la valeur à cette alimentation, nutritionnelle, environnementale notamment…

DIMITRI PAVLENKO
Je vous cite l'exemple cité par François BAYROU, le Haut-commissaire au Plan cette semaine, qui à propos de la balance commerciale française qui penche dramatiquement du côté des déficits, nous dit : nous sommes premier exportateur mondial de pommes de terre fraîches mais nous importons des chips ! Et il a assorti ça d'un commentaire : à bien des égards, nous avons une économie de pays sous-développé producteur agricole…

JULIEN DENORMANDIE
Mais c'est précisément pour ça qu'on investit massivement ; c'est pour ça qu'on investit 4 milliards d'euros.

DIMITRI PAVLENKO
C'est-à-dire que vous assumez la réindustrialisation de l'agriculture française…

JULIEN DENORMANDIE
Enfin la transformation de nos produits alimentaires. C'est essentiel. Aujourd'hui, on a un défi par exemple, ce sont les protéines végétales ; vous savez, les protéines végétales… on est dépendant du continent sud-américain. Ces protéines végétales du continent sud-américain, c'est souvent de la déforestation. C'est aberrant !! Qu'est-ce qu'on fait ? Depuis maintenant 2 ans, on a investi plus de 120 millions d'euros pour relocaliser la production de protéines végétales sur notre pays. Mais c'est très important : vous remontez en qualité et vous regagnez votre souveraineté. Mais ce qui est aussi très important, c'est que chacun d'entre nous se disent qu'on a une agriculture française qui est une agriculture de qualité, qui est une agriculture puissante et dont on doit être fier. Un deuxième enseignement de ce recensement parce que je vois tous les débats aujourd'hui de celles et ceux qui voudraient faire croire qu'on a une agriculture intensive : le deuxième enseignement, c'est que la taille moyenne d'une exploitation agricole est de 69 hectares, c'est trois fois moins qu'aux Etats-Unis d'Amérique, c'est à peu près la même taille qu'en Allemagne. Ça veut dire qu'on a des exploitations agricoles qui restent à taille humaine. C'est extrêmement important, c'est ce qui fait l'aménagement de notre territoire, c'est ce qui fait une partie de notre identité. Ça aussi, c'est essentiel de le développer, de l'accompagner et de le mettre en avant.

DIMITRI PAVLENKO
Mais comment on explique la disparition de… sur 500.000 exploitations à peu près il y a 10 ans, nous sommes à 400.000, vous révélez ce chiffre, qu'un chef d'exploitation sur 4 a aujourd'hui plus de 60 ans, ces exploitations qui disparaissent…

JULIEN DENORMANDIE
C'est la démographie…

DIMITRI PAVLENKO
On peine à attirer des jeunes dans ces métiers-là…

JULIEN DENORMANDIE
Alors non, c'est ça qui est très intéressant, qu'est-ce que dit l'étude ? L'étude dit qu'on a un énorme défi démographique, c'est-à-dire qu'on a la pyramide des âges qui est telle que beaucoup de personnes partent à la retraite. Et donc pour nous, mais pour nous tous, pas que le ministre que je suis, on un énorme défi de renouvellement des générations parce que si vous n'avez pas d'agriculteurs, vous n'avez pas d'agriculture et dont vous n'avez pas votre souveraineté agroalimentaire. Donc on a un énorme défi de renouvellement des générations. En parallèle, qu'est-ce qu'on constate ? La part des moins de 40 ans depuis 10 ans reste stable ; ça veut dire quoi ? Ça veut dire que le secteur agricole continue à attirer ; on a des jeunes toujours incroyablement motivés qui viennent et qui investissent dans l'agriculture et qui s'installent…

DIMITRI PAVLENKO
Mais ce n'est pas les revenus en tout cas qui les attirent…

JULIEN DENORMANDIE
C'est quoi, la difficulté ? C'est qu'aujourd'hui, même si on arrive à continuer à maintenir cette attractivité, on a un tel niveau de départs à la retraite qu'il faut d'avoir davantage de jeunes qui viennent s'installer.

DIMITRI PAVLENKO
Mais alors comment on fait pour les attirer ? Il faut que le métier paye ; or vous le savez, il n'y a rien sur le revenu des agriculteurs dans ce recensement mais…

JULIEN DENORMANDIE
C'est d'autres études qui sont faites… mais vous avez raison, la mère des batailles, c'est la rémunération.

DIMITRI PAVLENKO
Je donne les chiffres : en moyenne, c'est 30.000 euros de revenus pour les agriculteurs, sachant que dans ces revenus, c'est essentiellement pour ces ménages agricoles, le conjoint qui amène des revenus et quand il y a les revenus fonciers également, c'est une bonne nouvelle mais les revenus agricoles purs, c'est dérisoire dans les revenus aujourd'hui des agriculteurs.

JULIEN DENORMANDIE
La mère des batailles, c'est la rémunération ; le monde agricole aujourd'hui, le métier de l'agriculture, c'est un métier de passion ; c'est des gens passionnés. Mais la passion ne peut pas tout et jamais elle ne peut se substituer à la rémunération et alors quel est le problème de la rémunération qu'on a ? C'est un problème que quand vous achetez un pot de yaourt ou quoi que ce soit dans un supermarché, la question c'est : comment vous assurer que ce pot de yaourt permet de rémunérer celui qui l'a produit et que la rémunération ne reste pas dans les marges de la grande distribution ou dans les marges de l'industriel. Et face à ça, on a pris, nous, des décisions qui sont très fortes ; on a d'abord essayé des premières mesures au début de ce quinquennat, qui étaient nécessaires mais qui se sont avérées insuffisantes et donc on vient de passer il y a 2 mois à une nouvelle loi qui s'appelle la loi Egalim 2 qui fixe des règles de régulation dans toute cette relation entre la grande distribution, les industriels et les agriculteurs pour quelque chose de très simple : que la valeur soit répartie et qu'elle retombe jusqu'à l'agriculteur. Et donc cette loi vient d'être adoptée et elle est en train de se mettre en oeuvre dans ce qu'on appelle les négociations commerciales qui sont en ce moment même. Et pourquoi c'est essentiel ? Parce que moi je veux pouvoir dire également aux consommateurs : si vous faites le choix de ces produits français et que vous achetez ce yaourt avec du lait français, je vous assure que la valeur que vous aurez payée, elle retourne bien chez l'agriculteur et ce faisant, améliore sa rémunération. C'est un immense combat sur lequel on avance avec grande détermination parce que c'est la mère des batailles.

DIMITRI PAVLENKO
Merci Julien DENORMANDIE.

JULIEN DENORMANDIE
Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 13 décembre 2021