Déclaration de Mme Elisabeth Moreno, chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes, sur la lutte de la France pour les droits des femmes face au danger de régression et des catastrophes climatiques, le 15 mars 2022.

Intervenant(s) :

Circonstance : 66ème session de la Commission de la condition de la femme (CSW), le 15 mars 2022

Prononcé le

Texte intégral

Madame la Présidente,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Excellences,


En préambule, et avec toute la gravité qui s'impose, je souhaite commencer par exprimer notre profonde inquiétude quant au sort des femmes et des filles en Ukraine, après l'agression militaire de la Russie.

Je voudrais également rendre hommage ici, devant vous, à la détermination du peuple ukrainien.

Nous devons particulièrement veiller à ce que les droits et la dignité des Ukrainiennes soient absolument préservés.

Je salue à cet égard l'action des Nations unies sur place, notamment d'ONU Femmes, du FNUAP, de l'UNICEF ainsi que du Haut-Commissariat pour les réfugiés.

La France reste constamment mobilisée à vos côtés.


Mesdames et messieurs,

Le Président de la République, Emmanuel Macron, a érigé l'égalité entre les femmes et les hommes en Grande cause de son quinquennat.

Mais parce que nos enjeux nationaux ne sont pas déliés des enjeux internationaux, la France s'est engagée sur la voie d'une diplomatie résolument féministe.

De façon analogue, aucun pays au monde n'est épargné par les enjeux environnementaux.

C'est pourquoi la France soutient le choix de mettre en avant les liens entre le genre et le climat, lors de cette 66ème Commission de la condition de la Femme.


Mesdames et Messieurs,

Les femmes sont les premières victimes des catastrophes climatiques et leurs voix - à la fois porteuses d'espoir et de solutions - sont trop souvent étouffées.

Comme vous le savez, la France s'est engagée avec force dans la lutte en faveur du climat et de l'égalité au niveau mondial ; depuis l'organisation de la COP21 et l'Accord de Paris, jusqu'au Forum Génération Egalité organisé l'été dernier en France avec le Mexique sous l'égide d'ONU Femmes.

C'est aussi dans ce sillon que la France a mis l'égalité au centre de l'agenda de sa présidence du Conseil de l'Union européenne.

Dans un contexte de montée des conservatismes, partout, la France défend les droits des femmes face au danger de régression.


Permettez-moi maintenant de vous présenter quelques actions mises en oeuvre en France dans le cadre de notre "approche intégrée" de l'égalité.

En premier lieu, la prévention et la lutte contre les violences sexistes et sexuelles.

Parce que l'égalité ne saurait advenir sans l'éradication des violences, la France a fait du combat contre ce fléau une véritable priorité.

Pour combattre les violences conjugales, une stratégie nationale d'une ampleur inédite a été adoptée.

Depuis 2017, quatre lois ont ainsi été votées pour enrayer ce fléau et protéger les victimes, et leurs enfants.

Un délit a notamment été créé en 2018 afin de réprimer le harcèlement de rue.

L'arsenal législatif a également été renforcé pour lutter contre les nouvelles formes de violence sur Internet.

Et, enfin, des référents ont été nommés dans les entreprises pour lutter contre le harcèlement au travail.

Une autre de nos priorités est de garantir l'accès universel à la santé et aux droits sexuels et reproductifs.

Concrètement, l'accès à la contraception a été facilité et rendu gratuit pour toutes les femmes jusqu'à 25 ans.

Et l'éducation à la sexualité a été renforcée dans les écoles.

En troisième lieu enfin, la question de l'indépendance économique est très importante.

La pandémie a jeté une lumière crue sur les inégalités que subissent les femmes, en termes de visibilité dans l'espace public et professionnel ou encore de la rémunération.

Pourtant les femmes occupent ces métiers essentiels qui sont si peu reconnus et valorisés.

Dans ce contexte, la France souhaite que la relance économique globale soit aussi l'occasion de faire émerger un nouveau modèle de croissance.

Un modèle de croissance qui soit plus juste où la parité n'est plus l'exception mais la règle.

C'est pourquoi en 2018, la France a créé l'Index de l'égalité professionnelle. Un outil de transparence visant à lutter contre les inégalités salariales.

2021 a également été marquée par l'adoption de la loi pour l'égalité économique et professionnelle.

De la place des femmes dans les instances dirigeantes des entreprises à l'aide aux familles monoparentales, nous avons soutenu l'entrepreneuriat des femmes, et cette loi s'adresse à toutes les femmes de notre pays.

Et, dans ce sillon, je me réjouis qu'hier, les ministres européens se soient mis d'accord sur une directive visant à favoriser la place des femmes dans les conseils d'administration des entreprises en Europe.


Mesdames et Messieurs,

J'en ai l'intime conviction, la crise que nous venons de traverser nous offre l'opportunité de remettre l'humain au centre de tous nos enjeux.

OUI, le temps des femmes est venu.

Le temps de l'égalité est venu.

N'attendons pas un monde meilleur ; changeons-le ensemble, maintenant !


Je vous remercie.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 23 mars 2022