Déclaration de Mme Elisabeth Moreno, chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes, sur le thème "financement de l'égalité de genre et du changement climatique. Le rôle des banques publiques de développement", le 16 mars 2022.

Intervenant(s) :

Circonstance : 66ème session de la Commission de la condition de la femme (CSW), le 16 mars 2022

Prononcé le

Texte intégral

Chers collègues, je suis ravie d'avoir cet échange avec vous. Je pense notamment aux représentants de l'AFD, de la BAfD, de la BERD et d'ONU Femmes,
Chers amis,

Je vous remercie pour votre présence et votre contribution à cet événement. Je pense que les interventions que vous allez avoir aujourd'hui vont vous apporter des éclairages très utiles dans la poursuite de nos travaux.

Je crois que les messages que nous allons porter aujourd'hui vont avoir un caractère déterminant dans la double collaboration des Etats avec les banques de développement, mais aussi les banques de développement entre elles.

J'en ai l'intime conviction : les banques de développement accroissent leur capacité d'action en coopérant et en ayant des résolutions totalement féministes !

Les enjeux indissociables du climat et des droits des femmes, ignorent les frontières. Partout, les femmes sont plus vulnérables face aux risques climatiques. Et trop souvent à travers le monde, leur voix est étouffée et leurs droits sont remis en question.

La France, vous le savez, est engagée avec une grande détermination dans la lutte en faveur du climat et de l'égalité au niveau mondial.

Et cette détermination s'est traduite dans l'organisation de la COP21 qui a conduit à l'Accord de Paris pour le climat en 2015 jusqu'au Forum Génération Égalité qui s'est tenu à Paris à l'été 2021.

Ces conférences constituent nos feuilles de route internationales.

Et elles ne sont pas simplement de grands événements, mais ce sont bien des événements et des programmes concrets de très long terme.

Le sujet du financement qui nous réunit ce matin constitue un élément clé du combat pour le climat et l'égalité.

Il ne s'agit pas simplement de discuter des objectifs qui sont aujourd'hui très clairs, mais de les rendre concrets et très efficaces.

Le financement des banques publiques permet de concrétiser nos engagements parce qu'il se distingue des financements classiques auxquels nous sommes habitués. Il apporte une dimension supplémentaire aux analyses de rentabilité qui permettent habituellement de discriminer les projets.

Cette dimension, c'est la prise en compte du temps long, c'est la prise en compte de la cohésion sociale, de la réalité des discriminations auxquelles font face les femmes pour investir et pour entreprendre.


Mesdames et messieurs,

Si ces sujets ne sont pas nouveaux, l'urgence doit maintenant dicter toutes nos actions.

Le rapport du GIEC du mois de février dernier nous rappelle que la résilience climatique ne peut être conçue qu'à travers une réduction des inégalités, y compris les inégalités entre les femmes et les hommes.

Symétriquement, ces inégalités de genre se trouvent aggravées par les effets du changement climatique, nous le savons toutes et tous.

Il y a donc 2 perspectives qui s'ouvrent à nous, celles d'un cercle vicieux ou celles d'un cercle vertueux.

Le travail des experts qui regroupent et synthétisent pour nous l'état des connaissances scientifiques sur le sujet est une véritable chance dont nous devons nous saisir. Parce que leur conclusion est sans appel.

Il nous appartient désormais à nous, responsables politiques, d'en tirer les conclusions et surtout, surtout, d'agir.

Le financement est, nous le savons toutes et tous, le point de départ de cette action car il est à la source de la concrétisation de tous les projets.

En parallèle, exclure 52% de la population mondiale qui sont des pans entiers de la sphère économique, au-delà d'être une injustice sociale insupportable, et bien nous prive d'un immense vivier de talents dont nous ne pouvons pas nous passer.

Dans ce contexte, je crois que les banques publiques sont les meilleures alliées des Etats dans leurs actions en faveur de l'égalité. La France les a reconnues comme de précieux et précieuses partenaires.

Afin de faire progresser l'égalité au niveau mondial nous avons développé plusieurs actions prioritaires.

Notamment depuis cette année par exemple, 50% de l'aide publique au développement est dédiée à des projets qui contribuent à réduire les inégalités entre les femmes et les hommes.

Dans le cadre de la présidence française du G7 et de la « diplomatie féministe » française, le Président de la République Emmanuel MACRON, a annoncé en 2019 la création d'une enveloppe de 120 millions d'euros sur 3 ans à destination des ONG féministes des pays du Sud.

Le « fonds Génération Egalité » a aussi été lancé dès 2020 en soutien aux organisations féministes. Il est en partie déployé par l'Agence française de développement.

C'est pour cela que l'AFD accompagne les projets qui sont dédiés aux droits des femmes et aux enjeux d'égalité entre les femmes et les hommes en particulier.

Dans ce cadre, le Fonds genre Sahel a par exemple permis de financer des projets sur l'égalité entre les femmes et les hommes qui sont portés par des organisations de la société civile locales c'est à dire au plus proche des entrepreneuses.

Face aux crises et aux multiplications de foyers de vulnérabilité, notamment sur le continent africain, l'aide au développement doit être particulièrement ciblée.

La France fait ainsi du continent africain l'une de ses grandes priorités.

C'est une priorité d'ailleurs qui avait déjà été fixée par le Président de la République à Ouagadougou en 2017 et puis lors du Sommet Afrique-Montpellier au mois d'octobre dernier auquel j'ai eu la chance de participer et où j'ai pu constater toute l'énergie et la créativité de la société civile de manière générale, mais aussi des entrepreneurs en particulier.

C'est pour cela que je me réjouis de la présence de la Banque africaine de développement aujourd'hui et de la collaboration très étroite entre la France et le Maroc pour l'accueil de cet événement en marge de la 66ème CSW.


Mesdames et messieurs,

Pour conclure, permettez-moi de citer celle qui pour moi incarne véritablement le sujet qui nous réunit aujourd'hui, Madame Wangari MAATHAI nous disait que l'avenir de la planète nous concerne tous et toutes, et il est de notre devoir, du devoir de chacun et de chacune de la protéger.

Je vous remercie.


Source https://onu.delegfrance.org, le 25 mars 2022