Déclaration de M. Joël Giraud, secrétaire d'État à la ruralité, sur le souvenir la Première Guerre mondiale et la construction européenne, à Grenoble le 12 novembre 2021.

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Circonstance : Discours commémoratif " Paix et guerres "

Prononcé le

Texte intégral

Madame la rectrice, que j'ai eu le plaisir de voir au lycée de Moutiers récemment,
Monsieur le proviseur Mattone, cher Alain,
Monsieur le président Cazenave (association des anciens élèves),
Mon colonel Valles,
Mesdames et messieurs les officiers,
Mesdames et messieurs,
Chers élèves,


Il a fallu que retentissent les clairons et les cloches de toutes les églises de France, pour qu'en 1918, après 4 longues et terribles années, les combats meurtriers cessent pour laisser place à la perspective d'une paix oubliée.

Mais le son des cloches qui chargeait l'air d'un espoir retrouvé, laissa rapidement la place au vide. Au vide laissé par les 1,4 million de vaillants morts pour la France. Chaque famille y perdu un ou plusieurs des siens dont elle conserva pieusement le souvenir d'une vie sacrifiée : une lettre, un portrait, un uniforme, une décoration…

Face à la perte aussi subite et cruelle d'un proche, que nous reste-il ? si ce n'est de se rappeler pour ne pas rendre sa perte vaine. Elie Wiesel, prix Nobel de la paix, disait : «le bourreau tue toujours deux fois, la seconde fois par l'oubli.»  notre présence à tous, ici, en ce jour, cherche avec humilité à honorer leur sacrifice et à témoigner de notre reconnaissance éternelle et nationale.

103 ans après, l'écho de la première guerre mondiale raisonne toujours avec autant de force. Avec le même aplomb que ce devoir de mémoire qui, en ces jours de commémorations, nous lie autour des valeurs de notre république.

La mémoire, c'est se rappeler, pour avoir la garantie que les erreurs de notre histoire ne se reproduisent jamais. que la « der des ders » le soit enfin et réellement.


Il ne s'agit pas d'un devoir de se rappeler uniquement des héros de la première guerre mondiale, qui ont défendu notre si chère liberté. Mais de se rappeler de tous ceux, qui, tout au long de l'histoire de notre nation, ont perdu la vie pour défendre nos idéaux et nos valeurs. Il ne s'agit pas non plus de se rappeler uniquement des héros français. Mais aussi des vies sacrifiées de nos alliés et de nos ennemis. Car dans la guerre, il n'y a pas de victorieux, il n'y a que des perdants.

Pour cette raison, le devoir de mémoire nous oblige. Il nous oblige à réaliser le faste de la paix qui jamais, ne doit être considérée comme acquise. Le maintien de la paix est un combat parfois paradoxal mais permanent qui mobilise chaque jour, nos armées. Leur engagement sans faille mérite notre reconnaissance inconditionnelle. 

Préserver la paix est enjeu militaire bien sûr, mais aussi et surtout un combat citoyen sur lequel nous devons collectivement être engagés. Le devoir de mémoire nous unit dans les journées commémoratives, mais nous inculque aussi des leçons de vie qui doivent être appliquées dans notre vie quotidienne. Dans notre rapport à l'autre. Dans notre citoyenneté. Dans nos engagements. C'est par cette mémoire commune que nous faisons nation.

La paix est l'espérance pour laquelle toute une jeunesse accepta de mourir, celle d'un monde enfin rendu à la concorde, d'un monde où l'amitié entre les peuples l'emporte sur les passions guerrières, d'un monde où la parole des hommes doit parler plus fort que le fracas des armes, où l'esprit de conciliation l'emporte sur la tentation du repli.

Cela s'appelle, sur notre continent, l'amitié forgée entre l'Allemagne et la France et cette volonté de bâtir un socle d'ambitions et de valeurs communes. Cela s'appelle l'Union européenne, une union librement consentie, jamais vue dans l'histoire, et nous délivrant des guerres.

L'Union européenne est une formidable innovation, sûrement imparfaite, de laquelle chacun peut trouver des travers, que chacun peut apprécier dans notre luxe démocratique de convictions politiques et personnelles.

Mais n'oublions jamais l'essentiel : l'Europe nous apporte ce qu'il y a de plus précieux : la paix. Et c'est d'elle dont nous sommes les garants. Du reste, je crois suffisamment en l'intelligence collective, aux valeurs françaises et européenne pour trouver l'harmonie recherchée.


Je vous remercie, et remercie particulièrement M. le proviseur pour l'organisation de cette belle commémoration, qui je crois est votre dernière. Alors, un grand merci à vous pour avoir gérer cet établissement historique pendant près de 10 ans, dans lequel d'ailleurs j'ai failli faire une partie de ma scolarité, et d'avoir toujours fait de ce poste, un moyen de transmettre les valeurs républicaines et les leçons de notre histoire aux élèves. Nous nous sommes connu il y a un certain temps quand vous présidiez un lycée professionnelle haut-alpin qui innovait pour former des jeunes à la pluriactivité. Un mot qui a toujours du mal à être compris en dehors des régions de montagne. La montagne qui nous a d'ailleurs fait nous retrouver des années plus tard autour d'un ami commun. Pour toutes ces raisons, merci.


Source : Ministère de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales, le 9 mai 2022