Interview de Mme Geneviève Darrieussecq, ministre chargée de la mémoire et des anciens combattants, à France Info le 6 octobre 2021, sur la journée nationale des aidants, l'accueil des jeunes handicapés dans les écoles et le plan de sobriété énergétique.

Intervenant(s) :

  • Geneviève Darrieussecq - Ministre déléguée auprès du ministre des Solidarités, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, chargée des Personnes handicapées
  • Alix Bouilhaguet - Journaliste

Prononcé le

Texte intégral

ALIX BOUILHAGUET
Geneviève DARRIEUSSECQ, bonjour.

GENEVIEVE DARRIEUSSECQ
Bonjour.

ALIX BOUILHAGUET
Merci beaucoup d’être avec nous ce matin. Un mot d’abord sur le gouvernement qui présente aujourd’hui son plan de sobriété, vous, concrètement, vous faites quoi dans votre ministère ?

GENEVIEVE DARRIEUSSECQ
Eh bien, les lumières sont éteintes la nuit, enfin, le soir, dès le soir, dans tous les couloirs, et c’est un grand ministère avec de très longs couloirs, je pense que c’est important, et je n’ai pas... nous avons tous été sensibilisés, les ministres et toutes les administrations sur ce sujet. Et pour l’instant, eh bien, le chauffage n’est pas allumé, puisque les températures sont clémentes, et je pense que cet hiver, eh bien, le chauffage sera à une température certainement plus basse.

ALIX BOUILHAGUET
Donc peut-être que vous porterez une doudoune. Il n’y aura plus d’eau chaude non plus dans votre ministère ?

GENEVIEVE DARRIEUSSECQ
Ecoutez, je m’y lave les mains, et je peux le faire à l’eau froide, je ne sais pas s’il n’y aura plus d’eau chaude. En tout cas, s’il y a des usages particuliers, certainement qu’ils seront maintenus, mais dans une règle générale, nous n’avons pas besoin d’eau chaude.

ALIX BOUILHAGUET
Et vous, personnellement, qu'est-ce que vous faites comme éco-gestes, c'est comme ça qu'on dit maintenant, aujourd'hui ?

GENEVIEVE DARRIEUSSECQ
Eh bien écoutez, comme beaucoup de Français, je crois, je suis attentive aux lumières qui resteraient allumées, donc éteindre les lumières, débrancher des appareils, effectivement, être vigilant à ces gestes du quotidien, ne pas laisser brancher, en veille un ordinateur toute la nuit. Donc ce sont des gestes en fait très faciles à adopter, il faut que ça rentre dans la routine pour tous.

ALIX BOUILHAGUET
C'est aujourd'hui, je le disais, la journée nationale des aidants, les associations, elles alertent sur la dégradation de leurs conditions de vie et estiment que leur statut n'est pas toujours respecté, qu'est-ce que vous leur répondez à ces associations ?

GENEVIEVE DARRIEUSSECQ
Ecoutez, il y a dans notre pays entre 8 et 10 millions d'aidants, et on ne connaît pas le chiffre exact, parce que beaucoup de personnes ne se considèrent pas comme aidants, alors que ce sont des aidants au quotidien. Et puis, il y a différents modes d’aidance, c'est-à-dire, on peut aider une personne âgée dans sa fin de vie, on peut aider une personne en situation de handicap, et là, c'est sur un très long terme, et puis, on peut aider aussi quelqu'un qui est malade, donc sur un temps souvent plus court. Et les modes de soutien sont bien sûr différents. Mais il y a eu des avancées notables pour les aidants dans la stratégie 2020 et 2022…

ALIX BOUILHAGUET
Ils ont un statut ? Ils sont rémunérés ?

GENEVIEVE DARRIEUSSECQ
Il y a une reconnaissance du fait qu'ils aident dans leur famille, et donc, ils ont vraiment une fonction importante auprès de la personne aidée, il y a le congé proche-aidant qui a été mis en œuvre, l'allocation journalière du proche-aidant qui a été mise en œuvre également, et puis, aujourd’hui, nous avons…

ALIX BOUILHAGUET
Elle est de quel montant cette allocation journalière ?

GENEVIEVE DARRIEUSSECQ
58,59 euros par jour au niveau du SMIC. Et il y a aujourd'hui, hier, le Parlement qui a voté par exemple un sujet de validation des acquis de l'expérience qui sera approprié pour les aidants qui pourront, par le fait qu'ils ont aidé, donc ils ont acquis une expérience dans ce domaine-là, faire valoir cela pour potentiellement envisager un métier dans le soin ou dans l'aide aux personnes âgées.

ALIX BOUILHAGUET
Mais imaginons par exemple un cas de figure, que doivent faire, par exemple, des parents dont leur enfant vient de perdre l’usage par exemple de ses jambes, qu’est-ce qu’ils font, ils doivent arrêter de travailler ? Ils doivent se tourner vers qui, comment est-ce qu’ils peuvent continuer à maintenir leur train de vie, parce que pour 58 euros par jour, ce n'est sans doute pas suffisant surtout quand on vit à Paris, qu'est-ce qu'ils peuvent faire, ces gens-là ?

GENEVIEVE DARRIEUSSECQ
D’autant que l'allocation journalière des proches-aidants, c'est une durée limitée de 3 mois, et cela est véritablement compatible, enfin, adapté pour des personnes qui s'arrêtent de façon courte. Pour les personnes en situation de handicap, il y a des aides particulières pour les parents qui ont un enfant handicapé, il y a bien sûr des aides également pour inclure cet enfant à l'école ou dans des structures qui peuvent aider la famille et décharger la famille, mais il faut reconnaître que c'est toujours un bouleversement dans une famille, toujours, un bouleversement important, une vie qui change, effectivement, un l'emploie que, souvent, on ne peut plus faire dans les mêmes conditions, et avec la même liberté d'esprit également. Donc nous voulons poursuivre, c’est une stratégie pour les aidants, afin de les reconnaître toujours mieux, et surtout, leur donner aussi des moments de répit, travailler sur le répit, parce que les aidants sont souvent fatigués, n'ont pas le temps de se soigner, n'ont pas le temps d'avoir une vie sociale, et c'est cela qui nous importe, de pouvoir faire en sorte de les aider avec ces structures de répit.

ALIX BOUILHAGUET
Vous parliez par exemple de l'accueil, notamment des plus jeunes dans les écoles, en cette nouvelle rentrée, il y a beaucoup d'enfants qui ont des handicaps, et qui sont encore sans solution adaptée, certaines écoles refusent de les accueillir, d'autres ne sont pas adaptées, et puis, il y a aussi un manque d'accompagnants, comment on réussit à améliorer tout ça ?

GENEVIEVE DARRIEUSSECQ
L'enjeu était de taille, de dire que nous voulions aller dans une école inclusive, et pourtant, c'est ce qu'il faut faire, c'est-à-dire que les enfants en situation de handicap doivent aller à l'école. Et nous avons fait beaucoup, beaucoup d'avancées dans les cinq années qui viennent de s'écouler, avec aujourd'hui 430.000 enfants qui sont scolarisés, avec 130.000 AESH, ces fameuses personnes qui aident ces enfants dans les écoles. Alors, il y a toujours des enfants certainement sans solution, c'est vrai à chaque rentrée scolaire, des remontées du terrain nous montrent cela, mais la grande majorité des enfants ont une solution, ont des aides, aussi, des aides matérielles, c'est-à-dire des outils pour pouvoir apprendre, parce que certains, c'est cela qu'il leur faut, d'autres, bien entendu, ce sont des méthodes pédagogiques des enseignants qui sont à adapter au handicap, et toute cette palette d'outils nous permet d'accueillir de plus en plus d'enfants à l'école. Nous devons continuer, nous ne sommes pas au bout du…

ALIX BOUILHAGUET
De plus en plus, c’est combien ?

GENEVIEVE DARRIEUSSECQ
Eh bien, cette année, il y a eu encore donc 20.000 enfants supplémentaires qui ont été scolarisés, donc c'est 430.000, je vous le dis, sur l'ensemble de la France, et le nombre augmente tous les ans, régulièrement. Donc moi, je veux saluer l'Education nationale, qui fait cette inclusion de façon remarquable, nous avons encore des progrès à faire, bien entendu, pour répondre à toutes les situations, mais c'est un engagement de la nation qui est très, très fort auprès des familles et des enfants.

ALIX BOUILHAGUET
Un dernier mot rapide sur le taux d'emploi des personnes handicapées, il reste toujours deux fois moins important que celui de l'ensemble de la population, là encore, est-ce que vous avez un dispositif pour changer les choses ?

GENEVIEVE DARRIEUSSECQ
Alors, il y a beaucoup de dispositifs qui existent. Et il est vrai que le taux d'emploi des personnes handicapées est encore trop élevé, il a beaucoup baissé, il est passé de 18 % à 14 %, mais il n'est pas à 7 %, qui est le taux moyen en France. Nous sommes dans un moment de plein emploi, et je souhaite que les personnes handicapées participent à cette dynamique…

ALIX BOUILHAGUET
Comment on incite les entreprises ?

GENEVIEVE DARRIEUSSECQ
Eh bien, déjà, il faut qu'elles changent de regard sur le handicap, il doit y avoir des référents handicap dans chaque entreprise de plus de 250 salariés, et il y a des dispositifs d'aide qui sont mis en œuvre par L'AGEFIPH, qui est une association qui permet de faciliter la mise à l'emploi des personnes en situation de handicap, en adaptant les postes de travail, en adaptant les conditions de travail, et des aides à l'emploi sont également présentes. Donc il y a une palette d'outils que nous devons utiliser, et le DuoDay, qui aura lieu bientôt, au mois de novembre, nous permettra aussi de donner la visibilité des personnes en situation de handicap dans l'emploi.

ALIX BOUILHAGUET
Merci beaucoup Geneviève DARRIEUSSECQ, bonne journée à vous.

GENEVIEVE DARRIEUSSECQ
Merci à vous.


Source : Service d’information du Gouvernement, le 7 octobre 2022