Texte intégral
MAXIME LLEDO
Il est 8h18 sur Sud Radio et mon invité politique ce matin est ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l'Attractivité. Bonjour Nicolas FORISSIER.
NICOLAS FORISSIER
Bonjour.
MAXIME LLEDO
Merci beaucoup d'être avec nous ce matin, journée où on a forcément besoin de vous entendre au vu de la situation européenne, nationale et internationale. L'actualité est forcément marquée par le président de la République qui, hier en fin de journée, a annoncé que la France votera non au traité du Mercosur. Qu'est-ce que ça change ?
NICOLAS FORISSIER
Je pense que ça change beaucoup parce que, contrairement à ce que j'entends, c'est une position extrêmement forte. On dit que la France est affaiblie, etc. C'est l'inverse. La vérité, c'est que le président de la République tire la conséquence de deux choses qui me paraissent essentielles. La première, c'est que la France est un grand pays agricole. C'est le premier pays agricole de l'Union européenne. Et la France ne peut pas accepter que même s'il y a des avantages dans cet accord Mercosur, et on pourra y revenir si vous le souhaitez, des choses intéressantes, y compris pour certaines filières agroalimentaires, il y a des risques qui pèsent sur certaines autres filières. Je pense notamment à la filière bovine, à la volaille, au sucre notamment, et je pourrais en citer une ou deux autres, le miel par exemple. Et donc ça, on ne peut pas l'accepter. On a fait un bras de fer, on a exigé un certain nombre de choses, on a obtenu pas mal de choses, je peux vous le dire, mais ce n'est pas suffisant, on n'est pas au bout du chemin.
MAXIME LLEDO
On y reviendra, mais Nicolas FORISSIER, une question quand même, quand vous évoquez tout ce que vous êtes en train de dire, qu'est-ce que ça va changer concrètement ? Parce que oui, c'est une position, j'entendais la ministre de l'Agriculture dire que c'est un acte symbolique, mais qu'est-ce qu'on a pensé du symbole ?
NICOLAS FORISSIER
Non, ce n'est pas un acte symbolique, c'est ce que je suis en train de vous dire. On a une position qui est très forte. Et donc premier point, le président de la République tire les conséquences du moment où nous sommes, c'est-à-dire un bras de fer qui nous a permis d'obtenir beaucoup de garanties, y compris l'augmentation du budget de la PAC, y compris la suppression des surcoûts sur les engrais pour les agriculteurs qui étaient prévus, ça, ce sont des résultats, mais on n'a pas assez, on est loin du compte, et donc on dit non. Et ça veut dire quoi ? Ça veut dire que la France affirme sa position de grand pays agricole, dit non. Il y a eu d'autres époques, je vous rappelle, si on se rappelle de Jacques CHIRAC qui claquait la porte.
MAXIME LLEDO
Arlette CHABOT nous l'a rappelé il y a quelques minutes.
NICOLAS FORISSIER
C'est un peu la même chose. Et moi je suis très frappé de voir qu'il y a inévitablement un certain nombre de commentateurs un peu démago, disons les choses, un peu populistes, excusez-moi, mais qui disent : " Ah oui, c'est de la faiblesse ". Non, la France est forte en affirmant ce qu'elle est, son identité. Et la deuxième chose, c'est qu'on tire aussi les conséquences de ce que nous demandent nos parlementaires qui sont unanimes à être sur cette position de refus en l'état de l'accord Mercosur, de ce que nous demandent nos agriculteurs. Moi, j'ai participé à toutes les réunions avec le Premier ministre et Annie GENEVARD pour recevoir les organisations professionnelles agricoles. Je suis moi-même, à titre personnel, fils d'éleveur, ancien ministre de l'Agriculture, élu d'une région d'élevage, donc pour moi c'est extrêmement important y compris en termes de convictions personnelles. Mais on se bat pour les agriculteurs. Moi, je veux le dire avec force, on fait tout ce qu'on peut, on a obtenu beaucoup de choses, et là on dit non, la France est un grand pays agricole et nous ne nous sacrifierons pas. Et donc je réponds maintenant à votre question très concrète, comment ça va se passer dans les jours qui viennent ? Eh bien la réalité c'est qu'on va avoir un vote vraisemblablement aujourd'hui qui va autoriser la prise de décision. Ça ne veut pas dire que l'accord Mercosur est applicable demain. Ce n'est pas ça, c'est simplement un processus qui va nous conduire à une deuxième étape qui sera celle du Parlement européen.
MAXIME LLEDO
Justement on va y venir, le Parlement européen, avec notamment ce mécanisme pour que ce traité puisse ne pas aboutir comme c'est prévu pour l'instant qu'il aboutisse, est-ce que la France doit se positionner officiellement pour demander à ce que la Cour de justice de l'Union européenne se prononce contre le Mercosur, en tout cas qu'elle soit saisie cette Cour ? Beaucoup d'élus vous le demandent, que ce soient des députés, que ce soient des représentants politiques. Vous, en tant que ministre du Commerce extérieur, est-ce que vous encouragez à ce que la Cour se saisisse de ce dossier ?
NICOLAS FORISSIER
Je n'ai pas, en tant que ministre et par définition en tant que représentant de l'Exécutif, à intervenir dans le législatif. Il y a une séparation des pouvoirs et c'est très bien comme ça. Mais moi, j'ai compris aussi et j'observe, et c'est maintenant dans les mains des parlementaires européens et donc des forces politiques, y compris nationales, qui doivent aller actionner, si je puis dire, ou discuter avec leurs représentants au Parlement européen. Le Parlement européen a la possibilité de demander la saisine de la Cour de justice européenne.
MAXIME LLEDO
Est-ce que vous encouragez les députés de votre camp à dire : " C'est important que la Cour se saisisse ? "
NICOLAS FORISSIER
Pour vérifier si effectivement la façon dont la procédure a été conduite est correcte, si ce traité a le droit, entre guillemets, en sens juridique du terme, d'être mis en oeuvre. Et ça veut dire quoi ? Ça veut dire que si la Cour de justice est saisie par le Parlement européen, il y a suspension. En général, la Cour de justice européenne, elle rend ensuite ses décisions dans un délai d'un an et demi, un peu plus. Donc ça veut dire qu'il y a suspension et qu'en l'État, l'accord Mercosur ne s'applique pas. Si la France, en tant qu'État, avait demandé la saisine, contrairement à ce que j'ai entendu, ça n'aurait jamais été suspensif. Parce que dans notre cas, ça n'aurait pas été suspensif. Il n'y a que la demande du Parlement européen qui le rend suspensif. Donc on va voir si les parlementaires européens…
MAXIME LLEDO
Mais est-ce que ce matin vous le souhaitez ? Vous le dites, vous êtes vous-mêmes un agriculteur.
NICOLAS FORISSIER
Moi, je souhaite, je vais vous dire, que ce débat s'apaise. Et si ça peut permettre d'apaiser les choses, d'engranger pour nous, Français, encore plus d'éléments auprès de la Commission européenne qui protège et qui défend notre agriculture, ce que nous avons déjà largement fait, mais il y a encore des choses à obtenir, si ça nous donne du temps pour le négocier, moi j'y suis évidemment sensible.
MAXIME LLEDO
Favorable.
NICOLAS FORISSIER
J'aimerais bien avoir du temps et je pense que le Gouvernement tout entier souhaite pouvoir continuer à obtenir, à engranger, à empocher un certain nombre de choses…
MAXIME LLEDO
Favorable plutôt que sensible ?
NICOLAS FORISSIER
Je ne peux pas le dire, parce que moi, je suis représentant du Gouvernement.
MAXIME LLEDO
Autre sujet, puisqu'on a parlé aussi du Parlement européen, vous avez vu aussi la petite musique qui monte sur le Parlement national avec ce risque de censure. Jordan BARDELLA a assuré que sur ce sujet précisément du Mercosur, il déposerait une motion de censure. Est-ce que vous ne craignez pas que le Gouvernement tombe sur cet accord du traité de libre-échange ?
NICOLAS FORISSIER
Mais l'accord de libre-échange, il est négocié par l'Union européenne. Le Gouvernement dans cette affaire est en défense, fait tout ce qu'il peut pour défendre les agriculteurs français. Ce serait quand même un comble qu'on censure parce qu'on défend les agriculteurs français. Excusez-moi de le dire aussi clairement, mais la logique, c'est ça en fait. Monsieur BARDELLA, le RN, comme d'autres, il fait du populisme, il fait de la récupération, il n'y a aucune, me semble-t-il, transparence dans ses propos.
MAXIME LLEDO
Mais dans ce cas-là, est-ce qu'il n'y a pas un populisme inverse ? Vous avez entendu tous ces commentateurs, mais aussi tous ces économistes qui défendent, qui disent : " Mais en réalité on fait une erreur stratégique, la France fait le constat de son impuissance " parce que vous l'avez esquissé tout à l'heure, c'est très bon pour énormément de filières. On a un marché de plus de 300 millions d'habitants. Au vu de notre balance extérieure commerciale, ce n'est pas formidable. Il est favorable quand même ce Mercosur.
NICOLAS FORISSIER
Vous avez raison. C'est ça qui me sidère de la part de monsieur BARDELLA et d'un certain nombre de responsables politiques qui essaient d'utiliser la colère. Personnellement, je trouve ça assez terrible, quoi. C'est une mauvaise image, c'est un mauvais fonctionnement de notre débat public. La vérité, c'est qu'il faudrait dire ce que nous, au Gouvernement, nous disons. Je suis désolé de le dire, c'est comme ça. La vérité, c'est quoi ? C'est que cet accord, il a beaucoup d'intérêt pour les filières industrielles, pour l'accès aux services, pour la protection.
MAXIME LLEDO
Il y a du bon.
NICOLAS FORISSIER
Il y a du bon pour le lait, les fromages, pour le vin, les spiritueux, etc. Mais il peut être très dangereux si on n'obtient pas les protections nécessaires pour les éleveurs bovins en particulier, les éleveurs de volailles, les producteurs de miel, les producteurs de sucre, etc. Et l'éthanol, bon. Ça, ça veut dire que nous devons souligner par honnêteté intellectuelle l'intérêt pour un certain nombre de filières et globalement pour l'économie, mais nous devons aussi nous battre.
MAXIME LLEDO
Comme vous le faites.
NICOLAS FORISSIER
Et en l'état, c'est ce que nous faisons et nous n'acceptons pas parce qu'on n'a pas tout obtenu, pour protéger les filières sensibles de l'agriculture française. Parce que nous sommes un grand pays agricole et que nous nous battons pour les agriculteurs. Et toutes les autres paroles de monsieur BARDELLA et quelques autres, qui sont à l'unisson pour essayer de récupérer le truc, moi, je trouve ça extrêmement dommageable.
MAXIME LLEDO
Nicolas FORISSIER, vous avez aussi avec vous des boutons très importants pour essayer de calmer la colère. La lettre de Sébastien LECORNU, il y a quelques heures on l'a appris, 10 points très structurants concernant des dossiers clés. Le Mercosur, notamment la vaccination sur le cas de la dermatose nodulaire. Il y a quelques semaines vous assuriez pouvoir réduire ou d'essayer de réduire les délais entre la vaccination et l'exportation. Vous l'avez promis. Est-ce que vous avez réussi à avancer sur ce dossier ?
NICOLAS FORISSIER
On est en discussion là-dessus. Vous savez qu'un animal qui est vacciné dans une zone indemne... Et la France aujourd'hui, 4/5 ou 90% du territoire national est indemne aujourd'hui, il faut quand même le rappeler. Donc on peut exporter normalement. Mais si les éleveurs demandent une vaccination préventive, à ce moment-là, l'animal va être restreint à l'exportation, normalement pour huit mois. Ce sont les règles qui s'appliquent au niveau international et européen. Nous discutons avec les autorités italiennes, je vais bientôt voir les autorités espagnoles et aussi marocaines, parce qu'il y a un sujet au Maghreb, pour justement faire en sorte, comme ça a été le cas avec les Italiens à partir des animaux vaccinés en Savoie, de réduire ces délais et de permettre…
MAXIME LLEDO
De réduire à combien de temps ? Est-ce qu'en termes de délai…
NICOLAS FORISSIER
Les Italiens posent, et ils ont raison, parce que c'est finalement normal que les pays importateurs demandent, c'est ce qu'on demande nous, de vérifier les normes, ils demandent les Italiens, par exemple, un test PCR pour vérifier que chaque animal, effectivement, n'est pas porteur. Donc il y a un certain nombre de contraintes, mais on arrive à exporter normalement des bovins vivants depuis les Deux Savoies aujourd'hui, et c'est ce qu'on veut continuer. Et donc on discute pour le pérenniser.
MAXIME LLEDO
Parmi les différentes pistes, notamment réclamées par les représentants du principal syndicat agricole, il y a la piste d'une loi spéciale qui pourrait être consacrée au secteur agricole. Est-ce que vous y êtes favorables ? Est-ce que vous pensez que ça fait partie des mécanismes que vous avez à portée de main qui puissent être efficaces ?
NICOLAS FORISSIER
Je ne suis pas ministre de l'Agriculture, je ne vais pas parler à la place et du Premier ministre et de la ministre de l'Agriculture. À titre personnel, je pense qu'il faut absolument qu'on continue, et c'est la volonté du Gouvernement et du Premier ministre, à discuter, à trouver des solutions très concrètes. Est-ce que c'est une loi spéciale ? Il ne m'appartient pas de le dire. Ce qui est sûr, c'est qu'il faut qu'on continue le boulot pour clarifier, renforcer, assurer le revenu de nos agriculteurs.
MAXIME LLEDO
C'était une question avant qu'on passe au dossier de l'international. Tout juste entrée, il y a cette fameuse taxe carbone, vous savez, aux frontières. Elle est déjà contestée. La ministre de l'Agriculture a évoqué, alors que ça vous concerne, les fameux engrais qui pourraient en être exonérés. Elle a d'abord évoqué une taxe qui pourrait, puis qui devrait suspendre les engrais. Est-ce qu'on va pouvoir réussir à exonérer nos agriculteurs absolument ou c'est simplement une possibilité ce matin ?
NICOLAS FORISSIER
Ce mécanisme qui contrôle et qui met une taxe sur la production de carbone sur les importations aux frontières européennes, c'est quand même un mécanisme qui est plutôt vertueux. On ne peut pas nous demander de protéger notre marché, de faire de la préférence européenne, etc. Sauf que là, sur le cas des engrais, on a un sujet qui est très concret et qui est le fait que ça renchérit le coût des engrais qui sont pour la plupart importés pour les agriculteurs français à un moment où ils sont déjà fragilisés, notamment les céréaliers ou les producteurs de grandes cultures. Donc on a obtenu l'Union européenne de neutraliser ce surcoût. Donc il n'y aura pas de surcoût, ni en 2026, ni en 2027, puisque la plupart des commandes de 2027 seront faites au prix de 2026.
MAXIME LLEDO
Pas de surcoût officiellement.
NICOLAS FORISSIER
C'est une grande victoire.
MAXIME LLEDO
C'est une grande victoire et vous le dites ce matin.
NICOLAS FORISSIER
L'augmentation de l'enveloppe de la PAC qui permet de garder la même enveloppe de soutien au revenu des agriculteurs, la suppression du surcoût des engrais, la clause de sauvegarde hyper renforcée sur le Mercosur, etc. Ce sont des victoires pour la France.
MAXIME LLEDO
Autre victoire qu'on doit essayer de décrocher sur la scène européenne et internationale concerne évidemment les nombreux dossiers, les déclarations notamment de Donald TRUMP. Hier, le président de la République s'est adressé aux ambassadeurs. Les mots étaient forts devant les ambassadeurs. Il parlait de nouveau colonialisme de Donald TRUMP, de mettre le paquet sur l'armement et vite instaurer la préférence européenne. Est-ce que là aussi nous ne courrons pas, après le Président américain, plutôt que d'essayer d'avoir de véritables victoires au quotidien ?
NICOLAS FORISSIER
Je pense qu'il y a un énorme bouleversement en cours. C'est vrai sur le plan géopolitique, c'est vrai parce qu'il y a des personnalités qui cassent tous les codes. Monsieur TRUMP, vous l'avez dit. Monsieur POUTINE a été un agresseur de l'Ukraine déjà depuis plusieurs années, etc.
MAXIME LLEDO
Est-ce que vous diriez pour autant que Donald TRUMP a été un agresseur du Venezuela, par exemple ?
NICOLAS FORISSIER
Je vais y revenir. Nous avons des tensions commerciales qui sont considérables et ça conduit les Européens à réagir. Et moi, je veux le dire avec force. Puisqu'on fait sans arrêt de l'Europe bashing, du France bashing, comme on dit. On dénigre tout le temps, on n'est pas bon, on n'est pas fort, on ne fait pas le boulot. Ce n'est pas vrai. Moi, je suis frappé, j'ai quand même un peu d'expérience politique, on a une espèce de prise de conscience, de rassemblement, de structuration de l'Union européenne et sur les questions de défense, et sur les questions économiques, et sur la protection douanière, c'est ce qu'on a fait sur les véhicules chinois, par exemple. Et tout ça, la France est hyper motrice. L'histoire des petits colis, par exemple, le fait que l'Union européenne, enfin…
MAXIME LLEDO
Beaucoup vous diraient, par exemple, c‘est de la taxation, mais je reviens... Quand vous qualifiez, quand vous mettez d'un côté Donald TRUMP et ensuite Vladimir POUTINE, est-ce que ce qui s'est passé au Venezuela, c'est une forme d'agression ?
NICOLAS FORISSIER
La France a totalement condamné le président de la République.
MAXIME LLEDO
Oui, en deux temps.
NICOLAS FORISSIER
Non. On a dit, c'était extrêmement clair, le ministre Jean-Noël BARROT l'a dit très clairement, il y a des règles de droit. Nous, on défend la Charte des Nations unies, le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, et on est évidemment contre l'usage de la force. Donc ça, on l'a dit très clairement. Après, on ne va pas pleurer monsieur MADURO. Moi, je connais beaucoup de monde au Venezuela, franchement, je sais un peu comment ça se passe. Ce que nous demandons, nous, ce que la France demande dans le cadre européen, c'est qu'il y ait un vrai accompagnement dans cette transition démocratique. Et pour l'instant, on est un peu dans l'attente.
MAXIME LLEDO
Dernière question, Nicolas FORISSIER, lors de son retour du voyage en Chine, Emmanuel MACRON avait dit que si la Chine ne jouait pas le jeu avec certains pays européens, il y allait avoir des taxes de douane sur les produits chinois. On est vraiment prêt à batailler avec la Chine ?
NICOLAS FORISSIER
Je pense qu'il faut à la fois conserver cette relation particulière qui existe entre la France et la Chine. Je ne vais pas vous refaire l'histoire.
MAXIME LLEDO
Non. On n'a pas le temps.
NICOLAS FORISSIER
On pourrait y faire une émission. Mais par contre, il faut aussi réaffirmer notre fermeté. Les Chinois…
MAXIME LLEDO
Donc c'est toujours sur la table ?
NICOLAS FORISSIER
On continuera. Ecoutez, nous on a des problèmes avec les Chinois. Je pense à la crème de lait par exemple. On a un peu résolu le problème sur la viande de porc et les abats de porc. Et sur le vin spiritueux, on a un moyen terme qui ne nous satisfait pas. Donc nous, on continue, c'est mon boulot, les négociations commerciales avec les Chinois. Il faut le faire avec fermeté, avec transparence, et en expliquant à nos partenaires chinois que c'est leur intérêt en fait de venir produire en Europe.
MAXIME LLEDO
Donc la taxation est toujours sur la table ?
NICOLAS FORISSIER
Mais c'est une arme qu'ils utilisent eux-mêmes. Pourquoi est-ce qu'on ne l'utiliserait pas ? Le fait que la France et l'Europe ne soient plus naïves, y compris, et peut-être en particulier sur le commerce, c'est une évolution majeure. C'est ce qu'a dit le président de la République hier, c'est ce que je porte dans ma mission.
MAXIME LLEDO
Et merci de l'avoir affirmé aussi franchement au micro de Sud Radio ce matin, Nicolas FORISSIER.
NICOLAS FORISSIER
Merci.
Source : Service d'information du Gouvernement, le 15 janvier 2026