Texte intégral
LAURENCE FERRARI
Et notre invitée ce matin, dans la grande interview sur Cnews et sur Europe 1, c'est Rachida DATI. Bonjour à vous.
RACHIDA DATI
Bonjour.
LAURENCE FERRARI
Ministre de la Culture, candidate à la mairie de Paris. On va bien sûr parler des municipales, Rachida DATI. Mais d'abord, la mort de ce jeune de 23 ans, Quentin, venu protéger le collectif de droite Nemesis. Il protestait jeudi contre un meeting de l'eurodéputée insoumise Rima HASSAN à Sciences Po. Il a été tué par des militants d'ultra-gauche. Il est mort samedi soir des suites des coups violents qu'il a reçus à la tête. Une enquête est en cours, bien sûr. Mais est-ce que vous dites ce matin, Rachida DATI, "l'extrême gauche tue dans notre pays" ?
RACHIDA DATI
D'abord, cette mort, la mort d'un jeune de 23 ans dans de telles circonstances, c'est quand même une tragédie pour tout le monde, quelles que soient nos idées politiques, ou humainement, c'est une tragédie pour tout le monde. Mourir pour ses idées dans une société démocratique est inacceptable. Ensuite, je reprends les propos du ministre de l'Intérieur, qui confirme que l'ultra-gauche aussi était à la manœuvre et qu'il y avait des éléments qui pouvaient l'établir et l'avérer. Et donc, cette extrême-gauche qui conduit à cette violence, qui conduit à la mort d'un jeune, c'est quand même assez inacceptable. Mais on le voit, ces violences…
LAURENCE FERRARI
Donc, l'extrême-gauche tue dans notre pays, Rachida DATI ? Pourquoi hésitez-vous à le dire ?
RACHIDA DATI
Non, ce n'est pas que j'hésite à le dire. C'est que d'abord, il y a évidemment une ultra-gauche qui est à la manœuvre. Pourquoi je ne dis pas "l'extrême-gauche tue" ? Ça voudrait dire que volontairement, il y a une volonté de tuer. Qu'il y ait une volonté de violence, c'est une réalité. Nous, on le vit tous les jours. Moi, je vois… Je suis en campagne municipale en ce moment, mon QG n'a jamais été touché. Mais regardez le nombre de candidats dont les QG ont été attaqués, dégradés, justement, par cette ultra-gauche et cette gauche radicale. Moi, je vois, par exemple, parfois, vous pouvez mener des réunions et l'équipe de monsieur BROSSAT, monsieur BELLIARD et monsieur GRÉGOIRE vous envoient des gens pour essayer de vous agresser ou d'agresser les gens avec lesquels vous réunissez. Simplement, ça ne marche pas, parce que j'arrive à … parce qu'il y a des militants qui sont plus raisonnables que d'autres, y compris à gauche. Mais cette mouvance, c'est pour ça que là, monsieur GRÉGOIRE et son équipe, monsieur BELLIARD et monsieur BROSSAT, écoutaient leurs propos. Quand j'entends monsieur…
LAURENCE FERRARI
Vous pensez qu'ils sont assimilables à la Jeune Garde et à l'extrême-gauche ?
RACHIDA DATI
Non, mais monsieur BROSSAT, je l'ai encore écouté très récemment sur une émission, trouvait finalement qu'il n'y avait pas d'acte de violence. On en arrive là, à la mort d'un jeune homme. Donc, moi, je le déplore. Et je le déplore tous les jours, malheureusement.
LAURENCE FERRARI
Un mot de ce collectif de la Jeune Garde qui a pourtant été dissous par Bruno RETAILLEAU lorsqu'il a été ministre de l'Intérieur. Le Conseil d'État n'a toujours pas validé cette dissolution. À quoi servent ces dissolutions ? Est-ce qu'elles sont utiles ? En tout cas, l'impuissance politique tue dans notre pays.
RACHIDA DATI
Alors, les dissolutions sont utiles, parce qu'on ne peut pas laisser des groupuscules, des organisations, avoir pour seul objectif d'être dans une forme d'extrémisme qui conduit à la violence et à la mort. Et donc, moi, la chose, ça, c'est l'expérience aussi pour avoir vu et avoir vécu dans des endroits où on était comme ça, toujours l'objet de violences ou de menaces, c'est que vous pouvez dissoudre un groupe, mais si les personnes, les membres qui en font partie ne sont l'objet d'aucune sanction, ils peuvent se reconstituer.
LAURENCE FERRARI
Donc, il faut s'en prendre aux personnes ?
RACHIDA DATI
Ça peut être des groupes de fêtes. Donc, la dissolution, c'est très bien. Ensuite, c'est peut-être les membres qu'il faudrait atteindre ou sanctionner. Parce que si vous les sanctionnez, ça évitera évidemment la récidive.
LAURENCE FERRARI
Les liens entre la France insoumise et la Jeune Garde sont avérés. Le Député Raphaël ARNAULT a été leur chef. S'il y a une implication à ce mouvement qui est prouvée à l'issue de l'enquête, est-ce qu'il faut qu'il y ait une démission, peut-être, de monsieur ARNAULT ?
RACHIDA DATI
Moi, je ne veux pas relier les personnes. Là, le ministre de l'Intérieur dit : l'ultra-gauche est à la manoeuvre. Il y a des éléments qui l'attestent. Et donc, la justice, l'enquête le déterminera. Et les responsabilités, évidemment, seront identifiées.
LAURENCE FERRARI
Jean-Luc MELENCHON, lui, a dit hier : "C'est nous qui sommes agressés réunion après réunion, réunion par des collectifs comme Nemesis." Alors, ça va, dit-il. Est-ce que c'est supportable, un jeune homme qui est mort, en fait, Rachida DATI ?
RACHIDA DATI
Tout est insupportable. Tout. En ce moment, tout est insupportable. On ne va pas s'envoyer la figure les agressions des uns contre les agressions des autres. Bien sûr qu'il y a aussi des agressions racistes. C'est une réalité. Ça existe. Et donc, moi, je ne vais pas justifier la mort de Quentin par l'agression d'un autre type de groupe ou pour d'autres types …
LAURENCE FERRARI
Mais déployer une banderole, c'est agresser ? On va le noter contre l'islamo gauchisme ?
RACHIDA DATI
Oui, mais ce n'est pas ce que j'ai dit. C'est-à-dire que l'expression politique, le débat politique, même quand il est vif, est utile dans une démocratie. Ensuite, quand ça conduit à la violence, et la violence extrême qui conduit à la mort, là, ça n'est plus acceptable.
LAURENCE FERRARI
Quand Emmanuel MACRON parle de la haine qui assassine dans notre pays, pourquoi ne parle-t-il pas de l'extrême gauche, Rachida DATI ? Pourquoi a-t-il peur des mots ?
RACHIDA DATI
Il n'a pas peur des mots. Il est Président de la République. Et il s'appuie sur des faits. Il y a des enquêtes qui sont ouvertes. Si, effectivement, il y a un groupe politique qui est impliqué dans la mort de quelqu'un, il sera poursuivi et condamné. Il est Président de la République, il se bat sur des faits, et il est au-dessus, évidemment… Il est Président de tous les Français. Il est au-dessus, évidemment, des polémiques ou des attaques politiciennes entre partis ou entre membres responsables politiques.
LAURENCE FERRARI
Donc, vous aussi, vous pensez que c'est la haine, aujourd'hui, qu'il faut combattre, et pas seulement certaines émanations polémiques ?
RACHIDA DATI
Non, mais toutes les formes de haine, madame FERRARI. Toutes les formes de haine. Le racisme est à combattre. L'antisémitisme est à combattre. Moi, ce qui me désole, on parle de l'antisémitisme uniquement depuis le 7 octobre, mais il existe dans notre pays, je pense qu'il est ancré. Et on en débat, maintenant. On n'en débat pas. Moi, je considère que ça fonctionne.
LAURENCE FERRARI
Et il vient d'où, l'antisémitisme ?
RACHIDA DATI
Mais évidemment que là, depuis le 7 octobre, il a désinhibé. Il a désinhibé. C'est-à-dire que c'est devenu un débat d'idées. Ça n'est pas un débat d'idées, c'est un délit.
LAURENCE FERRARI
Et il vient de l'extrême gauche.
RACHIDA DATI
Et donc, il faut le poursuivre et le sanctionner. Voilà. Moi, ça a toujours été mon action. Lorsque j'étais garde des Sceaux, j'avais mis dans tous les parquets de France un magistrat en charge de la lutte contre l'antisémitisme. Parce que c'est une forme de négation pénale qu'il faut combattre absolument de manière claire, ferme, et irrévocable.
LAURENCE FERRARI
A Lyon, Jean-Michel AULAS a suspendu sa campagne des municipales. Il a eu raison ? Vous auriez fait pareil ?
RACHIDA DATI
Il a eu raison. C'est un moment quand même qui trouble. Avoir 23 ans, être dans des combats politiques et être mort pour ça, c'est quand même juste une tragédie.
LAURENCE FERRARI
À Paris, la sécurité, comme à Lyon, évidemment, est une grande préoccupation de vos électeurs. Qu'est-ce que vous promettez, vous, à vos électeurs ? En matière de sécurité, est-ce qu'il y a une baguette magique pour résoudre tous les problèmes ? Et Paris est particulièrement criminogène.
RACHIDA DATI
Si vous vous présentez à une élection, c'est que vous avez des solutions, et que vous pouvez agir. Moi, je crois à l'action politique. Alors moi, j'entends Emmanuel GRÉGOIRE qui dit ; "Ah, bah, la sécurité, je ne peux rien faire. La sécurité, ce n'est pas moi".
LAURENCE FERRARI
Il n'a pas de programme sur la sécurité ?
RACHIDA DATI
Le bilan de monsieur GRÉGOIRE, c'est l'exclusion de la délinquance. Entre 2019 et 2025, je ne prends que sur ces dernières années. Mais c'est exponentiel depuis plus de 10 ans. Le trafic de stupéfiants a augmenté de 218 %. Les agressions sexuelles : plus de 60 %. Les atteintes aux personnes : plus de 25 %. C'est une réalité. C'est le bilan de monsieur GRÉGOIRE. Il dit : "On ne peut rien faire". On lui dit : mais la police municipale qui existe aujourd'hui, qui n'a de police que de nom, n'est pas une vraie police. Ça n'est pas une vraie police municipale.
LAURENCE FERRARI
Pourtant, ils se bagarrent sur le terrain. Ils essayent.
RACHIDA DATI
Non, parce qu'ils n'ont pas de mission. Ils n'ont pas de prérogative particulière. Ils ne sont pas formés pour ça. Ils ne sont pas armés ni équipés. Et ils ne sont rattachés à personne. Donc, moi, je souhaite une police municipale qui soit formée, qui soit équipée, qui soit armée, et qui soit rattachée aux mairies d'arrondissement pour être plus agile dans la lutte contre la délinquance. Moi, je vais vous dire. La sécurité à Paris, contrairement à monsieur GRÉGOIRE, je considère que c'est la prérogative du maire, parce que c'est dans le code des collectivités territoriales. Le maire, quelle est sa responsabilité s'agissant de la sécurité ? Il est en charge de la tranquillité publique et de la prévention de la délinquance. Donc, il est temps pour monsieur GRÉGOIRE, évidemment, de connaître les missions du maire. Donc, si on vote pour quelqu'un, on vote pour, effectivement, baisser la délinquance. Donc, moi, ma politique de sécurité, elle sera sur deux jambes. Ça sera une politique de sécurité que je mettrai en place avec le préfet de police : 5 000 policiers municipaux formés, équipés, armés. Je doublerai le nombre de caméras de vidéoprotection à Paris. Il y en a moins de 4 000. Il y en aura 8 000. Tout ça sera…
LAURENCE FERRARI
C'est budgété ?
RACHIDA DATI
Évidemment. Tout ça sera connecté à un centre de supervision urbain, qui seront situés dans toutes les mairies d'arrondissement. Et le deuxième axe, la deuxième jambe de ma politique de sécurité, c'est avec le procureur de la République. Quand vous êtes maire, vous êtes évidemment responsable de votre espace public et de la sécurité sur cet espace public. Donc, j'aurai une cartographie de la délinquance. Et je demanderai à la procureure de la République de me donner la politique pénale locale pour enrayer…
LAURENCE FERRARI
Le code pénal locale.
RACHIDA DATI
Non, pas du tout. C'est une politique pénale.
LAURENCE FERRARI
Politique pénale locale.
RACHIDA DATI
La procureure de la République devra répondre à la criminalité qui existe sur Paris. J'ai une cartographie. Je demanderai quels sont les dispositifs, quelles seront les actions qu'elle pourra mener pour lutter contre le trafic de produits stupéfiants, contre les agressions sexuelles, et contre les atteintes aux personnes. Et dans ce cadre-là, dans le cadre de cette politique pénale locale, la procureure de la République devra rendre compte aux maires que je serai. Et comme maire de Paris, je rendrai compte aux habitants. C'est une obligation. Ça n'a jamais existé à Paris. Ils n'ont pas la cartographie de la criminalité. Et ils n'ont jamais demandé à la procureure de la République de pouvoir avoir une politique pénale locale. Ils n'ont jamais demandé aux préfets de police de mettre en place les dispositifs de sécurité pour enrayer la délinquance sur la voie publique. C'est une prérogative du maire. Et je serai la maire de la sécurité, mais aussi des résultats s'agissant de cette sécurité.
LAURENCE FERRARI
Rachida DATI, vous faites une campagne de terrain. Qu'avez-vous découvert quand vous vous êtes rendu dans le nord de Paris, auprès d'immigrés de toute nationalité qui campent dans des tentes ? Et qu'est-ce que vous proposez pour résoudre ce problème, à la fois pour les migrants et pour les Parisiens qui vivent l'enfer ?
RACHIDA DATI
J'étais encore hier dans le XIXe arrondissement, XVIIIe, XXe, XIIIe, et dans le centre de Paris, le port de l'Arsenal, vers Bastille. Une grande partie de Paris a été confisquée aux Parisiennes et aux Parisiens. Elle a été confisquée par quoi ? Par des commerces illégaux et par des campements illégaux. Des commerces illégaux : avenue Max Dormoy, rue de Jean. Et il y a plein d'endroits dans le XIXe arrondissement…
LAURENCE FERRARI
Des zones de non-droits ?
RACHIDA DATI
Boulevard McDonald. Il y a soit des commerces illégaux, dont on connaît… Ils vous le disent eux-mêmes. C'est du blanchiment d'argent. Ils l'assument. Il n'y a pas d'activité. Ce sont des commerces… avenue Max Dormoy, par exemple. Et les campements, j'en ai fait beaucoup, beaucoup. Je suis allée voir, à la rencontre de ces personnes. Très majoritairement, ce sont des personnes qui n'ont aucune vocation à rester sur le territoire français. Ce sont des immigrés, des migrants sans papier, et déboutés du droit d'asile dans leur grande majorité, et d'autres qui n'ont aucune vocation à rester sur le territoire. La mairie de Paris laisse prospérer ces campements. Discutez avec les commissaires. Ils ont du mal à travailler avec les élus pour pouvoir se réapproprier cet espace public. Et donc, moi, je serai très claire, je l'ai dit aux Parisiens : "Si je suis élue maire de Paris, je l'ai dit encore à l'association qui vit aux abords de la villa de Jean, rue de Jean, je leur dis, ces commerciaux légaux n'existeront plus avec moi. Cette occupation de l'espace public, ça n'existera plus avec moi". Pourquoi ? Je demanderai aux préfets de région de venir démanteler ses camps et ses campements. Pourquoi ? Parce que…
LAURENCE FERRARI
Ça a déjà été fait. Il y a eu des dizaines de démantèlement de camps.
RACHIDA DATI
Au moment des JO.
LAURENCE FERRARI
Des campements de migrants.
RACHIDA DATI
Non, non, au moment des JO. Il y a un schéma national où on peut héberger dignement ces personnes qui n'ont pas vocation à rester sur le territoire. Et donc, ces personnes ne seront plus sur le territoire parisien de manière illégale, avec un espace public qui est de plus en plus insécurisé et qui est totalement confisqué aux Parisiens, et en particulier aux Parisiennes. Il y a des endroits où les femmes ne peuvent plus y circuler, y marcher librement. C'est une réalité. Je prends un engagement très clair et très ferme. Je le dis à l'ensemble des Parisiens que je vois et que je rencontre très régulièrement. Regardez la porte d'Aubervilliers. Je vous invite à y aller. Vous arrivez. Il y a un rond-point. C'est un campement. Enfin, c'est des baraquements qui sont sur ce rond-point. Regardez tous les flancs de portes de périphériques. J'ai fait toutes les portes de périphériques une à une, une à une. Là, je me réapproprierai ces portes d'entrée à Paris. Je lancerai un concours international d'architectes pour rénover, pour rebâtir, pour embellir toutes ces portes d'entrée à Paris. Ce n'est pas acceptable ce qui se passe à Paris. Et je ne dis pas ça pour stigmatiser un arrondissement ou stigmatiser une population. Je souhaite que les Parisiens se réapproprient leur espace public, que je puisse de nouveau l'embellir, et qu'on puisse y vivre en sécurité et dans un cadre de vie apaisé.
LAURENCE FERRARI
Rachida DATI, on est sur Cnews et sur Europe 1. Vous parlez d'embellissement. Est-ce que, par exemple, rénover les voies sur berges, comme le propose Sarah KNAFO, c'est une bonne idée ? Les voies sur berges qui sont évidemment entre Louvre et Bastille, qui ont été coupées à la circulation.
RACHIDA DATI
D'abord, les voies sur berges sont sur pilotis : première chose. Ils sont classés au patrimoine mondial de l'UNESCO : deuxième chose. Si demain, ce projet devait avoir lieu, ça serait plusieurs milliards d'euros pour consolider, déjà, la berge, si je puis dire. Il faudrait abattre des centaines d'arbres, qui sont des arbres historiques…
LAURENCE FERRARI
Donc, c'est un projet qui est…
RACHIDA DATI
Non, non, mais attendez. Centenaires sur ces voies sur berge. Donc, on abat les arbres, on bétonne, on consolide sur plusieurs années, et en milliards. Et on remettrait des chantiers énormes.
LAURENCE FERRARI
Donc, c'est des milliards, et pas des millions d'euros ?
RACHIDA DATI
Mais bien sûr, c'est en milliards. Je vous donne un exemple. Pour couvrir 200 mètres de périphérique, ces portes de ventes en l'occurrence, nous sommes déjà à plus de 60 millions d'euros. Et c'est du bitume. Et c'est une dalle. Et ce n'est pas une voie sur berge sur plusieurs kilomètres. Donc, il faut être raisonnable. Il faut être raisonnable. On ne peut pas dire n'importe quoi aux Parisiennes et aux Parisiens. Parce qu'évidemment, se présenter à la mairie de Paris, c'est sérieux. Et donc, il ne faut pas se tromper d'agenda. Les Parisiens le savent. Il s'agit de leur quotidien, de leur qualité de vie, de l'embellissement de Paris, du rayonnement de Paris. On ne peut pas leur dire n'importe quoi sur n'importe quoi.
LAURENCE FERRARI
Si je vous entends bien, Rachida DATI, l'union avec Sarah KNAFO et Pierre-Yves BOURNAZEL, qui sont les candidats de droite, et on voit que la droite est dispersée, une fois de plus, dans cette élection municipale, est impossible ? Vous ne ferez pas d'alliance au second tour ? Dire que c'est garanti pour Emmanuel GRÉGOIRE d'être élu ?
RACHIDA DATI
C'est la première fois que les Parisiennes et les Parisiens souhaitent l'alternance à Paris. C'est d'ailleurs pour ça que la gauche actuelle est dans l'outrance et dans la fébrilité. Parce qu'ils ont toujours considéré que Paris leur appartenait. Là, les Parisiennes et les Parisiens veulent le changement. Ils sont excédés. Y compris pour des gens qui ont voté à gauche toute leur vie. Ils veulent que ça change. Et donc, c'est un moment historique pour les Parisiennes et les Parisiens, avec un mode de scrutin enfin démocratique. Les Parisiennes et les Parisiens pourront voter directement pour leur maire.
LAURENCE FERRARI
Oui, mais s'il y a 3 candidats à droite, voire plus ?
RACHIDA DATI
Justement, il ne faut pas se tromper d'agenda. Ce n'est pas une présidentielle. Ce n'est pas une législative. Et donc, aujourd'hui, quelle est la candidate qui est la plus à même de porter l'alternance et le changement à Paris ? C'est ma candidature. C'est mon équipe, avec un projet cohérent. La question est simple, madame FERRARI. Est-ce que c'est : on continue avec la même équipe en pire ? Il y a… On parlait de la gauche radicale.
LAURENCE FERRARI
Emmanuel GREGOIRE, c'est Anne HIDALGO en pire. On est d'accord, pour vous ?
RACHIDA DATI
Avec monsieur BELLIARD, qui ne veut pas de police municipale. Avec monsieur BROSSAT, qui considère avec ses alliés, notamment d'extrême-gauche, que la police tue, qui veulent réquisitionner des logements privés, qui veulent loger dans le parc social, qui veulent faire augmenter, exploser à 40 %, loger des personnes sans papier. Voilà l'équipe actuelle qui sera bien pire, avec évidemment des candidats qui sont soutenus par des antisémites notoires. Voilà la réalité de l'équipe de monsieur GRÉGOIRE aujourd'hui.
LAURENCE FERRARI
Comptant.
RACHIDA DATI
Donc, aujourd'hui, c'est "stop" ou "encore". C'est la même en pire, ou est-ce que vous voulez le changement ? Et ce changement, je le porte, je l'incarne. Et il se verra dès mon élection.
LAURENCE FERRARI
Mais avec une alliance possible, s'il vous faut des voies à droite pour accéder à la victoire, Rachida DATI.
RACHIDA DATI
Mon alliance… les Parisiens. Moi, j'appelle les Parisiens à ne pas disperser leurs voies. Moi, je n'ai pas comme modèle, comme dit monsieur BOURNAZEL, mon modèle pour Paris, ce n'est pas monsieur DELANOË. Ça n'est pas mon modèle. La question qui se pose : est-ce que vous voulez la continuité avec une équipe en pire ou est-ce que vous voulez le changement avec nous ? C'est la seule question qui se pose. Et là, on commence à entrer dans la dernière ligne droite. Moi, j'en appelle à la responsabilité des Parisiens. Si vous voulez le changement, ne dispersez pas vos voies, parce que certains pensent que les résultats vont se cumuler. Non. C'est celui qui est en tête qui remporte la mise. Et donc, moi, je le dis aux Parisiens et aux Parisiens : mobilisez-vous. Ne dispersez pas vos votes. L'enjeu est majeur et historique. Vous vouliez le changement en 2020. La dispersion a conduit à notre échec. Cette fois-ci, il ne faut pas se tromper d'échéance.
LAURENCE FERRARI
Rachida DATI, les élections municipales auront lieu dans un mois. Pourquoi est-ce que vous êtes encore ministre de la Culture ?
RACHIDA DATI
Je vis à Paris. Je suis élue de Paris. Ce n'est pas incompatible. À part monsieur GRÉGOIRE, qui est jaloux et qui fait une fixette…
LAURENCE FERRARI
Vous, vous resterez jusqu'au bout ministre de la Culture ?
RACHIDA DATI
Mais non. J'avais annoncé très tôt que je partirais. Donc, voilà.
LAURENCE FERRARI
On est à un mois.
RACHIDA DATI
Oui. Il n'y a pas d'incompatibilité. Qu'il ne soit pas impatient. Je vais partir. Et la campagne, je la mène. Et moi, vous savez, la vie politique, vous êtes en campagne tout le temps. Ça a existé avant moi, pendant moi, après moi.
LAURENCE FERRARI
Il y a des réformes auxquelles vous tenez peut-être, la réforme de l'audiovisuel, est-ce qu'elle va passer à la trappe, que vous allez porter ?
RACHIDA DATI
Elle a été sacrifiée dans le cadre d'un compromis avec l'âge.
LAURENCE FERRARI
Donc, c'est fini ?
RACHIDA DATI
Non. Tout le monde sait qu'elle est indispensable et nécessaire. On voit les débats aujourd'hui sur l'audiovisuel public, qui est en train de s'affaiblir, et il s'affaiblit lui-même, d'ailleurs.
LAURENCE FERRARI
Et vous saluez les travaux de la Commission d'enquête parlementaire ?
RACHIDA DATI
Et tous les pays européens ont regroupé leurs forces et ont eu des stratégies plus cohérentes, justement, pour préserver cet audiovisuel public. Moi, je suis très soucieuse, en France, qu'on puisse avoir un audiovisuel public, public, fort, mais dont les forces sont rassemblées, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
LAURENCE FERRARI
Et vous saluez le travail de la commission d'enquête parlementaire ?
RACHIDA DATI
Moi, je salue toujours le travail des parlementaires. Ils sont dans leur mission. Ils sont dans leurs prérogatives. Et je respecte le travail des plans parlementaires. Ils ont le droit.
LAURENCE FERRARI
De dire aux Français comment leur argent est utilisé.
RACHIDA DATI
Et c'est dans leur pouvoir de contrôler l'action de l'exécutif et de contrôler aussi l'utilisation de l'argent des Français.
Source : Service d'information du Gouvernement, le 17 février 2026