Interview de Mme Marina Ferrari, ministre des sports, de la jeunesse et de la vie associative, à RMC Info le 18 février 2026, sur les médailles françaises aux Jeux olympiques et paralympiques d'hiver en Italie et leur organisation en France en 2030.

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Intervenant(s) : 

Média : RMC Info

Texte intégral

INTERVENANT
L'équipe de France, championne olympique du relais masculin, Éric PERROT franchit la ligne en vainqueur avec Fabien CLAUDE, Émilien JACQUELIN, Quentin Fillon MAILLET qui se ruent sur lui, Émilien JACQUELIN…

APOLLINE DE MALHERBE
La France bat son record de médailles pour les JO d'hiver, 16 médailles, 5 en or, 7 en argent, 4 en bronze. Les Jeux qui se terminent donc dimanche en Italie, la France peut même encore viser plus haut. Voilà votre partie prise ce matin Marina FERRARI, bonjour. Vous êtes la ministre des Sports, une ministre satisfaite j'imagine.

MARINA FERRARI
Une ministre heureuse absolument, comme tous les Français d'ailleurs. C'est vrai que ce record déjà de 16 médailles est incroyable, c'est le fruit aussi d'un travail de longue haleine que nous menons depuis 2019 au service de la performance française. On a entamé ce travail en préparation des Jeux olympiques et Paralympiques de Paris et on le poursuit avec beaucoup d'attention pour nos athlètes, pour leur accompagnement. Et puis vous l'avez dit, dans les jours à venir, nous attendons encore des médailles. On s'était fixé un objectif, plus 50 % de médailles par rapport aux précédents Jeux olympiques et Paralympiques.

APOLLINE DE MALHERBE
Ça fait 21, si mes calculs sont bons.

MARINA FERRARI
Ça fait 21, voilà, donc…

APOLLINE DE MALHERBE
C'est possible ?

MARINA FERRARI
Oui c'est possible, on a encore des bonnes chances de médailles.

APOLLINE DE MALHERBE
On a encore des bonnes chances de médailles. Alors on a quand même une dépendance au biathlon un peu, non ?

MARINA FERRARI
Alors, on ne va pas dire une dépendance, je crois que c'est aussi de bon augure de voir qu'aujourd'hui, les sports nordiques, ski de fond et biathlon, puisque vous avez vu qu'on a eu des médailles aussi historiques en ski de fond, c'est vrai que ces disciplines nordiques, elles ont pris le lit aujourd'hui sur les disciplines d'hiver. On a eu quand même de très belles surprises en alpin, puisque Romane MIRADOLI, vous savez, qui a ramené cette médaille d'argent. On n'avait pas eu de médaille en ski alpin féminin depuis 24 ans. Donc, c'était aussi une belle histoire du sport français.

APOLLINE DE MALHERBE
Et justement le ski alpin, on a l'impression que quand même là-dessus, sur le ski et sur le snowboard, il y a eu quelques déceptions. Comment vous les expliquez ça ?

MARINA FERRARI
C'est le sport, malheureusement, c'est une compétition. Les Jeux olympiques et Paralympiques, vous le savez, c'est une grande intensité. Donc, on peut avoir des déceptions, mais il y a aussi des belles surprises. Il y a des quatrièmes ou cinquièmes places qui augurent de très belles choses pour l'avenir. Notamment, je pense à Nils ALLEGRE. Passé le moment de la déception, c'est vrai qu'on voit, derrière, qu'on a des beaux champions qui sont nés et qui augurent de belles choses dès qu'on aura des Jeux bien tôt à la maison.

APOLLINE DE MALHERBE
Ce seront pour vous aussi des champions qui vont durer ?

MARINA FERRARI
Absolument, oui. On s'inscrit d'ailleurs dans l'accompagnement que nous faisons dans la haute performance, aujourd'hui. On s'inscrit dans le temps long, puisqu'on est passé d'une Olympiade aujourd'hui, avec notre plan Ambition Bleue, à deux Olympiades. On travaille déjà sur Brisbane 2032. Donc, c'est vraiment un accompagnement dans la durée.

APOLLINE DE MALHERBE
Vous avez dit, Madame la Ministre, surtout qu'on va ramener les Jeux à la maison. Vous y croyez encore, vous ?

MARINA FERRARI
Bien sûr que j'y crois encore.

APOLLINE DE MALHERBE
Mais est-ce que ce n'est pas le moment de lâcher l'affaire ?

MARINA FERRARI
Surtout pas, on ne va pas lâcher l'affaire.

APOLLINE DE MALHERBE
Il y en a beaucoup qui l'ont lâché l'affaire. Il y a quand même des démissions en cascade pour les Jeux 2030 dans les Alpes françaises. Quand même, le président du comité d'organisation, Edgar GROSPIRON, est-ce qu'il peut rester après toutes ces démissions en cascade ? Et est-ce que vous, vous y croyez encore, comme si tout allait bien ?

MARINA FERRARI
Alors bien sûr, parce que déjà, on voit toujours ce qui ne va pas. C'est vrai qu'organiser des Jeux olympiques et paralympiques, créer un Cojop, un comité d'organisation, c'est une grosse machine. On aura plus de 2 000 salariés, vous le savez, par la suite. Et quand on regarde dans l'histoire des Jeux, de l'olympisme, malheureusement, dans la mise en œuvre des comités d'organisation, on est dans l'humain, et donc, il peut y avoir des départs. Donc c'est vrai que moi j'ai tiré la sonnette d'alarme il y a quelques semaines, parce qu'on voyait, il y avait cette inquiétude. Donc, il ne faut pas cacher, aujourd'hui, les difficultés qui sont celles qui existent dans le comité d'organisation, mais ce sont des difficultés humaines. En revanche, le travail technique, il a bien progressé. Ce dossier, il est sur les rails. On n'avait pas de loi olympique il y a quelques temps. Nous avons une loi olympique. Nous avons des budgets aujourd'hui, à la fois pour le comité d'organisation, mais également pour la SOLIDEO, vous savez, qui doit livrer les infrastructures. Et puis nous avons tous nos comités qui ont été mis en place. Notre charte sociale environnementale, notre comité stratégique environnemental. Donc, j'ai envie de dire que toute la structure est bien posée aujourd'hui. Et maintenant, il faut qu'on remette de l'ordre dans la gouvernance.

APOLLINE DE MALHERBE
Avec une fragilité sur cette loi, vous évoquez cette loi olympique. Alors certes, elle a été adoptée par le Parlement au début du mois, le 5 février, mais elle est contestée par des députés, et notamment les députés écologistes et la France Insoumise. Ils ont déposé un recours devant le Conseil constitutionnel. Vous êtes sûre que ça passe ?

MARINA FERRARI
Moi, je n'ai pas d'inquiétude, parce qu'en fait, on est sur les mêmes dispositifs que ce que nous avions voté pour Paris 2024. Donc à l'époque, avec les mêmes recours. Et vous le savez, malheureusement, nous sommes, aujourd'hui, confrontés à des anti-jeux olympiques ou paralympiques. On voit, vous avez cité les mouvements politiques qui sont derrière. Et donc, on avait eu le même type de recours sur Paris, avec le succès que l'on connaît. Donc, je n'ai pas de grosses inquiétudes aujourd'hui concernant la préparation des jeux.

APOLLINE DE MALHERBE
C'est des anti-jeux pour vous ?

MARINA FERRARI
Oui, ce sont des anti-jeux.

APOLLINE DE MALHERBE
La France Insoumise et Europe Écologiquement, c'est des anti-jeux ?

MARINA FERRARI
Ce sont des anti-jeux, oui, je l'assume.

APOLLINE DE MALHERBE
Je voudrais qu'on accueille Arnaud, parce qu'Arnaud, c'est un grand plaisir de vous avoir en ligne. Vous nous aviez appelé déjà il y a une semaine, auditeur de RMC, dont le frère concourt pour ces Jeux Olympiques. Arnaud, votre frère, bobsleigh, c'est ce week-end ?

ARNAUD, PROFESSEUR D'EPS À AMIENS
Oui, bonjour Apolline. Alors oui, c'est ce week-end, c'est les deux derniers jours, comme on dit, le meilleur pour la fin, en tout cas de mon côté. Non, mais il passe samedi à 10h, la première manche, midi, la seconde manche, et la même chose le dimanche. Il y a quatre manches en Bob, et du coup, il passe les deux derniers jours.

APOLLINE DE MALHERBE
Donc, vous, vous allez regarder ça depuis que vous êtes à Amiens, c'est ça, professeur d'EPS vous-même ?

ARNAUD
C'est ça, exactement, oui. Je vais regarder à la télé tranquillement avec la famille.

APOLLINE DE MALHERBE
Vous vibrez, vous faites comme tout le monde là, vous vibrez, mais plus fort, évidemment, que les autres.

ARNAUD
Mais oui, c'est exactement ça. Alors après, les chances de médaille, forcément, sont beaucoup moindres par rapport à ce qui s'était passé, mais déjà très fier de le voir et voir ce qu'il peut réaliser.

APOLLINE DE MALHERBE
C'est magnifique parce que c'est effectivement toute une famille qui est derrière. On entendait aussi dans le reportage tout à l'heure, c'est à chaque fois des familles derrière. Et là, en l'occurrence, c'est la famille RMC, donc c'est encore plus un plaisir.

MARINA FERRARI
C'est une famille et tout un pays parce que les Français vibrent. Et quand je vois les taux d'audience aujourd'hui, ou même les discussions qu'on peut avoir, ça fait du bien de voir nos bleus gagner. Voilà, c'est une belle équipe de France. Donc, on sera derrière votre frère, bien évidemment.

APOLLINE DE MALHERBE
On sera derrière votre frère Arnaud. Et justement, vous y serez ce week-end, Marine FERRARI.

MARINA FERRARI
Oui, avec le Premier ministre, nous serons présents pour la clôture de ces Jeux Olympiques. Puis nous serons à Albertville le 23, puisque vous savez que le drapeau olympique va revenir à Albertville, va revenir en France pour préparer justement les Alpes françaises 2030. Ça sera un beau moment aussi, puisque vous savez que le dernier territoire olympique pour des Jeux d'hiver, c'était Albertville. Donc, c'est un beau message aussi, puisqu'on capitalise sur l'héritage de 92 pour se projeter vers les Alpes 2030.

APOLLINE DE MALHERBE
Merci beaucoup d'être venu.

MARINA FERRARI
Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 19 février 2026