Interview de M. Philippe Tabarot, ministre des transports, à TF1 le 19 février 2026, sur les intempéries dans l'ouest de la France et ses répercussions en matière de transport, l'agression mortelle d'un militant d'extrême-droite par des membres de l'ultra-gauche et la sécurité dans les trains ou dans les métros parisiens.

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Média : TF1

Texte intégral

BASTIEN AUGEY
Bonjour Philippe TABAROT.

PHILIPPE TABAROT
Bonjour.

BASTIEN AUGEY
On va parler, bien sûr, dans un instant, du climat politique : extrêmement tendu. Vous nous présenterez aussi vos annonces pour la sécurité dans les transports. Mais d'abord, en un mot, un point sur les intempéries dans l'ouest de la France, avec le passage de la tempête Pedro. Faut-il s'attendre aujourd'hui à beaucoup de perturbations dans les trains et sur les routes notamment ?

PHILIPPE TABAROT
Écoutez. Oui, très probablement, puisque cette tempête Pedro, comme vous l'avez dit, arrive après la tempête Nils, qui a fait déjà beaucoup de dégâts avec beaucoup de crues. Et ce deuxième épisode, qui arrive très proche du premier, va probablement avoir des conséquences. Alors, des conséquences, je dirais, dans la vie des habitants de l'ouest de notre pays, qui sont obligés de quitter ou de protéger leur maison, qui ont perdu leur commerce, pour beaucoup d'entre eux, leur véhicule aussi. Et je rappelle à cette occasion qu'il est très dangereux de prendre son véhicule quand il y a ne serait-ce que quelques centimètres d'eau. Il faut vraiment appeler nos concitoyens à la plus grande vigilance, à suivre les informations qui sont données par les préfectures. Et puis en matière de transports en commun : encore des difficultés, sur l'A9, très probablement, l'A61, l'A62. Et puis sur le réseau ferroviaire où, d'ailleurs, les TER qui circulent le font quelquefois avec des équipes de SNCF Réseau, qui ont des bûcherons qui interviennent immédiatement par rapport à des éboulements, par rapport à des situations complexes sur les voies. Donc, vraiment, la plus grande prudence possible. Et puis toutes les équipes essaient de mettre en place des délestages, le cas échéant, pour ne pas mettre en difficulté encore un petit peu plus les automobilistes ou les utilisateurs de transports en commun.

BASTIEN AUGEY
Le message est clair. Philippe TABAROT, une semaine après l'agression mortelle de Quentin DERANQUE, le climat politique est extrêmement tendu. Les insoumis se disent victimes de menaces. Leur siège a été évacué hier pour une alerte à la bombe. Plus généralement, le chef de l'état lui-même se dit préoccupé par ce climat de violence, et craint un risque de spirale. Est-ce que vous partagez ce sentiment ?

PHILIPPE TABAROT
Bien sûr, je partage ce sentiment. Le Président l'a dit. Le Premier ministre a été très clair, avant-hier, à l'Assemblée nationale face aux Députés ainsi que le garde des Sceaux. Cette situation est dramatique. Ce jeune homme, qui est décédé dans ces conditions, a traumatisé, on peut le dire, l'ensemble du pays, parce que mourir à cet âge, c'est déjà un drame, et mourir dans ces conditions, c'est une circonstance aggravante. Et puis ce qui choque peut-être un certain nombre de concitoyens, c'est que certains essaient de s'exonérer de leurs responsabilités. Alors, je ne dis pas…

BASTIEN AUGEY
Vous parlez de la France insoumise ?

PHILIPPE TABAROT
Bien sûr. Je ne dis pas dans la question opérationnelle même si on retrouve quand même trois proches collaborateurs d'un Député LFI, qui est le fondateur de cette jeune garde.

BASTIEN AUGEY
Lui n'est pas impliqué directement. Est-ce qu'il doit, cependant, démissionner, selon vous, comme certains le demandent ?

PHILIPPE TABAROT
C'est un problème entre lui et sa conscience. C'est un problème entre lui et son parti. Mais sincèrement, quand j'entends Jean-Luc MELENCHON dire " LFI n'y est pour rien ", je comprends que les proches de Quentin puissent particulièrement mal vivre cet épisode. Parce que clairement, pour Jean-Luc Mélenchon, qui sème le vent, récolte la tempête. Et là, la tempête est très forte malheureusement.

BASTIEN AUGEY
Et pendant ce temps, c'est Jordan BARDELLA qui est à l'offensive. Hier, une nouvelle fois, il a appelé un cordon sanitaire autour de la France Insoumise. Vous le rejoignez dans ce combat ?

PHILIPPE TABAROT
Il n'y a pas besoin d'en rajouter. Je pense que la situation est suffisamment grave. Les Français se sont fait leur idée par rapport à ce drame, à ce qui s'est passé. Et toute récupération politique…

BASTIEN AUGEY
C'est de la récupération pour vous ?

PHILIPPE TABAROT
Écoutez. Il n'y a pas besoin d'en rajouter. Il n'y a pas besoin d'en tirer des profits politiques. Je pense qu'il y a simplement à prendre conscience du drame, à mettre en place, comme l'avait fait au préalable le Gouvernement, parce que je rappelle que la Jeune Garde était théoriquement dissoute, mais que certains ont voulu saisir la justice pour que ce ne soit pas le cas. Et ceux qui ont signé notamment des tribunes pour qu'il n'y ait pas cette dissolution portent, et porteront, une responsabilité. Je pense bien sûr à LFI. Et je pense à un certain nombre de leurs alliés qui n'arrivent pas à se décrocher d'eux, notamment au niveau des Verts. On dirait qu'au niveau des socialistes les choses…

BASTIEN AUGEY
Il y a quand même un certain nombre de paroles pour se désolidariser.

PHILIPPE TABAROT
Notamment celle de l'ancien Président de la République, qui est une parole importante.

BASTIEN AUGEY
Monsieur le ministre des Transports, désormais, on va pouvoir croiser dans les trains ou dans les métros parisiens des agents équipés de pistolets à impulsion électrique, autrement dit : des " tasers ". C'est le sens du décret que vous publiez aujourd'hui. Concrètement, pouvez-vous nous expliquer dans quels cas précis ces « tasers » pourront être utilisés ?

PHILIPPE TABAROT
Alors, déjà, ça vient à la suite d'une loi, excusez-moi qu'on appelle la loi Tabarot, qui a été promulguée en avril, sur la sécurité dans les transports.

BASTIEN AUGEY
Où il y avait la disposition qui a été censurée par le Conseil constitutionnel.

PHILIPPE TABAROT
Où il y a différentes dispositions sur, notamment, les caméras piétons pour certains agents, que ce soit pour permettre aux agents de la police ferroviaire d'intervenir, de saisir des armes, d'être beaucoup plus opérationnels, parce qu'ils sont formés pour, ils sont compétents pour. Il faut leur donner les moyens. Et un moyen supplémentaire, c'est d'utiliser ces " tasers " dans un cadre qui soit bien réglementé, dans le cadre d'expérimentation, quand le lieu s'y prête. On s'est aperçu, et c'est le cas par exemple en Belgique ou au Royaume-Uni, que quand il y a des attaques au couteau, et malheureusement, ça arrive assez régulièrement, il y a plus de 100 000 faits constatés, de délinquance, dans nos transports en commun, que ce soit des violences, que ce soit des agressions.

BASTIEN AUGEY
Dans ces cas de violences.

PHILIPPE TABAROT
Il y a une réponse qui peut être une réponse proportionnée. Et l'utilisation des " tasers " peut être une bonne réponse.

BASTIEN AUGEY
Combien d'agents seront équipés de " tasers ", et quand le seront-ils ?

PHILIPPE TABAROT
Écoutez. On va y aller progressivement. C'est dans le cadre d'une expérimentation. Il y aura 10 %, en gros, des agents de la police ferroviaire qui vont l'être quasiment immédiatement.

BASTIEN AUGEY
Tout de suite, là, aujourd'hui ?

PHILIPPE TABAROT
Pas aujourd'hui, mais dans les semaines à venir, parce qu'il y a une formation qui est indispensable et un cadre.

BASTIEN AUGEY
Plus de 10 %, ça fait combien ?

PHILIPPE TABAROT
Ce sera environ 300 à 400. Mais je souhaite, si cela fonctionne, monter très rapidement le dispositif, parce que nos concitoyens nous demandent de la sécurité, bien sûr, partout, mais dans les transports.

BASTIEN AUGEY
Donc, à la RATP et à la SNCF ?

PHILIPPE TABAROT
Et à la SNCF. Il n'y a pas d'utilisation des transports en commun. Il n'y a pas de report modal, comme on le dit, sans sécurité. J'en fais vraiment une affaire personnelle.

BASTIEN AUGEY
Et on rappelle qu'ils sont déjà armés…

PHILIPPE TABAROT
C'est un sujet que je suis depuis un certain nombre d'années, déjà, en tant que Sénateur. Et je souhaite mettre le dispositif en place pour que nos forces de l'ordre puissent se protéger et puissent également protéger, bien sûr, les usagers des transports en commun.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 20 février 2026